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der grüne Affe

  • Connneries socio-génitales d'un veux réactionnaire

    Juste réactionnaire, au sens étymologique du terme. « Les jeunes – cinquante, soixante ans  - vous voyez ce que je veux dire – sont toujours pressés. Disait une octogénaire. - Ce sont pourtant nos enfants » répondait l'autre. Je les aurais volontiers embrassées. Plus tard tout se vaut sans doute et trop tard (la mort est abstraite)  - j'écris, comme la vie, en taches d'huile : ébauche, où l'on revient, plusieurs fois, que la sauce prenne, puis décanter, rajouter – quel plan ? quelle «structure » ? Je me souviens dans le pathio de ces tendres figures de dingues, pensionnaires d'une quinzaine, simplets, traînant leurs chaussons dans le gravier ; de leurs moniteurs dont une femelle étroitement ajustée, seins, fesses et vulve, sans prendre conscience ni pressentir le moins du monde le moindre soupçon du désir qu'elles inspirent) juste animées (je suppose) de chatouillis sourds et intermittents, apaisés d'une simple série de branlettes d'hygiène ; reportant sur les hommes leurs propres respects pudibonds, trop heureuses de renoncer dès la moindre réticence masculine purement imaginaire ; se souvenir de cette partenaire étincelante inespérée, qui me proposait de dormir seul, dans la chambre à côté, si je « n'en avais pas vraiment envie » - je pleurais presque de peur qu'elle ne s'enfuît, faisant volte-face comme elles font toutes ; il ne faut pas non plus que ce soit contre leur gré, se réservant toujours le recours aux assisses en dernière instance, juste après jouissance (le plaisir de femme n'étant pas une circonstance atténuante) - riez de moi, pour ne pas pleurer sur vous-mêmes14

    ...Tous nos demeurés de St-Brault, écouillés, bromurés, relevant tous d' une même thérapie, sans mélange pour une fois de durs avec les tendres, violeurs et violés – l'intelligence n'étant pas et de loin la chose du monde la mieux partagée chez les thérapeutes – mais ceux-ci n'avaient que 7, 8 ans d'âge mental : c'était un groupe parfaitement homogènes. Caressants, niais, tenus en laisse par leurs stagiaires. Le Bruxellois sur son banc de bois dans la cour lit « Le Soir » de Bruxelles, grave, docte, enseignant, pratiquant ; il invite un fou puis deux à sa table de pique-nique sur le gravier. Puis jusque dans la cuisine, notre cuisine. « Ils sont intéressants», dit-il. « Attachants ». Plus que nous, c'est certain.Moins compromettants en tout cas, plus profondément enfouis : ressortissant moins du déclassement que d'une anthropologie, en objets d'étude.

    Branches sur la mer P.JPG

    Du haut de sa Grand-Barbe, Sa Mansuétude, lissant son journal dans les plis, devise doctement avec son zoomorphe, s'extasiant sur sa fraîcheur demeurée, tendant la cacahuète et la banane. Les autres lavettes traînent la savate en devisant, crissant des pieds sur ce gravier d'espion, dont trop de flics en retraite trouvent bon de garnir leurs petites courettes. Tout enhardis, les voici qui se hasardent au seuil de ma cuisine, feignant de se tromper, se ravisant avec ostentation, remontant l'escalier de pierre en se hissant des deux pieds de marche en marche – différence enrichissante dont on nous rebat les oreilles – quand violeront-ils la surveillante, à travers son collant moule-chougne ? je trouve proprement inadmissible en vérité que l'on emploie du personnel féminin chez les prisonniers.

