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  • Montesquieu en vignette

     

     

    La vignette orne le premier tome des Œuvres complètes de Montesquieu dans la collection de la Pléiade. C'est un carré de quatre centimètres de côté, montrant sur ses quatre cinquièmes droits le profil gauche du grand homme, la cinquantaine. Déjà reconnu, honoré, au point de se laisser graver une médaille. Plus précisément, par Jacob Antoine Dassier, mort jeune en 1759. Profil de Romain rehaussé, du front au cou, d'un liseré noir en forme d'ombre sur le cliché. Le regard ferme sous une virile arcade, d'un homme probe et juste (ce que nous savions). Le nez saillant, à peine busqué dans son tiers supérieur, énergique et volontaire ; la bouche fine, courte et moins voluptueuse qu'appréciatrice, réservée par un léger pli d'ironie vers le bas. Le menton arrondi mais harmonieusement saillant. La mâchoire en léger retrait suivant le menton, fortement marquée à l'angle, comme s'il serrait les dents, du moins comme s'il ne se relâchait point.

     

    Sous le menton se dessine un cou à peine tendineux, aux muscles dessinés jusque sous l'oreille. Celle-ci charnue, ferme, au lobe bien proportionné. Dégagée mais retenant de beaux cheveux coiffés vers l'arrière. Bref, un bel homme dans la force de l'âge, viril, intelligent, sensible mais attentif. Lorsqu'on a dit cela, que reste-t-il ? Parler des ombres ? Entre l'œil et le nez, au creux de l'aile dudit nez, le tout formant une marque creuse de bétail intelligent ? Sur la tempe une bosse en œuf de pigeon, bosse du droit ou boucle trop marquée ? La narine bien large d'un jouisseur, tempéré d'esprit critique ? Le muscle de la mâchoire, le masséter, bien creusé derrière le condyle, et tout un jeu d'ombres dégradées : l'esquisse ou l'emplacement d'un collier de barbe, glabre ?

     

    Et d'où vient la lumière ? Si c'est de l'arrière, ou du spectateur lui-même, pourquoi lm'ombre cerne-t-elle l'orbite ? Et les rides du coin de l'œil ? Bien sûr une ombre venant de droite explique parfaitement le liseré mentionné plus haut, mais il faut, pour l'arrre du maxillaire ou de l'oreille, supposer une autre lumière que Montesquieu regardeait à peu près de face, d'où cet imperceptible rictus ? Un tel homme est plein de majesté, de la conscience de son rang jurisconsultatif ; bienveillant, mais au service de la loi, de l'équité, voire de la justice. Le cadrage ne comprend pas le haut du front, parallèle à la ligne du nez mais un peu au-dessus.

     

    De la maturité, juste un peu d'âge et de fatigue, homme qui se domine et se hausse naturellement à la pose digne. En regardant mieux, un peu de mélancolie, de désabusement venu de tant de choses humaines, à l'extérieur et à l'intérieur de soi. Plus d'illusions, mais le sourire, la nécessité de la forme appelant justement la rectitude du fond.

    Le pianiste àl'oeuvre.JPG

     

     

  • Juin nonante-huit

    2045 06 23
        Au kilomètre, il faut réagir au quart de tour. Je me suis demandé si j'allais retrouver les vieux compagnons d'Anne au petit restaurant. Eh bien j'ai eu raison d'y aller. Ce sont des spécimens d'humanité qui pourraient me réconcilier avec celle-ci, voire avec les hommes. Il sont entre 40 et 70 ans, ce sont des vieux cons, mais anti-Le Pen, anticléricaux, la vieille goche sans accent circonflexe donc "o" ouvert, je me demande bien ce qu'ils peuvent encore leur apprendre au cours préparatoire, j'ai même entendu un présentateur parler du "cri du pon" - Léon ! Léon ! Les cons !
        Nous avons parlé de tout à bâtons rompus, l'un d'eux, André, est maigre avec des plis dans le cou, il était secrétaire à la fac de lettres cours Pasteur, à présent,  très vaguement, il me semble que je me souviens de lui. Un autre à côté de lui est appelé Sancho Pança, il porte une belle barbe poivre et sel. Il extirpe de sa bagnole de vieux bouquins de 1923, des catalogues en charpie, il prête un album sur les "Nabis" pour les vacances.
      

