Proullaud296

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  • Nostalgies

     

    Affaire Russier. Je mets vertement en doute la sincérité unanime de mes conlègues vis-à-vis de cette prof persécutée : « On vous verrait tous venir, tiens, si ça se passait dans votre établissement... » Et chacun, la main sur le cœur, de protester de sa sincérité. Je me souviens d'Istère, génial compositeur d'une tragédie en vers hugoliens, sombré depuis dans le ratage et l'alcool : tout le monde n'a pas la chance de rencontrer Nodier. Il avait une petite fille, qu'il rudoyait en l'appelant Princesse - qu'est devenu tout ce monde ? Mort de Nasser, novembre 70. Je cours tout d'une haleine de chez moi, en pantoufles, jusqu'au bistrot, pour l'annoncer. Comme si c'était moi, comme si je l'avais fait moi-même.

     

    Pourquoi la vie vous sépare-t-elle, pourquoi n'empile-t-on pas les strates indestructibles de tous ceux que l'on a connus ? Souviens-toi pourtant, sous-pitre, de ce petit con porcin que tu as poursuivi à la course jusqu'au lycée, pour faire poli ; tu ne t'es jamais vraiment intéressé à personne.

     

     

     

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    Mes stages (Nominoë à Rennes, L'Epervier à Paramé) : avec deux filles, Sentéral et Polissé. M. Poil au collège de l'Epervier, enthousiaste de goche, cong... « Mais je n'en ai rien à faire de la prononciation de votre famille ; on prononce « No-ël », et pas « Nowêle » - où voyez-vous un w ? » Le vieux « montaniste » (Yodaud, spécialiste de Montaigne) qui me drague en me comparant à Lucien de Samosate, « avec votre air de ne pas croire à ce que vous enseignez... » (une classe de Terminalesà Beauvoisy se posait la même question : j'ai répondu « Je ne me sens pas le droit de vous communiquer si peu que ce soit mon désespoir – Mais pas du tout, pourquoi dites-vous ça ? » Je les ai accusés en conseil de classe, histoire de dire quelque chose, de lèche-culterie ; ensuite ils ne m'ont plus parlé : vous comprenez, après ce que vous avez dit... »Polissé, Sentéral : toutes deux sexagénaires à présent. Le chat sur le drap.JPG

     

    Sans les avoir conservées par devers moi . Lycée Albatros de Paramé - gros proviseur niais comme une planche à voile. Mes deux évaporées s'obstinant à franchir la porte de classe juste à la fin de la deuxième sonnerie, avec les élèves... Sentéral, fille du Gérant des Pompes Funèbres ; ses parents m'avaient invité à table. Je ne savais plus où me mettre. Quelles gaffes commettre et ne pas commettre. Occasions manquées, où êtes-vous ? dans ton cul, au fond à gauche. Polissé couchait avec deux amoureux à la fois, et me demandait (à moi!) si elle devait le dire ; je l'en ai dissuadée : “Tu perdrais les deux” - heureusement, heureusement ! je ne lui ai pas demandé si l'un des deux était moi.

     

    Mais d'extrême justesse. Son frère s'est fait longuement étriper dans un accident de moto (« Y en avait partout, sur 50 mètres... »). Sans transition, Mme Huguette, avec son petit tailleur bleu ciel moule-cul, à qui personne n'osait chanter « L'autre jour la p'tite Huguette... », elle aurait bien voulu ; on peut toujours se dire ça. 

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    A St-Léon, la directrice me jette oh, celui-là même avant que j'ouvrela bouche. Je me vire tout seul de la cantine après une vanne very fine sur la soupe aux menstrues. Beulac : Une collègue vient m'avertir que dans sa classe à elle, à côté, on aimerait travailler. « La salope » commenté Merlaud ; je dis à la même, en voyage scolaire : “Je vais te montrer un buisson qui n'est pas sur la carte. » Morte d'un cancer du sein : six mois. Merlaud,fielleux : "Faudrait tout de même pas te figurer que la vie de l'établissement tourne autour de ta personne » - si, justement  : à chaque fois qu'on parle de mon établissement, gueule Climens, on me demande de vos nouvelles ; il n'y a tout de même pas que vous chez moi ! " Merlaud, barbu : «Tout le monde me prend pour un vieillard ; j'ai 35 ans ! »Chialant de rire à mon “C'est guerre épais” (Tolstoï tâtant son steak dans la boucherie) ; fâché tout rouge qu'on n'ait pas mentionné la méthode à Papa complété par Fifils :il y a une façon très simple de démolir un livre : c'est de ne pas en parler ! - tu découvres l'Amérique, Merlaud.

