08.09.2009
Rêves
Une fois n'est pas coutume : quelques rêves...
22 03 2056 Cauchemar
Je suis dans un train avec Leterme et d'autres. Ils sont bourrés. Leterme s'est engueulé avec d'autres et se bat au couteau. Chacun essaye de se protéger avec des bouquins, des épaisseurs de journaux. Je viens le protéger. Or je me trouvais en slip, particulièrement vulnérable. Et celui que j'ai tenté de défendre est descendu de train sans plus se soucier de moi... Je m'endors, plein d'alcool moi aussi. Au réveil, je m'aperçois que le train est reparti dans l'autre sens. Je demande aux gens qui m'entourent, debout dans le train bondé, quelle ville on vient de quitter. Ils me répondent des mots que je ne comprends pas. J'explique que j'ai bu et que je suis sourd, et Polonais.
Je crois comprendre des phrases comme « Ta gueule » - et ce que je crois comprendre change à chaque fois. Ou : « Vous nous étamez ! » [sic]. Ils finissent par me l'écrire sur le dos de la main : PARIS. Nous sommes donc repartis vers l'est ! « Vers les rives de la Pologne ! » dit un mec hilare en se penchant vers moi. Au premier arrêt, je descends voir le conducteur : «Vous n'avez pas trouvé une valise ? - Si, mais nous l'avons déposée à la première consigne ! - Mais je la vois, là ! » Les employés me disent que non. La première consigne est Buzancy (Ardennes). J'ai engueulé ceux qui restaient dans le wagon, toujours ivres, leur reprochant, en hurlant, d'avoir bu.
Ils sont encore à se taper sur les épaules en braillant à propos de la présentatrice du Jeu des mille euros qui leur offrirait « la bière » - Mais qu'est-ce qui vous prend de boire, bordel ! » J'ai envie de gueuler « Enculez-vous mais arrêtez de boire ! » Je rentre chez moi. Une voix off dit que les X... n'ont jamais été récupérer la valise, comble. Je déplie une carte de France, la voix off tirée d'un de mes romans précise que le couple s'est attardé sur les comptes rendus des séances « psy » de la femme au lieu de récupérer la valise. On faisait des gorges chaudes de ces « séances »... Cependant, tous les villages habités jadis par mon père étaient touchés de catastrophes anéantissantes (Ardennes, Aisne). Il ne fallait pas s'y trouver, ces catastrophes étant subites et aléatoires.
23 03 2056
(…) Je m'arrête enfin près des fondations, à ras du sol, d'une fortification médiévale, réaménagée par Maginot. Deux couloirs, l'un vers le haut, l'autre vers le bas. Je descends, me trouve dans un emplacement double pour voir l'ennemi, par un trou si étroit, ébloui de lumière, que l'on ne peut rien voir. Et je me retrouve coincé par la séparation en pierre des deux emplacements...
25 03 2056
Une classe chuchote sous les hauts lambris. On vient enlever des tentures alors que les élèves ont eu tant de mal à consentir à composer, enfin, sur « le masque et la sincérité ». Je gueule contre les ouvriers, contre l'administration. Je sors dans le couloir pour trouver la proviseure, j'entends sa voix aiguë en conférence, alors je rejoins mes agités.
26 03 2056
Nous avons loué, Annie et moi, une cabane campagnarde sans confort et délabrée. La veille de notre départ, fête au village (pour Noël). Nous nous sommes trompés de chemin, nous affalant de fatigue l'un sur l'autre en pleine route. Puis nous avons rebroussé chemin, retrouvant l'église et la salle des fêtes. Dans un bistrot, beaucoup de jeunes en hippies 70. Je dis du mal d'un groupe musical, manque de pot, c'est eux qui jouent, je ne les ai même pas reconnus. Mais ils jouent sur une forte partie d'orgue enregistré. Tout le monde se vautre autour d'une table en bois où l'on sert du cidre très fort, il y a même un canapé-lit. Nous devons rentrer tôt car nous partons le lendemain. Nous empruntons du savon à la proprio, mais Annie n'a pas osé dire que nous partions.