    Le foutoir du musicien.JPG

      Il habite un petit village dans l'Aveyron , non loin de Séverac-le-Château. Peut-être irons-nous le voir. Avec Annie, dans les Cévennes, ce sera dur, car elle ne supporte pas la chaleur, et sur les plateaux là-bas ça canonne.  Le maire de Comprenac est un gros porc du Front National.
        Je dis à mes élèves (ça, c'est ma scie ; un peu comme "A l'EPS de Mézières" de mon père) : "Apprenez par coeur ces vers, vous vous les réciterez quand vous serez emprisonnés pour délit d'opinion." Je leur dis aussi : "Je vous donne à tous vingt ans pour vous foutre sur la gueule." Je crois malheureusement qu'après moi, ou quand je serai bien vieux, trop vieux pour réagir - mais je ne crois pas que je pourrai fermer ma gueule - ce sera la guerre civile, et qu'un Franco quelconque règnera sur la France.
        Bref, on n'a pas fini de rigoler, encore que j'espère me tromper. La France jusqu'ici a résisté aux assauts des boulangismes, mais elle n'a jamais encore subi sa période de fascisme. L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, ont vu ce qu'il leur en a coûté, elles ne sont pas prêtes à recommencer. Mais la France n'y a jamais tâté, et on ne croit que la merde où on a le nez.
        En fait mon rêve, ce qui représenterait le mieux le phénomène que j'ai été - dans le sens de manifestation de l'humain - seraient les écrits éventuels d'un élève, qui rassemblerait tous ceux qui m'ont connu, et en ferait un livre, pourquoi pas une encyclopédie n'ayons pas peur de nous gonfler les chevilles, et je serais aussi connu que Jésus ou Socrate, que ça.
        F.P. me dit d'un ton amusé : "Mais dans le fond tu aimerais être prophète !" Eh bien oui, man, je crois en des tas de choses, et ce sont mes idées que j'aimerais voir répandues, sous un autre nom toutefois que "Champognon", ce nom de cocher de fiacre ou de garçon boucher, comme disait Philippe- encore un disparu sous la poussière de la vie. Bien la peine de faire la grande folle.
        Les gens que j'ai vus à ce café m'ont tous semblé parfaitement sympathiques, excepté le timide en face de moi, mais j'ai horreur des timides, en fait j'ai horreur des moindres différences avec moi-même, et après cela je viens parler de fascisme. Jean-Paul T. lit mon "Omma", et gueule contre les cléricaux (bien que sa femme dirige un établissement professionnel plus ou moins catholique) et contre les racistes.
        Il avait une maison à louer près d'Aiguillon. Réflexions dans le coin : "Ne laissez pas cette maison occupée par des Arabes, au moins." Il a répondu "Je m'en fous, vous y mettez des Martiens si vous voulez, je veux simplement que ce soient des locataires qui paient régulièrement et qui ne me salopent pas la baraque." A présent il a une maison impeccable, et c'est un organisme qui lui paie le loyer, parce qu'ils sont trop fauchés pour toujours pouvoir payer régulièrement.
        Il est fils d'Italiens, et dans le temps les Ritals n'étaient pas bien vus ; l'argument des gens du coin c'était que ces étrangers-là arrivaient sans le sou, et qu'ensuite ils se payaient cinq maisons ; et les indigènes de dire : "Vous voyez, quand ils sont arrivés ils n'avaient rien, et maintenant ils ont de l'argent. Il ne faut pas demander s'ils ont été malhonnêtes." Au lieu de les en complimenter, ils leur en faisaient grief.    
        Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage ; j'ai ajouté que mes parents ne pouvaient pas blairer non plus les Polaks, mais au moins je crois qu'ils ne me l'ont pas trop montré. Nous avons aussi commenté les quinze ans pris par l'assassin du Comorien, ce qui est jugé trop peu. Moi je connais quelqu'un, ai-je dit, au bout de la rue pas loin  - tu veux les initiales ? - qui prétend que c'est le Comorien qui n'avait qu'à ne pas venir en France.
        Ou ne pas y naître, peut-être ?
        A l'instant je suis interrompu par Annie qui tient à ce que je vienne admirer des croquis qu'elle a faits elle-même. Il m'est difficile d'en juger, tellement tout le monde dans ce groupe est susceptible de réaliser quelque chose de fort et de personnel. Nous sommes allés chercher un album à Villenave-d'Ornon, comprenant les noms de tous ceux qui ont quelque renom en Aquitaine. Mais si l'on pense qu'il doit y avoir le même genre d'album dans la région de Lyon et un autre près d'Orléans, on se rend compte que les artistes qui y figurent ne représentent pas grand-chose.
        Annie a carillonné comme une malade, du coup -c'est plausible - la tenancière est venue devant nous les yeux baissés en train de s'adresser muflement à son portable, et n'a daigné lever les yeux vers nous qu'après avoir pris congé en bonne et due forme de son interlocuteur. On reste dans sa hutte, Madame, pour achever sa communication. Si ce n'avait pas été pour ma femme, j'aurais tourné le dos en pétant et je serais encore en train de courir. Nous avons bien tout examiné, malgré les piaffements internes de la gonzesse qui était revenue exprès et visiblement soucieuse de se retremper  au plus vite le cul dans le Bassin (d'Arcachon, eh, Ducon).
        Nous avons vu un chat aussi, que j'ai saisi une seconde par son bassin à lui, mais qui se retournait hargneusement, aussi je l'ai lâché. Je me serais bien promené, mais il faisait trop chaud, et me revoilà à parler de chat, quand che n'est pas cha ch'est diffichile bref, la feuille où figure le nom d'Annie comporte une faute d'impression, "bienvaillant" pour "bienveillant", il faut que ça tombe sur elle.
        En tout cas, à voir comment on la néglige, comme les autres d'ailleurs car ce ne doit pas être la seule coquille de l'album, on voit que l'artiste n'est pas grand-chose. Cependant s'il faut absolument être optimiste, je dirai qu'un jour, quelqu'un vient vous chercher dans votre cul-de-basse-fosse. Puissè-je être un jour connu ne fût-ce que comme Desforêts ! ce dernier d'ailleurs insupportable d'illisibilité, sans ponctuation forte, ne sachant de quoi il parle, aussi exaspérant qu'Henry James ("Le dessin dans le tapis"), dont on se demande toujours de quoi il peut bien traiter à force d'incises et de litotes. Je disais donc à Michel en face de moi, ancien instituteur, que si l'on ne fait pas partie d'un groupe, d'une mafia (on lui dit qu'il a l'air italien...), il est inutile de vouloir percer.
        Il en était de même pour Jean-Jacques Rousseau, qui a dû subir des avanies pour faire connaître sa musique à Paris, à cause d'une bonne femme qui tout simplement n'aimait pas les Genevois... Bon, je resterai obscur, mais jusqu'au bout je continuerai à y croire. A présent je dois me préparer à corriger quelques copies de bac, le sujet porte sur Calderon "La vie est un songe", je lis de ces conneries, visiblement les élèves ne s'attendaient pas au sujet, avaient peut-être fait l'impasse, et ce qui est amusant ou navrant, en tout cas méprisable, ce sont les circonvolutions par lesquelles tous essaient de ne pas trop faire voir qu'ils n'ont strictement, mais alors strictement rien à dire sur le sujet.
        On m'annonce que tel personnage "est important", que "le titre n'a pas été mis là par hasard", et que "certainement l'auteur a voulu dire quelque chose en le choisissant", cela à la fin d'un paragraphe où les idées creuses tournent en rond. J'ai parlé aussi bac avec ce Michel, en précisant que les candidats étaient "cultivés comme des pieds de chaise", ce qui est une expression que j'aime bien.
        Quant à ma fille, elle se cultive en ce moment grâce à la musique classique, la voilà qui se met à écouter des émissions d'Arte sur la musique classique, les soirs à dix-neuf heures trente, "Maestro". Et Georges est bien obligé de suivre, leur fils se met lui aussi à déplorer que la fête de la musique ne mette presque pas en relief la musique classique, au profit exclusif de "la musique de neuneu", suprême insulte.
        Culture vaincra.

