05.10.2009
Promenade et décombres
EH LES MECS JE PARS EN VOYAAAAAGE A GAP ET JE NE SAIS PAS SI VOUS RECEVREZ DES NOTES DE LA-BAS.A COMBIEN DE CHEFS-D'OEUVRE ALLEZ-VOUS ECHAPPER !!!
Je tâte dans ma poche : trois dirhams.
Ça fait trois merguez au kiosque pour le chien et moi. Une race précieuse, des oreilles en houpettes, les yeux dorés – mon arme et mon chien. Qui promène son chien dans Motché ? ...Paisible journée de tension. Les trois Présidents précédents ont tenu trois semaines. A l'hôpital, ou dans ses ruines ? mon père va mieux : je le retrouve au sous-sol, conscient, confiant : « J'ai un peu honte de ne pas souffrir ; juste hypoglycémie. » Il me demande où j'en suis de ma mission. Franchement !... « Mon fils n'est pas mon fils », je lui dis ça comme ça, le chien aboie au dehors en fourrant son museau dans le soupirail.
Mon père me dit que les cimetières sont devenus des enjeux stratégiques : d'une part, les sections croient avoir converti les morts ; d'autre part, ces grands espaces vides permettent de relier deux quartiers d'un coup. Il s'intéresse aux luttes, je dirais tombe après tombe, aux positions des hommes entre les stèles, je mime leurs reptations. « Interdire à l'autre l'accès au cimetière, poursuit-il, c'est déjà quelque chose, à supposer qu'on ne puisse y pénétrer soi-même. Prends ton chien , longe les murs, demande les chefs. » Quand je ressors, des cons sur les trottoirs tirent sur tout ce qui ressemble à une croix rouge, à un croissant rouge ; moi je pense que le devoir d'un négociateur, d'un Pacificateur digne de ce nom - est de préserver sa propre existence. Je suis sans compagnon de lutte. Le seul nom de « compagnon » me hérisse, comme un chien. Je ne me vois pas franchir les grilles d'une ambassade.
Puis tout se calme. Comme une femme, comme la mer – jamais rien de certain. Il me vient à l'esprit « embruns de plomb » : de qui est-ce ? Où vais-je dormir ? ...celui qui change d'adresse sans cesse, un jour il tombe ; celui qui reste sur place – un jour il tombe.
Robott le chien : garde du corps ? Toujours dans les ruines, toujours se faufilant. Paziols a tué ses ennemis privés. Rien de plus. Son père, sa famille, son village. Il se faisait aimer des animaux. Son chien léchait le sang des hommes. Je suppose. Jamais il n'aurait tiré sur son chien. Le seul témoin des meurtres est le seul que les juges n'auraient pu entendre. Derrière des sacs de sable, des soldats jouent aux cartes. De temps en temps l'un d'eux monte au créneau et tire un coup. Je me guide sur les barricades pour faire le tour du quartier. Pas moyen de sortir de l'enclave. Quelle faction osera l'assaut ?
J'offre des cigarettes, ce sont mes soldats ; s'ils me reconnaissent, ils ne le montrent pas. J'achète des fruits près du cimetière. Peut-être mon fils se tient-il hors de la ville, cherchant des renforts, des munitions – si j'accomplissais à mon tour un Grand Massacre privé, je ne serais jamais poursuivi. A Damas, chez Sri Hamri, « le Rouge », il ne reste qu'un seul parti : les annexionnistes. Tous pour annexer Motché. Une patrouille de miliciens me croise au pas – sans me regarder – suis-je parmi les miens ? Pourquoi ne tirez-vous pas ? Je n'ai plus le moindre projet d'unification du pays. A l'Hôtel de Touled où je me réfugie, un inconnu très jeune m'apprend les connaissances indispensables à ma survie (dans ces rues, où le hasard me fait vivre) : «Il n'y a plus qu'un seul chemin d'ici à ton Palais ».
