Proullaud296

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  • Six heures

     

     

    LE 12 02 2009, J'AI ECRIT QUELQUE CHOSE DE SENSATIONNEL. REPORTEZ VOULZY.

    A six heures, la gaule et l'envie de pisser, c'est ainsi pour les mecs, sans compter le chat qui miaule : bouffe, ou pipi-caca ? Le ton est donné. Le ton est passé : si je me faisais ma séance de voyeurisme ? Sans qu'on le sache. Aujourd'hui, je tape "gouines", site 2. Une fille sensationnelle, une autre rasée à cheveux rouges, lesbienne jusqu'au bout des ongles. Elle se font des tendresses, j'avance le curseur. Passons aux choses sérieuses : mais je détestes les grandes ou petites lèvres fixées par des piercings, les langues transpercée de piercings, comment peut-on jouir avec de telles entraves ? Elles se lèchent, alternent savamment la langue et la main, jamais très longtemps à chaque fois.

    POUR LES ILLUSTRATIONS,CA DEVIENT DIFFICILE ! PLUS JE LES SELECTIONNE, PLUS ELLES DISPARAISSENT. FUCK OFF.

     

    Autre grand nu redressé.JPGLes expressions de ravissement me ravissent, la brune exhibe une grande variété de contentements, surtout quand on la lui tapote du plat de la main, mais les culottes ne sont jamais enlevées, juste écartées de côté, cela bride. Et lorsqu'elles terminent, aucune d'entre elles n'est parvenue à la jouissance, car leurs mouvements sont toujours restés modérés. Rien de ces empoignades furieuses et saccadées dont j'ai pu jouir sur des vidéos de branlettes : il y a des femmes championnes de vitesse au poing. Je m'en repasse donc, retournant à mes anciennes amours, mais on frappe à ma vitre, car mon épouse m'invite à déjeuner. N'en parlons plus !

     

    Mais hier, aux contrées lointaines de la veille, que faisais-je ? C'était un mardi, tout s'estompe. Je suis allé chez Knesset, avec ma petite bagnole de Mickey. J'espérais de fortes privautés, capotes en poche ; mais le légitime était là, dormant à l'étage supérieur. "Tu veux le voir ?" Dieu m'en garde. Cet homme m'intimide de respect. Il était DRH, Directeur des Ressources Humaines. Je le sais très chic, très complet, très sensible. Mais il ne serait pas question de l'inviter ici chez moi. Ce serait commettre une grossière faute de mélange des genres. Il refuserait d'ailleurs, voire vertement. Alors, Knesset et moi, nous nous sommes justes embrassés, par-dessus la grippe. Enfin une de ces affections hivernales qu'on ne sait comment appeler. Sur la table un bataillon rangé de petits flacons verticaux serrés les uns contre les autres comme des gratte-ciel miniatures. Une odeur de malade confiné. Un double vrai café, et mon bavardage commence. Tout y repasse, sans cessre, comme sur un manège : nos relations, mon ménage, les saloperies du premier époux qui flanque la vérole à sa femme alors qu'elle vient d'avorter. "Il s'est pris une abaillée" du médecin : une aboyade je suppose, en charentais. C'est lui qui ne voulait pas de gosses. Il me fait croire que c'est elle. Je m'en fous. J'accueille les confidences avec trente-sept ans de retard, ainsi qu'avec indifférence – il suffit d'afficher un grand intérêt, et la partenaire en rajoute, flattée. Puis à force de se concentrer, ou de s'y consacrer, les confidences les plus rebattues deviennent un réconfort, car ma nature – et la vôtre ? - est de détruire en pleurant et rageant tout ce qui passe à ma portée, comme un bébé de vingt mois. Sans un combat permanent, j'y retomberais à devenir fou. J'entends vraiment fou, avec des neuroleptiques et des portes fermées. Nous montons donc elle et moi dans son bureau qui fait chambre, afin que je transfère sur son disque dur mes cours de philosophie de Michel Onfray, enregistrés en public en ville de Caen je suppose.

     

    En 57paraissait un ouvrage démolissant Freud, taxé absurdement d'antisémitisme. En 52, année de ses "cours populaires", Onfray n'avait pas encore été gâté, au sens où l'on dit "dent gâtée". Mais il avait déjà zappé Platon ; ce qui me plaisait au-delà de toute espérance...

     

  • Fête de Pâques, suite et fin

    EXTRAIT DU PETIT LIVRE DES GRANDES FETES RELIGIEUSES PAR BERNARD COLLIGNON AUX EDITIONS DU BORD DE L'EAU

    Dans le fort de Ratonneau.JPG

     

     

    Nous avons voulu profiter de ce chapitre sur le sens de la fête de Pâques pour montrer que les Catholiques et les Protestants, quels qu'aient pu être jadis leurs affrontements, diffèrent essentiellement sur les accents qu'ils mettent plus volontiers, les uns ou les autres, sur tels ou tels aspects de la foi chrétienne, sur telles ou telles approches de Dieu. Mais tous, Protestants, catholiques, orthodoxes, se reconnaissent en la personne du Christ.

