Proullaud296

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  • Quelques citations




    807.  On n'invente rien. Tout a été écrit en nous dès le commencement par la main des dieux.

    Le digereedoo.JPGVintila HORIA
    "Dieu est né en exil"
    ("Cinquième année")

    808.  Il y avait une autre vie,  au-delà des frontières minuscules et absurdes de celle-ci. Cet espoir et la résurrection qu'il impliquait devaient être le vrai but des hommes. Et puis, je découvris une autre chose admirable : chaque homme, riche ou pauvre, roi ou esclave, poète ou soldat, portait en lui la promesse de l'éternité.

    id. ibid.

        809.  Celuy qui se cognoist est seul maistre de soy,
                 Et, sans avoir Royaume, il est vrayment un Roy.

    Pierre de RONSARD
    "Discours des Misères de ce temps"
    "Institution pour l'adolescence du Roy" vv. 87-88

        810.  La culture, c'est ce qui répond à l'homme quand il se demande ce qu'il fait sur la terre.

    André MALRAUX
    Discours inauggural de la Maison de la culture d'Amiens.

        811.  Entre la violence et la lâcheté je choisis la violence, entre la violence et la non-violence, je choisis la non-violence.                                                      GANDHI


    812.  "Loin du Vietnam" est un film plus utile que vous ne pensez parce qu'il a la franchise de partir d'une idée, à savoir que nous sommes loin du Vietnam. On se fait des illusions si on croit pouvoir infléchir une situation qui repose d'abord sur un rapport de forces. C'est une leçon de modestie. Pourquoi ne pas reconnaître notre impuissance : celle de notre verbiage, et c'est ce que font Godard et Resnais. Et c'est utile.

    Claude GLAYMAN

        813.  La politique, c'est quelque chose de quotidien, avec de petits gestes. Ce sont des petites choses.

    id. ibid.

        814.  Le gouvernement prolonge la scolarité parce que, vu l'état du marché du travail, la plupart de ces jeunes gens seraient dans l'impossibilité de trouver du travail à partir d'octobre prochain. Et au lieu d'en faire des chômeurs, on préfère les laisser, sous prétexte de scolarité, à la charge de leurs familles.

    "Le Canard Enchaîné" du 15-2-1967, se citant dans son n° du 3-1-1968

  • ah que putain j'y suis arrivé !

    D DECLINE                            2057 08 01



    décline les modalités de  la certitude. Pour moi, je me contente de batailler avec le doute. Que Mozart soit un génie ne semble pas faire de doute pour D. Pour moi, si. Qu'est-ce qu'un génie ignoré par 99% de la populace ? La populace se contrefout de Mozart, du tiers comme du quart. Je veux, moi, la rédemption de tous et de tout. Le légume d'Alcmène. Et cette proximité, cette équivalence de tout autorise, suppose, et cautionne le blasphème.
    Tout me semble éloigné dans un nuage de poussière. Il m'est impossible de prendre au sérieux toutes ces élucubrations de membres actifs, s'imaginant que la volonté ou la persévérance puisse produire quoi que ce soit, prêts à remettre en cause l'intensité de votre volonté, en cas d'échec ; ils s'imaginent que tout échec implique une défaillance de la volonté, sans tenir compte de l'imprévisibilité de l'impuissance. Tous à s'imaginer qu'on peut bander à volonté. Quelle dérision, de les voir ainsi enfiler leurs clichés...
        Ce qui m'étreint, c'est un grand détachement, qui me libère en même temps : comme en spéléologie ; maintenu de tout côté par la terre, dans l'impossibilité absolue de tomber. Quelque chose m'enlève dans ses bras, qui est la naissance d'une grande distance, due à l'âge (les bienfaisances de l'âge). L'édition n'est qu'une activité annexe de la littérature, et la réalisation, le contentement de soi-même au sens de plénitude du soi passe presque nécessairement hors des chemins de l'industrie. Pour les impuissants du moins. Ceux qui ne se sont pas commis avec le Démon de l'Efficace. Rejoins-toi et fous-toi du reste. Alors on viendra te saluer avec respect - «on » ?
        ...Ils s'imaginent qu'il faut « trouver le bon lieu et le bon moment ». Pauvres cons, avec leur réussite... Ma faute serait de vouloir convaincre qui que ce soit...     XXX 62 3 6