Le jeune homme s'appelle Saïz Essalah. Il remplacera le chien qui s'est fait dégotter. Je ne savais qu'en faire. Mon ami humain s'assoit sur le lit de fer, un genou plié. Ce qu'il me dit me plaît : j'y suis contraint. « Au nom de quoi, dit-il, certains possèdent-ils toute la terre ? » Je reconnais les idées même de mon père, propriétaire de toute la Bergayah d'un seul tenant. Je demande à Saïz : « Qu'en ferais-tu ? » Partout où je me terrerai, sera l'œil du cyclone. Cet homme a de beaux yeux. Il me demande : « Qui gagne et qui perd ? Je veux l'Humanité entière, en équilibre, au sommet de la Roue de Fortune ». De même les rabbins vont disant (certains d'entre eux) : « Le Messie – c'est l'homme tout entier. » Je dis : « Tu parles comme un Juif. » Je pense que le monde retient son souffle en attendant que je meure.
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03.10.2009
Un juif nommé "L'Egyptien"
En voilà un livre que j'aurai bien du mal à finir. Le premier déjà, aux Editions du Bordel Bas comme il se doit, m'avait exaspéré, par sa propension à glisser sans cesse d'un plan à l'autre, parlant de mort lorsqu'il faut parler d'amitié, dissertant finances quand on se préoccupe de politique, réussissant ainsi à toujours retomber sur ses pattes en déplaçant sans cesse le champ du sujet. Le voici qui récidive avec son Travail de la liberté, où resurgit ce serpent de mer selon lequel nous serions tous libres, par un phénomène de notre liberté : ce qui revient toujours au même, à savoir que les victimes ont choisi leur sort. Vous détestez votre mère ? Mais n'avez-vous pas fait tout ce qui était en votre pouvoir pour que cela vous fût obligatoire ? Vous n'avez pas d'argent : mais c'est bien vous tout de même qui avez tant gaspillé ; quant à vos projets de gloire engloutis sans retour, il faut bien que vous reconnaissiez que votre comportement volontairement asocial éloigna de vous tous ceux qui auraient pu vous promouvoir.
Bref, comme disent les antisémites déguisés ou non en antisionistes, «les juifs l'avaient bien cherché ». Un comble, monsieur Misrahi... Pour l'amour seul, il n'a pas dit trop de conneries. Encore prend-il bien soin d'éliminer tout ce qui à ses yeux ne relève pas de l'amour pur (c'est quoi, ça ?), afin de toujours avoir raison : l'amour pur est « amour de tout ce qui existe », autrement dit « bonheur de tout approuver dans la création ». Si c'était pour retomber sur le Dieu platonicien, il fallait le dire tout de suite, ça nous épargnerait de devoir finir cet épuisant pensum, où l'on vous botte toujours soigneusement le train en vous disant : « Allez allez espèce de mauviette ! Du nerf, hop hop ! » Nos pouvons décider d'être heureux : c'est à nous de choisir l'humeur où nous voulons être.
Les patrons d'usine seront ravis de pouvoir ressortir ça à leurs syndicalistes. Oui, j'ai exagéré. Non, mes exemples ne sont pas les bons, nous les chercherions en vain dans l'ouvrage en question. Mais brûler les paillotes m'a toujours semblé d'excellente tactique, et « faire comme si » démontre toujours bien mieux que les faits réels, si mous et si suceptibles d'interprétations fluctuantes. Libérés nous dit Robert l'Entourloupe des prétentions ascétiques du pessimisme et des passivités de l'esprit tragique, toujours fataliste, les sujets peuvent se tourner joyeusement vers le monde et se réjouir de ses potentialités. C'est exaspérant. Surtout tiré de son contexte, dont je ne veux plus me souvenir. Le pessimisme, Môssieu Misrahi, est la donnée même de l'espèce humaine et de l'esprit de chacun de ses représentants.
Il est très facile, en effet, parce que l'homme n'a qu'à s'abandonner à sa pente naturelle. Donc, remontons-nous Folleville. Mais sait-on qu'il convient de se remonter ainsi plusieurs fois par jour ? Et que c'est un boulot épuisant ? Il y a les pessimistes, et quelques optimistes : croyez-vous que les uns et les autres le fassent exprès, librement ? Et en quoi l'ascétisme serait-il une « prétention » ? Quel petit orgueil, Monsieur Misrahi ! De plus, il existe des pessimistes qui ne cessent de bouffer et de boire. Et même, ils en crèvent : où est l'ascétisme là-dedans ? Et depuis quand le héros tragique est-il « passif » ? vous confondez avec le Inch Allah ! Observez les tragédies, vous verrez que le propre de leurs héros est l'agitation perpétuelle, d'Agamemnon à Britannicus. A la fin, le coup de massue fatal atteint l'agité, Oreste, Hermione, un but partout, Edipe lui-même, si fier de son hyperactivité.
