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  • Amadeus, accelerato

     

    Les rires de Tom Hulce :« du métal rayant du verre », écrivait un contemporain - ponctuent le film Amadeus de Formàn comme autant de ruptures obscènes, montrant à la fois une explosion de joie animale, une extrême sensualité, une ridiculissime bouffonnerie ; une joie de vivre hystérique, une intense fêlure d'angoisse, la soudaine remontée en surface d'une incontrôlable pulsation tellurique, sismique, volcanique. Nul n'a enregistré bien sûr le rire de Mozart : ici, un véritable hennissement, complètement niais, attachant pour certains, parfaitement exaspérant et ridicule pour d'autres – qui n'hésitent pas à le qualifier de "parfaitement con". Pourquoi ce rire trouve-t-il sa place en ce MORS, MORTIS ? Parce que "l'homme est un bouffon qui danse au-dessus d'un précipice" dit Pascal, ce qui s'applique très particulièrement à notre héros, mais surtout parce que les six séquences où éclate ce cri d'enfant ou de bête furent rassemblées, condensées, juxtaposées dans une séquence vidéo exceptionnellement glaçante : on les entend à la file, en accéléré, puis la dernière scène laisse entendre l'horrible et trivial glissement de la dépouille du génie, coulissant du cercueil à la fosse, dans un nuage de chaux.

     

    L'épouvantable contraste accélère à ce point l'existence du génie que nous éclatons d'un irrépressible hurlement d'hilarité nerveuse, et nous sentons "le serpent froid" s'enlacer autour de notre échine. Et nous nous rappelons cet atroce refrain de Robert Lamoureux – paroles de Mouloudji :

     

    "Tu n'es qu'un maillon d'la chaîne

     

     

    Angle sur nef.JPG

    Tu n'es qu'un moment d'la vie

     

    Un moment de joie de misère

     

    Et puis on t'enterre

     

    Et puis c'est fini."

     

    ...Quant à l'enfouissement dans la fosse commune, il est à mettre dans le même sac que ce fameux chien de Mitterand qui suivait le cercueil de son maître, par ce qu' "il voulait un os" - bon, je sors - Mozart fut en fait enseveli de façon parfaitement honnête, dans une tombe communautaire de seize places (les cimetières de Vienne étaient surchargés), en troisième classe, comme tout le monde : sa veuve désespérée (qui n'assistait pas aux obsèques, ainsi que le faisaient toutes les honnêtes femmes de son temps) n'aurait pu payer plus, soit aux environs de 11 florins. Le cercueil, en effet, pour ce prix-là, était réutilisable... Les croix et inscriptions étaient interdites, par manque de place. Et puis, en ce temps-là, bien plus humble et religieux que nous n'imaginons, cela n'avait aucune importance, surtout pour Mozart lui-même, franc-maçon comme on sait.

     

    Ce n'est guère que depuis deux siècles que nous accordons une grande importance aux tombes et à leur visite. Cette coutume est d'ailleurs, si l'on peut dire, en perte de vitesse. Beethoven, Brahms, ont leurs tombes, dans le "carré des musiciens" du cimetière de Vienne, à visiter de préférence un jour de vent et de neige. Mais Wolfgang, "La trace du loup", n'a pour nous émouvoir qu'un cénotaphe, un "tombeau vide".

     

  • Sept heures

     

    Sikonomè, plinomè, dynomè : je me réveille, je me lave, je m'habille – tel est le Mané, Thécel, Pharès de mes journées. Tout y est déjà emballé, pesé, divisé. C'était un vendredi, de temps beau et lourd. Et plus rien n'en reste. Il a fallu se justifier de vivre, comme je fais chaque matin. Flairer les gants de toilette pour témoigner de leur propreté. Supporter les longs réveils marécageux de ma moitié, que j'aime plus que je ne crois. Et jusqu'à seize heures, travailler à des choses qui ne seront plus. Enfin seize heures vinrent, et je dus m'enfourner dans un bus. 25 minutes planté au soleil à lire, après avoir passé de mortelles minutes à peindre un grand volet en bleu grec.

