Fronfron55 Proullaud;296

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Adieu toutes les femmes (Mivath et le maçon)

    C O L L I G N O N  A d i e u  t o u t e s  l e s  f e m m e s

    (Mivath et le maçon)

     

     Etroitesse B.JPGLorsqu'il revient du travail, tous prennent leurs distances. C'est salissant un maçon. Le bob sur son crâne n'est plus qu'un bloc de yaourt. Il tient les bras loin du corps, se gratte sans conviction les pieds au paillasson. Prénom : Georges. Des cheveux noirs en frange sur le front, une fine moustache érotique. Taille : assez petit. Pas seulement maçon, mais à toutes mains : finitions (plâtres, carrelages ; branchements, raccords de mortier). Il peint aussi sur toile, sur les murs, des marines qui arrondissent les fins de mois. Radio X-Y lui propose, en haut de la pente, un coulage de semelle : une plaque de 10 sur 10 pour supporter, pour isoler du sol une construction métallique.

    Radio Kiss doublera sa surface. Georges bosse mollement : la paye au forfait n'encourage pas précisément la rapidité d'exécution. Dans le grincement obsédant de la bétonnière, Georges observe tout, appuyé sur son manche de pelle. Il a bien calé la machine sur le sol, entre les touffes d'herbe, les taches de paille de fer ; tous les débris des vieux chantiers d'avant, durites au butyle et fragments de câbles. Georges se voit mal passer sa vie là-dedans, mais il faut bien qu'il s'y fasse. Il voit défiler tous les jours les animateurs qui passent et repassent le seuil métallique vert bouteille surélevé des studios, dans un bungalow vaguement aménagé.

    Parmi les défilants, Georges voit :

    - un curé en veston

    - un imam sunnite

    - un imam chiite

    - un rabbin, un pasteur

    - une Portugaise sans accent, beau cul

    - un Italien, cul moyen, quinquagénaire et la tête en arrière.

    Il voit encore :

    - une blonde nommée "Lise", d'abord revêche, experte en informatique.

    - toutes sortes d'invités des deux sexes, qui se croient tenus d'adopter au micro (il les écoute sur son transistor) un ton fade qui dénote l'amateur, celui qui veut passer pour professionnel ; souvent, appuyé sur sa pelle, Georges change de longueur d'ondes.

    La personnalité la plus marquante, c'est un grand maigre au ventre proéminent, à cheveux longs très démodés ; il porte le verbe haut, se tient courbé sur son abdomen, odieux à l'antenne.

    Il s'ouvre au maçon de son désir de l'interviewer à l'antenne. Avant que Georges ait pu décliner son invitation, le grand homme poursuit son boniment, se cause à lui-même et se coupe au

    milieu de ses phrases. Georges entre à sa suite dans le bungalow que tout le monde appelle "le bureau" : le samedi, l'affluence est plus grande, chacun va et vient, et se sert : l'agrafeuse, le marqueur, le compact. Georges pianote, consulte les annonces de cœur, dont la première page montre un cœur qui bat :

    JFMIVATHCHCORRESPTTSRÉG

    Mivath ? ...c'est hongrois ?

     

    Il note l'adresse, met en veille, et file. Le blond maigre ventru l'a oublié, il courtise l'équipe, tient absolument à passer un jour ou l'autre, ô gloire ! à l'antenne. Georges empoigne sa pelle. Il gâche comme il peut. L'argent n'arrive guère.

    Il espère que Mivath, la Hongroise ! lui adressera des lettres sous enveloppes parfumées, molletonnées. Roses. Georges revient chez lui, se change, gagne la table. Sa toile cirée est encombrée de pieuseries : vierge luminescente, images dans le missel, napperons "Sacré-Coeur" 30cm ; un coquillage en grotte, trois signets à la croix de Malte. En face de lui, un curé de St-Leu-St-Gilles. A droite du prêtre, soeur Latanie, sans coiffe, mais non moins convaincue de l'existence de Dieu. C'est son foyer. Ce couple l'a recueilli. La morale est stricte. Autour de lui, sans garantie, un peuple d'images pieuses punaisées, un Christ, légèrement décalé au-dessus du réchaud.

    Georges à 30 ans bientôt possède une chambre personnelle et sobre. Il n'a rien à cacher. Il révèle aux deux adeptes son intention d'établir une correspondance suivie avec Mivath, hongroise. Ou islandaise. On peut se tromper. Il s'aperçoit aux tics du curé que c'était son tour de Benedicite. Il bredouille et mange. Le repas est silencieux sauf un grésillement de transistor, le Père Dubreuil se branche ainsi sur l'univers et repasse les mots qu'il vient d'entendre. Puis Georges dans sa chambre forme un numéro de Minitel, Médium Interactif. Une voix chaude et artificielle, de femme s'efforçant d'être aimable. Aigre, en habits de politesse. Georges se dit : "Ce n'est pas une jeune fille". Elle a pourtant 17 ans. Le contact sera pris, régulièrement, dans une cabine téléphonique aux cornières métalliques.

    Georges-Xavier tente d’intéresser, avec humour, son interlocutrice à la composition du CIMENT. Elle s’en fout. Tseth Mivath, c’est son nom, confie ceci :

    - ce qu’elle lit

    - ce qu’elle voit au cinéma.

    Georges-Xavier en apprend beaucoup. Il dit :

    « Quand je lis, j’oublie tout ».

    C’est un ouvrier qui lit.

    À l’autre bout du fil, Tseth Mivath s’étonne. « Si je lui demandais de gâcher du ciment, pense G.X, je lui dirais moi aussi : C’EST FACILE ! »

     

    Dans cette vois métallique du téléphone, le maçon croit déceler « un désir qui n’ose pas dire son nom », l’expression lui vient d’un roman-photo. Il lit d’autres choses que des romans-photos.

     

    Mivath se présente au terminus du 25, dernière à descendre, empêtrée dans ses mollets, avec de grandes lunettes noires. Rejette ses cheveux roux sur ses épaules et se tord le pied. Pas beaucoup. Georges est en veste de ville, sans plâtre sur lui. Il faut cesser d’avoir des préjugés. Mivath écrase sans les finir ses mégots-filtres pleins de rouge. Couple gauche. « Confuse, dit-elle, je suis confuse ». Georges ne désire pas son visage, grêlé, bistre clair. Elle se trompe dans les génériques. Peut-être ces rediffusions télévisées à caractères minuscules. OÙ VONT TOUS CES OISEAUX qui passent dans le ciel par bandes.

     

    « Père Dubreuil, Sœur Tatiana » IIIe siècle « je vous présente Mivath ».

     

    * * * * * * * * *

    - Cher Monsieur,

    J’ai bien lu votre article sur l’art de la fresque. Vous y exposez de belles thèses (…)

    « Mais, pourquoi écrivez-vous ? (...) » - MIVATH.

     

    - Cher Georges,

    (…) Comprenez-vous le latin ? ...que vous êtes cultivé ! Quelle est l’opinion de vos parents sur moi ? (ils ont pensé… que vous vous poudrez trop).

     

    Je vais vous dire, chère M., ce qui m’a amené à la maçonnerie…

     

    Georges se loue à des chefs de chantier pour un travail au noir. Le mortier est gris. Le ciment est clair. En général. Georges s’écorche les mains, les doigts, la peau autour des ongles.

