Proullaud296

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La petite nièce est orpheline

 

TERENCE Psychologue de mes couilles – suite du dialogue “Térence ? demande VIVETTE Térence ? MAGDALENA Il drague des putes de seize ans aux chiottes TERENCE Ta gueule VIVETTE C'est pour ça que vous m'avez fait venir MAGDALENA Tu vois connard elle te parle au neutre VIVETTE Je parlais de l'accueil pauvre tache TERENCE T'aurais préféré qu'on te laisse sur le trottoir ? MAGDALENA, gueulant : Je souffre merde TERENCE même jeu Nous aussi MAGDALENA bondit vers le téléphone TERENCE arrache le combiné pugilat, cris, reniements, VIVETTE rit pour la troisième fois j'ai oublié les deux premières.

 

Magdalena contre-attaque : C'est l'enterrement de Rachel qui t'excite, c'est ma mère morte tu n'as jamais pu la blairer t'es bien le seul il y avait foule à l'enterrement tu es reparti la veille tu as baisé juste à l'heure de l'enterrement comme si c'était sur le couvêêêêêêrcle TERENCE très calme “Richard III Acte I scène 2 – Comment ? - Rien - Tu es dégueulasse. - Tu es la fille de ta mère – Tout juste capable de bander à l'heure de l'enterrement VIVETTE SE MET A HURLER MOI AUSSI JE SUIS SA FILLE et je vous interdis de parler comme ça vieux salingues c'est moi la plus jeune moi j'ai fait un gosse avant toi qui c'est qui a découvert le corps en sang le flingue dans la flaque et les flics et leurs questions ton baiseur minable j'en ai rien à foutre et mon gosse tu le feras pas sauter ni celui-là ni le suivant “Réfléchis” dit Magdalena “C'est tout réfléchi” dit Vivette

 

Troisième attaque : “Tu vois dans quel état tu mets ma sœur tout ça pour une pute Retire ça Si tu ne m'avais pas niqué les nerfs tu es un monument d'égoïsme TERENCE “...d'inconscience, de fascisme...” MAGDALENA ...de muflerie machisme porcherie destruction ma sœur en épave t'aurais tué ma mère si t'avais pu TERENCE -te MAGDALENA suite (“froid comme un marbre pas de cœur les hommes sont des salauds je te préviens Vivette”) VIVETTE Ça va me retomber dessus TERENCE Toi la fille-mère ta gueule VIVETTE Bon là je me casse TERENCE Reste reste – Magdaléna prend d'un coup le téléphone Allô Joëlle allô Psychologue siffle Térence Vous saviez dit Magdaléna vous saviez parfaitement que ma mère était morte – dans des conditions atroces – parfaitement – fait exprès – je suis Magdaléna Bartsch – vous avez forcé mon mari - parfaitement – QU'EST-CE QUE VOUS VOULEZ QUE ÇA ME FOUTE gueule l'amplificateur J'EN AI RIEN A CIRER (effet Larsen) Sa belle-mère c'est ma mère et ma sœur est enceinte C'EST PAS DE MOI crie l'amplificateur (effet Larsen) là normalement VIVETTE éclate de rire “Térence, tu es là ? c'est Joëlle dis-moi que tu m'aimes.

 

- Pas devant ma femme (Térence coupe l'ampli) tu as ta dignité dit-elle tu veux me la jouer à la dignité ? Tu restes calme pour ne pas l'imiter ? ... pour ne pas me faire de peine tu sais ce qui me fais de la peine ? ...pas la mort de Rachel, pas la grossesse – Tu me fais la morale Térence ? tu me fais – ta femme est encore dans la pièce ? ...Vire-la – VA TE FAIRE... – Tu dis ça parce qu'elle est là Térence, tu veux qu'elle croie qu'entre nous c'est que du cul ?” Joëlle dit qu'on se retrouvera, qu'ils se retrouveront, il dit au revoir Comment “au revoir” s'étrangle Magdalena Térence raccroche, se tourne posément vers elle : Et si tu téléphonais au cousin Ange, ma chérie ? Aurillac ouatique.JPG

 

Fréquenter Joëlle est devenu périlleux. Changer de bistrot. Mettre des lunettes noires. Joëlle en robe de mai pas enceinte (plus enceinte ?) passe la porte du Bar Tétouan, commande une glace et Térence un café. Deux cafés. Trois. Pas de raison que ça s'arrête. Ils se touchent les mains. L'homme parle abondamment soudain. Joëlle mordille sa pistache, plisse les yeux - Magdalena demandera D'où viens-tu ? qui as-tu rencontré ? de quoi avez-vous parlé ? (de tout et de rien, le café, la gare, les collègues)Tu crois que mon métier me passionne encore Térence la confianceest morte Le ciel n'est pas plus pur que le fond de mon cœur toujours un vers de Racine à dire.

 

Térence et Magdalena se tendent les mains par-dessus les tasses jamais le soupçon ne s'éteint tout à fait c'est une banale histoire de conne, de prof à bout de souffle en pleine histoire de cul. Jamais le Proviseur n'a eu autant d'égards. Il fixe le prof dans les yeux : “J'aimerais regarder ailleurs”. Il penche sa grande tête blanche entre ses revers bleus. Du matin pour dix-sept heures il convoque Térence pour signer un document très neutre, l'Administré transpire en vain tout le jour, un vieux truc stalinien qui fonctionne bien. Les collègues font trois groupes : le premier composé d'hommes qui rient, serrent les mains parlent fort ; le deuxième de femmes offusquées, qui se détournent ou sont discrètes - le troisième des deux sexes inconséquents, distants ou empressés, froids ou bien souriants ; mais nul n'égale la sournoise maîtrise du chef. “Monsieur Elliott ? ...entrez vite.

 

Commentaires

  • Eh ! les "ù", c'est des "é" ! bonne pêche !

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