     

     

     

    CONCLUSION

     

    Assurément les évènements qui gravitent autour de la mort du Christ n'ont qu'une attestation historique assez problématique. Mais ce qui importe pour le chrétien, c'est la nouvelle signification accordée à la Pâque juive : l'ange qui « passe », qui « omet » les portes des juifs accorde la vie aux premiers-nés d'Israël ; or, alors que rien ou presque ne vient dans la Torah nous promettre une vie après la mort (les sadducéens, chez les Juifs, n'y croyaient pas), la résurrection du Christ nous garantit une vie éternelle, une Terre Promise... éternelle. La croix, instrument de supplice, devient ainsi la clef mystique ouvrant la porte de la survie individuelle. D'où le cantique : « Ave, crux, spes unica, Salut, croix, unique espérance. »

     

    Pour le croyant, Pâques nous fait passer de la mort à la vie, du désespoir et du néant à la pleine jouissance de la vie éternelle : nous déposons le poids de nos péchés (d'où la communion reçue ce jour-là) et nous entrerons au royaume de Dieu, [mourant] avec le Christ et [ressuscitant] avec lui comme le dit l'apôtre Paul. Pour ceux que cette croyance laisse dubitatif, mais qui ne renoncent pas à croire en la valeur profonde du message christique, le Christ, en esprit, restera toujours en nous, vivant, jusqu'à la consommation des siècles. Ceci afin que nous ayons la volonté, afin que nous recevions la grâce de la transformation de notre vie spirituelle.

     

    Il est bien entendu tout à fait loisible de réinterpréter les survivances des rites préchrétiens dans le sens chrétien : l'œuf représenterait ainsi la vie nouvelle qui nous attendrait après notre résurrection... La signification de l'agneau se révèle particulièrement riche : le livre d'Isaïe (53, 5-7) nous assimile à un troupeau de brebis égarées, écrasées sous le poids des péchés : le fils d'Abraham, sur le point d'être sacrifié par son père, semblable à l'agneau qu'on mène à la boucherie. A une brebis muette devant ceux qui la tondent, n'a pas ouvert la bouche. Et ce sacrifice préfigure celui du Christ dans le Nouveau Testament. Le bélier que trouve Abraham devient l'Agneau de Dieu : « Le lendemain, [Jean-Baptiste] vit Jésus venir à lui et dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » (Jean, I, 29).

     

    Il n'est pas sans intérêt pour finir de mentionner une interprétation mystique de la fête de Pâques, Jésus se délivrant enfin, par sa mort et sa résurrection, de la prison terrestre...

     

  • Kérouac, Les clochards célestes

     

    Cette sacrée chèvre de montagne – Japhy – continuait à sauter de roc en roc dans le brouillard, s'élevant un peu plus à chaque pas. Je ne voyais plus que la semelle de ses bottes, au-dessus de moi. » Comment ai-je pu me lier à un maniaque comme lui ? » Mais avec un désespoir efficace, je suivis ses traces. Finalement, je me trouvai sur une petite corniche horizontale où je pus m'assoir sans avoir besoin de me raccrocher. Je m'y blottis en me serrant contre la pierre pour que le vent ne pût me déloger. Je regardai en bas et autour de moi ; cela m'acheva. « Je reste ici, hurlai-je à Japhy.

     

    «  - Viens, Smith, encore cinq minutes ; je suis à trente mètres du sommet.

     

    - Je reste ici. C'est trop haut. » L'homme en effet doit se renier trois fois. Mais « il est beau d'échouer à trois pas du but ».

     

    « Il ne répliqua pas et s'en fut. Je le vis disparaître, tomber, se relever et reprendre sa course.

