Proullaud296

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  • Mon beau sapin

     

     

     

     

    LE SAPIN DE NOËL

     

    Le sapin n'a rien à voir lui non plus avec le christianisme. C'est tout simplement un message d'espoir et d'éternité, puisqu'il perd ses aiguilles tout au long de l'année, et non pas à l'automne, symbolisant ainsi la permanence de la vie au beau milieu des feuilles mortes. Mais les protestants l'ont rattaché, dès le XVIe siècle, à la croyance de l'arbre du paradis... En 1738, Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, fit dresser un sapin de Noël à Versailles. En 1765, Goethe se montra fort surpris devant son premier arbre de Noël, à Leipzig. Comme elles sont parfois récentes, ces coutumes que nous croyions millénaires !

     

    La bûche, elle, n'était pas en bois de sapin. Sa flamme représentait le soleil toujours espéré, c'était chez les Germains la fête de Licht, la lumière (...d'où la Sainte Luce, le 12 décembre...) ou le Yule Log druidique. . Autant que possible, on l'allumait avec les tisons de la bûche de l'année précédente ! On ne pouvait la manipuler qu'avec les mains. Cependant, parfois, une vieille grand-mère la frappait d'une pelle à feu pour en tirer des étincelles et disait : « Bonne année, bonnes récoltes, autant de gerbes et de gerbillons ! » ...A moins qu'on ne prédise le nombre des mariages à faire ou de poulets à naître...

     

     

     

    Il fallait rappeler, disait l'Eglise, que l'Enfant Jésus était né dans une étable glaciale... où le seul chauffage était le souffle de l'âne et du boeuf... Cette bûche porte un nom différent suivant les pays (en Italie c'est le ceppo) et les provinces :

     

    • en Bretagne : kef Nedeleg

      L'allée dans le ciel.JPG


      - en Bourgogne : suche
      - en Franche-Comté : tronche
      - en Loir-et-Cher : tréfoir, tréfou
      - en Provence : calignaou (en bois d'olivier).

    • Les cendres de la bûchepréserveraient ensuite de la foudre, des pucerons, des renards, etc... A présent, il n'y a plus de grands âtres... c'est une délicieuse pâtisserie, dont le sens symbolique – peut-être fécondant ? - s'est éteint.

    • LA CRECHE

    • du germain « krippia », « mangeoire ». Mais on disait en France presepe, (latin praesepe qui

    désignait à l'origine un parc à bestiaux, l'étable, puis la mangeoire de l'étable) (presepio en italien et en portugais, presebbio en napolitain, pesebre en espagnol. Depuis saint François d'Assise, qui l'a réalisée le premier en 1223, à Greccio, avec des figurants en chair et en os, des crèches reconstituent la scène de la Nativité, et l'adoration des bergers, attestée dans l'Evangile. Noël est donc la fête de l'imagination , car l'existence de la crèche, entre le bœuf et l'âne, semble plus relever de l'astrologie que de la vérité historique ! Chaque région chrétienne conserve ses traditions, les plus connues restant bien entendu depuis le XVIIIe siècle celles des santons de Provence ; à la Révolution, toutes cérémonies chrétiennes étant interdites, on se replia sur son domaine privé. Chaque métier se fit représenter par un santon (« santoun », petit saint) en terre locale : ni plomb, ni plâtre, ni plastique, Les rois mages y sont aussi, mais on ne ne les célèbre que le 6 janvier.

     

    La ville de Naples réalisa de magnifiques crèches, sur plusieurs étages, et les vendit dans toute l'Europe.

     

    • CHANTS ET DICTONS

      • Dès le XIIe siècle, on célébra des mystères mettant en scène l'adoration des bergers, d'abord à l'intérieur, puis devant les porches des églises.

      • Quant aux chants de Noël, ils rappellent toujours les hivers de l'Europe. Le chant allemand O stille Nacht (« Ô douce nuit ») fut créé en 1818 par l'instituteur en chef du village, Franz Xaver Gruber, et le prêtre Joseph Mohr, à la guitare, faute d'orgue. Quant au refrain bien connu « Il est né le divin enfant / Jouez hautbois résonnez musettes / Il est né le divin enfant / Chantons tous son avènement elle fut imprimée en 1874 en Lorraine, mais remonterait à un air de chasse du XVIIe siècle

     

    Un volume ne suffirait pas pour recueillir les chants populaires de Noël ; nous avons retenu ce couplet poitevin

     

    « Lavou qu'tu cours donc si vite, Pierrot sans chapeau

     

     

    Courre, courre itou Nanette, quitte ton troupeau

    Quitte ton troupeau, Nanette, quitte ton troupeau

    Laisse ici dormir tes ouailles au milieu des prés

    Et viens voir une merveille que j'te vas conter

     

      • Le sauveur que Dieu nous baille est né cette nuit... »)

      • Nous pourrions écrire un livre entier sur les chants et dictons de Noël :

      • Noël au balcon, Pâques aux tisons !