     

     

     

     

  • Traduttore, Traditore

    COLLIGNON TRADITORE

     

    notes de Katy Nitkine

     

    Tous les commentaires que je fais sont en rapport avec ce que je connais de ta personnalité, j'outrepasse donc la fiction pour traquer l'auteur même. Ne prends rien pour un reproche, mes commentaires sont tout-à-fait spontanés et bienveillants, comme un œil extérieur souhaitant te délivrer de certaines manies.

     

     

     

    Seul à ma table avec les fourmis.

     

    Tous les éveillés font semblant de dormir. Sensation de danger comme hier, au sommet de la tour de Najac. La peur provient de ce fait : chacun peut se lever sur la pointe des pieds, pour lire par-dessus mon épaule. mort,père,solitudeCETTE OEUVRE EST D'UN SCULPTEUR DONT J'IGNORE LE NOM; qu'il se manifeste pour les droits. Merci.

    La peur provient de moi : je laisserais traîner ce que j'écris, eux, le liraient. Retenez ceci : quoi que vous fassiez, il y a toujours quelqu'un qui lit par-dessus votre épaule. J'aime

     

    Hier mon père et moi sommes allés au château de Najac. Mon père me suit, partout. C'est lui, par-dessus l'épaule. Il m'a conduit jusque très tard aux cabinets.

    Une queue sort d'un arbre, un jet de merde tombe : mammifère ou oiseau ? Cette nuit je fus réveillé par une sorte de glapissement.

    C'est un écureuil.

    Est-ce que les écureuils crient ?

    J'avais cru jusqu'ici que c'était le cri du renard. Ainsi, pendant les nuits de Pasly, entendais-je le renard et le rossignol. Puis j'appris que c'était celui de la mésange. Mais le renard, c'était ...?

    Partout des frémissements : dernières poursuites, derniers massacres entre les branches. La mort la plus fréquente chez les animaux est de se sentir englouti, déchiré vivant. Tout sera bientôt englouti par la grosse vulgarité humaine.

    Mme Schmoll est grise, grosse et vulgaire. Mon père fréquente cette femme. Ma vie sexuelle est bien plus secrète. (ça c'est de la fiction !)

     

    Au sommet du château de Najac, le corps engagé dans les créneaux, je faisais le tour de mon vertige, j'aime

    le sol semblait se relever vers moi comme l'angle d'un tapis vert, je pensais qu'un peu de courage

    aurait suffi pour sauter dans le vide. Tout serait fini.

    Non accompli.

    À ce moment la voix de Frau Schmoll me parla de réincarnation.

    C'est la première fois que j'écris à la main depuis si longtemps.

    ...La pente du village est raide. Nous avons acheté du beurre. J'obsevais une petite fille plate et pathétique. Longiligne et visiblement couvée. Qui nous fixait. Le soir elle écrirait dans son carnet : des adultes laids et puissants. (si exact !)

    Rien ne ressemble en moi aux choses que livrent les écrivains dans leurs interviews : ils se sont tous donné les mots... le mot

    Et autre chose encore : le jour de ma mort, sur mon lit de mort, si tant est qu'il y a un lit, les couces feuilles de mon Œuvre ne bruiront pas à mes oreilles pour m'emmener, sur leurs ailes, dans l'Éternité. métaphore ! Ah la métaphore filée, qui plus est, n'en abuses-tu pas, comme dirait... ? Ça fait cliché mais ça me plaît.

    Alors je note. Qu'il fait frais. Que les oiseaux très isolés font entendre leurs divers cris. Que la grand-route passe au fond très loin vers Montauban.

    Nous sommes au cœur du Ça.

    Das Es. Essen. Mon père va me contraindre à manger. Il engloutit des kilos de petits-déjeuners. Celui-ci durera trois quarts d'heure. Puis viendront d'autres châteaux.

     

    ...Qu'est-ce que j'apporte aux autres, – est-ce une vraie question ? - et que les autres n'ont pas ? Cette lueur d'été infâme, ces siestes vautrées dans la demeure, cette décomposition d'où je me suis à l'instant relevé, vous les avez vécues, également.

    oui, mais nous ne les avons pas écrites, ni décrites, donc, réponse à la question, tu nous apportes ta belle écriture.

    Les journaux éternels sont peuplés d'êtres imaginaires. J'y reviendrai.

    Frau Schmoll va et vient seule dans la maison fraîche, la vaisselle tinte sur l'évier de pierre, nous avons mangé trop de fromage, il faudra digérer, payer tout cela. Il n'y a plus que mon père qui dort. Il est très difficile à réveiller en début d'après-midi.

    Réendossons la vie. Que la vase vous envahisse, que l'action vous mène, mon Dieu, n'y a-t-il donc que la mort dans la vie ? Excellente

    Le soleil chauffe. La première des politesses serait que je sorte de ma chambre.

     

    *********** ****************** ****

     

    Mon père joue de l'orgue. S'il se contentait de se distraire ! hélas, il se prend pour un génie. Méconnu, ce ne serait pas si grave. Hélas encore, il se prend pour un génie à venir. A soixante-douze ans, mon père attend toujours son avenir. Il s'imagine encore en capacité d'atteindre, à force de persévérance et de progrès, un stade supérieur qui tarde à venir. Qui lui est dû ; par le nombre des années.

    Une garantie.

    Or il existe aussi des vieillards cons.

     

    xxxxxxxxxx

     

    Plusieurs ainsi Pitt s'offrent à nous. Ce ne peut être une date : tout verserait dans le réalisme, où chacun s'empresserait ou craindrait de se reconnaître. Où moi-même...

    L'un de ces commencements consistait à reprendre les propos de Connolly, disant en substance que tout romancier doit être un homme d'acquiescement, tandis que l'homme divisé s'épanouissait dans le journal ou le dialogue.

    Une troisième introduction implique une réflexion sur l'inévitable permanence des personnages secondaires ou (plutôt) épisodiques. Mais où Claude Mauriac, Gide ou Nin évoquent Miller, Allégret, Cocteau, nos pas ne croiseront que des Fritz et des Zimmermann. Ceci me semble une digression et présente un décalage, on veut poursuivre avec toi dans la fiction (ou pseudo-fiction).

    Henri-Frédéric Amiel me fascine. Son oeuvre figurait parmi les usuels de la Bibliothèque de Bordeaux, alors qu'il ne voyagea pas, et borna le cercle de ses connaissances à quelques amis aussi obscurs que lui.

    Voyez comment la démarche de l'auteur diffère ici infernalement de toutes celles de tous les autres écrivants : quel autre, au mépris de toutes les lois de genre, ne cesse de s'interroger sur l'effet de son écriture ? non pas dans la postérité, mais dans le moment même ? distanciation de l'auteur avec lui-même, qui nous ====> rapproche de lui.

    l'artiste s'interroge toujours.