    C'est de la torture mentale. Les prisonnières, elles, supportent les hommes du personnel : il ferait beau voir qu'elles les désirassent ! Les femmes, douces, tendres et délicates, ont besoin d'un long apprivoisement amoureux avant de ressentir une ombre d'amorce de soupçon de désir. « On n'est pas des cochons comme vous » - c'est cela, oui... - les hommes font, paraît-il, « toute une histoire avec leur sexe » - les femmes très exactement de même, avec la négation du leur – le comble, en vérité, du ridicule : Fedora «n'a plus besoin de ça », à son âge, vous pensez bien, et nous le fait savoir haut et fort - se glorifie de ne plus désirer, d'avoir enfin trouvé « la paix des sens », comme le nasille l'une de nos plus belles actrices de cinéma, en pleine page de magazine

    1. 15

    Ce qui m'a toujours pétrifié chez les bonnes femmes, au plus haut degré, c'est cette irrépressible pulsion qu'elles ont toutes, que plus elles sont frigo, plus elles éprouvent le besoin de s'en vanter.

  • Le nouvel an juif

    COUTUMES

    Le tachlik : ce mot signifie “tu jetteras” (...”tes péchés dans la profondeur de la mer”, Michée, 7, 19). Symboliquement, l'après-midi du premier jour de Roch Hachana, les fidèles retournent leurs poches et jettent dans une eau courante les déchets, miettes et poussières qui s'y sont accumulés, en signe de purification des péchés de l'année ! Les femmes ne sont pas tenues à cette obligation, et doivent se tenir séparées des hommes pendant qu'ils accomplissent ce rite...Certains secouent leur mouchoir, ou jettent une pierre dans l'eau, ou bien y crachent (en Tunisie), ou bien y sautent (au Kurdistan). Si Roch Hachana tombe un chabbat, ces coutumes s'observent le deuxième jour – et certains rabbins rejettent de telles superstitions...

    Les autres coutumes se manifestent en général dans le cadre familial, et varient comme nous l'avons vu d'une région à l'autre. Tout le monde s'habille de blanc. Même la nappe qui recouvre le lutrin de la Torah est blanche.

     

    REJOUISSANCES ET CADEAUX Au ras des Sanguinaires P.JPG

    Toute fête est l'occasion de somptueux repas : nappe blanche, les petits plats dans les grands, les fleurs ! Le benjamin dépose sur la table les mets de l'espérance : grains de riz, feuilles de menthe et fleurs de lavande. Le repas n'utilisera pas de sel, mais proposera uniquement des plats à base de fruits, de miel, de sucre. Ajoutez à cela le pain brioché, le vin doux ; les fruits du grenadier, du palmier-dattier ; certains, rapportant le nom de tous ces aliments à des passages de l'Ecriture, peuvent ainsi affirmer qu'ils “mangent le Livre” ! On apporte ensuite la tête (roch) d'agneau, ou, à défaut, de poisson, offerte au chef de famille en lui souhaitant de rester “à la tête”, et non “à la queue”...

    Se consomme ensuite, avec un minimum de sel tout de même, le potage aux sept légumes, rappel de la bénédiction du pays d'Israël, qui produit le froment et l'orge, le raisin, la figue et la grenade (cette dernière contiendrait 613 graines, nombre de nos mérites ! ...ou des obligations appelées “mitzvoth”, qui sont autant de mérites...) - enfin l'olive et le miel.

    Et au dessert, on croque des pommes trempées dans du miel en se souhaitant “une année douce comme la pomme trempée dans le miel”. Certaines communautés confectionnent des boules de pain sur lesquelles on a gravé par exemple une échelle, symbole de l'ascension de l'âme vers Dieu.

    Dans certaines communautés sépharades, on observe un jeûne le troisième jour.

     

    SIGNIFICATION DE ROCH HACHANA

    Deux métaphores peuvent être employées : celle de la plante, dont Roch Hachana est la graine : l'année à venir se rapportera à cette graine ; ou celle, plus moderniste – du “programme” d'ordinateur, qui se déroulera comme il a été programmé !