     

    Belle chose que les trajets en bus. Je ne cède pas ma place aux femmes, estimant suffisant qu'elles aient de la beauté : l'une d'elle accusait ses plus de soixante ans, avec une peau dorée comme une croûte à pain. Blonde platinée, grande bouche et poitrine discrète. Près d'elle sa fille assurément, noire de cheveux, noire de lunettes, avec une grande ressemblance de bouche. Des liens affectueux les rassemblaient, malgré leurs coquetteries respectives. On se parlait beaucoup dans ce bus-là : une sexagénaire à dents proéminentes expliquait à deux Noires qui n'en pouvaient mais ses goûts culinaires et la répercussion qu'ils avaient sur ses digestions, comme si c'eût été la chose la plus intéressante du monde.

     

     

    Quand le bâtiment va....JPG

    Et le chemin roulant se prolongea, cahin-caha, non sans l'appel de ma douce et tendre, qui s'informait de l'état de ma progression. Mon grand plaisir dans ce cas est de jargonner un mélange de mauvais boche et de mauvais hébreu, comme si c'était la chose la plus intéressante au monde. En descendant, la mère blonde et la fille brune échangèrent une phrase ou deux en mauvais espagnol, pour bien montrer qu'elles aussi, ma foi, valaient le détour. Pendant ce temps je lisais. Je lisais si bien Les gens heureux lisent et boivent du café que je manquai ma correspondance et descendis "Bourse du travail" : ligne 4 ? je l'ai cherchée sous le cagnard, en aval, en amont, en vain, en trente.

     

    S'ensuivit une marche bien rude vers le cours d'Albret, soleil, poids du paquet, arrêt, attente encore, des gens, des gens. Cela prit encore du temps. Parvenu à l'arrêt Lewis Brown à 17h 43 (départ à 16h), j'imaginai d'utiliser ce petit laps à sa mémère pour poster mes atroces Singes Verts, plus un manuscrit aux éditions de l'Olivier, qui ne publient absolument pas de recueils de rubriques radiophoniques : mais il faut bien faire marcher le commerce ! Et l'émission commença, sans retour de casque, avec maints cafouillages : disques annoncés qui ne partent pas, titres remplacés par d'autres. La décision de rester un enfant se paye par une éternelle inefficacité, une éternelle incompétence : "Tu n'as toujours rien appris en plus de vingt ans de radio ?" Rien, mon ami : m'y connaître "en technique" me semblerait de la plus parfaite platitude, de nature à ternir mon bel esprit d'enfant tout neuf. Comment y remédier ? En habillant mes défaillances de bouffonneries verbales, ainsi que j'ai toujours fait. Daniel Ilyak, disque 7, ne marchait pas : tant mieux ! Indochine s'était pourvu d'un remixage poétique pour Trois nuits par semaine, un merveilleux mélange de Philip Glas et de Manset : quelle excellente surprise ! Et j'ai lu tout mon baratin sur Lourdes, de Zola, en articulant bien, en variant les tons mais sans trop, en diminuant la place de mes propres élucubrations, celles que je signe de mon nom dans Le singe vert.

     

    Le retour s'effectua mieux. Deux sœurs affectueuses ou gouines se battaient à coups d'avant-bras sensuels, effleurant leurs seins et leurs hanches : égarées par le désir, exhibitionnistes, comme si c'eût été. Je lisais. Changement à Gambetta. Je lis toujours. Et puis, rue Judaïque, autre sonnerie de téléphone : David me demande de descendre immédiatement, il vient me chercher avec ma propre voiture qu'il a enfin et pour la nième fois réparée. Cela prolongera mon supplice voyageatif. Mais quel plaisir n'aura-t-il pas de me démontrer que mécaniquement, cette fois, tout va bien...

     

  • On respecte les vieux corps

     

    Un oiseau dans le ciel, de Félicien Marceau alias Carette, présente la particularité, si l'on joint par une courbe inférieure la majuscule I à la majuscule E, ce qui en barbouillant bien forme un U non moins majuscule, de transformer le titre de la prestigieuse couverture NRF – GALLIMARD en ceci : « Un oiseau dans le cul », et c'est bien tout ce que mérite cette détestable production de notre académicien français né en 1913, et de la mort duquel nous n'ouïmes point parler, ce qui lui fait cent ans tout rond. Il ne s'agit pas ici cependant de galipettes homosexuelles, mais hétérosexuelles : un nommé Nicolas de Saint-Damien, après avoir convolé en justes noces catholiques avec une certaine Sibylle de Fauquembert, décide de jeter sa gourme et de partir à l'aventure, et quoi de plus aventureux que d'exercer la noble profession polyglotte de garçon d'étage dans un grand hôtel.