     

    Ce narcissisme escargotier le mène droit aux gémonies - en latin scalae Gemoniae : escalier, dans la Rome impériale, où les corps des suppliciés étaient exposés avant d'être jetés au Tibre. J'inscris ce mot sur mes tablettes. Mon père fait ses ablutions dans le cabinet de toilette attenant. Il s'est levé tard, ce qu'ordinairement je ne puis supporter - je le houspille, et la matinée se passe dans l'aigreur ; au lit, il ne dort pas : ressassant ses souvenirs, parfois les yeux grands ouverts au-dessus de la ligne du drap. j'aime

    Il perd son temps. Il ne doit pas ruminer ainsi. La rumination ranime le goût de sa jeunesse, justifiant la totalité de son passé - tiens, ça me rappelle une personne que je connais bien !

     

    Nous verrons. A son âge.Mais le temps qu'il repose ainsi : je ne peux ni sortir ni me promener. Même si je ne me serais jamais promené on a le droit de dire ça ? Ah oui, c'est ce fameux "même si" où je me trompe sans cesse...

    Le temps qu'il repose, je lis sur un banc de bois raide, engourdi par le ronflement du réfrigérateur. Je marche autour de la table pour me dégourdir. La machine est sur mes genoux, moi maintenant sur la chaise cannée, coincé dans le coin d'un buffet près de la prise de jus faute de rallonge. Est-ce que je joue bien. Je me souviens d'un dessin féroce illustrant, jusque chez les plus grands, la manie du journal intime : j'avais envie de prendre un bain froid lisait-on à l'envers d'un rouleau manuscrit. Mais cet auteur n'avait pas d'humour. Ai-je de l’humour ? Douteux. Oui il est douteux.

    Je scinde ma vie en heures et minutes. Même en congé. Inspiration ou pas. Inactif jamais.Les enfants immatures appliquent les préceptes appris, que les pères ne respectent pas. Plongé pour le moment, le mien, dans un traité d’échecs. Trop fort pour moi. Il m’entraînera bientôt dans une promenade au soleil, d’où je reviens la tête tournante. Choisit-on la vie de son père ? Mon emploi du temps s’étale à qui veut le lire : chaque jour, à chaque page, ce sont des insignifiances. Le reste de ma vie repose en maints tiroirs, attendant le camouflage. J’aime. Si je parlais de mon père il faudrait un voile de plus. Certains disent que je manque de maturité, exact. À l’âge où je suis parvenu, je ne vais tout de même pas m’emmerder à acquérir des forces que les autres maîtrisent déjà.

    Ils me distanceront toujours, c’est pourquoi ils tentent de m’attirer sur leur terrain. Mais dans les contrées méconnues de la soumission, je conserve une avance irrattrapable. Quand il mourra je m’arrangerai pour disparaître. Il atteindra bien les 90 ce qui ne me fera pas loin de 70. Les hommes vivent vieux dans ma famille. C’est aussi la mienne. Soixante-dix me suffiront. Je me souvient très bien de son père.Il n’écrivait pas, il ne calculait pas. Le dernier homme décidé. Hier je suis allé consulter Sergueï Ibrahimovitch. Il m’a dit « Vous avez un cancer ! » Ce vieux crétin. Il riait aux larmes. Il me palpait le foie, le sigmoïde, et si je piaulais, il riait. « Vous devrez faire une échographie ».

    Puis une échographie. Puis une cœlioscopie. Moi qui veux rester en surface. Comme si je n’avais pas assez souffert. Mon père;lui, n’a toujours rien. Je guette : rien, rien. Il y a pourtant ce signe qui ne trompe pas : ce besoin de se lever toujours plus tôt. Il en est à cinq heures et demie. Si encore il se tenait tranquille. Mais non. Il tourne, il gyrovague. Remue des bols, s’asperge, claque les volets. On change les rôles : je suis le malade – foie, pancréas, ce qui nettoie vite son homme. Cette idée aussi d’annoncer aux hommes leurs cancers en riant ! J’espère que la douleur ne viendra pas trop vite. Je dois apprendre à ne plus me moquer de ceux qui ne savent plus parler que de leur maladie.

     

     

     

  • L'emprise des femmes selon le Singe Vert

    N° XIX – L'IGNOBLE ET IMPITOYABLE EMPRISE

    DE LA FEMME

    SUR LES LIBRES ASPIRATIONS

    DE L'HOMME SINCERE

    femmes,viol,amourF I C T I O N

     

    L I T T E R A I R E COLLIGNON HARDT VANDEKEEN / DER GRÜNE AFFE / LE SINGE VERT N°19 – 4

     

     

     

     

    La femme est directement responsable de la frustration masculine, engendrant non seulement la masturbation ce qui n'est pas si grave mais aussi la prostitution, l'homosexualité, le viol, la pédophilie, la guerre et l'ensemble de toutes les souffrances humaines.

    Ainsi parlait le Salopard.

    Il disait :

    Premièrement, la prostitution.

    Mauvais début dans la vie que la masturbation. Le garçon y voit la plus forte honte dont il est entaché. Il espère bientôt, et le plus tôt possible, s'en dispenser, s'en délivrer, tirer enfin son coup dans un vagin de forte taille qui ne lui fait pas peur du tout, contrairement à ce qu'affirment des armées d'imbéciles (Freud u.v.a. « und viele anderen »).

    Il disait, l'autre Connard, que les garçons ne brûlaient que d'en découdre avec l'autre sexe, que jamais l'agression d'une autre fille ne serait considérée par lui comme une agression, mais comme une initiation ardemment désirée, qui lui apporterait enfin sa Confirmation, sa Virilité, et que jamais, jamais il ne mépriserait, ne concevrait même le moindre soupçon de mépris envers l'être surnaturellement généreux qui s'offrirait à lui.

    Hélas, répondrons-nous, la tradition culturelle du corps de garde constitue la condition sine qua non de l'accession au stade d'homme chez les tribus incultes (pléonasme) de jeunes garçons.

    Tandis que la jeune fille, disait le Connard, choisit librement de se masturber, y voyant même un stade indispensable à l'affirmation de sa personnalité et un gage de maturité puisqu'elle ne se précipite pas ce faisant sur le premier crétin venu. Elle sait pourtant qu'elle n'aurait qu'à se baisser ( c'est amusant, dit cet être plein d'abjection) pour choisir à son tour son initiation. C'en est au point que dans les romans (le Connard s'imaginait que les romans sont l'expression même de la vérité démontrée) que dans la réalité donc de leurs confidences à toutes (il faut bien à défaut des romans croire ce que disent les jeunes filles elles-mêmes), ces Demoiselles en étaient à se demander, le jour où elles avaient enfin décidé de se livrer, pleines d'inquiétude, au dépucelage, AVEC QUI elles le perdraient.

    Il y avait toujours l'embarras du choix, ou du moins le choix entre plusieurs, même s'ils ne s'y attendaient pas d'ailleurs – car elles étaient persuadées qu'il accepterait, quel qu'il fût, tant leur corps et leur mignonne petite chose rose étaient considérés par elles-mêmes comme le trésor le plus

    enviable. Il fallait donc choisir celui qui serait le plus aimable, le plus doux et le moins méprisant. Soit. Pour le garçon en revanche, il n'y a le choix qu'entre « rien » et « rien du tout »? C'est le poignet, ou le poignet, ou la branlette. Vaste éventail de propositions en effet? Heureusement il y a les putes. Il ne reste que les putes. Ou la masturbation. Qui déprécie l'homme, j'en suis désolé, dit ce Malade, à ses propres yeux. En même temps qu'elle comble la femme, qui n'entrevoit rien d'autre. La femme reste froide. Elle décide de l'homme avec qui elle couchera ou ne couchera pas, elle décide du lieu, du moment.