     

    Lune de Noël gouverne le temps jusqu'à la Saint Jean

     

        • Claire nuit de Noël, claire javelle

        • Vent qui souffle à la sortie

        • De la messe de minuit

        • Dominera l'an qui suit

        • Noël humide, Greniers et tonneaux vides.

     

    COMMENT SOUHAITER NOEL

     

     

     

    Alsacien : Fréliche winorde

     

    Basque : Eguberri On

     

    Breton : Nedeleg laouen

     

    Catalan : Bon Nadal

     

    Corse : Bon Natale

     

    Créole : Jwaïeu Nouel (Guadeloupe), jénwèl (Martinique), zwayé Noèl (Île de la Réunion)xxx

     

    Niçois : Bouòni Calèna

     

    Normand : Bouon Noué

     

    Poitevin : Boune Nàu

     

    Provençal : Bon Nouvé, Nadau ou encore Calèndo (en hommage aux Calendes de janvier romaines, qui désignaient le Jour de l'an

     

    Anglais : Merry Christmas

     

    Allemand : Fröhliche Weihnachten

     

  • Ariège

     

    Je rappelle : on est sur ma main ! (perfusion, sans doute) – Je peux le dire à Anne ? - Comme tu veux, tu es libre ! Anne s'est exclamée. Du coup, je n'ai même pas eu l'idée de savoir si c'était le pied gauche ou droit. Le soir, chute de brume. Je gagne Labarre, son barrage hydrolélectrique interdit, ses camions frôleurs et le bord de l'Ariège redevenu torrent. Ce soir, "Les Keufs" de Balasko(vitch), médiocre scénario incrédible où la vedette metteuse en scène essaye d'éclipser une magnifique Arabe prostituée, mais elle-même, Josiane, irrémédiable laideur étudiée, en cheveux carotte.

     

    Le drame est qu'elle s'imagine "faire" vulgaire, alors qu'elle est vulgaire. Et ses émois vaginaux avec un gros nègre me laissent froids. Alors j'éteins, et je ne peux plus rien faire vu mon âge. Le lendemain 29, saints Pierre et Paul, ayant vu sur la carte que St Jean de Verges était proche, je m'y rends à pied, profitant d'un interminable défilé de véhicules grouillants, gagnant enfin deux rangées de cahutes que troue en permanence un serpent d'automobiles, autocars et camions, qui doivent participer aux charmes de la vie locale. J'ai poussé jusqu'à la poste, indiquée par un boulanger livreur. Fermé le mercredi – Pourquoi ? personne n'a donc besoin de poste le mercredi ? Traversée en biais du cimetière, tâchant d'accrocher ces portraits qui prouvent par l'image et par leurs regards chargés de choses inconnues l'étude de Barthes sur la fonction essentiellement funèbre de la photographie. Je pense à ce banal énergumène qui se filme en permanence toutes les 30 secondes afin de se rendre immortel pour ses descendants. Il transforme sa vie en corvée mortuaire. Je photographie donc l'église romane, étroite et pure dehors et dedans. C'est à Saint-Jean de Verges que Raymond-Bernard II, comte de Toulouse, se soumit en 1229 au roi de France, et je l'ai lu en occitan ; c'est pourquoi sans doute le souverain d'alors (Louis IX) n'est pas mentionné. Se déclenche sous la nef un éclairage direct et indirect, qui use beaucoup d'électricité (je reviens sur mes pas, j'appuie, suite de la minuterie).

     

    Ne pas sortir de paragraphe convenu sur la supériorité ou non du roman pour contenir Dieu, ne plus mentionner le vide existant au sein des campagnes françaises où le moindre village ou sanctuaire pouvait aussi bien servir de cache aux évènements les plus importants (paix du Fleix en 1575 ?) Et je repars, à Vergès, comme l'avocat, commune de Crampagna, Crapougna, ce qui ruine tout jeu de mots sur les verges. Les premiers kilomètres sont difficiles, car le rebord herbu ne sert qu'à se tordre les pieds, je m'arrête donc sitôt que survient une voiture en face. "Il n'y a rien d'autre dans ces pages que les réflexions d'un homme ordinaire sur ce qu'il vit, ou bien lit" – sentence rêche comme un pubis d'étudiante bien frottée de Faculté.

