Proullaud296

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Petit crème, femmes et autres

     

    Petit crème et lait fraise avec des glaçons bar de femmes toutes séduisantes parlent d'hommes sommes-nous leurs occupations petits tout petits caractères sans rien qui puisse déterminer la direction, si longtemps servi, déchiffré, de moi à moi, seule la femme existe aussi conne mais consolatrice, liberté des yeux qui se brouillent, l'éternité à mesure humaine (200 ans ?) de quels abîmes de quels abîmes jaillissements de volières alors que je traversais ce jardin son domaine me heurte de son poignard à la ceinture sourire effaçant le sexe il n'en reste plus qu'une et ma dingue en face et le sommeil avance.

     

    Je vous aime je vous aime toutes sans différence il faut qu'on sente il faut qu'on voie mon combat, ayant permis je vais lire je m'endors. Toutes petites mais Hugo et le cerveau s'emmêlent mystère de cet affaiblissement – des muscles – me suis vu nu ce matin dans la glace de l'hôtel, c'est un café de Saintes en longueur qui sont ces poils dressés autour desquels s'organise toute une personne, bâtiment détruit, une ride sur le côté, jamais ne fut reconstruite l'abbaye de St-jean d'Y, un jour autre chose. Avec Dieu ne plus jamais oublier. En Dieu. Enn Théô. Déjà mort pourquoi ne pas s'amuser ensuite, café “Le Musée” en face de la chambre de Cremoux mort à 33 ans d'un cancer des couilles. Mystère, mystère insondable du sommeil alors indésirable – Hugo ? Notre-Père ? Sans compter l'incapacité marmeladière, mes marques, mon ouvroir à la Favela (nom désormais de ma maison) – Montendre (suite) : Parfois une prière, un enterrement drapeaux en tête et cent hommes derrière, le maire et le conseil, le carillon sonne mon nom “Tu vas voir un beau mariage” - enterrement, enterrement... Hommage. Un qui rigole dans les derniers rangs.

     

     

     

    Qu'est-ce qui vous prend toutes à vouloir me sauver vous sauver sur mon dos, quand je suis déjà mort, suicidé depuis tant de temps C'était pourquoi qu'on courait après les filles déjà ? Ton illustration sur les cimetières m'a fait super marrer, je l'ai montrée autour de moi, Anne part ce matin jusqu'à jeudi pour Paris et son exposition, l'ambiance est tendue parce que c'est le silence, le silence, les mots mesurés pour ne pas fâcher, calme, calme... Une autre femme en 90 m'avait reproché de lui écrire comme on se soulage pour chier, mais c'est ça l'amitié justement, de ne pas sans arrêt surveiller ses mots, ses expressions de visage évitant les scènes de ménage ou répliques cinglantes à la clef.

     

    Mon pote de Grenoble me dit tout, à Niklaus de Talence je dis tout, mon emploi du temps s'arrange pour ne pas avoir de temps de libre pour la moindre carte postale. Pour mes 107 ans je voudrais me casser, me casser, en fascinante Israël, j'apprends l'hébreu plonge dans la Kabbale extraordinaire explication de Dieu explication du mal dans le monde en plus je pris souvent sachant que c'est ridicule et ça marche : Stablon, et Noctran pour la nuit (réveil à 4 h, délires parano d'où prières, décontraction, déroulements de mots, ne te préoccupe pas de contacts physiques, c'est homéopathique, harcèlement pas mon truc.

     

     

    Les dos bleus.JPG

    Chaque fois que j'ai voulu faire, dire ou penser quelque chose toujours le chœur des autres m'a dit que dis-je corné à la gueule sans que j'aie rien demandé à quiconque “non, tu ne penses pas cela, tu ne dois pas dire ni faire cela” je me carre dans le train tout ce que vous dites je vous brandis mes couilles coupées à la gueule c'est bien ce que vous vouliez tous vous avez gagné mais ne vous plaignez pas de m'entendre hurler considère cela comme un exercice de style je t'en foutrais de la Vvvvvolonté moi je t'en foutrais je demande juste une dose massive de psychotropes pour tenir le coup les 25 ans qui me restent...

     

  • Le viol d'un jeune homme espagnol

     

    COLLIGNON HARDT VANDEKEEN

     

    L E V I O L  D ' U N J E U N E  H O M M E  E S P A G N O L

     

     

     

    "Ce que vous dites sur les prostituées de terrain vague ne me surprend pas. Ainsi -

     

    penchez-vous un peu - dans cette encoignure, sous ma fenêtre, on a violé un jeune homme

     

    espagnol.

     

    - N'avez-vous pas appelé la police ?