    Elle décide le cas échéant de se masturber pendant des années. Pas de problème. Elle a le temps. Elle trouvera toujours bien quelqu'un. Elle se rendra d'ailleurs facilement compte qu'il n'y a que ça de vrai, l'autoérotisme : avec l'homme en effet, c'est toujours comme avec le magnétophone: AVANCE – RECULE – PAUSE – EJECT. Bien entendu, le Connard ne tient absolument pas compte de la difficulté qu'il y a pour la jeune fille de passer à l'acte, il ne sait pas qu'elle risque le mépris, voire le traumatisme – reportez-vous à votre magazine féminin habituel.

     

    Les pourvoyeuses de putes

    On entend dire désormais ici ou là qu'il faudrait absolument prohiber la prostitution, forme moderne de l'esclavage, avilissant la femme (et non pas l'homme ?) Cependant bande de cons, poursuivait le Fou dont je parle, comment ferions-nous, nous autres pauvres hère, trop cons pour lever une femme ? (admirez au passage la peu reluisante réthorique de cet être inférieur). « J'ai pratiqué », dit-il, « une tentative de strangulation sur une pauvre fille, parce que sa copine baisait dans la pièce voisine avec un soi-disant copain à moi » (...quel style !) et que cette fille ne voulait rien savoir de mes privautés ! Un soir, ajoute-t-il, j'ai exhibé un schlass » (un couteau à cran d'arrêt) « sous le nez des gonzesses » (« des gonzesses... ») au bal de Douzillac, Dordogne (« Dordogne... ») - « jusqu'à ce qu'on m'ait viré avec les soi-disants copains que j'accompagnais. Combien » - nous dit ce malade - « combien je dosi remercier les putes ! seule catégorie de femmes, avec les actrices porno, que je puisse véritablement respecter : tu arrives, tu payes, tu tires un coup et tu t'en vas. Tu t'es fait mépriser (pas toujours), mais la chose a été claire.

    « Tandis qu'avec les autres femmes », nous confie ce déchet, « tu n'entends qu'un seul son de cloche : la morale, la morale, et toujours la morale. Et pour finir elles te disent « Oui-non-oui, non-oui-non, ah ben oui, ah ben peut-être, ah je ne sais pas, et puis non, je préfère rentrer chez moi me branler. » Quel con... Il ne sait pas s'y prendre, vous l'aurez devnié M'sieurs-Dames, alors qu'il est si facile, en notre période de débauauauauche, de tirer son coup – du moment que c'est les femmes qui le disent... « Il n'empêche », poursuit notre connard, « que c'est bel et bien la vertu (la branlomanie, ha ha ha) » - notre moraliste fait dans la finesse - « des unes qui retombe sur la prostitution des autres, et que si ces dames voulaient bien un peu plus ouvrir les cuisses et fermer leur gueule sauf pour sucer, il n'y aurait plus besoin de putes. » Révoltons-nous fermement au passage au sujet de ce langage indigne, et reconnaissons que ce ne sont pas de telles délicatesses qui lui attireront les faveurs de la moindre femme.

    ...Ce pauvre con n'a donc jamais entendu parler d'amour ? En tout cas, qu'est-ce qu'il ne sait pas s'y prendre dis donc ! Ah l'ignoble ! « Je me trouvais un jour » - il est intarissable - « dans une deux chevaux, avec une collègue. Cette dernière m'affirma que l'année précédente, avant d'aller faire les vendanges en Grèce, tout un groupe de jeunes Françaises ne cessait de se répéter : « Il faudra bien faire attention aux Grecs ! Il paraît qu'ils ont le sang chaud ! » PUTAIN » dit ce grossier personnage, « qu'est-ce que j'ai gueulé ! » dit-il. « Je lui ai dit que c'était incroyable, que toutes les femmes décidément étaient amoureuses de leur propre branlette, et qu'elles préféraient mille fois leurs petites pantoufles sexuelles à n'importe quoi avec un Grec ! Ah elle était bien emmerdée, la gonzesse de la deuch » - « la gonzesse de la deuch » : je vous demande un peu... «et elle a fini par reconnaître que certaines affirmaient, tout de même, projeter pour une fois de s'envoyer en l'air – je n'en crus rien : cela ressemblait trop à une de ces fameuses « fausses fenêtres pour la symétrie » de Pascal » - dela culture ? … c'est malheureux d'avoir fait des études et de sortir des conneries pareilles...

     

    De la pédale et de la pelouse

    « Sans oublier », poursuit ce triste sire, « cette femme qui dans un voyage approuvait fort que l'on mît les dames dans une chambre et les hommes dans l'autre, disant « Le chauffeur, on vous le laisse », tout juste si elle n'ajoutait pas « pouah », décidément, on est aimés... Bref, il ne reste plus qu'à se faire pédé. Inutile dans ce cas d'espérer le moindre mouvement de compassion : pour les femmes, s'envoyer en l'air avec une copine est une chose qui ne pose aucun problème », dit notre crétin. « Comme disait ma psy » - vous voyez bien qu'il n'est pas normal - « réalisez donc vos fantasmes homosexuels ! - ce à quoi j'ai répondu que pour un homme, désolé, ce n'était pas du tout la même chose, mais que c'était, redésolé, beaucoup, beaucoup plus grave. C'est pourquoi je n'achèterai jamais tel bouquin d'Angot parce que franchement, faire toute cette histoire parce qu'on se retrouve embringué dans une passion lesbienne, ah là là ! quelle catastrophe ! Mais c'est une vétille, ce truc-là ma pauvre dame, pas de quoi s'en faire frire une omelette ! » - pauvre tache... du moment que c'est une femme elle même qui l'écrit, qui s'angoisse, tu pourrais la croire, au lieu de te complaire dans tes petites odiosités... C'est l'enfer de la passion qui est décrit dans cet ouvrage, pas exclusivement le lesbianisme !

    «Bref », poursuit notre personnage, avec lequel nous nous empressons de proclamer que nous n'avons pas le moindre atome en commun, « si j'ai abandonné l'idée de passer à l'acte en ce qui concerne l'homosexualité masculine, c'est depuis que j'ai entendu la femme d'un militaire s'exclamer qu'au moins, c'était tant mieux, que ceux-là ne « les » emmerderaient pas. Il faut bien vous faire à l'idée, Messieurs, que vos assiduités sont très mal prises par les femmes ; que l'état normal, pour les dames de bonne compagnie, c'est l'absence de sexualité (...qu'elles disent ; en fait » - ajoute notre triste sire - « la branlette effrénée). Que les hommes sont des psychopathes, eux qui veulent « faire l'amour », et baignent dans la pathologie obsessionnelle.