     

    Mais que voulez-vous donc, jeune sotte, que ce soit ? Me faudrait-il donc m'efforcer, ou posséder Dieu sait quel génie, pour survivre ? Avant de parvenir à Vernajoul, je vois un autobus scolaire effectuer un demi-tour en Y bien serré. Vernajoul ? des noms de rues ressuscitant des vieux lieux-dits, des gens qui vivent là. Et moi-même bouffant un fruit sur un banc "Place de la Mairie", ce qui fait plus sain que de Gaulle ou Jeanne d'Arc. Je prends en photo, outre une abside obligatoire, deux poteaux modernes reliés par des rubans. Je traverse des petutes gorges. Rien à signaler. Le château de Foix se profile, c'est beau, etc. Sur mon carnet, je lis : "Trouvé petit hôtel pas plus cher, avec petit-déjeuner à 6€ au lieu de 9." La prochaine fois, ne rien réserver, débarquer. Comme à Moulins. Tandis que je fais mes courses à Foix, un SMS de Sonia : David est reçu. Je tape : "Bravo ! David superstar !" Sur quoi il me rappelle.

     

    Je suis en public, les "chalom" et "sur la Torah" pleuvent, David bafouille de joie, me redétaille ses stress, puis je raccroche, il appelait, il dépensait. Dans la mesure où je peux être ému, je ressens de la joie, la communique à ma femme par téléphone, me mets à bouffer, dors, tout le processus habituel. Vois un film sur le Baron Rouge, mal interprété par un petit blondinet aux yeux de furet. Bien germanique, et je me réjouis : pour une fois, nous voyons les souffrances de l'armée allemande. Peu importe le but de la guerre, l'empereur Guillaume II ramène ses moustaches en crocs. Mais notre héros émet des doutes sur la victoire. Il fonce au milieu des escadres ennemies, de nuit : "On n'attaque pas de nuit".

     

    Eh bien si. Outré, le Kichthofen. Ses camarades meurent, dont Voss, qui avait oublié son bonnet fétiche. Le héros se retrouve à l'hôpital, à St-Niklaas (Belgique). Très, très peu de documents sur l'occupation allemande en ce pays. Mais j'aimerais que les Allemands gagnent. Ce que c'est que le changement de perspective ! Et cette atmosphère d'Ernst Jünger, d'Iliade, où la guerre est présentée comme un face-à-face salutaire et purgatif avec la mort, et l'expression la plus forte de la condition humaine ! Or Maupassant régla son compte à Moltke : des soldats crétins tirant sur des chiens et des vaches pour tester les performances de leur arme. Stupidité meurtrière. Et quand le héros meurt, par ellipse, et que la fiancée belge et chaste se recueille sur sa tombe, je me contente d'avoir assisté à la démonstration de l'imagination humaine.

     

    Petite sortie nocturne dans le parc du lac, ultrapropice à toute agression avant dissimulation de cadavre, comme pour toute joggeuse. Puis second film, où j'accroche tout de suite en raison de Bruel, Benguigui-le-Souffrant, de son frère Elbaz ("David"), et de toute une brochette de juifs richissimes (tant mieux, tant mieux) : chacun défend ses frères, Gitans contre Feujs, Michel Aumont joue les salauds; enlèvement, rançons, massacre des kidnappeurs après un achat d'armes chez les crouilles, musique pathétique : Les 5 doigts de la main. Tu connais l'histoire du gars qui avait 5 bites ? ...eh bien son slip lui allait comme un gant. C'est beau l'imagination. Même avec Bruel. Moi je l'aime bien ce mec.

     

    Et j'éteins. Après une rafale de pubs répétitives sur les numéros porno. Putain j'ai dû en rater un sur l'autre chaîne. Ne m'en remettrai jamais. Aujourd'hui 30, c'est le grand jour : départ, définitif, car, qui revient sur ses pas dans sa 67e année ? Alors je range bien tout. Auparavant shampoing, dernier petit-déjeuner à 9€ bande de sauvages. La responsable est un petit taureau frisé bien replet bien moche plus lesbien tu meurs. Elle parle volontiers au couple de vieux touristes hétéro, leur vante maints sites où je n'irai plus, dépourvu de voiture comme je suis. Mais quand c'est mon tour, elle montre de la distance. Je lui dis pourtant que j'ai pris quelques jours de congés conjugaux, ma femme faisant toute une histoire si elle n'a pas pour elle notre unique voiture. Elle écourte, apparemment c'est que je ne regarde pas dans les yeux, que je souris en fer à cheval, qu'on sent l'hostilité, la méfiance envers les femmes moches, et ces gens-là, qui travaillent dans la clientèle, possèdent un sens infaillible du contact ou non : elle sent parfaitement, la taurillonne, que je me force.