     

     

    Les perruques.JPG

     

    Heureusement qu'il existe un résumé en quatrième de couverture, car nous avions tout, tout, tout oublié. On nous parle d'humour et de légèreté, je répondrai platitude et insignifiance. Peu nous chalent et non pas peu nous chaudent, M. Defalvard comme ignare mais avec un d, les mésaventures de ce rejeton de l'aristocratie style Lorant Deutsch ou Dantzig : il papillonne, virevolte, s'envoie des femmes ou ne se les envoie pas, tombe amoureux ou non, rencontre des types humains très typés des deux trois ou quatre sexes, et tout est bon à plaisanterie, hihi haha, dans une langue d'autant plus académique (forcément mais second degré please) que le sujet en est plaisant, c'est-à-dire grivois ou coquin, c'est du Palmade moins la profondeur autant dire qu'il ne reste rien, c'est du Lemoine moins la rosserie même remarque, c'est du Cauet moins la vulgarité populacière autrement dit plus rien, c'est évanescent, frivole, joli, paillette sans prestige, et ça veut nous faire rire.

     

    On pourra trouver cela champagne et pétillant, typiquement français ou parisien ou rouennais pourquoi pas, il n 'y a pas de Sotteville, mais en me battant les flancs jusqu'aux côtes je ne puis rien trouver sinon légèreté, insouciance, inexistence, évaporation, absence totale d'ambition, et le seul mérite de cet « oiseau dans le... ciel » semble la peine qu'a prise l'auteur, Monsieur Félicien Marceau, pour en écrire plus de 250 pages, bien en vain. Je compte vous faire entendre La chèvre de monsieur Seguin par Alphonse Monmoulin, aussi serai-je bref, car trop d'esprit tue l'esprit. Le passage de ce roman ne met pas en scène le Nicolas de Saint-Damien, mais un certain Joséphin, qui, lui, n'est pas parti, n'a pas connu la liberté, du moins je crois, car les figures transparentes de ce jeu léger ne m'ont pas le moins du monde accroché les atomes : aussi, ne me demandez pas qui est ce Joséphin, ni les rapports qu'il a bien pu entretenir avec le héros, je l'ignore. Boris Vian, à la bonne heure, sait être drôle, voire désopilant ; mais on sent quelque chose et quelqu'un chez lui. Ici, je n'ai senti que la liberté mal utilisée ; mieux vaut l'esclavage fécond en un seul mot - voilà que je m'y mets moi aussi. Donc :

     

    « Mais, de tout cela, de Nicolas, pas un mot. Ou plutôt, si, ce qui était peut-être pire, à un détour de la conversation, il en avait bien été question, mais incidemment, comme de quelqu'un qui serait sorti pour faire un tour ou qui aurait dû aller passer quelques jours à Fontainebleau. Arrêté, tant sa stupeur était grande, sur le trottoir de la rue Barbet-de-Jouy, Joséphin n'en revenait pas. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Était-ce sa faute ? Avait-il erré par quelque endroit ? Le soir même, dans un café où ils avaient leurs habitudes, il s'en ouvrit à César. » Pour celui-là, je m'en souviens, je l'ai lu tout à l 'heure : c'est un charmant Noir bien jeune et bien géant qui a remplacé Nicolas dans son appartement, pour le plus grand bonheur de la logeuse : car, ne l'oublions pas, à peine marié, ce dernier s'est loué son studio d'étudiant, puis, donc, l'a quitté, pour aller, parfaitement, travailler – et en Angleterre s'il vous plaît. « Eh bien, lui, César, ça ne le surprenait pas du tout » reprend l'auteur. « Tout ça, à son sens, c'était du social et il s'étonnait que, méticuleux comme il l'était sur cette question, Joséphin ne s'en fût pas avisé. Selon lui, César, le chagrin, l'inquiétude, l'anxiété, et précisément parce qu'ils étaient des sentiments naturels, ne pouvaient apparaître dans toute leur plénitude ou, du moins, ne pouvaient s'exprimer avec force que dans les classes sociales restées naturelles, à savoir les travailleurs, tandis qu'au contraire, au fur et à mesure qu'on montait dans l'échelle sociale, ces mêmes sentiments étaient de plus en plus contenus et bridés ppour en arriver enfin à l'échelon suprême, celui des rois où, par la formule « le Roi est mort. Vive le Roi », apparaissait avec évidence qu'au chagrin du trépas il fallait immédiatement.substituer l'allégresse de l'avènement. Ouf ! » Le « ouf » est dans le texte, Félicien Marceau s'autopastiche, et traîne de longues phrases circonstancielles pour énoncer des légèretés : ne voyons dans ces remarques sur les classe sociales aucune allusion à Tolstoï, qui pensait à peu près la même chose mais faisait, lui, dans le sentencieux. « (Mais avec César », poursuit notre auteur, « c'était tout l'un ou tout l'autre. Ou il pouvait rester une heure sans se manifester autrement que par son sourire à soixante-quatre dents » - forcément, un Noir - « ou il se lançait et il eût fallu l'assommer pour le faire taire