    « Que s'ils basculent dans la pédale, en bien tant mieux. Elles ne chercheront pas à les guérir (« Madame, je ne suis pas malade ! » s'écrie l'un des personnnages des Zèbres, de Jean-Louis Bory) » - nous trouvons aussi, bien sûr, des homos qui ne le sont pas devenus par déception amoureuse, tiens donc... « Bref, pour les femmes, tolérance : « Ils ont le droit. » L'emmerdant, c'est quand elles affirment que ça les arrange. Or moi, considérant l'homosexualité comme un échec, je ne deviendrai pas pédé « pour faire plaisir aux gonzesses ». Quand je m'estimerai capable – et je ne le serai plus jamais à présent vu mon âge – de considérer l'homosexualité comme un moyen aussi légitime qu'un autre d'obtenir l'épanouissement de soi, je m'y adonnerai. Pour l'instant, plus jamais ça.

    « On le sait, que les hommes sont nuls. Et que les femmes préfèrent « entre elles », ou toutes seules. » Du moins dan sla perspective du connard, dont on se demande franchement pourquoi il nous emmerde avec sa prose, et où diable il veut bien en venir, ce qui n'est pas confortable pour le lecteur – comment, t'es encore là, toi ? Dans la perspective du connard – je résume – les hommes sont contraints de virer pédé parce que, systématiquement et de toute façon, les femmes les repoussent. Il est à signaler que désormais, les adeptes de la Toile et du Réseau le

    savent : le moyen le plus efficace de draguer une femme sur l'écran, c'est de se faire passer pour une autre femme ; évidemment, si elles voient ensuite la tronche d'un mec, elles sont déçues – bof ! une de perdue, dix de trouvées. Je suis sûr et certain qu'il y a plus de femmes sur les réseaux de lesbiennes que sur les réseaux hétéros, où les trois quarts des appels émanent de pauvres couillus délaissés.

     

    Viols

    Pour ce qui est du viol, Dieu (qu'est-ce qui lui prend d'invoquer Dieu, à ce déchet ?) me préserve de défendre les criminels qui succombent à ce crime ; un violeur n'est pas un homme, il déshonore l'espèce masculine. Je lui crache dessus, je lui chie dessus et je lui broie longuement les testicules entre deux pierres bien rugueuses. Il n'a pas su en effet que la virilité consiste à supporter les dents serrées cette étouffante mise à l'écart de notre propre corps, ce mépris forcené où nous tiennent les femmes. La force du mâle, du vrai, c'est le stoïcisme. Savoir qu'on ne peut obtenir la femme qu'en payant (argent comptant, ou bien mariage et soumission). Savoir que la volupté suprême de la femme est de transformer l'homme en toutou castré.

    Que si par un hasard infinitésimal (notre crétin exagère) un homme réussit à coucher avec une femme, il faudra bien qu'il sache que cette bourgeoise voudra l'embringuer dans toutes ses histoires de famille à elle avec son papa à elle et sa maman à elle et le neveu de son beau-frère à elle. Il devra voir ses films à elle, ses copains à elle et pas les siens à lui, fréquenter son milieu à elle, habiter où elle voudra sinon dépression, écouter ses histoires à elle sinon dépression, et comme dit Simone de Bavoir, s'occuper d'elle, s'occuper d'elle, s'occuper d'elle. A la fin, quand elle l'aura bien transformé en mouton, c'est lui qui crèvera, et elle qui lui mettra dans la gueule de dix ans de longévité, tout en posant à la Victime, car c'est le survivant qui est à plaindre ben voyons.

    C'est vachement bien d'être une femme : les guerres, c'est la faute des hommes ; la chasse, c'est la faute des hommes ; le mauvais gouvernement, c'est la faute des hommes : la tauromachie, c'est la faute des hommes ; la baise de travers, c'est la faute des hommes. Putain s'exclame le Taré, je comprends pourquoi il y a tant de mecs à souhaiter devenir des gonzesses, et si peu de filles qui veulent tourner gonzes. Jamais responsables de rien et toujours victimes, c'est superrelax ! Elles dérapent même franchement dans le grotesque, ou dans l'odieux – le Salopard n'arrive pas à se déterminer – lorsqu'elles incitent vigoureusement et par voie d'affiche à Berlin les

    hommes à pisser assis pour ne pas asperger le rabattant des toilettes... Poursuivre un garçonnet de six ans pour avoir donné un baiser à sa voisine de classe du même âge ; se déchaîner contre toute publicité un peu rigolote mettant en scène une femme ; gueuler contre tout érotisme parce que « la femme n'est pas un objet ». Faire appeler toutes les femmes « Madame » afin qu'on ne prenne pas les « Demoiselles » pour un parti possible... Mais chaque fois qu'une femme désire un homme (tout peut arriver), c'est une obligation pour le mâle d'obtempérer. Attends il y a mieux : j'ai entendu à la radio qu'une certaine femme aurait préfére se faire violer par son chef, parfaitement, violer, plutôt que de se faire déshabiller du regard comme il le faisait : « Au moins s'il y avait eu viol, cet homme aurait été passible de la loi » - bien sûr !

    Tout à fait ! Cette femme a raison ! Un homme doit regarder une femme « sans penser à mal », c'est-à-dire au sexe. En allemand, mal = « schlecht » ; sexe = « Geschlecht » - c'est pas une preuve, ça ? Si c'est le mâle qui désire, il n'est qu'un affreux macho dégoulinant. La femme drague l'homme ? Admettons – mais si l'homme, ce porc, la prend au mot, la voilà qui se met à gueuler qu'elle n'est pas une pute et que ce n'est pas ça qu'elle a voulu dire. Sans oublier celle qui m'écrit qu'elle « voudrait faire l'amour avec moi » - je lui réponds gentiment – et qui s'insurge : « Je n'ai pas dit « coucher avec toi », j'ai dit « faire l'amour. » - puis : « ne m' écris plus ». Par honte de sa connerie, je présume ???

    A présent, dès que tu adresses la parole à une femme, tu risques d'être poursuivi pour harcèlement ; si tu pousses l'inconscience jusqu'à lui faire des propositions, tu risques carrément la plainte pour viol. Si tu l'effleures, ce sera « pour attouchements ». Avant, dans le temps, ce n'était déjà pas si agréable : si tu regardais une femme dans la rue, tu avais toujours l'impression qu'elle se foutait de ta gueule, style : « Tiens je te fais bander connard ? » Maintenant, je vous jure, on suit les mots sur ses lèvres : « Qu'est-ce qu'il a à me regarder comme ça ce pauvre con... » - de toute façon si c'est un jeune homme que tu regarde, il va se mettre à cracher par terre... Ostensiblement, et de l'autre côté, pour l'instant...

    Eh bien regarde les vieilles ! ça les changera, puisqu'il paraît qu'après 50 ans, les hommes ne regardent plus les femmes – entre parenthèses c'est bien fait pour vous gueules, les meufs, parce que nous, les hommes, on peut toujours attendre d'être regardés – au cas ou l'homme répondrait, vous imaginez, quelle horreur ! Attends, attends, dit le Crétin, de plus en plus fort : une femme tenez-vous bien a obtenu gain de cause, faisant condamner pour viol un de ses partenaires

    qui n'avait pas interrompu le rapport sitôt qu'elle le lui avait demandé – en pleine action ! Je propose qur'on équipe les deux séries d'organes sexuels d'un de ces procédés utilisés sur les TGV : si le conducteur n'appuie pas toutes les trente secondes sur un certain signal, le convoi s'arrête automatiquement. Toutes les trente secondes : « Voulez-vous continuer à faire l'amour – OUI - NON » - on nage en plein érotisme. Tenez, dit le Connard, je vois très bien venir le temps où une femme qui voudra se faire un peu de pognon consultera son «carnet de coïts » et se dira : « Tiens, il y a douze ans j'ai mal joui avec ce type-là ; je vais porter plainte pour viol » - et ça marcherait ! Ça a bien fonctionné pour Monica Lewinski, puisqu'elle a soigneusement conservé les vêtements tachés pendant ses relations avec le Président Clinton ! et qu'on ne vienne pas me faire croire que c'est au nom d'un sentimentalisme désuet...