  • L'Ascension

    Extrait du Petit livre des fêtes Religieuses par Bernard COLLIGNON aux Editions du Bord de l'Eau

     

    L’Ascension nous rend plus présente, plus actuelle, la pensée du ciel : pensons-nous assez à notre demeure permanente ? Pour la plupart des chrétiens la vie dans le ciel n’est qu’un supplément – qu’ils se représentent très mal – de la vie terrestre. La vie dans le ciel serait en quelque sorte le post-scriptum, l’appendice d’un livre dont la vie terrestre serait le texte même. Mais c’est le contraire qui est vrai. Notre vie terrestre n’est que la préface du livre. La vie dans le ciel en sera le texte, et ce texte n’aura pas de fin. Pour employer une autre image, notre vie terrestre n’est qu’un tunnel, étroit et obscur – et très court – qui débouche dans un paysage magnifique et ensoleillé. Nous pensons trop à ce qu’est maintenant notre vie. Nous ne pensons pas assez à ce qu’elle sera. " Nulle oreille n’a entendu, nul œil n’a vu… ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment (Is 64,3) ". La présence du nuage indique bien le caractère symbolique de ce qu’on pourrait appeler l’aspect physique de l’Ascension. La nuée qui enveloppait le tabernacle et guidait Israël dans le désert constituait le signe visible de la présence divine. La disparition de Jésus dans un nuage n’est pas une imagerie grossière. Elle signifie que la fin de la vie terrestre de Notre-Seigneur a été l’absorption de son Corps glorifié dans le sein de Dieu.... Le ciel ? Qu'est-ce au juste ? Il n’y aurait rien de théologiquement impossible à ce que le ciel soit un " lieu ", transcendant notre espace empirique. Mais, en tout cas, le ciel est un état : un état de bonheur parfait. Ce bonheur consiste premièrement et essentiellement dans la vision de Dieu – la " vision béatifique " – et l’union intime avec les Personnes et la vie d’amour de la Sainte Trinité. La participation à la vie divine, source de toutes les perfections et de tous les bonheurs, est un océan de joie infinie. Secondairement nous trouverons en Dieu et auprès de Lui toutes les personnes et les choses dont il est le principe. Voilà ce que nous pouvons dire avec certitude du ciel – un mystère. Plus simplement, pensons à ce que peut être la vision constante de Notre-Seigneur, la vie auprès de lui, une vie pénétrée par la sienne et à jamais fixée dans la sienne. Les quarante derniers jours du Christ sur cette terre ont souvent été rapprochés des quarante jours précédant Pâques, jours de pénitence appelés Carême, mais aussi des quarante jours de jeûne du Christ au désert, des quarante ans d'errance du peuple juif dans le Sinaï. Sans oublier les « quarante jours et quarante nuits » du Déluge, ou les quarante années des glorieux règnes de David et de Salomon. Cependant l'Evangile de Luc ne mentionne pas cette période de quarante jours avant l'Ascension du Christ : ce dernier apparaît aux pèlerins d'Emmaüs et remonte aux cieux le soir même ou le lendemain. Notons que les disciples espéraient une restauration de l'indépendance d'Israël, au sens politique du terme. Or le Christ après sa résurrection n'a délivré aucun message exceptionnel, qu'il soit politique ou spirituel, rien qui puisse en tout cas supporter la comparaison avec la richesse de sa prédication antérieure...