    Mais c'est aussi Yom Tarona, “le jour de la clameur (du chofar)”, ou “Kissé” (“le Trône”, où Dieu s'installe ce jour-là” ( "Notre Dieu et Dieu de nos pères, règne sur le monde entier dans Ta gloire, et préside au monde dans Ta chèreté, et révèle dans la gloire ta puissance sur toutes les créatures terrestres, et il sera connu à toute œuvre que Tu l'as œuvrée , et toute créature comprendra que Tu es son créateur, et chacun dira en son âme, Hachem est Dieu d'Israël, Roi, et Son règne surpasse tout [autre] règne.") - voire, disent les rabbins, “Yom Hadin”, le Jour du jugement” : “A Roch Hachana tous les habitants de la terre passent devant Lui comme le troupeau du berger, ainsi qu'il est dit : “Celui qui a façonné ensemble leur cœur, distingue tous leurs actes.” Et c'est en fonction des actes de l'année qui vient de s'écouler que Dieu ordonnera les évènements pour celle qui vient.”

    “Nous voulons relater la puissance de cette journée : elle est redoutable. En elle, Ta royauté s'élèvera et Ton trône sera fondé sur la justice. En vérité Tu es le juge et Tu as souvenir des choses tombées dans l'oubli. […] Pareil aux moutons dénombrés par leurs bergers, les hommes et leurs actes sont scrutés par toi ; Tu fixes le délai pour chaque être vivant et Tu décides de son sort. A Roch Hachana, Tu l'inscris et à Kippour tu apposes ton sceau : combien quitteront ce monde et combien y entreront. Qui vivra et qui mourra, qui à la fin de ses jours, qui prématurément, qui par le feu, qui par l'eau, qui par la guerre, qui par l'épidémie. […] Qui sera élevé et qui sera abaissé. Qui sera tourmenté. Qui sera fortuné et qui sera indigent. Mais le retour : téchouva, la prière : téfila, et la justice : tsédaka, peuvent faire revenir Dieu sur sa décision.”

    La téfila (prière) n'implique pas de supplication, mais exprime le “rattachement” à Dieu, par un mouvement de bas en haut. La tsédaka est aussi “charité”, sans trace de condescendance ; une attitude de “droiture”

    Il inscrit dans le livre de vie , en effet, ceux qui se sont distingués par leur mérite, et dans le livre de mort ceux qui ont effroyablement péché. Or, la plupart des hommes n'étant ni bons ni mauvais, il est besoin d'attendre huit jours, jusqu'au Yom Kippour (“Jour du pardon”) pour connaître le verdict du Père Suprême. Il ne resterait qu'à trembler et prier en ces “jours terribles”, tout en comptant bien, malgré tout, sur la miséricorde infinie de Dieu. Roch Hachana est l'occasion de “faire téchouva” (“retour sur soi”), où l'on réfléchit lucidement, sans culpabilité, sur le sens de sa vie, de ses relations avec autrui et avec Dieu. Observons que la récompense ou la punition ne s'attribuent que pour la durée d'une année. Bien entendu, au jour de sa mort, chacun recevra sa sentence définitive.

     

    LE CHOFAR

    Il s'agit d'une corne de bélier. Si Roch Hachana tombe un chabbat, on ne souffle pas dans le chofar. On distingue la teki'ah ( תקיעה, sonnerie longue et ininterrompue), les shbarim (שברים, “brisés”, trois petits sons brefs, la terou'a (תרועה, clameur), série de sept sonneries rapides. C'est, à l'exception des percussions, l'instrument le plus ancien encore en usage : une sonnerie grêle, rauque et râpeuse, nullement triomphale, mais renvoyant, par son caractère archaïque et rudimentaire, à l'origine même des Temps... Certains commentateurs sont même allés jusqu'à le rapprocher des plaintes de la femme en travail ou des premiers cris douloureux du nouveau-né : comme si en vérité surgissait du néant, s'accouchait, le monde entier.