     

    Alors je paye plein pot, car il y a les taxes, aussi. Sans regrets, je preprends la route vers le centre, avec les roulettes en bruit accompagnant. Aucun de mes pas ne sera plus refait sur ce tronçon Labarre-Foix, voici la gare au bout de sa "rue des Marbrulires". Dans la cour j'entends des jeunes gens expliquer à des jeunes filles qu'à Luchon tout le monde passe la frontière espagnole pour les cigarettes. J'entendrai d'autres conversations, d'un jeune homme instruisant des jeunes Canadiennes, d'une femme consolant une magnifique Turque voilée, de sa peine de cœur voilée. Je pense que je vais découvrir la douceur, la sincérité, la fraternité de tous les rapports humains, juste au moment où tout va finir, de même que j'ai enfin compris l'amour des femmes à l'âge où rien ne peut plus aller dans l'exaltation des sens. Amen. Le train fonce à vitesse effrayante, afin de rattraper trois quart d'heure de retard.

     

    Ne risque pas nos vies, conducteur.

     

    Cintres et coupoles.JPG

  • Second bureau

     

     

    "Ce que je vois" ? C'est, nécessairement, mon bureau. Je ne note plus en plein air devant Dieu sait quel paysage. Le bureau subit de légères modifications. La description glissera vers la droite, évitant l'écran, déjà traité. À droite de l'écran, même et surtout si cela n'intéresse personne, se trouve un téléphone fixe, de Télécom, type "Rondo" : pourpre foncé, avec le nom en blanc d'une belle écriture, et quinze touches (3x5) aux chiffres et lettres blancs, de 1 à 9, puis : étoile, zéro, dièze, enfin "R." (pour "répéter" ?), haut-parleur sous-titré "ampli", et "Bis". Chaque touche est donc surlignée par un tout petit rectangle allongé portant des lettres, sauf "R." (Register ?) et "Bis", qui permet de réitérer l'appel dans un délai de quelques minutes.

     

    C'est un vieil appareil, selon nos critères actuels. Son écouteur se repose dans une fosse rectangulaire verticale aux angles arrondis, il tient bien dans la main, sa texture est soyeuse. En haut à droite, un grillage oblique permet d'écouter la voix de l'interlocuteur. Je me serrs de ce poste fixe bien plus volontiers que du poste mobile, parce que j'ai toujours l'impression que c'est meilleur marché. De plus, j'ai perdu le code "PIN" du portable, sans réfléchir que c'était, puisqu'il est neuf, quatre fois 0. Le fil teléphonique est à l'antique, frisé, élastique, à multiples boucles serrées. Par-dessous ce petit câble en court un autre tout noir, tout discret, celui du clavier qui me permet de vous écrire.

     

    Je dis "vous", parce que ces descriptions évacuent en général tout interlocuteur. Elles sont monnaie courante quand on n'a rien à dire, si, en plus, elles ne vous sont pas adressées, nous sommes en pleine barbarie. Si nos yeux, donc, se déplacent un tantinet vers la droite, ils verront, sur un port multiple, avec un "t" bien sûr, une enveloppe rembourrée de 28 sur 30 cm plus ou moins (je vérifie de mon empan : ma main en fait 24 du pouce au petit doigt). Le destinataire en est David Bequet, prononcez "békè", mon petit-fils, ayant commandé en notre nom du matériel de non-fumeur. Il s'agit de ces fameuses "vapoteuses" qui supplanteront croit-on le tabac. Il a payé, je l'ai remboursé. Anne elle-même.JPG

     

    En haut à droite, écrite à la main, la référence du site internet où l'on se procure dans les plus brefs délais ce matériel : cela provient d'Andorre, et ne peut se commander jusqu'ici que de façon électronique. En dessous une vaste étiquette Colissimo, que nous ne détaillerons pas : destinataire, mention "port payé", tour de taille et pointure de la grand-mère, le tout de la plus extrême importance. Et dans le coin gauche inférieur, une autre étiquette kaki pâle, formulaire CN 22, mentionnant, pour la douane, le contenu : cigarettes électroniques. Nous avons réitéré notre achat : ainsi ma femme, Anne-Marie, peut-elle fumer sans interruption, branchant sa seconde batterie dès que la première est déchargée, ce qui advient très vite. En même temps, elle ne rejette plus que de la vapeur d'eau, tout en n'ingérant plus que 12mg de nicotine (par cartouche, je suppose ; une cartouche équivaut à 22 cigarettes environ). Quel soulagement pour sa santé et nos odorats ! Fini les puanteurs qui donnent l'impresssion, quand on entre dans le lit conjugal, qu'il va falloir se baiser un cendrier refroidi !