     

     

     

    Autre vision du clavier.JPGParoles protestantes

     

    Certains ne fêtent pas cet évènement, au nom d'un certain pragmatisme : pas plus qu'à la culture en effet, notre monde d'ici-bas ne semble apprécier les préceptes divins. Nous serions même quelque peu déchristianisés – bien que les guerres ou les rivalités économiques ne semblent pas avoir été moins virulentes en d'autres temps paraît-il plus chrétiens... Les Chrétiens ne sont qu'une minorité, le vrai Chrétien « un oiseau rare », disait Luther. C'est bien pourquoi le Christ serait retourné aux cieux :solidarité donc entre la terre et le Ciel, car sans ce dernier, nous ne pouvons rien faire. Appui secret certes, lueur bien voilée, mais c'est bien ainsi que le Christ apparut aux pèlerins d'Emmaüs : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là mais encore pour ceux qui accueilleront la Parole et croiront en moi» - c'est de nous qu'il s'agit, si isolés que nous puissions être. C'est à nous d'être les instruments de Dieu, car après l'Ascension viendra la Pentecôte, qui dispersera la parole de Dieu à travers le monde entier (...) Souvenons-nous du message oublié, la Bonne Nouvelle, et ne nous figurons pas que nous réinventons le monde... Notre foi, ancrée dans le passé, tend à toute force vers l'avenir, qui sera unité : « Que tous ils soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi » dit le Christ - car il est si difficile de vivre en harmonie, même au sein d'un même pays, d'une même paroisse, d'une même famille. (…)

     

    Respectons le genre de vie auquel nous invite l'Ascension : l'effort vers une sagesse spirituelle dans une vie disciplinée, ennemie des excès, amie de la prière. Après l'Ascension de leur Maître, les disciples se sont retirés dans la chambre haute pour attendre le retour du Christ ; imitons-les, tenons-nous prêts pour le retour de Jésus. Plus austère peut-être, et plus recueilli, le Protestantisme délivre un message qui ne diffère pas, sur la plupart des points, des aspirations de la communauté catholique.

     

     

  • Nature froide, profiteuse et bouffonne

     

    Bref, la Nicole est bien sexy, l'Elizabeth pleure son fils sans le montrer, j'applaudis sans prendre mes photos ratées, laisse parler les autres, vieux amis accoutumés d'échanger leurs domiciles pour un quatuor ou quintette hebdomadaire. Cela remonte l'hôte, appréciateur de ces franches camaraderies, qui ses amis partis s'expédie en sieste sans avoir mangé. La télé parle de Fuveaux, de son puits qui ferme en l'an 62, mais bien que né à St-Savournin, Chog s'en fout et me conseille de ne pas descendre en ville avant que les boutiques soient ouvertes. Depuis la chambre aux volets "croisés" ou "en tuile", on entend un bus coincé klaxonner toutes les dix secondes, au loin dans la montée...