     

    « Je me serrai encore davantage contre la paroi, fermai les yeux et pensai : « Quelle vie ! Pourquoi nous a-t-il fallu naître d'abord, et ensuite exposer notre pauvre, tendre chair aux abominables horreurs de la montagne, du vide et des rochers ? » Avec effroi, je me rappelai le fameux axiome zen : «Quand tu parviendras au sommet de la montagne, continue à monter. » Cela dressa mes cheveux sur ma tête. Les vers m'avaient paru si beau, alors que je les lisais confortablement installé dans le bungalow d'Alvah, sur une natte de paille. Maintenant il y avait de quoi faire battre et éclater mon cœur simplement parce que je trouvais horrible d'être né. « En fait, quand Japhy arrivera au sommet de ce pic, il va continuer à monter tant le vent souffle fort. Moi je suis plus philosophe : je reste ici. » Je fermai les yeux. « Pour le reste, survis et sois bon, tu n'as rien à prouver à personne. » Voilà ma foi un excellent terrain de repli. « Soudain, j'entendis un ioulement magnifique et haletant, une étrange musique, d'une mystique intensité. Je levai les yeux : Japhy était debout, au sommet du Matterhorn, faisant entendre le magnifique chant de joie du Bouddha-triomphant-qui-a-écrasé-les-montagnes. C'était très beau. C'était comique aussi par certains côtés, encore que le plus haut sommet de Californie ne fût pas comique du tout en ce moment, avec ses rafales de brouillard. Mais il fallait bien le reconnaître : le cran, l'endurance, la sueur, et maintenant ce chant d'une humanité déboussolée c'était comme de la crème fouettée sur une pièce montée » - parfois la poésie de Kérouac se détend d'un coup. « Je n'avais pas assez de forces pour répondre à son ioulement. Il courut quelque part, là-haut et disparut à mes yeux. Il m'expliqua plus tard qu'il en avait profité pour examiner la petite plate-forme de quelques mètres qui se trouvait du côté ouest coupée par un à-pic, au bas duquel devait se trouver à mon avis, rien moins que Virginia City. C'était une folie. Je l'entendis me crier quelque chose, mais je me blottis plus fort encore sur la corniche, comme dans une coquille protectrice, en frissonnant. Je regardai vers le bas, là où Morley devait nous attendre, auprès du petit lac, confortablement étendu sur le dos, un brin d'herbe entre les dents et dis à haute voix : « Voici le karma de ces trois hommes : Japhy Ryder parvient triomphant au sommet de la montagne ; il a gagné. Moi j'y suis presque arrivé pour abandonner et me cacher sur ce maudit rocher. Mais le plus malin des trois c'est ce poète des poètes étendu à plat dos, les genoux croisés haut vers le ciel, mâchonnant une fleur et rêvant au bruit des vagues sur une plage. Sacré nom, on ne me reverra plus jamais ici ! »

     

    Fin du chapitre, la morale étant qu'il n'est point nécessaire de triompher pour s'exalter, que la vie n'est pas un concours, et que d'avoir participé suffit. Le chapitre 12 sera juste effleuré :

     

     

    Le vent passe.JPG

    « Je me sentais plein d'admiration pour la sagesse de Morlay, maintenant. « Au diable, pensai-je, au diable toute cette imagerie suisse de sommets enneigés ! »

     

    « Mais un instant plus tard je me trouvai plongé en plein délire : en levant la tête je vis Japhy descendre la montagne en courant, à grandes foulées de dix mètres, sautant, fonçant, atterrissant sur les talons de ses grosses bottes, rebondissant deux mètres plus loin, pour s'enlever à nouveau par-dessus les rochers, planant, criant, ioulant sur cette marge de la terre, où nous nous trouvions, et dans un éclair je compris qu'il est impossible de tomber de la montagne, espèce d'idiot, et avec un ioulement de ma composition je me levai soudain et me ruai à mon tour vers le bas de la pente après Japhy, à force de bonds aussi grands que les siens, de foulées aussi fantastiques ; en cinq minutes, je pense, Japhy Ryder et moi (toujours chaussé d'espadrilles dont j'usai les talons sur les rocs, les pierres et le sable, sans m'en soucier davantage, tant je désirai me trouver sorti de ce mauvais pas) dévalâmes le flanc du Matterhorn comme des chèvres de montagne, hurlant comme des fous, ou des inspirés chinois du dernier millénaire, avec assez de force pour faire dresser les cheveux du méditatif Morley sur son crâne, là-bas, auprès du lac. Il dit en effet qu'il nous avait vus descendre et qu'il n'en avait pas cru ses yeux. Il est vrai qu'après l'un de mes bonds les plus prodigieux et avec mon cri de joie le plus éclatant, j'atterris juste au bord du lac, plantant, du coup, les alons de mes espadrilles dans le sol et me retrouvai assis par terre, débordant d'allégresse. Japhy avait déjà ôté ses

     

    chaussures et en secouait les graviers et le sable. Je sortis de mes propres espadrilles deux seaux de poussière de lave et dis : » Ah, Japhy, tu m'as appris la suprême leçon : on ne peut tomber d'unemontagne. »

     

    Ainsi s'achèvre notre extrait, sur une leçon de triomphe et d'humilité joyeuse. Et n'oubliez pas, bouddhisme ou christianisme, que le grand secret de la vie reste toujours :  « Faites ce que vous pouvez, et démerdez-vous ».