    Pédophiles Notre crétin de service va même beaucoup plus loin : il se permet d'insinuer que la pédophilie elle aussi, odieuse assurément, il n'en disconvient pas le tartuffe, se justifie ! ...dans la mesure où les femmes par leurs refus répétés (quel con !) inciteraient certains détraqués à se tourner vers des enfants, qui ne sont pas encore pervertis par le puritanisme forcené des « bonnes femmes ». C'est ignoble. Les femmes, qui sont tout amour et se donnent bien trop souvent à des connards ne leur arrivant pas à la semelle ne sauraient accepter cet argument bas de gamme : elles ne vont tout de même pas se balader les cuisses ouvertes et le vagin écarté par des pinces pour satisfaire aux élucubrations de ces malades mentaux, à lobotomiser d'urgence ?

    Si je vous disais que ce crétin imaginaire va même jusqu'à se protéger sous les paroles d'une chanson de Souchon (Les jupes des filles) pour affirmer que les femmes, par leurs refus incessants (décidément...) provoquent les guerres ? Que si l'on avait mieux tiré son coup au Liban, on ne se serait massacré pendant des années de rue à rue en pleine ville ? Nous savons bien que le sexe et la violence ont partie liée, comme le disait et le répétait Notre Saint Père le Pape. C'est vrai ça cré vain guiou, je n'arrive à bander que si je m'imagine en train de tuer, arghghgh... Wilhelm Reich dit exactement le contraire, mais qui va croire un Autrichien ? Mort fou ? Travaillons donc assidûment à l'élimination de l'espèce masculine (beurk) par le biais du clonage, avec parthénogénèse.

    Nous sommes même tellement répugnants qu'il existe désormais un contingent de

    lesbiennes qui veulent bien se reproduire, mais avec du sperme qu'on leur introduit dans les voies génitales sans qu'il soit besoin de rapport hétérosexuel – vierge et mère, voilà qui rappelle furieusement quelque chose à Notre Crétin. Reste à savoir pourquoi le Singe Vert a si longuement laissé la parole à ce Khon. Il est à mon avis tombé dans le travers qui consiste, pour bien des cinéaste, à exhiber des prostituées pour dénoncer la prostitution, et à tartiner la violence pour lutter contre la violence – OK, OK...

     

    DERNIERE MINUTE

    Nous apprenons qu'un destinataire de notre glorieuse revue, mécontent de son contenu (et tant mieux), au lieu de se tourner vers le Singe Vert en personne pour qu'on s'explique, se permet de sauter sur le paletot par téléphone (belle métaphore) d'un établissement dont j'ai utilisé un document, à l'insu il est vrai dudit établissement. De tels procédés s'apparentent au caftage stalinien de ces parents d''élèves qui, au lieu de consulter le prof, le dénoncent à ses Chchchchefs, démontrant le caractère fouille-corbeille et fouille-merde d'un tel individu, qui ne mérite que notre plus profond mépris. Si vous avez envie d'engueuler le Singe Vert, c'est au Singe Vert qu'il faut vous adresser, allez-y ! ...et non pas au fournisseur du papier, ni au fabricant de l'imprimante, ni aux véhicules qui acheminent le courrier, ni... - à bon entendeur, salut.

     

  • Roswitha

    C O L L I G N O N

     

    R O S W I T H A

     

     

    Moi.

    Roswitha.

    Vienne,Wien,neige,exil

    Murée dans mon passé. 68 ans.

    Condamnée.

     

    Certains de mes papiers portent mon nom : Stiers.

    Il n’est pas trop tard pour régler mes comptes. Je ne me suis fixé aucun but.

    Toute ma vie derrière moi. J’ai agi aussi absurdement dans mon ménage qu’Alexandre sur ses champs de bataille.

    (Ce débat ne m’intéresse plus).

    Veuve.

    Domicile Blumgasse 40, WIEN, 1er étage. La fenêtre de la cuisine donne droit sur la Brigitenauer qui mène au Pont du Nord, qui mène à Prague. La pièce éblouissante tremble au niveau des quatre voies de circulation surélevées. J’aime ce grondement continu. Ma circulation est parfaite.

    Je ne peux me défaire d’aucun souvenir. Leur valeur marchande est nulle. Au mur, une carte des capitales européennes où se fixent les reproductions en plastique des divers monument : j’ai conservé St-Paul de Londres, l’Escorial et le Hradschin. Mon lit a des colonnes torses.

    Je me n’ennuie jamais.

    Je possède des étagères et des Figürchenmöbel (meubles à bibelots) surchargés de poussière. J’essuie deux statuettes nues, l’une en position fœtale, l’autre sur le flanc, « offerte », comme ils disent : de mon doigt recouvert de tissu, je suis les plis des figurines, aines, seins, nombril.

    À 68 ans tout continue : j’évolue et me questionne ; ce n’est pas du tout ce repos, cette résignation que j’avais imaginée. On m’a menti : les humains ne sont pas tous semblables.

    II

     

    Je n’ai commencé à vivre que fort tard, après le mort de mon mari, c’est-à-dire après son départ avec Annette, qui l’a nettoyé en dix-huit mois.

    À son retour, je l’ai vu dormir, dormir, dormir : devant la télévision, au lit, le matin jusqu’à dix heures, l’après-midi de deux à quatre, jusqu’à cinq en été.

    ...Lorsque mon père se penchait sur moi pour m’embrasser dans mon lit, sans qu’il y prît garde ma vue plongeait par le décolleté de sa chemise de nuit.

    À dix-huit ans, je suivais mon père.

    Diplomate, désœuvré, il m’emmenait partout. Nous sommes arrivés à Puigcerda par la route de Ripoll. En 1933, l’Espagne était encore calme, et mon père passait toutes mes fantaisies. Nous sommes descendus de nos mulets, le dos scié du cul aux omoplates. L’alcade en personne m’a soulevée de la bête pour me déposer, jambes raides, face au panorama.

    Après le dîner de fonction, j’ai entraîné mon père par le bras et nous avons tourné par les rues de Puigcerda, enroulées sur leur butte comme autour d’un sombrero.

    Le lendemain matin, je suis sortie sur la terrasse, il était déjà neuf heures, et les chasseurs tiraient dans la vallée.

     

    III

     

    Arrigo

    Je mens. Je m’appelle Arrigo Sartini et je mens. Mon âge est de 35 ans, j’étouffe, je veux me venger de tout et ma dignité est grande. Je vis avec Nastassia, depuis 60 mois que j‘ai comptés . Nastassia est la petite-fille de Roswitha.

     

    L’humanité : la tenir en réserve, comme du fumier pour les fraises, sans l’admettre à sa table – et qu’ils n’aillent pas faire, les hommes, d’une solitude, que j’ai choisie, une solitude imposée.