Vous m'objecterez Iphigénie, Titus et Bérénice. Soit. Mais la passivité est loin d'être la règle. Alors, ses deux petits coups de griffes donnés, Misrahi peut réentonner son interminable antienne : « les sujets ». Nous serions tous des « sujets », responsables. Voilà bien de l'inconscience : je me sens sujet pour certaines choses, comme d'écrire ces quelques lignes. Mais d'envoyer chier un ami qui veut que je lui livre un appareil de télévision ce soir avec mes petits bras musclés, suis-je libre ? Non, car je suis victime de ma belle âme, et surtout d'un projet concocté dans mon dos par ma femme, qui ne m'a téléphoné que lorsqu'il aura été impossible de goupiller cela autrement. Un retraité, n'est-ce pas, n'a que ça à faire : devenir taxi, et si possible déménageur. Oui, humour. Mais quant à me « tourner vers le monde », j'y fus obligé, passant ma vie au milieu d'une foule d'élèves, moi qui aime temps la solitude, ou sans cesse au même endroit, Bordeaux pour ne pas le nommer, parce que ma femme est recordwoman de sédentarisme et de casaniérisme.
Et on ne change pas de femme « comme ça », sur un coup de tête. Le monde ne m'apporte qu'un métier de con, prof, et maintes avanies : pas de gloire, pas d'argent, pas de femmes. Et ce n'est pas à 64 ans que ça va s'arranger. D'autres ont réussi, comme ce personnage de Quelle est la différence entre un pigeon ? qui proclame - comme je l'ai si souvent ouï proclamer : « Moi je me suis toujours fixé des buts et j'y suis toujours parvenu » - à quoi j'opposerais volontiers cette formule claque-gueule de Jules Renard : « Celui qui se croit arrivé, c'est qu'il ne voulait pas aller bien loin ». Bref, Misrahi nous refait le coup du « si tout allait bien, tout irait pour le mieux ». Tenez, on m'appelle pour le repas, interrompant cette remarquable dissertation pour cinq minutes qui lui restaient : suis-je libre de n'y pas aller ?
J'apprends au cours de ce repas que je devrai me farcir la compagnie de M. et de sa cousine : qu'est-ce que j'en ai à foutre, de M. et de sa cousine ? Je suis autant méprisé par la seconde que je méprise la première... Misrahi, redescends un peu sur terre. Les “possibilités” de ce vaste monde sont tout simplement offertes à ceux qui se prennent pour des sujets, et qui réussissent, et refusées à ceux qui se voient tels qu'ils sont, des jouets, et qui échouent dans les quatre cinquièmes de ce qu'ils entreprennent. Et c'est tout ! Pas la peine d'avoir philosophé toute une vie, et de publier ce torchon pour “mettre en ordre”, à 83 ans, ce que les lecteurs pourraient n'avoir point compris ! Dans la vie, c'est la loi du plus fort, ou du plus adroit. Faire accroire aux perdants qu'ils peuvent acquérir par leur volonté la force de devenir des vainqueurs est une imposture, appuyée par les forts, c'est-à-dire ceux qui ont toujours su se relever... grâce à leur constitution spirituelle !...
Merde alors !...
16:13 Publié dans la parano qui galope | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.10.2009
Musique et laïcité
Composition particulière, debout sous l'éclairage parcimonieux d'une cage d'escalier, en l'école V. qui coûte la peau des fesses. Je commente un article sur les évêques américains couvreurs de pédophiles, dont certains abrutis condamnent moins les hétéros que les homos, avec l'argument qu'une femme détestant les hommes s'adaptera, tandis qu'un pédé souffrirait toute sa vie. Ça c'est du raisonnement. Le monde me semble à présent plus lointain, plus brumeux, atteint de sexagénarisme à son tour. Je fus fort gêné lorsqu'à C. l'abbé B. poursuivit la conversation à travers la cloison de chiottes. Dieu merci ce fut bref, et j'avalai stoïquement les endives cuites préparées par Dieu sait quelle vieille fille ; après tout, le sexe n'occupe qu'un faible volume, et comme il est facile hélas de s'en (de le ?) détacher.