    La Jordanne à St-Simon.JPG

     

    - Que pouvions-nous faire ? " 

     

     

    ...Tanger en pointillé : sur le plan, une quantité de rues, de places, de ronds-points, 

    baptisés et disposés selon les canons de l'urbanisme. Seulement, depuis le rattachement

     

    de la zone franche au Royaume, l'argent manque. Entre les rues Vermeer et Tolstoi,

    au centre ville, s'étend un terrain vague oublié. On y pénètre par un trou du mur d'enceinte.

     

    Dès l'entrée, le sol se gonfle de bosses de terre, craquantes de tessons de verre.

     

     

    - Ils l'ont violé à sept, à sept ils s'y sont mis. Sous ma fenêtre. Ou en

    face, je ne sais  plus.

     

     

     

    Le jeune homme espagnol un soir descend la rue sans méfiance, avec trois

     

    camarades. La discussion est animée. On rit de tout. Mais leur façon de rire est différente. Deux

     

    autres, puis deux, par hasard, des cousins, de vingt à trente ans. Les lampes brillent. Les

     

    plaisanteries tournent mal, les coudes se heurtent, l'Espagnol comprend qu'on tourne ses

     

    bons mots en dérision.

     

    C'est un jeune homme de quinze ans, brun, les joues mates et pleines, il a de grands yeux  et les cheveux plaqués. Les autres, des grands Marocains secs, l'entraînent par la brèche

     

    avec des mots durs et il se défend, il repousse les bras, il menace en forçant la voix. Il croit qu'on veut lui casser la gueule.

     

    "...et il criait ! et il pleurait ! il en faisait, une histoire ! "   

    On lui maintient les bras dans le dos, et puis on se ravise, on les tire en avant, il lance des  ruades dans le vide. Quand on l'a fait basculer, quand ils ont immobilisé ses jambes,

     

    il a commencé à crier, car il a compris ce qu'ils veulent. Ce sont d'indignes sanglots, des supplications - les autres, excités par les

    cris, s'exhortentdans leur langue et couvrent sa voix, l'insultent,

    halètent et le dénudent.

     

     

     

    "...et il appelait sa mère ! il appelait sa mère ! " Madre ! - le pauvre

    jésus ! comme il était mignon ! " ¡ Madre ! ¡ Madre ! La mère ne vient

    pas. Elle n'est pas de ce quartier. Les cris s'étouffent entre les mursdes cinq étages. L'enfant pleure. Les autres hurlent, se disputent les préséances :

    à qui tiendra les jambes, à qui le tour, certains préfèrent l'étroitesse,

    d'autres le confortable,  le jeune homme pleure. Il a cessé de supplier,

    il ne se débat plus. Ce n'est plus drôle.

     

    Il n'entend plus que les pensées qui se battent dans sa tête en une seule immense  sensation confuse de chute et d'une mère qui ne

    viendra plus Dieu merci, à qui jamais plus il ne se  confiera surtout ce début de plaisir ressenti, ce destin sans fissure où l'enfoncent encore

    à  l'instant ces coups sourds qu'il ne sent plus l'atteindre et la boue apaisante coulée dans son  corps.

     

    "Vous avez regardé tout ça sans broncher, penchés à vos balcons sur

    cinq étages, sans  intervenir ? À vous rincer l'œil ?

     

    "Viens voir ! qu'est-ce qu'ils lui mettent ! pauvre enfant

     

    "Mais qu'est-ce que tu crois ? Qu'est-ce qu'elle aurait donc pu faire,

    ta police ? Tu  t'imagines qu'en téléphonant tu l'aurais fait venir plus

    vite ?"

     

    "...Chaque seconde durait des siècles... »   

    "...On voit bien que tu ne connais pas ces gens-là ! Ils se soutiennent

    tous, va ! Tu penses  bien qu'on n'aurait jamais retrouvé personne !

     

     

     

    ...Je jure que je les aurais tous reconnus, tous les sept, dix ans après...

     

     

     

    "...On serait passés pour quoi, nous autres ? Encore heureux si on ne

    s'était pas fait  enculer! "

     

    Ils me gueulent dessus, les adultes, à même le corps, ils me

    dépassent de deux têtes, leurs yeux sont injectés de sang, jamais je

    n'ai vu à ce point la haine de près, la véritable pulsion du meurtre,s'ils

    n'y avait pas mes parents leurs amis me tueraient, ils me font taire,

    mes parents, il est jeune, il ne comprend pas, il faut l'excuser, on est

    en visite, ce n'est tout de même pas un petit merdeux de quinze ans

    qui va gâcher la soirée, pour une fois que les Charby nous invitent (...)