  • D. décline

    Grappe humaine.JPGEh bien les potes plus moyen de transcrire quoi que ce soit, j'ai perdu mon "libre office" et on me renvoie sur je ne sais quoi, avec des indications in english (ne vous en faites pas, bientôt ce sera de l'arabe). Alors vous aurez droit à n'importe lequel de ces blogs où l'auteur vous informe de son dernier rang de tricot ou de ses hémorroïdes. Parce que j'ai toujours eu l'ambition d'être littéraire, farpaitement, et vous aviez droit à mes glorieux fonds de tiroir : je me suis fait éditer à petit bruit par l'amitié, mais depuis 1o ans, plus rien : vous savez, quand on a raté le train de la sociabilité à 6 ans, c'est insurmontable. "On ne joue pas avec toi, t'es fou". C'est Nicole Duchêne qui m'a dit ça, et d'autres me l'ont confirmé tout au long de mon adolescence et de mon existence. Et ceux qui s'imaginent qu'on peut se réformer avec je ne sais quel yoghi, prêtre ou psychiatre, je le prends et je le retourne. Allez sans rancune, j'aime l'humanité mais de loin, il y a de tout sur ces blogs, et je retrouve souvent des grincheux, alors tout baigne. Ci-dessus, vous avez l'Hermione, fraîche et moulue des chantiers de Rochefort, en visite à Bordeaux, ce fut grandiose. A bientôt, lecteurs et lectristes !

  • Guerre, crime et légitime défense

     

    Nous ne parlerons pas de la légitime défense. Nous ne parlons pas ici de la guerre. Ne pas oublier que Jaurès aimerait bien remonter aux causes profondes du crime, aussi ; il existe des criminels qui n'ont jamais versé une goutte de sang, mais qui ont poussé au suicide, ou à la crevaison par manque d'aliments, sur la terre entière.

     

    Une petite émission ne règlera rien, et les arguments se multiplient à l'infini, on peut toujours en trouver sans fin, quelle que soit la cause, Montaigne nous l'a dit, en un temps, justement, de guerres de religions, où l'on s'assassinait aussi au nom de Dieu – et des intérêts politiques aussi, mais les exécutants, les bien-nommés, ne veulent pas entendre parler des causes premières, et les commanditaires ne sont pas les assassins proprement ou salement dits. A titre personnel, j'espère ne jamais être en état de légitime défense : parce que je suis tellement con que je me laisserais peut-être faire comme un vulgaire Jésus-Christ, et si je tue mon assaillant, je ne pourrais plus me regarder en face dans une glace.

     

    Quelle idée aussi d'être si sensible, si tremblant au-dessus de la machine à écrire, si lavette, si lopette allons-y ça fera homophobe tant qu'on y est, les pédés se font exécuter par écroulement d'un mur de briques pour ne pas souiller le bourreau, bravo l'Iran, des noms, merde, des noms, je rappellerai seulement ce commandement : « Tu ne tueras pas ». Et je ne crois pas en Dieu. Qui dans la Bible aussi, parfaitement, dit parfois n'importe quoi. Il dit « Tu ne tueras pas ». Je m'en tiens là, avec ce mélange inextricable mais infiniment respectable de raisonnement, d'instinct, de sensibilité, de mystère, qui forme l'infiniment petite et l'infiniment grande personne humaine. Chaque personne humaine. Nous aurons parlé davantage du sujet du livre que du livre lui-même, de sa composition, facilitant la consultation et la disponibilité des informations, nous l'aurons disculpé de son apparente partialité, car il expose les deux thèses, y compris celle des abstentionnistes qui dans le doute, se décident, comme le prévoit la loi, en faveur de l'accusé. Partageons à l'antenne le si vilipendé, si conspué Robert Badinter, dont la victoire ne sera jamais totalement acquise, mais le reste, depuis ce discours du 17 septembre 1981 devant l'Assemblée Nationale Française, qui n'est pas le ramassis de canailles que certains voudraient nous le faire croire.