Dans notre cahute, nous nous papouillons dans la Deux chevaux garée à l'intérieur. Nous libérons une espèce de salamandre vivante mais en plastique : elle sera plus heureuse ici. Les cloches jouent O stille Nacht.
27 03 56
En Espagne, avec M. Nogaret, nous visitons en groupe une enfilade de pièces à l'étage, richement meublées. En attendant le guide, chacun parcourt tout : abondance de meubles magnifiques et d'instruments de musique. Je tente de jouer d'une espèce de pianoforte, mais il y a sous le couvercle des papiers raidis et entoilés, montrant que l'on n'a pas tellement envie que d'autres se mettent à jouer. Des courtepointes matelassées sont négligemment retroussées sur les dessus de lit. Je dis à M. Nogaret que l'appartement rue David-Johnston pourrait bien lui aussi se transformer en lieu de visite. Il en est tout à fait d'accord. Je découvre en revenant sur mes pas qu'une grande glace murale reflète celui qui s'y regarde sous forme d'un riche personnage en toque, avec collier de barbe, qui reproduit tout vos mouvements.
D'autres s'y mirent, à mon invitation. Pour les femmes, la barbe du reflet disparaît. Le guide en retard arrive en courant, avec un autre groupe, flanque son coude dans l'œil d'une touriste, qui se met, par consolation, à rouler une pelle à sa voisine. Je pense plaisamment qu'avec le coude dans l'œil, elle ne verrait que la moitié des choses et ne devrait payer que demi-tarif. Enfin la visite va commencer.
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06.09.2009
Une exécution du pauvre vieux Bernard Clazvel, qui d'ailleurs n'en a rien à foutre...
Le héros de Miserere, me direz-vous, m'en apprend de façon distrayante sur la crise économique dans le Nord américain : je préférerais alors le talent d'un grand historien qui me révélerait tout cela, sans m'assommer pour autant de statistiques, mais qui m'instruirait, qui me remplirait le crâne sans tout ce brouillage parasite de la narration. Les arguments inverses se bousculent aussi au portillon : qu'il est plus agréable de passer par un récit, que l'on retient mieux pour finir les tribulations d'un personnage à qui l'on s'est attaché...
Eh bien non. Pas du tout. Je ne m'y suis pas attaché, parce qu'il s'apparente à une silhouette, autour de laquelle gravitent d'autres silhouettes, même si on les a déjà vues dans d'autres romans comme Harricana par exemple ; n'est pas Balzac qui veut, nous avons reconnu Steph Robillard, le trappeur Raoul, mais ils n'ont pas d'autre arrière-plan que d'avoir figuré dans d'autres fictions antérieures, aussi gratuites que celle qui nous occupe présentement. Vais-je pousser un vieil homme au désespoir ? Non. Les arguments en faveur du « fait vrai » sont innombrables.
La place que l'on a occupée dans l'histoire doit être revendiquée haut et fort. Disons que ce n'est pas cela, contre quoi je m'acharne, dont j'ai besoin. Et nous avons besoin, aussi, de feuilletons. Tenez : à la fin du livre Miserere, une femme, vaillante et forte en gueule, tourne autour du héros et de son vigoureux cheval : chiche qu'elle tombe amoureuse de lui dans l'épisode suivant, et que la femme aux pieds coupés, la vraie, la légitime, séquestre les enfants qu'elle a eus ? Certes cela ne reste qu'indiqué, et Clavel aura sans doute la finesse de ne pas le développer, car les volumes successifs de Royaume du Nord peuvent se lire séparément sans qu'il y ait de fil à perdre.