     

    Je ne me souviens plus très bien de cette après-midi même. Encore une descente en ville, une remontée sous la chaleur et l'insignifiance. Habituellement j'arrive ici lundi, et profite le mardi d'un marché tout ce qu'il y a de plus provençal, gueulantes et vulgarité en moins. Cette fois-ci, que des espaces vides en ville, une bibliothèque où je consulte les "Marianne", un sac à main retrouvé puis tendu à bout de bras (?), trois morveux et veuses de 13 ans menant grand tapage à la porte, dehors. Puis la recherche de la poste, la décision de n'envoyer que quatre "Singe Vert" en réservant le cinquième à mon hôte (il me dit l'avoir lu : si vite ?) Dans la rue j'étais heureux, escomptant une prochaine rentrée financière, pourquoi donc ? pas même un bulletin de loto à pétrir !

     

     

     

     

    libraire, oubliant sa chemise ou si l'on préfère son dossier ; je ne manquai pas le jeu de mots obligatoire, ni la plaisanterie : "J'hésitais entre les trois, finalement je prends les trois" – pénible, non ? M. G., mon obligeant voisin de Mérignac, subit lui aussi en son temps mes assauts de turlupinades à propos de tout et de rien. Et je m'en fus dans les ruelles, cherchant le bouquiniste ("Il a fermé !" me dit élégamment un relieur en sa boutique). J'ai trouvé le revendeur de livres assis devant son seuil, ses rayons en cours de vidage, dix volumes de "Bibliothèque Verte" formule années 50, et rien à acheter.

     

    Il ne fouille pas mon sac en plastique. Et je suis remonté chez moi, chez mon hôte, après photos rasantes de ces poteries ressortant au tiers du mur comme autant d'esclaves à la Michel-Ange alignés. Nombreuses haltes, programme nul à la télé, mes pieds nus sur la table et sous le nez de Coste qui me fusilla du regard. Le soir, publicités trop fortes (à 40cm de la table, match nul pour l'incivilité), reportage inepte sur le bateau de la reine d'Angleterre, sur le "Palais de Pékin", ignoble apologie de la "gagne" vulgaire (comme pour "Money Drop", véritable avilissement de la race humaine, qui se montre ignare à un point suicidatif). Nous pourrions développer tout cela. Ce matin, réveillé à 6h 10 par ma douce et tendre, qui dort mal en mon absence mais assume au mieux.

     

    Impossible de se rendormir. Voilà bien de la misère. Exhibition à Coste de ce prospectus froissé où l'on regrette l'installation de sanitaires lave-cul "à la température du corps" : déjà vu en Egypte me dit-il. Allons ! Partons à pas pesants vers les HLM de Fardeloup, son asile de vieux avec son gros sac pour les couches – quand on est devenu vieillard, se chie-t-on inexorablement dessus ? Bref, je mange au retour (sieste tête bruissante, photos d'escaladeurs de falaise à mains nues), et je lui donne faim. Mon hôte me prête le "Figaro" du jour, qui parle bien plus des trous du cul déformés par la victoire (comme ils sont devenus modestes ! et je ne sais plus ce que je voulais dire ; là aussi, des couches seraient nécessaires) ; le "Figaro" est le seul journal dont je lis les articles littéraires sans éprouver l'impression d'être obligatoirement pris par la main pour penser comme tout le monde (il-faut-penser-aux-autres, chasser-les-Israéliens et croire-en-l'école-pour-tous) – sur quoi je pouffe, et je vais me brosser les dents.

     

    Le 31, je descends bravement, trouve le cinéma en bordure de la bibliothèque, mais les séances de 16h n'ont lieu que le mercredi. D'autre part, De rouille et d'os (un Arabe amoureux d'orque, qui se fait sectionner les deux jambes, très peu pour moi,n'est pas Almodóvar qui veut, je comprends que ça n'ait pas enthousiasmé le jury de Cannes), et deux autres films ("Sur la route") ne

    Musicien fermier.JPG

    me disent rien du tout : c'est Le prénom que je voulais voir. Prenons donc la décision de voire l'île Verte ; le lecteur s'il existe objectera que tout le monde s'en fout, à l'exception des amateurs de voyageounets, qui se trouvent. En route vers le bateau, bien pépère, trois ou quatre passagers dont une femme de mon âge bien heureuse de n'être pas draguée. À mi-parcours en mer, elle se met un pull sur les épaules. Un quart d'heure de traversée : l'île Verte commence par une lente et haute montée des marches, d'un tronc couché à l'autre, et de toute la promenade il n'y aura aucun banc : donc, heureusement, pas un pique-niqueur, à peine deux baigneurs entrevus d'en haut sur le sable d'une calanque.

     

    J'erre sur les tapis d'aiguilles et d'écorces, je vois de glorieux débris de ciment qui sont tombés sur les Allemands ("ils faisaient une partie de cartes" dit la légende). Surtout, mes oreilles sont pleines des cris de goélands, des "gabians" : des hurlements de chats, de gosses martyrisés. Rien sur moi pour les enregistrer. Les 14ha de l'île pour eux seuls. A mon approche ils fuient la photo...! de lourds envols et le soleil de face empêche les cadrages. De faibles rambardes protègent les falaises ("Danger ! 30m – 100 feet") et tout en bas le liseré des vagues sur les rocs, ici les arbres tout tordus par l' "anémorphose", en mer les vaisseaux qui croisent (un pavillon grec), uniquement des vues rebattues jusque sur les calendriers des postes, mais ce seront les miennes...