Sur ce palier d'école c'est tout un autre monde, très laid, poétique, hors du temps depuis 55. Je n'entends pas le violon de ma fille, juste deux pianos et une guitare, qui se recouvrent. A cette heure habituellement j'écoute les infos. Des ombres passent dans l'ombre, trop d'ombres en vérité dans le bus, les magasins, les rues... Ma lecture énumère et dénonce les abus catholiques. Pourquoi ne dénoncent-elle pas les châtiments inhumains des écoles coraniques ? il règne dans ces colonnes une atmosphère de règlements de comptes anti-sacristie assez déplaisante, un ton ricano-persifleur d'yeux en coin, de sourires entendus... Voici des enfants sortant de leurs salles, nous sommes le mercredi soir, tout sent la sincérité sous-payée... si je pouvais trouver pour lire une salle vide, éclairée !
Un an après le début de cette expérience, [les] résultats scolaires (de cette école religieuse incompétente) sont navrants. Ainsi, c'est en raison des mauvais résultats qu'ils se sont fait virer, et non pour leur appartenance à la race punitive des corbeaux. Et que veut dire école à la maison ? En restant chez eux, ou suivant ce que l'on appelait « répétitions » ? Devant moi c'est un va-et-vient lâche et perpétuel ; impossible de bouger, de chercher une salle. Aucune sympathie pour moi ce soir ne se dégage de tous ces gens puant la modestie, l'insignifiance, la vie sans perspective et le, pour finir, cercueil... Aujourd'hui, beaucoup se demandent si on a agit [sic, faute et hiatus compris] dans le meilleur intérêt des enfants. ...Le niveau de ces braves religieux serait-il donc insuffisant ?
Une torpeur me prend. Parfois un train passe de l'autre côté. Depuis vingt ans j'entends parler de ces enfants qu'on embrigade. Ici des filles et des garçons s'emmerdent jusqu'à plus de 20h pour développer leurs sensibilités musicale et gymnique. Il paraît que c'est pour leur bien. Dès demain il leur faudra rentasser dans leurs têtes ce long apprentissage indispensable. Ne cesseront-ils donc jamais de défiler devant moi, en compagnie de papa-maman ? et je ne suis qu'un père parmi eux... Le directeur s'en va, ferme son bureau à clef, j'entends partout jouer, sauter, du piano, des recommandations, peut-être ma fille dans le lointain. Mes notes survivront-elles à mes survivants ?
23:37 Publié dans Grattages de tête... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28.09.2009
Fragments dingues
(16 octobre 2020 ?)
Certains personnages de Dostoïevski griffonnent, ou écrivent posément, quelques phrases insignifiantes, qu'ils font lire à leur femme, et confient ensuite à la postérité dans de grands cartons verts d'administration.
Pendant que d'autres volent dans les plumes de la littérature, eux passent leur vie à se créer une méthode, sélectionnent leurs thèmes, un par page, comme des grains par sachets, rédigent des fiches ; s'enquièrent de tel point, lisent tel ouvrage primordial - lisent surtout, ce qui dispense d'écrire - poussent même le scrupule jusqu'à indiquer la musique particulière, l'atmosphère qu'ils désirent autour d'eux pour telle ou telle écriture.
Tantôt une méthode, tantôt l'autre. Ils s'obstinent longtemps, surtout s'ils la sentent inadaptée.
La pipe se fume, et l'inspiration ne se hausse guère au-dessus du talent. Et de peaufiner leurs thèmes.
Pendant ce temps, des gigolos nouent d'innombrables connaissances. Les miens habitent loin de Paris. Ils ne paraissent pas. Ils écrivent à longueur d'heures, qu'ils ont glanées au travers de leurs besognes. Ils écrivent qu'ils ont envie d'écrire, qu'ils ne savent pas écrire. Proust, Du Bellay - furent des seigneurs.