Mais une telle intrigue n'aurait rien d'invraisemblable dans tel ou tel autre roman aux auteurs interchangeables, dans un pays interchangeable (Congo, Russie, Inde). Je suis vache. J'ai aimé ce livre. Je l'ai dévoré. Je m'en souviendrai. Je le recommanderai. C'est le sandwich-bière. Si je veux des ortolans, c'est que je suis un intello prétentieux. Revendiquons : je suis un intello prétentieux. Il en faut pour tous les goûts. Eh bien d'accord. Parcourons l'ouvrage, qui me fut envoyé d'ailleurs gratuit, merci au service de presse : en avant pour les femmes énergiques, les vraies pionnières, c'est la page 47 :
« Elle avait des gestes plus lents que les autres femmes, moins adroits aussi. Jeanne Koliare, petite brune bien faite, à l'œil vif et au visage rond, avait achevé sa propre installation. Elle vint aider également. » La première femme aura les pieds coupés. La seconde est décrite en quelques traits, pour que le lecteur puisse la mémoriser. C'est dans le manuel du parfait écrivain : « Caractériser dès l'abord vos personnages, afin que le lecteur les reconnaisse ». Dostoïevski devait être nul, car pour moi Raskolnikov ou Stavroguine ont sombré dans un anonymat physique d'autant plus furieux qu'ils sont demeurés dans ma tête...
Ces Russes se ressemlent tellement avec leurs grosses moustaches et leurs toques en peau de zobi... Quant à l' « œil vif » et au « visage rond » de Jeanne Koliare, je m'en fous totalement, car elle pouvait aussi bien avoir le visage bilieux et les poils maigres, ça revenait au même. On continue ? on continue. Après l'entraide des femmes, l'entraide des hommes : « Mais, très vite, ils avaient été conquis par sa bonhomie et son savoir-faire. En hommes habitués au travail, ils admiraient celui qui travaillait bien. Les deux équipes s'étaient formées tout naturellement, bien avant l'altercation avec le prêtre. » Le prêtre est un personnage essentiel au Québec : il est le garant de l'identité culturelle et linguistique.
J'aurais mieux fait de vous fournir des indications comme cela, utiles, constructives, au lieu de tenter de démolir un roman vachement bien foutu qui ne m'avait rien fait. Que voulez-vous... Voyons notre héros, celui qui fuit les curés autoritaires : « Renonçant à perdre son temps, il limita son appétit à ses salaisons, son riz, ses conserves et son biscuit de mer. En quatre longues journées, il lui sembla qu'il avait abattu assez de bois.
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Demain, je commencerai à tailler les encoches. » J'aurais pu, par exemple, exalter avec l'auteur la noblesse du travail de la main et du coude, l'individualisme de ces hommes jeunes qui ont construit le pays malgré les dangers. C'eût été politiquement correct. Une autre fois, peut-être ? Le héros est rejoint par un prêtre, un bon cette fois, qui l'aide à la hache. Puis il va faire à pied ses achats de Noël :
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« - T'as plus le sou ?
Rogneux, Cyril répliqua :
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J'en ai pas besoin.
son temps, il limita son appétit à ses salaisons, son riz, ses conserves et son biscuit de mer. En quatre longues journées, il lui sembla qu'il avait abattu assez de bois.
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Demain, je commencerai à tailler les encoches. »
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J'aurais pu, par exemple, exalter avec l'auteur la noblesse du travail de la main et du coude, l'individualisme de ces hommes jeunes qui ont construit le pays malgré les dangers. C'eût été politiquement correct. Une autre fois, peut-être ? Le héros est rejoint par un prêtre, un bon cette fois, qui l'aide à la hache. Puis il va faire à pied ses achats de Noël :
« - T'as plus le sou ?
Rogneux, Cyril répliqua :
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J'en ai pas besoin.
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Là, il doit y avoir une coupure dans MON manuscrit.
« La main du scieur serra plus fort et l'ancien charbonnier domina l'envie qu'il avait de se libérer d'une secousse. »
Ah, les vertus d'entraide, l'amitié virile ! c'est bien loin de mon quotidien tout ça, ma pauvre dame... Ça fait toujours du bien de le lire dans un roman. Et l'amour des chevaux, donc : moi qui ne peut pas les blairer... C'est vicieux, et c'est lourd sur les pieds. Voyons ? « Certain, que j'en prends soin. Tu peux dire que t'as de sacrées bêtes.