     

  • Mustafa Kémal invente la Turquie moderne

     

    Du 4 au 11 septembre 1919 a lieu une autre assemblée d'une cinquantaine de personnes, qui se déclare en révolte et proclame que l'Anatolie, région de Turquie, aura désormais la préséance sur le gouvernement incapable d'Istamboul,  composé de mollusques. Nous simplifions : Mustafa Kémal démissionne de l'armée, ce qui est un coup de poker : mais les militaires continuent de le suivre, et les civils emboitent le pas. Ce fut bien plus compliqué, bien plus dangereux, et nous demandons pardon aux éventuels Turcs auditeurs de cette cavalcade chronologique. Et lorsque le Sultan consentit enfin à renvoyer son premier ministre et à donner raison aux insurgés finalement, promettant que « peut-être un jour ou l'autre on ne sait jamais la Turquie pourrait avoir une constitution plus ou moins démocratique », il était trop tard.

     

    L'auteur nous informe que tous ces officiers ou notables avaient lu Montesquieu, Voltaire et Victor Hugo, connaissaient parfaitement la Révolution française, et brûlaient de renverser le Sultan. Après l'accession d'Atatürk au pouvoir (« l'ancêtre des Turcs »), les luttes se déroulèrent encore, les oppositions furent farouches et sanglantes, tant du côté des religieux que du côté des sultanolâtres nostalgiques. Tout le monde admire à présent ce héros qui libéra la femme de sa sujétion et de ses vêtements à la noix, imposa le costume et la loi de l'Occident à tous, diffusa le savoir et l'alphabet européens, semant le trouble aujourd'hui encore dans la conscience turque : les déchirements post-ottomans sont particulièrement bien exposés dans les œuvres d'Orhan Pamuk, emprisonné je le rappelle pour « attteinte à l'image de la Turquie ».

     

    Chacun de nous possède sans doute ses raisons de favoriser ou d'entraver l'accession de la Turquie à l'Union [sic] Européenne, certains même ayant autant de raisons pour une chose et pour l'autre. Mais à ceux qui craignent une contagion islamiste de l'Europe, non sans raison peut-être, je rappellerai que Mustafa Kemal Ataturk suscitait déjà les mêmes inquiétudes en 1919 : la Syrie, le Maghreb, commençaient eux-mêmes à devenir un peu remuants après cette courageuse révolte de la fierté turque et musulmane. On soupçonna Mustafa de vouloir instaurer une « grande Turquie », jusqu'en Ouzbékistan. Et même, ce qui est contradiction complète avec les traditions musulmanes, de communisme, que dis-je, de bolchévisme : la Révolution russe est toute proche ; c'est ainsi que les peurs irraisonnées ou non se propagent, et que l'histoire d'aujourd'hui est la petite-fille en ligne directe de celle de l'entre-deux-guerres. Quant à moi, pour l'adhésion de la Turquie, « je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire ». Mais aucune révolution progressiste n'est à l'abri d'un retour de manivelle, et même le generalife Franco doit bien rigoler en ce moment, et viva España... Pendant que j'y pense, prononçons Redjep Erdohan, et non pas Retchep : « c », dj ; ç, « tch ». Ce n'est pourtant pas difficile, journalistes incultes de mes deux, qui sombrez dans la merde médiatique soigneusement semée par vos soins. Donc, Atatürk réussit à moderniser la Turquie, alors que le Shah d'Iran n'y est pas arrivé.