     

    De panneau en panneau, nous apprenons l'histoire de l'île, la tentative anglaise avortée en 1812, les promeneurs de 1910 et le boisement des années 60, jusqu'à la table d'orientation, juste au-dessus de l'inévitable "souterrain secret permettant de communiquer entre les trois batteries militaires" : sommet du séjour en vérité. Un goéland qui me foncerait dessus n'eût été un branchage qui le cabre vers le ciel. Redescente hâtive de marche en marche vers la navette, une heure aura suffi, le ticket de passage contre une troisième boule de glace gratuite sur la terre ferme. Au retour, mon hôte me charge de tailler le gazon : il veut de la rencontre, de l'amitié, ce que je suis bien incapable de donner, restant de nature froide, profiteuse et bouffonne.

     

  • Florence, Normandie, nazis

     

    51 05 12

     

    L'arbre raide.JPGNous étions à Florence. Il y avait ta mère, David et toi. Nous logions dans une maison où les tiroirs étaient remplis de souvenirs de la maîtresse de maison qui avait tout conservé, cahiers d'écolier, vieux vêtements de son enfance. Les rues étaient hautes, étroites, achalandées, témoignant de la plus ancienne civilisation. La famille, très nombreuse, revenait, très aimable, parfaitement francophone. Annie échouait à gagner le haut d'une pente au sommet de laquelle se trouvait une école où elle devait tenir une conférence. Nous étions parvenus là après un long trajet en voiture, depuis Paris, où nous nous étions égarés, passant par un toboggan routier vertigineux et très étroit sous lequel vivaient enfermés des prisonniers.

     

    Les pieds pouvaient s'enfoncer dans des bouches d'aération obstrués par de l'étoupe. Pour en revenir à Florence, les pièces y étaient innombrables, ma mère était là aussi, je voulais offrir à Coco des animaux sculptés flottant dans de minuscules bassins. Sonia cherchait des toilettes, finissait par en trouver. Moi aussi, mais bouchées. Les salles de bain n'en comportaient pas. Toute la famille, nombreuse, nous attendait autour d'une table pour un grand repas à l'issue duquel nous avosn noué à une espèce de Jeu des Sept Familles, découpées en diverses matières, à reconnaître au toucher, que l'on sortait d'un tiroir.

     

    Chacun se disputait l'honneur de nous avoir à son côté. Il y avait beaucoup de personnes jeunes et dynamiques et l'animation était forte. Deux nouveaux venus se sont présentés, trente ans, moustache. L'un d'eux s'est levé, quasiment déshabillé ou s'empêtrant dans ses habits, puis a commencé un discours en excellent français. J'étais en face d'une grande fille sportive et joviale qui me faisait du genou. Annie dans la montée herbue vers l'école se plaignait que depuis uen semaine nous ne pouvions plus nous parler, mais qu'enfin cela allait pouvoir reprendre. Etrange rêve, plein de bruits, de couleurs, de vie. A Florence...

     

     

     

    51 05 14

     

    En voiture vers Paris avec Annie qui conduit sur une route à quatre voies. Trafic encombré – ça s'arrête, ça repart. Soudain je me retrouve à pied, essayant de suivre, la perdant de vue. Je la retrouve en clinique, elle vient de faire un malaise. Sur le lit, une infirmière lui passe un gant humide pour qu'elle puisse se laver. Ses deux seins dépassent, ronds et amusants comme deux gros yeux. Impossible de savoir, comme d'habitude ! Ce qu'elle a eu. Des gens viennent la voir, une grosse femme de 60 ans en bleu et son mari, mais ne s'intéressent pas à elle et parlent avec l'infirmière. Il va falloir se résoudre à passer la nuit ici. Je sors à la recherche d'un hôtel. Après cent mètres de rue droite bordant des immeubles sans intérêt je parviens dans une artère semi-piétonne, commerçante, qui s'arrête au bord d'un plateau. Plus loin, perchée sur trois rochers que couronnent trois structures métalliques, s'élève une très grand ee tmagnifique église en acier, comme “Le Patineur” de César. Des gens admirent. Je demande le nom de cette ville de banlieue. “Colleville” me dit-on. C'est tout nouveau, je ne la connais pas. J'émets à haute voix la réflexion qu'un autre “Colleville” doit exister dans le Calvados. Un touriste obligeant m'en énumère trois au nom approchant, dans le Calvados en effet. C'est un peu fastidieux mais je le remercie poliment.