     

    IV

     

    Nastassia

    C’est la petite-fille de Roswitha. C’est le troisième personnage de l’histoire. Elle vit à Bordeaux, elle est folle, elle peint. Son langage est très littéraire, très fleuri, très ridicule. Non, je ne laisserai pas le lecteur se rendre compte par lui-même. Oui, je prends le lecteur pour un imbécile. Elle s’adresse aux personnages qu’elle a représentés sur ses toiles. Elle dit :

    « Accourez, fantômes bien-aimés. Fantômes éclatés, pulvérisés sur ces murs. Sur mes murs il y a des tentures. Des éclats de ma tête sur les tentures. Vous êtes dans la poussière que je respire.

    « En 1823, un homme, ici, s’est suicidé. Il s’est tiré dans la bouche. Son crâne s’est ouvert. Le revolver est tombé en tournant, sur ce guéridon nacré, au milieu des boucles et du sang.

    «  C’était mon ancêtre.

    «  J’aurai aussi des descendants. Des successeurs. Je profère à voix basse vos noms sacrés.

    «  Il y a celui qui me pousse, physiquement, aux épaules, et me force à sortir.

    «  Celui qui dérive, évanoui, nu, renversé, sur sa barque.

    «  À présent je suis toute à vous. Je vous ai constitués. Vous m’avez façonnée jusqu’à l’intérieur de mes paupières.

    «  Tenez-vous prêts. Nous ne sommes plus seuls. Plus jamais seuls. Je suis l’épouse d’ARRIGO.

    « Je resterai toujours avec vous. »

    Ici, Nastassia ajoute une phrase apprise :

    «  Je m’agripperai au cou de la dernière Girafe en peluche que mon père, le Para, veut m’arracher. »

    Puis :

     

    « Fantômes, voici : très loin, à l’est des Alpes, à Vienne, ROSWITHA nous appelle, ROSWITHA nous convoque. J’arrive. Nous arrivons, chargés de bombes. Pas un de nous ne manque à l’appel.

     

    V

     

    Retour à Roswitha (Vienne).

    Lettre à Nastassia, en allemand, anglais, et français :

    «  Liebe Nastassia !

    «  Komm Dū mein liebes Kind, komm !

    (« J’ai besoin de tes lèvres fraîches » : cette phrase a été raturée. )

    «  Here comes the plane

    « The hand that takes

    (« Voici l’avion / La main qui prend » - L. Anderson)

    « Nastassia, c’est moi qui t’ai élevée, moi ta grand-mère - deine Großmutter, et ta mère, Deine Mutter, traînait d’asile en asile.

    « Les souvenirs me font mal, c’est pourquoi, itaque, je ne veux plus que tu m’abandonnes.

    " Arrigo, Nastassia, ne m'abandonnez pas.

    " Songe à ma vengeance, qui est la tienne, souviens-toi de tes jeux sur la plage du lac, à Neusiedl.

    " Souviens-toi de tes dessins d'enfant, et du crayon toujours à retailler.

    " Le complot portera mon nom : R.O.S.W.I.T.H.A. Signé Roswitha"

     

    La vieille dame pense qu'ils règneraient tous les trois, NASTASSIA, ARRIGO, "et moi, tous trois indécelables et frappant partout, sur les despotes mous.

    " Post-scriptum : Emportez tout avec vous. Tout ce qui vous retient, afin de l'avoir à vos côtés, toujours présent, pour le combattre de toutes vos forces.

    "Nastassia, tu es partie à l'autre bout de l'Europe, au sud-ouest de la France, chez les Welsches. Tu t'es calfeutrée dans les tentures, tu t'es barricadée dans les toiles que tu as peintes : il ne faudra rien oublier. Je ne sais rien de cet Arrigo.

    Ta Grand-mère qui t'aime,

    Roswiha

     

    VI

     

    Nous revenons à Nastassia (Bordeaux). Elle peint, elle est folle, elle dit :

    "Fantômes - "

    ...encore !...

    "...dans la discipline, regagnez le bois lisse de vos cadres ; revenez dans vos propres portraits. Nous partons.

    "Derrière les tableaux que je décroche court une araignée. Arrigo, mon époux, court la ville afin de rassembler une montagne de papiers, documents, passeports.

    " Prenez place sur les toiles, dans les toiles, faceà face, ou dos àdos, car je ne verrai plus vos traits - et vous roulerez dans mon dos dans vos cercueils plats, cercueils vitaux, mon ventre, en épaisseur, à plat."

    Fin de citation.

    " J'en ferai d'autres ! j'en ferai d'autres ! Faro gli altri !" criait Francesca da Rimini en tapant sur son ventre, à la mort de ses fils.

    Arrigo répliqua :

    " Nastassia n'est pas seule à trancher des racines. A mon père mourant, je réserve au milieu de mon coeur une place de choix".

    Ils partirent.

     

    VII

     

    Roswitha (Vienne) pense :

    ...Ils sont en route.

    Chaque semaine, ma petite-fille, Nastassia la folle, me rendra visite. Elle feuillettera les journaux sur la table de nuit, il y aura "Hör Zu" ("Ecoute"), "Kurier", "die Krone".

    Elle s'assoira au bord du lit, étalera la revue sur la courtepointe. Arrigo, son époux, restera debout, il fera quelques pas dans la pièce. Il regardera pour la centième fois la carte au mur des capitales d'Europe. Il touchera un objet, s'informera de sa provenance, le soulèvera. Le replacera sur sa place de poussière.

    Je lui répondrai, il m'ennuiera, il sera correct.

    ...............................................................................................................................................

    " J'aurai appris du moins à ne plus geindre. il y a dix ans que je ne geins plus. C'est fort peu. Depuis la mort de mon mari très exactement, nettoyé en dix-huit mois par sa grue (von seiner Gimpelhure) ; vers la fin je l'ai vu dormir :le matin jusqu'à dix heures, l'après-midi de deux à quatre.

    " Cinq heures en été.

    " J'ai brûlé des kilos de jérémiades.

    " J'écris à Nastassia.

    Wien den 26. Juni 198*

    "Liebe Nastassia,

    " Heute bist Du 22 - vingt-deux ans - tu liras très agacée mais je revois cette petite fille de huit ans que j'avais emmenée sur le Neusiedlersee en 1962 - godu tu me parlais sans cesse tu réclamais à boire à manger, une balle, un crayon. J'acordais tout, j'étais ravie.

    " (...) et puis viens. KOMM.

     

    VIII

     

    ...et retorne l'estoire a reconter de Nastassia et de sa folle compaignie...

    Nastassia dit que des lambeaux de rêves resteront ici à tout jamais, qu'ils ont dit (les déménageurs) "N'en prenez que 40 !" - et que dos à dos, ventre à ventre, une fois de plus, en voyage, le Nu, la Bombe, la Fille au Couteau, l'Egorgé Nocturne et l'Homme de Théâtre, tous tableaux NOCTURNES sauf

    les Fils de l'Aube et

    le Trépané

    Le camion roule, roule, tous les cadres s'entrechoquent.