     

    Tout ceci est bien humoristique. Mais nous aviosn parlé de "port multiple" : c'est un carré de couleur chrome, creusé sur ses quatre faces par une douce dépression où se logent quatre prises mi-mâles mi-femelles, afin que s'y emboîtent d'autres prises androgynes à saillies inversées. Là-dessus se branchent : la clef USB consacrée à des cours oraux de philosophie, par Michel Onfray ; la prise de l'appareil photo électronique. Une autre clé USB pour les voyages ou déplacements ; et enfin, inamovible, le raccord à la véritable prise centrale, sous la table. Et voilà !

     

     

     

  • Sprechen Sie deutsch ?

     

     

    1961. - Und andere gibt es, die heiszen Tugend das Faulwerden ihrer Laster (= la paresse de leurs  vices) ; und wenn ihr Hasz und ihre Eifersucht einmal die Glieder strecken, wird ihre "Gerechtigkeit" munter und reibt sich die verschlafenen Augen.

     

     

     

    NIETZSCHE Also sprach Zarathustra - 2er Teil

     

    Von den Tugendhaften

    Une allée.JPG


     

     

     

    1962. Une femme a besoin de sentir que l'homme avec qui elle fait l'amour éprouve quelque chose pour elle. Tant que les hommes n'auront pas compris ce principe élémentaire, ils ne sauront pas faire l'amour au bon sens du terme.

     

     

     

    Mme C.
    Article Le Comportement féminin – Un besoin d'affection dans "Union" n° 20 de février 1974

     

     

     

    1963. Und als ich mein Schwertes tat und meiner Ueberwindungen Sieg (= ma plus haute victoire sur moi-même) feierte : da machtet ihr (= vous avez poussé) die, welhe mit liebten, schrien, ich tue ihnen am wehesten.

     

     

     

    NIETZSCHE

     

    Also sprach Zarathustra – 2er Teil – Das Grablied(= Chant sépulcral)

     

     

     

    1964. Ich wurde der Dichter müde, der alten und der neuen : Oberflächliche sind sie mir alle und seichte (= sans profondeur) Meere.

     

    Sie dachten nicht genug in die Tiefe : darum (= aussi) sank ihr Gefühl nicht bis zu den Gründen.

     

    Etwas Wollust und etwas Langeweile : das ist noch ihr bestes Nachdenken (= méditation) gewesen.

     

    Gespenster-Hauch und -Huschen gilt mir all ihr Harfen-Klingklang ; was wuszten sie bisher von der Inbrunst der Töne (= qu'ont-ils entendu jusqu'à présent à la ferveur ?) ! -

     

    Sie sind mir auch nicht reinlich genug : sie trüben alle ihre Gewässer, dasz es tiefscheine.

     

    Und gerne geben sie sich damit als versöhner (= médiateurs) : aber Mittler (= entremetteurs) und Mischer (= tripoteurs) bleiben sie mir, und Halb-und-Halbe und Unreinliche ! - (= de malpropres faiseurs de compromis.)

     

     

     

    NIETZSCHE

     

    Also sprach Zarathustra - 2erTeil – Von den Dichtern

     

     

     

    1965. Zuschauer will der Geist des Dichters : sollten's auch Büffel sein ! -

     

    Aber dieses Geistes wurde ich müde : und ich sehe kommen, dasz er seiner selber müde wird.

     

    Verwandelt (= transformés) sah ich schon die Dichter und gegen sich selber den Blick gerichtet.

     

    Büszer (= pénitents) des Geistes sah ich komment : die wuchsen aus ihnen. - (= c'est parmi les poètes qu'ils étaient nés).

     

     

     

    id. ibid.

     

     

     

    1966. Keine Tat kann vernichtet werden : wie könnte sie durch die strafe (= le châtiment) ungetan werden !

     

     

     

    id. ibid. Von der Erlösung (= rédemption)

     

     

     

    1967. "Von Ohngefähr" (= par hasard) – das ist der älteste Adel der Welt, den gab ich allen Dingen zurück (= restitué), ich erlöste sie (= je les ai libérées) von der Knechtschaft unter dem Zwecke.

     

    Diese Freiheit und Himmels-Heiterkeit (= sérénité) stellte ich gleich azurner Glocke über alle Dinge, als ich lehrte, dasz über ihnen und durch sie kein "ewiger Wille" – will (= agit).