     

     

     

    51 05 22

     

    Je viens de me livrer à une déclamation publique alternant prose et poésie en plusieurs langues. C'est très revendicatif. Je m'arrête devant le portugais, car d'autres le savent mieux que moi dans l'assistance. Je rejoins Annie qui était spectatrice et discute avec Lorpian. Stéphane vient me reboutonner le col, disant que ça fait plus moderne. Lorpian, lui et Annie discutent avec animation: Lorpian ne peut pas venir souvent parce qu'il habite loin. Pendant ce temps impatienté je tripote divers objets, Annie me les enlève des mains, alors exaspéré je gagne ma chambre au troisième étage où il faudra bien qu'elle aille me rechercher bien que nous soyons en retard.

     

    Sous le couvre-pied s'agite le chat, coincé. Je l'en extirpe pour le papouiller un peu, mais il a été opéré du dos et tente de me griffer, ce n'est plus Hermine mais une vigoureuse femelle gouttière. Elle me griffe, je m'éveille avec un geste brusque du bras droit.

     

     

     

    51 06 12

     

    Pour échapper aux soldats nazis qui vous pressent, vous ne pouvez que vous précipiter dans une série d'escalators qui vous mènent très haut. Seulement au sommet, par un procédé mal expliqué mais très rapide, vous vous retrouvez en fumée. J'explique donc à un jeune juif, Steinmetz, qu'il peut s'échapper de façon très moderne, jusqu'à ce que je m'aperçoive de la fausseté de mes renseignements. Les soldats allemands en fait, très jeunes et bien habillés, vérifient si tout le monde a disparu et fusillent sur-le-champ ceux qui se sont échappés, sous le dernier escalator en particulier. C'est d'autant plus cruel que chacun s'imagine s'évader ainsi.

     

    Dans un couloir au dernier étage se dégagent, comme organiquement, des portes blanches supplémentaires, l'une donne sur des toilettes obscures, qui ne ferment pas à clé. S'ils ne me retrouvent pas, ils redescendront jusqu'au lendemain matin et je pourrai m'échapper. Je préfère encore, plutôt que de souffrir de mille paniques dans cet endroit si exposé, me livrer ; je me réveille

     

  • Date historique

     

    Date historique, date hystérique. Les noms des victimes vont encore retentir au son lancinant de la cloche de bord. Les Américains vont se mettre au garde à vous, les poils pubiens bien frisottants. Nous avons tous été des Américains. À présent tous vont en profiter pour frapper la Syrie. Mais les peuples ne s'en laissent plus conter. Plus rien n'est sûr. Des manifestants tournent en rond devant le Capitole. Des photos plus ou moins fausses circulent, des cadavres se relèvent à l'arrière-plan des vidéos. Nous sommes au poker menteur. A l'arrière-plan de mes cygnes irréels se détache l'ignoble rond industriel d'un pneu et de sa jante : caché là derrière un buisson, il atteste que mes indomptables palmipèdes appartiennent en fait à Dieu sait quel parc de Corse ou d'ailleurs sous la neige. A présent je suis morne, la guerre n'a pas éclaté. Mais une grande lassitude me prend à écouter les informations, qui de plus en plus ne sont que mensonges et propagande, où chacun y va de son petit couplet de coucou suisse. Il en est de même à toutes les époques guerrières. Ici rien ne se passe, je ne peux noter que ce que d'autres gens noteraient. La sérénité ne fait pas froid dans le dos, elle l'entretient dans une tiédeur lombaire, et chacun peut écrire comme nous.

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    S'il me manquait vraiment une passion, je la rechercherais, mais les braises où je souffle ne font que pâlir dans l'orange. Mes amours sont mortes dans les tissus. Jambon beurre. Pastis et menthe à l'eau. Erudition, Georges Dumézil dépassé, Frazer plus encore. Attaqué de toutes part même de son vivant, retaite en avril 88 -"il était temps" dit-il. Naviguant à vue entre les écueils, sur un bateau en mai 40, rejoignant Clermont. Raccrochant sans cesse une occasion ci, une occasion là, passant d'Istamboul à la Suède, au Collège de France, à l'enseignement de première, à celui de l'arménien classique (une paille), et d'ici les rires gloussants de Gourribon, qui aime Eribon don tle nom rime avec le sien. Je ne suis que ce que je lis et maintiens une sollitude bien choisie, dure parfois mais salubre, un peu comme la liberté de Reggiani, de Moustaki : Ma liberté... J'étouffe, voudrais rejoindre le Cantal ("Cet été, le Cantal !" - c'était : "PTT, le contact !" - pauvres oreilles...), d'où je reviendrai chargé de souvenirs, de promenades Route des Crêtes et autres photographies pas trop ratées.