     

    Prions ! Et revenons sur cette résistible ascension d'en groupe d'officiers chatouilleux sur l'honneur patriotique, ce qui est la moindre des choses, tout de même : « Bientôt, cependant », nous dit Paul Dumont, « des nouvelles extrêmement alarmantes parviendront d'Anatolie. Les nationalistes ont commencé à mettre leurs menaces à exécution. Ils réquisitionnent les lignes télégraphiques, saisissent les impôts et le courrier officiel, occupent les voies de communication, remplacent les fonctionnaires civils par leurs hommes à eux, menacent de fusiller les hommes qui font mine de résister. Ce que toutes leurs déclarations depuis quelques semaines laissaient prévoir est en train de se produire : Mustafa Kemal profite de la crise pour installer en territoire anatolien, » (sur le plateau, en somme, du Levant) « subrepticement, un appareil administratif indépendant, coupé de la capitale, et qui a déjà l'aspect d'un gouvernement de facto.

     

    « Les choses apparaissent d'autant plus graves que des mouvements de troupes importants sont signalés dans les zones contrôlées par les nationalistes et que les soldats d'Ali Fouad Pacha semblent prêts à s'emparer des principales villes d'Anatolie occidentale. Par ailleurs, de tous les coins du pays, des télégrammes ne cessent de pleuvoir, réclamant le départ de Damad Ferid », premier ministre du Sultan qui veut se débarrasser ce cet officier insolent et rebelle. « Devant le développement d'une telle situation, le Palais finira par accepter de parlementer avec les insurgés. Cela se fera à l'ottomane : allées et venues de notables, interminables correspondances télégraphiques ornées de fioritures ampoulées, âpres marchandages sous les dehors d'une urbanité parfaite. Pour conduire les négociations, le Sultan a monopolisé un ami d'enfance de Mustafa Kemal, Abdel Kerim Pacha, grand-maître d'une confrérie mystique » bzzz, paf je l'ai eu. Il tentera de ramener son ancien condisciple à la raison en accumulant les épithètes ronflantes et les citations du Coran. » Avec l'insuccès que l'on sait.

     

    Par Paul Dumont, « MUSTAFA KEMAL INVENTE LA TURQUIE MODERNE », chaudement recommandé, amen.  Bâtiment clinquant.JPG

     

  • Sur deux colonnes transformées en une seule

     

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    Dans la prairie laissée libre derrière la maison s'installent de nouvelles personnes. Nous sympatisons : une femme seule avec une petite fille et deux grands garçons dans les 18 ans. En visite chez eux, je subtilise une carte de crédit avec son encart de papier. Dans un magasin, il se trouve que cette carte (violette) fonctionne, mais j'ai inscrit quelques chiffres sur le carton qui la sertit. Je lui rends sa carte chez elle avec pas mal d'embarras, ayant d'abord consulté ses garçons, très francs et riants. Avec eux je me suis promené sur un canal où une péniche traîné derrière elle un vaisseau de plaisance de type égyptien tardif, mais sur lequel personne ne peut monter, que le propriétaire qui la remorque...

     

    1. Bref, je rends cette carte avec laquelle tout de même j'ai effectué un paiement frauduleux. Cette femme qui tente de me charmer ressemble de plus en plus à Ysilde Lebescot...

     

     

     

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    Il y a d'abord ce premier rêve, réunion de Terminales dans notre ancien atelier rue D – J, où il faut baisser la tête à la porte, où l'on se presse à l'infini, où je serais le seul de mon âge.

     

    Puis cet autre : la préparation, dans ce même atelier, d'une conférence au dernier moment, sur les petits rats masculins de 7 ans, à qui l'on fait croire qu'ils dansent pour faire plaisir au petit Jésus : aliénation, ambiguïté ! Ceci doit être présidé par Nicoles ou Lucienne, il existe aussi un homme à l'arrière-plan, qui attendent mon résultat. Je notre entre les lignes d'un document, ou même au dos de ma chemise, qu'il me faudra donc ôter. Je dois rassembler mes idées, faire un plan, au moins, mais impossible de me concentrer. Les volets de l'atelier restent fermés longtemps, même leur ouverture procure peu de lumière. J'ai vu l'un de ces petits garçons : on lui ment, on l'étouffe, on le déforme.