     

    Diesen Uebermut (= caprice) und diese Narrheit stellte ich an die Stelle jenes Willens (= à la place de ce vouloir), als ich lehrte : "bei allem ist eins unmöglich – Vernünftigkeit (= en toute chose ce qui est impossible c'est qu'elles soient "raisonnables") !"

     

    Ein WENIG Vernunft zwar, ein Same der Weisheit zerstreut von Stern zu Stern , - diese Sauerteig (= ce levain) ist allen Dingen eingemischt : um der Narrheit willen (= pour qu'elles soient (plus) folles) ist Weisheit allen Dingen eingemischt !

     

    Ein wenig Weisheit ist schon möglich ; aber diese selige Sicherheit (= cette certitude divine) fand ich an allen Dingen : dasz sie lieber noch auf des Füszen des Zufalls – TANZEN;

     

    O Himmel über mir, du Reiner ! Hoher ! Das ist mir nun deine Reiheit, dasz es keine ewige Vernunft- Spinne une -Spinnennetze gibt : -

     

    - dasz du mir ein Tanzboden bist für göttliche Zufälle, dasz du mir ein Göttertisch bist für göttliche Würfel (= dés) und Würfelspieler !

     

        • NIETZSCHE

        • Also sprach Zarathustra – 3er Teil – Vor Sonnenaufgang

     

  • Robert Sabatier, Les noisettes sauvages

     

     

     

    Dans les années 70, le mouvement "country" facilita le grand retour des préoccupations rêveuses vers la campagne et toutes ces choses de la paysannerie dont les débris devaient être répertoriés d'urgence. C'est ainsi que naquit Le cheval d'orgueil de Pierre-Jakez Hélias, et la trilogie de Robert Sabatier : Les allumettes suédoises, dont Trois sucettes à la menthe et Les noisettes sauvages constituent les deux derniers tomes, en attendant La Billebaude de Henri Vincenot, pour la Bourgogne, en 82. Ce sont Les noisettes sauvages qui feront cette fois les frais de notre compte-rendu mitigé. D'accord, je n'ai pas lu Daniel et Olivier, ni les Sucettes, et je ne me suis pas rendu compte, évidemment, du parallèle entre l'enfant des champs qui se forme à la grande ville et le titi parisien qui se ressource en pleine Haute-Loire, à Saugues très exactement, porte du Gévaudan mais vous n'êtes pas près de les revoir.

     

    Les débuts étaient prometteurs, avec un beau voyage en chemin de fer, toute une nuit pour faire Paris-l'Auvergne, déballages de provisions et arrivée au petit matin dans les bras de l'oncle Victor, maréchal-ferrant costaud et vachement accueillant. Tout était détaillé, il ne manquait ni un sabot de mule ni un hameau perché sur la crête ou noyé dans le marécage. Tout le monde était beau, tout le monde était gentil. Le grand-père bourrait sa pipe comme dans un livre de lecture, et la grand-mère s'en allait tout le jour dans les prés pour cueillir les herbes médicinales : une sauvage, une burinée, une dure-à-cuire. Et puis ça m'agaça. C'était une de ces cuisines paysannes reconstituées style musée Grévin dans tous les musées de Champagne ou d'Ariège, mais où les mannequins, leurs tabliers, leurs bonnets et leurs guêtres se mettraient à remuer, à jacter le patouès (que notre jeune Olivier apprend) ; il y aurait des intrigues de village, personne ne se fâcherait, les pecquenods se donneraient des surnoms tellement plus vivants que les noms de famille, les vaches feraient meuh avec l'accent déjà du Midi et les ploucs gueuleraient des miladious et des macarelles dans la meilleure tradition.

    Satisfaction du propriétaire.JPG

     

     

    Le vrai retour à la terre des années Pétain, ou d'un Giono, ou d'un Paul Arène, ou d'un Moselly pour la Moselle, nous avons tout un éventail de chantres régionaux : Pesquidoux pour le Gers, pour les Ardennes André Theuriet, que ce soit au XIXe ou au XXe siècle. Réjouissons-nous, d'ailleurs, et ne nous moquons pas trop vite de Pierre Pernaut et de ses journaux télévisés de treize heures : il faut que tout revienne, il faut que rien ne manque, tout fout le camp à une vitesse mortelle, tout renaît on ne sait comment, de plus en plus ténu, de plus en plus vivace comme le chiendent. Robert Sabatier est un excellent conteur, descripteur populaire, mort en 2012, sans qu'on ait bien connu ses poèmes, et nous aurons toujours de la relève pour nos folklores régionaux, voir Olivier Marliave pour le Bassin d'Arcachon. Et puis quand ça se reconstitue ce n'est jamais plus tout à fait ça, mais que de bonne volonté : un jour nos églises Napoléon III seront aussi respectées que nos cathédrales médiévales. Bref, nous espérons bien que cet Olivier, venu à Saugues (43) dans sa quatorzième année, se mariera au pays, et y fera souche. L'histoire se situe dans les années 30, mais pas un nuage ne plane au-dessus de cette brave communauté auvergnate. Mon père disait qu'il avait appris la déclaration de guerre de 39 en mangeant ses tomates, et que rien ne le lui avait fait prévoir : en ce temps-là tu sais, disait-il, on n'était pas politisé comme maintenant, on ne s'occupait pas des journaux ni de la radio, chacun faisait ses petites affaires en essayant de s'en sortir. À Saugues comme ailleurs, la vie ne tourne qu'autour du quotidien, même si Olivier a perdu son papa en 14-18 et sa mère peu après. Pour ne pas nous assombrir, ni nous attarder sur cet excellent catalogue du Chasseur Français des années 30, nous retrouverons notre jeune Tintin des Plateaux à sa descente du train : et voici une évidence, c'est fou tout ce qu'on bouffe en Auvergne.