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« L'homme allongea son bras droit et manœuvra un levier. »
Eh oui, tout a une fin ! les pauvres chevaux seront bientôt remplacés par d'affreux chevaux-vapeur et des tracteurs, qui détruiront le silence éternel des forêts du grand nord, et pousseront le pays à l'exténuation par surexploitation ! sans oublier le crève-cœur de l'amoureux des chevaux qui devra se faire à cette déchirante mutation ! Voilà une dimension positive de ce livre, Miserere ! Très instructif ! très humain ! vous ne direz pas que je ne suis pas objectif ! Et tout cela se termine, comme Maria Chapdelaine – tiens donc... - par un hymne à la nature et à son renouveau : « Les glaces craquaient sur les lacs, les rivières et les creux d'eau. Ce qui recouvrait les toitures avait glissé dès les premiers jours, entraînant les longues aiguilles de cristal accrochées aux rebords et qui s'étaient brisées. Sous les mousses et les broussailles écrasées par les neiges durant des mois, la vie reprenait. »
Voilà.
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Vous êtes prévenus. Vous savez maintenant ce que vous trouverez dans Miserere de Bernard Clavel, vous savez aussi ce que vous n'y trouverez pas : Bernard Clavel est un romancier, pas un écrivain.
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18:44 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.09.2009
Le coeur et le cul
Evelyne, à dix ans, fut mon premier amour. Blonde et pâle. Comme nous discutions à petit bruit sur le perron, à trois ou quatre, elle s'est tournée vers moi pour me tendre un coquillage de la taille d'un ongle : “Tiens, je ne t'ai encore jamais rien donné. Je répondis que si ; qu'elle m'avait déjà beaucoup donné. Ce fut la seule fois que j'eus de l'à propos avec une fille. Nous nous sommes promenés main dans la main derrière l'immeuble. Je me souviens – cela n'est-il pas étrange – d'avoir convenu avec elle, en cas de mariage, que je commanderais les jours pairs, et elle les jours impairs. “Tu auras l'avantage, grâce aux mois de 31 jours.” Cela nous faisait rire.
Cela se passait chez mon oncle, qui m'hébergeait pour les vacances. Il écrivit sur-le-champ à mes parents que “c'[était] une honte”, qu' “à dix ans [leur] fils a[vait] déjà une poule” . Il m'inventait des exercices d'algèbre – voilà bien pour aimer les maths ! - afin de m'empêcher de rejoindre Evelyne, et je répétais à mi-voix en pissant dans la cuvette de H.L.M. (un luxe à l'époque) : “Je t'aime, et rien ne pourra nous séparer”, juste pour m'en souvenir plus tard. Retors, non ?
Et je m'en souviens encore. Tonton m'a dit : “Elle est cloche, ton Evelyne ; attends que Marion revienne de colonie, tu verras !” Une petite brune en effet, piquante, jamais à court de répartie, qui se savait déjà admirée, et qui commençait à se foutre de ma gueule ; je suis retourné auprès de ma blonde. Je n'ai plus revu personne, vous pensez. Curieux tout de même. Qui va commander dans le ménage. Que ç'ait été là ma première préoccupation. Ce qui fait surtout enrager, d'après Roland Barthes, c'est quand l'être aimé prétend devoir obéir à d'autres, alors qu'il ne vous obéit pas à vous, qu'il ne tient pas compte de votre souffrance à vous, qui valez donc moins que l'autre.
