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T'en veueueueux.... d'la beueueueuh...

« L'herbe a la juste réputation de faire rire, d'exploser le cerveau. L'escalier au plastique ROMN.JPG

«  Le shit, c'est plus solide.

Pour le travail de fond. »

Travail de poète, ou de pigiste, ou d'instrospecteur. Je ne sais. Qui n'a jamais connu d'état second du à l'herbe ne pourra pas comprendre. Révisons notre vocabulaire : l'herbe, c'est le cannabis. Le shit, c'est le haschisch.

« Là va ma préférence

 

«  - Tu ne crois pas que tu fumes un peu beaucoup ? me dit Lucie.

J'ai beau lui dérouler la longue liste des poètes maudits qui m'ont précédé, je n'obtiens d'elle qu'une moue dubitative.

 

« Dans mon bureau, tout est beau.

Tableaux, bibelots... »

Alinéas, alinéas, lignes sautées. C'est pour donner le temps de souffler la fumée. De chercher la rime :

« C'est rigolo.

Suis écroulé dans mon fauteuil.

Les yeux au plafond.

J'écoute de la musique.

Me laisse partir. » T'as raison coco, faut pas se prendre la tête. Et avec humour.

« Mais où est donc ornicar ?

 

«  - Maintenant, si tu me demandes sérieusement si moi, Benjamin Dubois, en tant qu'être social et responsable, en dehors de tout intérêt personnel, je suis pour la légalisation de l'usage du cannabis et le contrôle de sa vente par l'État, je te réponds non. La légalisation, c'est la mort des banlieues.

 

« Les plumes volages

D'une alouette

Brisée, la nuit, l'écume.

 

« Lucie est au cinéma avec Yasmine, une copine. »

Le coup de l'alouette, plus tôt, c'était un haïku à deux balles. Le reste, c'est de la vie quotidienne.

«  Sommes écroulés dans mon bureau, Solly et moi.

Il ne fait pas chaud dehors et je le vois avec sa même vieille veste en velours marron que d'ailleurs il n'enlève pas, son pantalon en toile qui lui arrive aux chevilles, ses bateaux antédiluviens qu'il porte sans chaussettes.

Me demande s'il a mangé et sors pain, fromage, biscuits, tablettes de chocolat, Coca…

Grignote un ou deux biscuits.

Écoutons Radio Nova. »

Vu, l'omission des sujets, comme ça allège l'expression ? Vu ce qu'il y a à dire, il ne reste plus grand-chose. Du vide, du vent, du shit, quoi.

« On ne parle pas.

Suivons nos pensées.

Cool.

 

« L'organiser, le portable, les clients, les dead-lines, j'ai tout remisé. Au nom des services rendus, mon patron accepta le licenciement pour incompatibilité d'humeur et je me la roule douce le temps que ça me reprenne. » Effectivement, choisir entre l'inaction béate et un travail de con, ce n'est pas très encourageant. Plutôt dormir. Pas besoin d'herbe pour ça, y a qu'à glander, notre pauvre auteur ne plaide pas très bien sa cause. Il est vrai que ça change des voyages flashy avec plein de couleurs et de contractions vaginales. Au moins, là, c'est le nu, le néant. La volonté de présenter les fumeurs de joints sous les traits de personnes superficielles avec autant d'intelligence que des godasses et soixante mots de vocabulaire.

Nous allons poursuive encore un instant notre douloureux vagabondage à travers le néant :

« Moment béni où je n'ai plus à suer pour gagner mon pain.

Mes ASSEDIC ne sont pas près de baisser. Me laisse bercer…

«  - T'aimerais pas avoir un tapis volant ? me demande Solly.

 

Et si l'homme devait être lobotomisé pour éviter guerres et carnages, ne faudrait-il pas s'y résoudre ?

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