    C'est un langage d'avant le langage, celui du cœur lorsqu'il est encore pur, celui qui vous rapproche le plus de la voix informulée de Dieu : voix céleste, “pur vagissement de l'âme” ; rappel de l'origine en même temps que de la fin, cycle inéluctable ici ramassé en un seul instant. A cette interprétation métaphysique se joint le sens plus accessible de la considération morale : de même qu'Israël sonnait le chofar pour entrer en campagne militaire, de même il s'agit pour chaque croyant d'entrer en guerre contre son mauvais penchant, le “yetser hara”. C'est bien sûr la période des “bonnes résolutions”, du ressourcement, de la “table rase”, où l'on reprend en main son intériorité : nous devons changer notre mode de vie, et, partant, le monde. Le son du chofar nous éveille à l'existence, mais aussi nous réveille, car nous avions négligé de lutter : examinons notre conscience, remettons-nous en question au plus profond de nous-mêmes, revenons à notre nature première ! Car le son du chofar, ayant retenti le jour de la création du monde, sonnera aussi le réveil de tous les morts au jour du Jugement dernier.

  • Non sans mal

    Ah bonnes gens, c'que c'est beau la photographie, mais plus encore la blogosphère. J'ai deux identifiants, mon pays et Paris, qui ne cessent de se chevaucher ah les porcs, et tantôt ceci, tantôt ceço. Pour l'instant je suis heureux, docteur, que faire, sto diélatch, ma laassott ? La mécanique tourne, ma femme m'emmerde et me distrait, voici une photo :

    Ceci représente une arrière-ruelle en Corse (Ajaccio)Arrières P.JPG

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  • Philologie allemande

    La lettre H sonne si typiquement deutsch que l'effarant Goebbels avait prénommé tous ses enfants par cette initiale, avant que sa femme les empoisonnât. J'ai appris Hebamme, la nourrice qui élève l'enfant au-dessus du ventre, la sage-femme. Très beau nom, empreint de respect. Il faut bien marquer la scission entre « Heb- » et le reste du mot. Heißhunger, c'est l'appétit dévorant, la fringale, et, médicalement, la boulimie. Voici une association d'idées : Geneviève, quoique opérée de l'estomac, n'a pas cessé de grossir. Vierge à plus de quarante ans, elle a cédé à son Heißhunger, est demeurée heißhungrig, boulimique, et non pas « goulue » ou « vorace », que notre Larousse mentionne seuls. Il est fréquent de ne pas retrouver dans le Larousse les mots du « kleine Duden », tant il est délicat de déterminer si tel ou tel mot s'est véritablement lexicalisé. Geneviève a la peau très douce des personnes grasses, elle vit en compagnie d'une autre femme, la fille Ducauche, toujours joyeuse,, ou toujours méfiante. Elles amènent en chariot roulant toutes sortes de vieilles choses que le père de Geneviève entrepose dans notre maisonnette abandonnée.

    Nous passons au verbe heißmachen, imprimé en rouge, appartenant je suppose à la langue commune, à l'Umgangssprache : or, nous ne l'apercevons pas dans le Larousse ; en revanche, heißlaufen, « chauffer » en parlant d'un moteur, der Motor ist heißgelaufen, hat sich heißgelaufen, ce moteur chauffe ; d'où Heißlaufen, « échauffement, grippage » - c'est donc cela, un « grippage », et Heißluft, « air chaud », ne figurent pas dans le Duden. Jemandem die Hölle heißmachen, « faire chauffer l'enfer à quelqu'un », doit vouloir dire « lui préparer un chien de sa chienne » (Umgangsprache : jmdm heftig zusetzen) – voyons : presser vivement, « pousser au cul », peut-être, ce qui est tout différent.

    deutsch,dictionnaire,wörterbuch

    À rapprocher de heiß, « chaud », ce qui n'a rien de surprenant. Die Heißmangel ne figure pas dans le Larousse. Seulement die Mangel, « la calandre », ce qui « réchaufferait » le moteur, comme semble l'indiquer la racine cal- de « calorifère ». Heißumstritten serait alors l'action de « chauffer le moteur », ou plutôt le fait de s'échauffer dans un débat. Nous ne consulterons plus le Larousse que pour vérifier les significations du Duden, sans être certain de les y trouver. Nous sommes de nouveau renvoyés à heiß, « chaud ». De préférence à ces pédanteries répétitives, nous préférerions des précisions : Hammer n'est pas seulement un Werkzeug, un outil, mais ce qui permet de frapper sur un clou par exemple, un marteau.