     

    Roswitha, femme deVieille, attendant sa petite-fille

     

    Sie sagt:

    "Dieu merci, je suis parvenue à soixante-huit ans sans devoir porter de lunettes. Je mis sans fatigue. J'ai connu les exécutions, les pogroms. Je n'éprouve plus de plaisir, les mots croisés m'engourdissent sur le fauteuil, parmi le bienfaisant vacarme des automobiles.

    " Nous autres, les Habsbourg, nous n'avons pas cédé aux vertiges de l'épuration. Je peux recevoir sans encombre tel ex-secrétaire de Seyss-Inquart.

    « Le sang a séché – taches de vieillesse sur mes mains, nécrose des tissus.

    «  Il m’apporte, cet ex-secrétaire, de bien belles grilles à compléter.

    «  Il me laisse des exemplaires du Völkisches Blatt. Chacun peut le lire à la demande chez tous les restaurants du XIIIe arrondissement.  

    «  Cet homme s’appelle Martino.

    «  Martino voudrait que je distribue des tracts : « Toi qui connais bien Vienne... »

    «  J’en ai une pile sur la table. Mais, par ordre alphabétique, ça fait 11 900 rues.

    Au téléphone :

    « Non, Lieber Martino ; ce n’est pas parce que je suis « aryenne », comme vous dites… Passez me voir quand vous voudrez. »

    * * *

    Nastassia, petite-fille de Roswitha, peintre, folle, raconte

    C’est le trajet vers Vienne. Nastassia dit :

    « Depuis Genève, j’éprouve une peur sourde. Arrigo se tient près de moi, silencieux, les mains serrées sur le volant. Ses mains ressemblent à des serres. Il me dit : « Je pense à mon père, qui est en train de mourir ». Nous roulons vite. La voiture, surchargée, prend les virages trop larges, le ciel baisse, la nuit tombe. Rapidement c’est une muraille, grise, devant nous. Arrigo accélère :

    «  - C’est la neige. » Ses mains tremblent. Les flocons se jettent à l’horizontale. À droite, un talus qui s’abaisse, se relève, et se rabaisse, comme une ouate qu’on déchire. Je vois aussi du néon, nous avons quitté l’autoroute, je vois encore, des feux de position, qui s’enfoncent, qui se perdent – Arrigo se guide sur les ornières et se met à rire.

    «  Il s’arrête.

    «  Il descend courir tête basse vers les néons.

    « Sur le pare-brise la neige monte, grain à grain, s’édifie. Nuit noire, dix-sept heures Il reste une chambre !

    «  Au restaurant, sous le toit surchargé de neige, Arrigo s’épanouit, commande un menu d’une voix forte et décharnée, je ne l’ai jamais entendu mastiquer l’allemand de la sorte – avec des contractions de doigts, des trismes mandibulaires…

    «  Je devrai vivre dans cet hiver des mots. »

    «  Dehors, lever de tempête – ici les menus cartonnés, rouges, savonneux, les Mädchen couleur ketchup et bas blanc ». Le lendemain après l’amour ils ont tous les deux affronté la plaine blanche et crue, le ciel et le sol deux plaques d’amiante. La route a disparu, on roule au jugé sur la neige rase.

    «  Le terrain monte. Devant eux un camion-remorque contre-braque et zigzague à reculons.La remorque part en travers.

    «

      Zusmarshausen. Je ne sais pas prononcer ce nom. Arrigo se paie ma tête. Sapins. Moins seize.

  • Per tenebras

    C O L L I G N O N

    P E R T E N E B R A S

     

     

    Le jour même où j’entrais en maternité, ma mère fut admise à l’hôpital pour y mourir. Mon ventre se révolte encore, bien après l’étouffant juillet 31 – chacune aux deux bouts de Prague, en attente, mêmes lits blancs même métal. Dans mon corps une piqûre a libéré l’irréversible mécanique des contractions, car tout délai redouble le danger. La mort, elle, peut attendre. Pour ma part j’ai choisi le jour et l’heure. « Elle est tombée du divan » dit Máslo « les yeux blancs, la langue tirée mordue, les joues violettes. Quand les infirmiers l’ont emportée, elle a tourné la tête vers les tentures et les fauteuils, je comprenais mal ce qu’elle disait, c’est la dernière fois je ne reviendrai plus ou bien ne mens pas. Quand on l’a chargée dans l’ambulance, le Dr Kraus m’a juré qu’il était inutile de l’accompagner ; elle avait perdu connaissance : « Pane Kališe,Monsieur Kališ, il faut s’attendre au pire ».

    ...Mes premières contractions se sont déclenchées à point. Avec mon frère nous avons répété les exercices d’accouchement sans douleur, mais la nature en avait décidé autrement. Du plus loin que nous nous souvenons, mon frère et moi - il s’appelle Bronislav, mais on lui dit Máslo, Beurre - notre mère avait désiré la mort. Cette fois c’est la bonne. Une semaine avant cela, Beurre m’avait téléphoné de nuit : «Maman a pleuré dans mes bras. Elle criait je vais mourir. Elle criait dans un mois je serai là-dessous en montrant le sol je ne verrai pas mon petit-fils « elle s’agrippait à mes épaules » et Máslo disait ce n’est rien tout s’arrange mais rien n’y faisait. Elle s’est épuisée dans ses bras, il l’a reposée sur le lit.

    accouchement,Prague,Turquie

    Depuis quatre ans j’ai vu ma mère décliner dans sa maison neuve. Mes parents se sont saignés, payant comptant, refaisant le toit. Ils ont tout retapissé, acheté des voilages. Beurre (Máslo) mon frère est resté chez eux avec les meubles ; une maîtresse en ville, c’est tout – mes contractions reprennent ; c’est Beurre qui m’a pris par les bras pour la respiration « petit chien », et quand tout fut fini chez nous, carrelage, enfant, isolation, c’est mon mon père qui a disparu et je me suis enfuie jusqu’en Turquie. Mon frère est normal, il couche avec d’autres femmes et torche au sol l’incontinence de notre mère. J’évoque la vie de maman sans pitié, puisque je suis revenue la voir pour mes congés : « ...dépérir... » écrivait-elle, « baume au cœur », dans les petits mots glissés avec les courriers de mon frère.

    Il me reprochait de manquer de chaleur, j’étais libérée des levers à dix heures trente-cinq, des traînements de pantoufles, des geignements et autres flatulences. Du jour au lendemain plus de pantoufles. Beurre avait résisté, opiniâtre, teigneux ; sa régulière habitait Žižkov, il lui menait la vie dure. Et moi, dès que j’ai vu la Turquie, je me suis mise à coucher avec n’importe qui et quoi, en femme normalement constituée : contraction, décollement ; contraction, décollement – puis plateau-pic, plateau-pic, une femme qui jouit, normale, quoi.

    Le pire dans l’accouchement, c’est l’impossibilité de revenir en arrière, l’engrenage, l’usure – la matérialisation du temps – « mère à mon tour », et tout ce genre de rabâchage tandis que le ventre mastique sa boule. Maman épiait mes amours, espionnait mes odeurs de doigts au petit matin, il m’aura fallu la Turquie pour jeter ma vieille au Bosphore, c’était longtemps avant sa mort, tu fais ton mari cocu répétait ma mère et qu’est-ce que j’y pouvais, moi, si mon mari avait fait un gosse à l’autre,