     

    Il n'a toute sa vie cessé de combattre contre le crime. « Mais, ajoute-t-il, « ressentir, au profond de soi-même, le malheur et la douleur des victimes, mais lutter de toutes les manières pour que la violence et le crime reculent dans notre société, cette sensibilité et ce combat ne sauraient impliquer la nécessaire mise à mort du coupable. Que les parents et les proches de la victime souhaitent cette mort, par réaction naturelle de l'être humain blessé, je le comprends, je le conçois. Mais c'est une réaction humaine, naturelle. Or tout le progrès historique de la justice a été de dépasser la vengeance privée. Et comment la dépasser, sinon d'abord en refusant la loi du talion ?

     

     

    Gréements de l'Hermione.JPG

    « La vérité est que, au plus profond des motivations de l'attachement à la peine de mort, on trouve, inavouée le plus souvent, la tentation de l'élimination. Ce qui paraît impossible à beaucoup, c'est moins la vie du criminel emprisonné que la peur qu'il récidive un jour. Et ils pensent que la garantie, à cet égard, est que le criminel soit mis à mort par précaution.

     

    « Ainsi, dans cette conception, la justice tuerait moins par vengeance que par prudence. Au-delà de la justice d'expiation, apparaît donc la justice d'élimination, derrière la balance, la guillotine. L'assassin doit mourir tout simplement parce que, ainsi, il ne récidivera pas. Et tout paraît si simple, et tout paraît si juste !

     

    « Mais quand on accepte ou quand on prône la justice d'élimination, au nom de la justice, il faut bien savoir dans quelle voie on s'engage. Pour être acceptable, même pour ses partisans, la justice qui tue le criminel doit tuer en connaissance de cause. Notre justice, et c'est son honneur, ne tue pas les déments. Mais elle ne sait pas les identifier à coup sûr et c'est à l'expertise psychiatrique, la plus aléatoire, la plus incertaine de toutes, que, dans la réalité judiciaire, on va s'en remettre. Que le verdict psychiatrique soit favorable à l'assassin, et il sera épargné. La société aceptera l'assumer le risque qu'il représente sans que quiconque s'en indigne. Mais que le verdict psychiatrique lui soit défavorable, et il sera exécuté. Quand on accepte la justice d'élimination, il faut que les responsables politiques mesurent dans quelle logique de l'Histoire on s'inscrit […]

     

    Il s'agit bien, en définitive, dans l'abolition, d'un choix fondamental, d'une certaine conception de l'homme et de la justice. Ceux qui veulent une justice qui tue, ceux-là sont animés par une double conviction : qu'il existe des hommes totalement coupables, c'est-à-dire des hommes totalement responsables de leurs actes, et qu'il peut y avoir une justice sûre de son infaillibilitéau point de dire que celui-là peut vivre et que celui-là doit mourir.

     

    À cet âge de ma vie, l'une et l'autre affirmations me paraissent également erronées. Aussi terribles, aussi odieux que soient leurs actes, il n'est point d'hommes en cette terre dont la culpabilité soit totale et dont il faille pour toujours désespérer totalement. Aussi prudente que soit la justice, aussi mesurés et angoissés que soient les femmes et les hommes qui jugent, la justice demeure humaine, donc faillible. Et je ne parle pas seulement de l'erreur judiciaire absolue, quand, après une exécution, il se révèle, comme cela peut encore arriver, que le condamné à mort était innocent et qu'une société entière – c'est-à-dire nous tous – au nom de laquelle un verdict a été rendu, devient ainsi collectivement coupable, puisque sa justice rend possible l'injustice suprême. Je parle aussi de l'incertitude et de la contradiction des décisions rendues qui font que les mêmes accusés, condamnés à mort une première fois, dont la condamnation est cassée pour vice de forme, sont de nouveau jugés et, bien qu'ils s'agisse des mêmes faits, échappent, cette fois-ci, à la mort, comme si, en justice, la vie d'un homme se jouait au hasard d'une erreur de plume d'un greffier. Ou bien tels condamnés, pour des crimes moindres, seront exécutés, alors que d'autres, plus coupables, sauveront leur tête à la faveur de la passion de l'audience, du climat ou de l'emportement de tel ou tel.