    Passons à présent à une racine dérivée sans doute de la première : heiter, «clair, découvert, serrein » : heiteres Wetter, « temps clair », exemple du Larousse. D'où Heiterkeit, « clarté, pureté » - die Heiterkeit des Himmels, « la pureté, la sérénité du ciel ». Heiterkeitserfolg, «accession à la sérénité ». Nous voici loin des ébouillantements précédents. Heizen nous y ramène : « chauffer, faire du feu ». Heizer sera « le chauffeur », en « technique » : cela signifie donc autre chose qu'une profession ? Ici, le Robert entre en jeu : « chauffeur-mécanicien de bateau ». Il ne s'agit donc pas, pour l'instant, d'une pièce mécanique, mais d'un homme. Cette promenade bavarde à travers le vocabulaire franco-germanique ressemble assez aux livres de géographie signés Perpillou, d'où il était très mal commode de tirer de la science, parce que sa rédaction tenait plus de la littérature, cotonneuse, contournée, là où nous éprouvions le besoin, nous autres potaches, de tableaux statistiques ou de courbes sans poésie superflue, sans poésie du tout. Heizgas correspondra à « gaz chauffant », Heizkissen à « coussin chauffant », Heizkörper à « corps chauffant », rien de tout cela ne figurant dans le Larousse, lequel dévoile des lacunes de plus en plus flagrantes, ainsi que je l'avais soupçonné en voyant les dimensions réduites et la grosse impression du volume : fût-ce en 780 pages sur double colonnes, il me semblait improbable de contenir le vocabulaire d'un dictionnaire franco-allemand, plus celui d'un germano-français. Heizöl est bien sûr une « huile chauffante », mais cela ne donne rien en français véritable...

    62 05 23

    "Die Schwalbe", l'hirondelle. D, H, S, nous avançons. Avant d'avoir fini ce rectificateur d'orthographe plutôt que "dictionnaire" monolingue, j'espère avoir pensé à offrir à Sonia ce qu'elle attend depuis des années, un véritable Larousse allemand-allemand. Mon étourderie n'a d'égal que Mon Nombrilisme. "Schwalbe" est le nom d'une de mes élèves viennnoise, qui doit approcher de la cinquantaine à présent. Elle avait l'air d'une hirondelle justement, vive et de cheveux noirs ; pour le ventre blanc, je n'ai pas vérifié. Elle avait convaincu ses parents de pétitionner en ma faveur lors de mon éviction (pour raison financière) du lycée de Vienne ; cependant, lorsqu'il s'est agi de renouveler leur soutien, pour me prolonger d'une annér, ils refusèrent : "Nous avons témoigné une fois, maintenant, qu'il se tire d'affaire lui-même".

    L'hirondelle me rappelle aussi l'étonnement d'Olivier, car j'avais reconnu son gazouillement grinçant si caractéristique :"Mais, Olivier, cela n'a rien d'étonnant ! pendant mon enfance, les villages en grouillaient !" Voilà pour l'extinction des espèces... Et nos dessous de toit abritaient souvent des Schwalbennester, de ces fameux "nids d'hirondelles", que mangent les Chinois lorsqu'il s'agit d'un mucus comestible de martinets locaux. Au sein de l'écriture se glisse une inquiétude sur l'utilité de mon vice... Ensuite je reprends mon collier de coton. Sonia tu as mon âge à présent : je ne t'ennuie pas trop ? Passons au mot suivant : "der Schwall", "de Schwall". Pluriel "Schwalle". Es ist so wie ein Guss Wasser : le Duden ne me fournit pas le sens de ce mot courant : un jet, (une coulée), une averse.