     

    A vous la tradition, à vous les années 30, à vous le Velay, et les bons vins :

     

    " Il embellissait les choses, il finissait par les croire. Le Midi n'était pas si loin.

     

    - Il y a du beaune, du saint-émilion, du mercurey... affirma Olivier.

     

    - Du châteauneuf-du-pape ! ajouta Victor.

     

    - Du château-chalon, du meursault !

     

    L'enfant pensa au temps où, avec Marguerite, ils allaient chercher le charbon et qui paraissait si loin" (le temps, pas le charbon) "alors qu'il ne datait que de l'hiver dernier.

     

    - Ils ont de quoi faire, ajouta Victor.

     

    Le grand-père avait bourré une pipe" – ce qui est la fonction essentielle des grands-pères – "courbe en bruyère véritable et en os, sur laquelle était gravé "La Salubre", avec du caporal extrait d'un pot de grès ou séjournait une carotte de tabac à mâcher pour donner du parfum. Gravement, religieusement, il avait roulé le gris entre ses doigts avant de l'enfourner et maintenant il fumait avec un sourire heureux cette unique pipe de la journée.

     

    La mémé affinait sa poêle avec de la graisse chaude dans laquelle elle faisait tourner du gros sel avant de l'essuyer au moyen d'une branche de genêt. Elle regardait souvent du côté de la fenêtre, rêvant déjà de s'évader pour courir sur les chemins sinueux.

     

  • Henri III

     

     

    Parlons donc d'Henri III, dernier des Valois, roi de France, 1574-1589. Et mettons tout de suite les choses au point : il ne faut pas en rester, et jusqu'à quand resterons-nous à cette image du roi pédé ? "Allô Henri III ? - C'est elle-même !" Il y a tromperie sur la marchandise : Jacqueline Boucher, autrice de l'ouvrage éponyme, reprend la thèse de Philippe Erlanger dans sa grosse biographie : n'en déplaise à certains petits messieurs qui aimeraient bien l'introduire dans leur cercle, Henri III ne fut pas homosexuel, en tout cas moins que Louis XIII. Henri fut couvert de boue par les braves catholiques de l'époque, plus calomnié encore que Louis XVI. Nous avons surtout conservé les aspects folkloriques de ce grand roi qui essaya le plus possible de maintenir l'unité d'un royaume déchiré par les guerres civiles.

     

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    Ainsi de ce fameux symbole du bilboquet : sa vogue n'a duré que quelques semaines à la cour – sur quinze ans de règne, c'est peu. Sa femme Louise de Lorraine fut profondément amoureuse de lui, et ne se remit jamais de son assassinat. Pourtant il posséda, roi de France oblige, nombre de maîtresses qu'il s'efforça de lui cacher. On lui attribua même un enfant caché. "Mais les mignons ?" direz-vous – car vous n'êtes pas près de lâcher prise, "il n'y a pas de fumée sans feu". Là encore, détrompez-vous: sous Henri IV aussi nous trouvons des mignons, sans que le Vert Galant ait jamais été susceptible de pédérastie. "Mignon" signifiait tout bonnement "favori". Les satiriques ont parlé de "visage fardé" : mais l'expression signifie aussi bien "empreint de dissimulation", "masquant ses sentiments".