J'ai vérifié à maintes reprises en effet que la façon la plus efficace, la plus cloue-le-bec, de se soumettre un partenaire récalcitrant est de se prétendre soi-même ligoté, garotté, par un engagement, de préférence professionnel, une promesse antérieure, auprès d'une autre personne, qu'il importe bien plus de ne pas vexer que vous - est-ce ainsi vraiment que l'on aime ? auprès d'une belle-mère par exemple, bien efficace ; je l'ai haïe à mort ; puis lorsqu'elle est morte, la pauvre - rien n'est arrangé. Dix ans de perdus. Et toujours la faute des autres. La personne aimée se réclamera toujours de sa propre soumission, de “l'impossibilité de faire autrement”, pour vous soumettre à ce que vous détestez le plus. Je connais un couple de cons, dont l'épouse a su convaincre le mari de fréquenter sa sœur (à elle) (il faut suivre).
19:13 Publié dans Ah les filles, ah les filles... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.09.2009
Stendhaleux !
Pendant que la noblesse cherchait à se pousser à la cour, les négociants se félicitaient de n'être plus en but[te] aux avanies incroyables des vice-rois espagnols ou aux duretés des généraux autrichiens ; le peuple était tout étonné que le gouvernement ne lui fît pas toujours du mal et il s'accoutumait fort bien à payer des impôts dont une partie était distribuée en forme de prime à la noblesse et au clergé » - c'était le bon temps.
« D. Carlos régnait ainsi depuis cinq ans ; la tranquillité et l'aisance renaissaient de toutes parts. Plusieurs circonstances favorables s'étant réunies, l'hiver de 1740 à 1741 fut remarquable entre tous par des fêtes charmantes. Huit ou dix femmes d'une rare beauté se partageaient tous les hommages, mais le jeune Roi, fin connaisseur, soutenait que la plus belle personne de sa cour était la ravissante Rosalinde, fille du prince d'Atella. Ce prince, ancien général autrichien, personnage fort triste, fort prudent, » - décidément, Stendhal se néglige, c'est fort agaçant - « avait cédé malgré lui aux instances de Dona Ferdinanda, sa seconde femme, en lui permettant de se faire suivre au palais » (“a : Dicté le 16 mars 1842”) « par sa fille, cette belle Rosalinde que le roi regardait comme la plus belle personne de son royaume et qui avait à peine seize ans. Le prince d'Atella se voyait trois fils d'un premier lit dont l'établissement dans le monde lui donnait beaucoup de souci. Les titres que portaient ces fils, tous ducs ou princes, lui semblaient trop imposants pour la médiocre fortune qu'il pouvait leur laisser. » - eh oui; les riches ont bien des soucis.
« Le prince d'Atella » (“b.Dicté la page 34 le 18 mars”) (note de Stendhal) « était amoureux de sa femme, fort imprudente, et qui avait trente ans de moins que lui, ce qui ne l'empêchait point d'être déjà d'un certain âge. Pendant les fêtes magnifiques de l'hiver de 1740, elle n'avait dû qu'à la présence de sa fille Rosalinde le plaisir flatteur d'être vue toujours environnée à la cour par tout ce qu'il y avait de plus brillant dans toute la jeunesse de Naples. Elle distinguait surtout Gennarino des marquis de Las Flores :» (note “1: Comme l'a suggéré V.del Litto, il se peut que ce nom ne soit qu'une version espagnole du nom de l'ami de Stendhal Domenico Fiore”). « ...ce jeune homme joignait des manières fort nobles et même un peu altières à l'espagnole, à la figure la plus gracieuse et la plus gaie ; il avait les cheveux et la moustache d'un beau blond et des yeux bleus, ce qui est une rareté d'une famille gothe, et qui rendait sa beauté plus touchante aux yeux des dames de la cour. Déjà deux fois il avait été blessé par des époux ou des frères appartenant à des familles dans le sein desquelles il avait porté le désordre. « Le [jeune] » (entre crochets, note 2 : Stendhal a laissé un blanc, ce mot est conjectural) « avait été assez adroit pour persuader à la princesse d'Atella que c'était à elle que s'adressaient ses hommages; mais dans le fait, il était amoureux de la jeune Rosalinde, et, qui plus est, jaloux.
21:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