    Une douche, au sens de "déversement". "Schwall" est plus précisément "un torrent", "un flot ininterrompu" : "ein Wortschwall", un flot de paroles. Un "paquet" (de mer). Les hirondelles de mer sont des sternes pierregarins. Cela se dit justement "eine Seeschwalbe". Une "Seeschwalbe" peut donc très bien recevoir "einen Seeschwall", à supposer qu'un tel oiseau soit de sortie par gros temps. Or ce mot signifie aussi "un alcyon", ces oiseaux de légende qui nidifiaient sur l'eau lorsque la mer était d'huile. "Pleurez, doux alcyons, doux alcyons, pleurez / Elle a vécu, Myrto, la belle Tarentine", ces vers, de Chénier, évoquent-ils encore quelque chose ? Il a mal fini, bonnes gens. Pleurez à votre tour. "Der Schwamm", c'est l'éponge.

    L'ordre alphabétique maintient le champ sémantique... "der Schwamm" : c'était l'un des premiers mots que nous apprenions en 6e, lorsque la pédagogie consistait simplement à désigner, en allemand, les objets scolaires que le professeur avait sous la main :"das ist die Kreide, das ist die Tafel", "c'est la craie, c'est le tableau", pour lequel on se servait encore d'une éponge, avant de passer "le chiffon sec" ("M'sieu ! j'peux effacer le tableau ?") - c'étaient des fils de paysans que l'on enseignait, et nul journaliste pressé d'étaler sa clairvoyance ne s'avisait de stigmatiser une prétendue "culture bourgeoise".

    Et nous savions l'allemand aussi bien que les passionnés d'aujourd'hui. Pourquoi s'est-on mêlé de sociologie à deux balles ?

  • Note à la cantonade

    LE SINGE VERT No 107
    Der grüne Affe A travers les roseaux B.JPG
    Rédacteur Hardt KOHN-LILIOM
    Juillet 2016
    XHOSA : MONKEY ELUHLASA
    rédacteur éditeur diffuseur HARDT KOHN-LILIOM
    4 AVENUE VICTORIA 33700 MERIGNAC-
    COURRIEL COLBER1@LAPOSTE.NET
    OEUVRES A CONSULTER SUR IN LIBRO VERITAS
    sous le pseudonyme Bernard COLLIGNON
    —————CITATION No
    1252—————
    IL N’Y A PAS DE PRECURSEURS, IL N’Y
    A QUE DES RETARDATAIRES ;
    COCTEAU LE COQ ET L’ARLEQUIN

  • St-Sernin de Toulouse

    Toulouse n'est pas tout à fait illuminée : juste la Cathédrale St-Sernin, « avec effet de lune derrière le Clocher » me précise-t-on, avec majuscule à « clocher ». Sacrée Toulouse... C'est niais. La cathédrale manque de grandeur, je vais me faire assassiner. Il s'agit d'une carte-postale dans le goût années 80, avec effets de lumière partout, et traînées de feux de voiture par exposition prolongée. Le genre de truc qui correspond à mon goût de chiotte, de « chromo ». La cathédrale marque huit heures moins vingt. Elle est bistre et ocre, avec sa façade ultra-irrégulière. Le porche au tympan lisse, la rosace décalée par la perspective, sous une autre ogive, et surtout ce toit incliné farfelu comme un béret sur l'oreille, qui tangente presque la retombée droite de l'ogive.