     

    Qu'on l'ait vu travesti au Bal des Amazones ne prouve rien de plus : tous les gentilshommes s'étaient pareillement mêlés à ce bal, et les femmes y parurent travesties en hommes. Nous avons vu de tels amusements au carnaval de Vatan dans l'Indre ; cela ne peut prouver l'homosexualité de toute une population ! En revanche, le cadet du roi, duc d'Alençon, était, lui, complètement homosexuel ; mais comme il penchait du côté des catholiques, pas un pamphlet, on disait un pasquil, ne l'atteignit, lui, cible facile et autrement scandaleuse ! N'oublions pas que l'homosexualité en ce temps-là était passible du bûcher ; que si Henri III en avait tâté, on en retrouverait la trace dans maints écrits, en maintes allusions.

     

    Or il se trouve que nous en sommes toujours réduits aux mêmes sources, les pamphlétaires extrémistes, qui finiront par le faire assassiner sur sa chaise percée en 1589, parce qu'il voulait laisser le trône à son lointain cousin Henri de Bourbon, de religion réformée... Le souverain pressentait le drame de sa succession et fit de nombreux et ardents pélerinages avec son épouse pour obtenir la grâce d'avoir un enfant. Si j'ai attaqué bille en tête sur ce point, c'est parce qu'il me semble capital de détruire une légende confortable autant que calomnieuse. L'autrice d'ailleurs ne traite ce thème qu'incidemment, à sa place, à l'intérieur de l'ouvrage, et sans lui accorder plus d'importance qu'il n'en mérite, avec un certain dédain, usant des arguments que je viens de vous présenter. Les chapitres envisagés dans le livre traitent de choses beaucoup plus sérieuses : le cérémonial de cour, ses fastes, la façon de gouverner, l'esprit baroque, l'atmosphère intellectuelle et l'italianisation de la cour.

     

    Il ne s'agit pas d'une étude chronologique mais d'une étude par thèmes, par tranches, comme vous l'avez vu par la disposition des chapitres. Le lecteur navigue ainsi du début à la fin du règne, et si l'on n'est pas au fait des évènements, c'est un peu désorientant. C'est ainsi que l'on fait plusieurs fois allusion au "fameux duel des mignons", sans nous dire jamais ce qui l'a provoqué, ni quels en furent les protagonistes. Cependant nous sont présentés des tableaux fort convaincants fixés dans nos mémoires, comme celui de ce faste puissamment déployé. Comme il n'existe pas d'administration à l'échelle nationale, le Roi doit s'assurer la fidélité de ses vassaux en les comblant de cadeaux et de privilèges.

     

    Puis, après avoir fait leur "quartier de cour", c'est-à-dire un quart d'année, un trimestre, obligatoire afin de rester dans les faveurs du roi, les seigneurs s'en retournent dans leurs provinces pour y faire appliquer la loi royale. Comment se logeait la cour ? Versailles n'étant pas construit, c'est au Louvre qu'il faut être, et c'est à Paris que l'on cherche à loger.

     

     

     

    / Lecture de la p. 47 /

     

     

     

    Nous le voyons, Jacqueline Boucher n'avance rien qui ne soit prouvé par documents, datés et localisés. Rien de plus sérieux, de plus scientifique, de plus historique, pour autant que l'histoire soit une science. C'est ce qui donne à cet ouvrage cette physionomie sérieuse mais accessible, sans érudition épouvantail. Nous abordons un autre domaine, à savoir l'influence du roi sur les mariages de cour. Lousi XIV, plus tard, l'exercera ; mais laissera en fait ses courtisans, en général, fort libres de convoler en justes noces.

     

     

     

    / Lecture des pages 94 et 141, du quatrain de cette dernière en particulier /

     

     

     

    L'ouvrage s'achève par une déclaration de reconnaissance inattendue de la grande piété du roi. Mais quoi qu'il fît, on l'attaqua : s'il eût été libertin, on l'eût sali, mais fondant un ordre ou érigeant une chapelle, à quoi se reconnaissait en ce temps la plus profonde religiosité, on l'accusa de jouer la comédie. À la fin, comme chacun sait, il fut assassiné par Jacques Clément, moine, alors qu'il assiégeait sa propre capitale. Henri IV lui succéda, Paris vaut bien une messe, mais nul n'accède au plus profond des êtres...

     

     

     

    / Lecture de la p. 188 /

     

     

     

    Le livre de Jacqueline Boucher remet en place, c'est-à-dire au placard, bien des idées toutes faites sur la dissipation de la cour, qui fut bien plus d'argent que de débauche. Toutes les cours procèdent de même... Le plus spécifique d'Henri III sera peut-être cette riche et brillante italianisation, toute relative d'ailleurs, puisqu'il s'agit d'Italiens de la deuxième ou troisième génération, installés à Lyon par exemple pour le commerce de la soie. Un ouvrage très documenté, à tous les amoureux de l'histoire exacte : Jacqueline Boucher, Henri III.