     

    Il s'en tirera par son art, s'il parvient à un niveau suffisant, mais après quelles contorsions de bonzaï ! Même réveillé, je m'efforce de rassemblé mes bribes de raisonnement, de construction. Mais l'essence s'en est évaporée.

     

     

     

  • Jugement modéré

     

    Nous ne résoudrons pas les problèmes de la délinquance ou de l'islamisme ou de la pédophilie en restant cramponnés à nos réactions de rejet viscéral comme des huîtres à leur rocher. Le cœur et les raisons du cœurs sont excellentes et saines ; mais s'y tenir est aussi dangereux que le manque absolu de sensibilité. Y compris dans l'autre sens. Nous fûmes indignés par la réaction sotte de Laurent Ruquier face à Laurent Obertone dans sa trop céèbre émission d'On n'est pas couché. Il lui reprochait d'abord de ne pas être connu, de sortir d'on ne savait où, de ne pas porter d'étiquette, « gauche », « extrême droite », ce qui empêchait de le condamner ou de l'absoudre en fonction de l'étiquette.

     

    Ruquier éructa sur le fait, en somme, que ce monsieur ne faisait pas partie de sa petite secte de bobos parisiens qui vient exhiber trop souvent sa sottise et sa suffisance sur son plateau. Ensuite, il ne suffit pas non plus de bramer avec Eric Caron « Vous êtes un raciste ! » pour en avoir fini avec toutes les argumentations. Il faudrait savoir où passe la frontière du racisme. Dire que tant pour cent des prisonniers appartiennent à telles couches sociales (comme les ouvriers sous Napoléon III) ou ethniques (voie l'époque des Macaronis d'avant-guerre), c'est énoncer une vérité, dont la divulgation est interdite par la loi, ce qui se discute en raison d'effets pervers : « Puisqu'on nous le cache... », voir plus haut) ; mais en revanche, tronquer la vérité en omettant d'expliquer pourquoi les prisons sont peuplées de « ces gens-là » comme dit l'autre, c'est du racisme par omission, non pas explicite, mais implicite.

     

    Récoltez donc pour voir tous les délits commis par des instituteurs, des fonctionnaires, des facteurs, des femmes enceintes, des financiers (j'en suis à la lettre F, pour G vous avez « gitans »), et vous parviendrez à remonter la population contre n'importe quel corps social ou n'importe quel sexe y compris le troisième. Il y a là exploitation de données, elles-mêmes sans grande précision, à des fins dommageables. Il est très agréable, certes, de sentir son cœur palpiter d'émotion, d'apitoiement et de haine, de désir de justice et d'exaltation pour son pays et sa civilisation, mais la justice, et la justesse du raisonnement, ne doivent pas se laisser instrumentaliser par ces réflexes là : il faut les laisser où ils sont, au début de l'action.

     

    De même sur votre moteur, si vous laissez le démarreur poussé à fond, vous allez causer de sérieux dégâts. Nous avons voulu rappeler des évidences, enfoncer des portes ouvertes : indignez-vous, oui, bien sûr, mais n'en restez pas là ; raisonnez, ensuite. Nous vous proposons quelques pages, où vous pourrez vous administrer certaines piqûres de rappel. L'auteur vient de rappeler ce qui vient de se passer juste un jour.

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    Multipliez ça par 200 et vous obtiendrez un tableau assez proche de notre réalité quotidienne. » Rappelons que 90 % de l'iceberg sont submergés, légère erreur de calcul, et que l'année comporte 365 jours, autre erreur cette fois-ci minorante : d'où sort donc ce « 200 » ?

     

    « Il ne faut pas oublier ce qui se passe dans les tribunaux. Toujours le 19 janvier :- Carcassonne : perpétuité requise contre un Gitan et un Marocain » (avec des majuscules, par signe de respect grammatical) accusés d'avoir assassiné un couple de retraités. L'homme avait reçu douze balles avant d'avoir le crâne enfoncé par un rocher de 25 kilos. Son épouse a pratiquement été décapitée d'un coup de pelle, avant d'être achevée par balle (Est Républicain).

     

    - Carcassonne encore, tribunal toujours : les dealers Fayed, Karim, Aïssam, Bryhan, Kévin » (tiens, des Ecossais?) « et Sofiane », surtout ne pas oublier Sofiane, « sont condamnés à de la prison ferme (Midi Libre).