     

    « Cette sorte de loterie juciaire, quelle que soit la peine qu'on éprouve à prononcer ce mot quand il y va de la vie d'une femme ou d'un homme, est intolérable […] Pour ceux d'entre nous qui croient en Dieu, lui seul a le pouvoir de choisir l'heure de notre mort. Pour tous les abolitionnistes, il est impossible de reconnaître à la justice des hommes ce pouvoir de mort parce qu'ils savent qu'elle est faillible.

     

    « Le choix qui s'offre à vos consciences est donc clair : ou notre société refuse une justice qui tue et accepte d'assumer, au nom de ses valeurs fondamentales – celles qui l'ont faite grande et respectée entre toute – la vie de ceux qui font horreur, déments ou criminels ou les deux à la fois, et c'est le choix de l'abolition ; ou cette société croit, en dépit de l'expérience des siècles, faire disparaître le crime avec le criminel, et c'est l'élimination.

     

    « Cette justice d'élimination, cette justice d'angoisse et de mort, décidée avec sa marge de hasard, nous la refusons. Nous la refusons parce qu'elle est pour nous l'anti-justice, parce qu'elle est la passion et la peur triomphant de la raison et de l'humanité.

     

    […]

     

    J'en ai terminé. »

     

  • Questions très anciennes

     

    BERNARD DEFRANCE « LE PLAISIR D'ENSEIGNER »

     

    Questions posées à l'auteur, en présence de quelques-uns de ses élèves :

     

      • « Le plaisir d'enseigner » : pourquoi le titre ?

      • Les élèves ont-ils plaisir à être enseignés ?

      • Trouée sur la Garonne.JPGComment les avez-vous préparés à l'émission ?

      • Votre expérience est-elle universelle ? Peut-elle être valable pour des élèves de 14 à 16 ans ?

      • Une expérience peut-elle se transmettre ?

      • Quels sont les défauts que vous trouvez insupportables chez les profs ? Les névroses ?

      • Quelle proportion de profs acceptables ?

      • Si le prof n'a plus le droit de punir ni de séduire, quelle est sa marge de manœuvre ?

      • Un prof de maths peut-il transformer son cours en exposé des griefs ?

      • Croyez-vous que les élèves auront la patience de supporter les tâtonnements du prof dans sa marche vers l'amélioration ?

      • Que faire contre l'indiscipline ?

      • Ne croyez-vous pas que les entretiens peuvent tourner en rond de façon répétitive ?

      • Que faire si personne n'a la forme ?

      • Laissez-vous dormir vos élèves ?

      • Les laissez-vous faire de l'histoire-géo en classe de philo ?

      • Y a-t-il un rapport pervers entre fascisme et enseignement ?

      • Les élèves n'exagèrent-ils pas dans les proportions de leurs ripostes ? Pourquoi chahutent-ils avec les profs faibles au lieu de choisir celui qui les emmerde précisément ?

      • Pourquoi vos élèves sèchent-ils les cours ?

      • Le bas peuple a-t-il envie d'apprendre ? Pourquoi veulent-ils aller travailler alors que tous nos efforts visent à empêcher qu'ils ne soient exploités trop tôt ?

      • Faut-il avoir pitié des élèves qui n'ont rien foutu, qui ont démoli des cours et des profs, et qui viennent agresser l'orientateur alors qu'ils n'ont rien voulu foutre pendant huit ou neuf ans ? Et se retrouvent évidemment au chômage ?

      • Ne doit-on pas se sentir encore plus éminemment coupable après avoir lu vos

     

    remarques, si l'on échoue encore ?

     

    La réforme passe par la modification en classe du rapport entre prof et élèves et non pas par des réformes administratives qui ont à peu près autant d'effet que celle du statut des pharmaciens sur la lutte contre le sida...