     

    Narcissisme, oui, Madou, mais d'où chacun peut tirer son image, car mon miroir fait des bonds de côté. Bienfait de l'activité humaine. Développements toit faits : quoi ! Flatter, faire bonne figure, contourner, non-non-non, tu ne feras pas ça nanèère, vexer, ressentir, se brouiller se réconcilier ne pouvoir compter sur personne, non merci, mais seul... seul... Avec ses muscles, sa respiration et le ciel au-dessus de ses petits mouvements de gymnastique à vieux... Le pépère qui fait dix flexions debout en tournoyant des bras, les raisonnements pour se calmer : "Ce n'est pas si mal que ça ! Poursuis, poursuis !" - Vers où ? vers mon écran ? Vers ma cuvette à chiottes ? Ce corps qui ne se fendille qu'à mesure ? Cette merde qui progresse en pétant, ces indignités faciles ? Montesquieu jeté bas de son lit par son valet de chambre ? Aveugle et dépourvu de tout émoi bitesque ? Jabalí, le sanglier. Parfois tout un dialogue qui réchauffe. Le non-respect de la communication, son court-circuitage par le sentiment que tout est dit à jamais, et l'impossibilité de lire Amiel sans payer. Il avait du style le bougre. La mère Sévigné se branlait autant que lui mais nul n'en a rien su. Pas même Madame de Lafayette ?

     

    Ecriture non automatique soigneusement diguée, pléple dongje boug abérété, molisme sanctuaie aboukoubou Jordy (Saône-et-Loire),  pédé sa femmes tribade. Ces cerveaux qui fatiguent. Ces lignes qui seront revues comme des chiens de garde alignés, le poil ras, prêts pour la revue. Cet épi qui dépasse. Aglagbo n'imkeiroa, Gogol, Gogol, mort fou si jeune, et si tu te laisses aller tu coules, Pardon Monsieur le Maître-Nageur, c'est vrai que si vous ôtez votre doigt, là, je coule ? Viré, le prof de gym, le moniteur. Gelée. Dans le cul. Posterity, justforget it. Mon livre norvégien est terminé (Wassmo tome III) – comment prononce-t-on Norge en norvégien ? Norrland, Finnmark : c'est magique. Le feu sur la plage et deux mortes...

     

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    Tapata, Pata. Ra-Ta, Ra-Ta-Ta (paroles authentiques) flot rance courses en pharmacie nature bridée endiguement paramount para para pata pata. Rime à rien. Tous sur le pont. Azertyuiop. Je ne pense pas. Celia shits. Nous allons supprimer cela. Basses vengeances. Propos offensants à tout jamais. Retrouvés après la mort dans les mémoires. Borutin. Frère et soeur exécutés. Coupables. Duke of Norfolk. Renouer nos racines celtiques. Passion pour l'anglais, l'histoire anglaise. Tudor. Paramovies. Bouffés d'italien. Celtes latinisés. Lazio. Gevène Genève. Ruisseaux torrents et Alpes, "là-bas, au fond, au loin". Exercices indignes de Votre Grandeur. Une dimension en moi que sentent aussi les autres. Je dégage. Une odeur repoussante. Certains culs. Je pense. Je brenne. Bourseilles Bourdeilles continue sans moi son existence de pont de château. "Non. Pas de téléphone." J'étais lointain alors. Je tortillais du cul devant la paroi.

     

    Et le gonze de 14 ans est venu me présenter le plat. Je sentais qu'il ne pouvait pas me parler, mais se montrait respectueux. J'avais l'air de quoi ? Gêne réciproque. Larbin. Chez Krivine. 65, je dirais. 2012 nouveau style. Pour une fois derrière moi. Tous les pores de mon cerveau fonctionneront. Foutage de gueule. Ne voyez-vous pas que Zaz est enfant du faubourg, minuscule dans son vaste siège ? Lucchini repartait en déclamant ses vers ineptes, mais le peuple aussi peut nous renforcer. Ne vous foutez pas de la gueule du peuple. Il mouscaille dans ses chalbots, mais il est aussi bon que vous, si vous lui donnez de l'argent, des loisirs. Mystère de la différence des âmes, des croyances, des sculptures. Tu vas préparer ta communication avec Ciotat : c'est du naturel, cela ? Nos liens se sont distendus, même, je ne souhaite pas qu'il m'invite, mais c'est ce qui se risque. Tu risques à chaque instant. Les forêts si mal maîtrisées, si al à propos engrangées dans le discours final, dans le droit-fil prévu. Laissez l'air parcourir ma vaste et profonde échine, les muscles s'assouplir, la discipline si lâche et consentie...

     

    Fortitude. Longitude. Margitude. De grands cisaillements de jambes à hauteur de visage, et mes pédés de gare, et ce passé qui revient encrèmer les vers libres de Leopardi, ce qui serait tolérable aujourd'hui je n'en veux rien avoir à foutre.