     

    - Evry : le docteur Samir Rafik Saïd est condamné à trois ans de prison pour avoir pratiqué en moyenne 147 consultations par jour pendant trois ans. Son chiffre d'affaires annuel dépassait le million d'euros (Le Parisien) – c'est en effet bien plus grave que l'escroquerie de la dette française.

     

    - Saint-Jean-d'Illac : Hedi, Dali et Nino comparaissent aux assises pour vol à main armée et séquestration (Sud Ouest) – le même jour, un chien arabe s'est jeté sous les roues d'une automobile pour provoquer un accident ; Dieu merci, il a été écrasé.

     

    - Poitiers : « Noreddine », (« Lumière de la Religion »), «un récidiviste, comparaît pour avoir frappé sa compagne en pleine rue avnt d'insulter et de blesser les policiers venus l'interpeller. Sa copine témoigne en sa faveur », ispisse di counasse. « Condamné à deux ans, il repart en insultant le tribunal (la Nouvelle République)

     

    - Saint-Avertin : un boxeur azerbaïdjanais demandeur d'asile est condamné à du sursis pour vol de bijoux. À l'issue du verdict, le boxeur, « pas francophone, a fait le baise-main à son avocate puis a filé » - ah le salaud, un baise-main...(la Nouvelle République)

     

    - Toulouse : Idriss est condamné à un an et demi de prison pour avoir battu le bébé de sa compagne à plusieurs reprises. Le nourrisson de 18 mois a eu plusieurs côtes brisées. Le jour du verdict, Idriss, ne s'y jugeant sans doute pas indispensable, est absent de l'audience (la Dépêche) – quel rapport avecl 'horrible meurtre de Carcassonne ? Deux Arabes ? Mais deux hommes, aussi. Expulsons les hommes de la France.

     

    - Châteauroux : quatre roumains » ( tiens, sans majuscule) « sont condamnés à de la prison pour fraude à la carte bancaire (la Nouvelle République) – ne fraudez pas à la carte bancaire ! vous vous rendez compte ? vous pourriez devenir roumains !

     

    - Lorient : un homme qui traquait les filles dans les gymnases est condamné à six mois de prison avec sursis. Malgré des avances à connotation sexuelle à une fillette de 9 ans, le tribunal estime qu'il n'a pas le profil d'un prédateur sexuel (Le Télégramme) ». Il pourra se recycler dans l'enseignement primaire.

     

    «  - Belfort : Metin Mucelbak se défend du meurtre de son épouse devant la cour d'assises. » (la défense, pas le meurtre). Metin concède des coups, mais nie l'étranglement de sa femme qu'il avait avoué précédemment avec force détails (Est Républicain)

     

    - Châlons-en-Champagne : un braqueur à main armée est condamné par contumace à trois ans de prison (L'Union) » - nous supposons que l'absence de mention ethnique est due au souci de dénoncer à la fois la musulmanisation de la déliquence et le laxisme de la justice, y compris à l'égard des populations musulmanes, ce qui s'appelle du pêle-même objectif.

     

    - Printzheim : 9 mois de prison ferme pour un voleur de bijoux et d'objets divers chez son voisin.

     

    - Troyes : Lucas » (Français de souche, I presume?) est condamné à six mois de prison ferme pour avoir menacé de mort des policiers qui tentaient de séparer deux bandes rivales » (oui mais là, il s'agit de la saine violence naturelle qui a construit la France à travers les siècles) - « l'Est éclair)

     

    - Lille : Geoffrey est écroué pour le meurtre de Simon, avec qui il était en « affaire » autour d'une plantation de cannabis. La victime a été frappée à coups de masse, étranglée avec une écharpe et égorgée par un cutter (Nord Eclair) » - pas de problème, ce sont les Arabes qui « ensauvagent » nos ressortissants locaux – ils sont contagieux...

     

    - Etain : Kevin est jugé pour avoir tué un homme d'une bande rivale d'un coup de couteau. « La lame de 8cm s'est entièrement enfoncée entre deux côtes et a touché le cœur » (Est Républicain »).

     

    Certes, pour les détails, on repassera. » Mais pour les amalgames, on n'est pas repassé, on se les est mangés en plein.