Une deuxième pipe succède à la première. L'esprit demeure vide. L'auteur retourne à ses briques. Il vit une époque noire, chargée d'oubli futur. Il sait qu'en période de décadence, les auteurs perdent le souffle : l'épopée, le roman-fleuve, se perdent...
Et voici le moment crucial : sortir de soi. C'est un courant d'air, que je supporte mal.
Es war einmal un schizophrène. Il ne voulait jamais quitter son oeuf. Il voulait écrire sans effort - au fil de la plume. Il s'indignait qu'on vînt le lui reprocher :
- Comment écrire sans souffrir ?
...comment dresser son flûtiau parmi ces puissants arrachements de trombones ?
Surgit soudain quelque révolutionnaire, ignorant tout de Proust et de Gide, et qui le fusilla pour tiédeur.
Parfums d'église. Chaque heure mûrit et crève ; l'absence de souffrance se fait cruellement sentir. Une araignée étire ses pattes. La pensée file en musique, les comparaisons s'enfilent comme des perles, comme des doryphores qui cheminent, comme, comme...Laisse couler le fleuve des automobiles où tourne une sirène, le soleil baisse et va t'atteindre derrière la vitre. Une vieille ouvre son sac, objet vague, les humains fuient, reste, seule, la moleskine respectée.
Ici s'ouvre le journal du fou, 22-12-2020
Aqui se abre el diario del loco.
Rien ne sera plus concentré que le journal du fou. Nichts wird usw. Le texte en sera pédant, souvent diffus.
"Le comble du cabotinage est de ne rien laisser paraître de soi."
FLAUBERT
Ce travail nécessitera une documentation aussi poussée, aussi sévère, que celle de Bouvard et Pécuchet. Il y prolifèrera autant de redondances, autant de répétitions que dans l'oeuvre de Bienaimé Péguy. Partitions musicales, portées tibétaines, cartes géographiques, "et l'on parlera plus des couleurs et dees formes de l'oeuvre, que de l'oeuvre elle-même."
Nul ne doit pouvoir dire :
- Houynhnhnh ! ceci est bon ; j'en ferai fructifier."
Il n'y aura pas de plan ("Es wird" usw.)
Le futur est le temps des dieux, le temps-Dieu.
"Il est le temps qui exprime qu'une action se fera ou ne se fera pas dans l'avenir ; il exprime ce qui sera (ou ne sera pas) (verbes d'état), sans restriction."
Ceci encore :
"Obsédé du besoin de faire coïncider la durée de sa création avec celle de l'élan créateur (coïncidence exaltante
qu' "on peu nommer l'inspiration") - le fou ne se sent ni atteint ni tourmenté par la suite de la citation ("il [Tchaïkovski] est d'autre part tourmenté par les exigences de la création formelle" J. J. Northmann).
"Petite musiquette au jour le jour - serinette - non, tu ne seras pas" (Antoine Bourdivier).
Problème : "raidissement" mène à "trop connu" ; "besoin de nouveau" mène, par d'autres voies, à "trop connu" - les histrions sont fatigués - et puis, l'interdit :
"Deux amoureux se regardent à travers la vitre du train. Qui ne démarre toujours pas. Or, ils se sont tout dit. Ils se font des grimaces embarrassées de chaque côté de la vitre" - ça, on peut le dire. "Les roues du train comme le bruit de la mer" - ça oui, ça surtout on peut. Ca sent bon. Cendrars, Jules Verne, Michel Strogoff. Références. "Ce qu'il y a de bien" ("de merveilleux") c'est de se sentir en train de penser sans savoir à quoi ; sans besoin de cerveau. "Ce gros viscère chaud"
MAIS :
: interdit !
et : interdit !Conclusion, sans rapport avec ce qui précède.
Il faut écrire par but précis.
IL FAUT FUIR LE STYLE DES QU'IL SE MANIFESTE
Fuir, dès qu'il se manifeste, le style.
23:19 Publié dans Petites démangeaisons littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