     

    ...Pedro Vasquez, homo à Lérida, l'extrême nord de l'Espagne, le plus

    loin possible, avec  tout un passé de vieille tante - la cinquantaine aux

    tempes argentée - bien ri, bien bu au bar, beaucoup aimé, frappé les

    putes qui ne sont jamais, jamais venues à son secours, qui ne lui ont

    jamais donné ce plaisir qu'elles éprouvaient jadis peut-être, quand

    elles étaient femmes...

     

  • Les Métamorphoses d'Ovide

     

    Revenons au texte :

     

    "Il cherche à saisir tantôt mon cou, tantôt mes jambes promptes à lui échapper, ou du moins il en a l'air, et il m'attaque de tous les côtés. Mond poidqs me protège et rend ses assauts inutiles ; ainsi un bloc de rocher que les flots assiègent à grand bruit reste immobile, défendu par sa propre masse. Nous nous écartons un instant l'un de l'autre, puis de nouveau nous nous rapprochons pour reprendre le combat ; nous nous tenons debout sur place, résolus à ne pas céder ; mon pied touchait son pied ; ma poitrine penchée tout entière en avant, je pressais ses doigts de mes doigts, son front de mon front. C'est ainsi que j'ai vu deux vaillants taureaux fondre l'un surl 'autre, quand ils se disputent le prix du combat, la plus belle génisse de tout le pâturage ; le troupeau les contemple effrayé, ne sachant pas auquel est réservé, après la victoire, une si glorieuse royauté. Trois fois Alcide tente sans succès de rejeter loin de lui ma poitrine qui le presse ; la quatrième fois, il s'arrache à mon étreinte, dénouent mes bras qui l'enlacent et (puisqu'il faut confesser la vérité), me faisant tourner sur moi-même d'une brusque poussée, il s'attache à mon dos de tout son poids. Vous pouvez m'en croire (je ne cherche pas en ce moment à me glorifier par des mensonges), il me semblait que j'avais sur moi une montagne qui m'accablait. Cependant je réussis, quoique avec peine, à glisser entre mes bras ruisselants de sueur et à dégager mon corps des terribles nœuds qui l'enfermaient ; j'étais haletant ; il me serre de plus près, m'empêche de reprendre mes forces et me saisit à la gorge ; alors enfin je touche la terre du genou et ma bouche mord la poussière."

     

    Les Métamorphoses sont donc prétextes à récits, à digressions de toutes sortes. On se laisse ravir, c'est la vanité de la vanité de la littérature dans son application parfaite. Tout est en charme, je termine par Atalante :

     

     

    Hibiscus.JPG

    "Le plus agité recevra pour prix de sa victoire ma main et mon lit : ceux que j'aurai devancé paieront de la vie leur défaite ; telle sera la loi du concours." Cette loi était barbare ; mais elle n'empêcha point (si grande est la puissance de la beauté !) qu'une foule de prétendants téméraires n'accourût s'y soumettre. Hippomène était venu s'assoir parmiles spectateurs de cette lutte inégale : "Est-il possible, disait-il, que l'on affronte un si grand péril pour conquérir une épouse ?" et il avait blâmé l'amour insensé de ces jeunes hommes. Mais il voit le visage d'Atalante et son corps dépouillé de ses voiles, tel que le mien, tel que serait le tien (...)" – et ici intervient une note : "Les bouts des lacets qui retiennent ses sandales" – "derrière ses pieds légers ; on voit voltiger ses cheveux sur ses épaules d'ivoire, et sous ses jarrets, les bandelettes, bordées d'une broderie, qui ornent ses genoux ; la blancheur virginale de son corps s'était colorée d'incarnat, comme les blancheurs d'un atrium reflètent le vélum de pourpre qui les couvre" – ici la note "Le vélum rouge a été tendu au-dessus de l'atrium de marbre blanc poiur le préserver du soleil".

     

    "Pendant que l'étranger observe ce spectacle, la borne a été franchie à l'extrémité de la carrière ; Atalante victorieuse reçoit sur son front la couronne des fêtes. Les vaincus poussent un gémissement et subissent la peine convenue".

     

    "Cependant, sans être effrayé par leur triste sort, Hippomène s'est dressé au milieu de l'arène et, fixant ses regards sur la jeune fille : "Pourquoi, lui dit-il, cherches-tu un titre de gloire dans un facile triomphe sur de si faibles adversaires ?"

     

    Atalante donc première à la course et non pas péniche. Tout se dérobe, tout est labile, rein n'est fixe, ne comptez sur rien, jouissez de l'instant : un jour vous serez animaux. Aucune métamorphose dans mes extraits. C'est bien fait. Lisez les Métamorphoses d'Ovide, vous serez toujours surpris.