    A bord B.JPGEt un beffroi de brique se demandant ce qu'il fout là, des mâchicoulis sous l'horloge ronde (« 8 h moins 20 »), l'ombre portée d'un contrefort sur la façade, et à gauche, en retrait et en étagements, les contreforts de la nef s'enfonçant dans l'obscurité comme un défilé de fuyards. Au-dessus, un ciel artificiel de gaz moutarde, du vert, du bleu, du malsain, de la profondeur sous-marine, stade du glauque. A droite, un obélisque lumineux, des jets d'eau qui montent l'arroser, cela va du translucide au bistre, avec des barres plus sombres pour découper le tout. Plus haut vers la droite, dans une obscurité pour une fois naturelle, ce qui émouvrait le plus le cas échéant, ces deux fenêtres jumelles comme des yeux, derrière lesquelles un archevêque écoute la télévision.

    Tout de guingois, un porche illuminé surmonté d'un drapeau français pendouillant. La mairie. Au sol, parcouru de la double traînée des voitures dans l'un et l'autre sens, du brun où pas un ne circule, j'entends à pied, un panneau « parking » blanc sur fond bleu à peine distinct, une atmosphère de printemps chaud. En été, à cette heure-ci, il ferait encore jour. C'est accueillant, cela manque d'unité, c'est la province, étrange, villageoise, secrète, énigmatique : que fait ce bâtiment médiéval au sein de cet espace contemporain, ces petits véhicules dans l'ombre... 

     

     

    Il est hors de question que je me fatigue à faire coïncider la photo avec le texte descriptif. En effet, que l'on se fatigue ou non, le résultat est le même : tout le monde s'en fout.

     

     

    Et l'opérateur qui a éprouvé le besoin de trafiquer absolument tout, à moins que ce ne soit l'éclairagiste de Toulouse lui-même, pour complaire au mauvais goût du touriste.

    Après l'impression d'ensemble, je reviens sur les détails, espérant être interrompu par mon horaire, qui Dieu merci m'empêche de m'attarder sur quoi que ce soit. Le porche, donc. Une double porte de part et d'autre d'une pilier dont j'ai oublié le nom technique. On distingue les cinq ais verticaux, ce sont des planches... Le jeu d'ombres fait croire que les portes en questions, jumelles, sont entrebâillées, mas pas d'office nocturne ce soir-là. Au-dessus, le tympan est parfaitement vide, pur comme un front de pucelle, aplani ma parole au badigeon, serti de trois voussures superposées, la troisième se surmontant d'un gâble bien pointu, aux excroissances statuaires et végétales.

    Tout cela jaune doré. Le porche et ses trois voûtes s'encadre dans un rectangle plus haut que large, à l'appareillage régulier, cerné de deux pylônes terminés en pointe, sommé d'une espèce d'architrave percée de trous-trous. La rosace est ronde comme une rosace, il n'y a rien à en dire, l'éclairage lui est défavorable, ces choses-là sont faites pour être contemplées de l'intérieur, le verre vu de dehors donnant l'impression d'un envers d'aile de papillon ou de tain de glace. Un porchounet à gauche, un porchounet à droite. Sous celui de gauche, un grand qui descend, plat comme un emplacement de placards municipaux, un autre au niveau du sol avec un oculus, et le panneau de parking plutôt bien dissimulé : on n'y pense plus.

    L'ensemble de la rosace et des porches qui le flanquent, trois superposés à gauche, un à droite, s'encadre à son tour de deux verticales. A droite, c'est une cheminée droite avec alternance de pierres claires, une longue, une courte, comme un angle de maison ordinaire. A gauche, même disposition éminemment banale et laïque. Et de l'un à l'autre de ces piliers incongrus, l'envolée d'une arche mi-romane mi-gothique, dont la voûte se prolonge directement, à droite, dans le pilier, tandis qu'à gauche l'on a eu visiblement besoin d'un raccord, d'un vaste emplâtrement permettant tant bien que mal le passage d'un arrondi à une verticale.

    Tout cela sent fortement le rafistolage d'éléments disparates au cours des siècles, et je vais me faire empaler par les Toulousains, qui aiment leur St-Sernin, si original, si pied-de-nez au classique, si typique du Languedoc d'ici...