     

  • Peace, "G.B. 84"

     

    Vous souvenez-vous des Gibis, les gentils, opposés aux Shadoks, les méchants ? Les Gibis portaient des gibus, et leur nom rappelait "G.B.", comme Grande-Bretagne. Eh bien, ces deux lettres, suivies de l'année fatidique, 1984 (ça ne vous rappelle rien ?) forment le titre d'un ouvrage fleuve écrit par David Peace, GB 84, même titre sobre en anglais (eighty-four) qu'en français (quatre-vingt quatre). En ce temps-là, Margaret Thatcher tenait l'Angleterre d'une main de fer, dit le cliché : Iron Lady. Et c'est sa main, énergique, fripée, bijoutée, que l'on aperçoit posée sur une de ces colonnes tronquées où l'on s'appuie pour faire de longs discours politiques. En 1984, les discours politiques de Maggie portaient sur l'assassinat de l'industrie minière de la Grande-Bretagne, qui fut perpétré à la fin d'une longue, épouvantable guerre, entre les syndicats et le gouvernement, lequel manipulait l'opinion publique.

     

    La situation devint rapidement insurrectionnelle, avec des émeutes dans tous les coins du pays, car c'était une partie de l'histoire du Royaume-Uni que l'on bradait ainsi, puisqu'il s'était construit sur sa puissance minière et métallurgique. C'était une culture ouvrière, combative, sociale, unitaire, une religion laïque même, que l'on sciait de force et qu'on envoyait à bas. La grève dura près d'un an, avec des piquets, des dons envoyés de toute part, des privations de salaire, l'embauche massive de jaunes qui hurlaient à la liberté du travail et à la prise d'otages (on connaît ça), et tout se terminait par la force, flics à pied, à cheval pour charger, en voiture pour tabasser, plaintes déposées contre les syndicats pour "troubles à l'ordre public" ; mais sous les matraques, le mouvement renaissait, s'amplifiait, s'effritait, se reconstituait, jusqu'au moment où la guerre d'usure et l'immobilisme soigneusement dirigé finirent par mettre à plat la résistance du peuple des travailleurs.

     

    Amphithéâtre, dit palais de l'empereur Galllien, Bordeaux.JPG

    Il ne nous appartient pas ici de trouver les solutions de rechange que l'on aurait pu envisager, d'estimer le degré de mauvaise foi du gouvernement et de l'opinion publique bien endoctrinée, non plus que la loyauté ou non des syndicats, de leur pouvoir excessif ou non, moins encore d'aligner des poncifs économiques sans savoir le faire d'ailleurs. Pour moi, parler d'économie, c'est parler de la pluie et du beau temps, tout le monde a raison et tout le monde à tort, et je regorge d'ignorance crasseuse. Mais cela dit, la méthode forte se voit, se lit, se touche, dans cet énorme volume de David Peace, qui nous présente un véritable Germinal britannique, vu par les ouvriers mineurs, ou par le chauffeur du salaud de service, larbin écœurant.

     

    Le moyen par lequel nos briseurs de grève ont fini par écraser le mouvement : les flics, les cops, et la misère, car l'aide financière, même internationale, restait insuffisante – sans oublier, dans le roman, certains responsable syndicaux qui jouent double jeu ou s'enfuient avec l'argent de la quête. GB 84 est classé "roman policier" parce qu'il s'y greffe je ne sais quelle histoire de détournement et de prise d'otages, en vrai, mais nous pouvons dire que Margaret Thatcher, tous ces mois-là, en vint à égorger toute une classe sociale, dont l'héroïque résistance nous est ici relatée. Voici les procédés littéraires utilisés : des phrases extrêmement brèves, un emploi constant de l'absence de verbe ou du présent de l'indicatif, dit "de narration".

     

    La répétition incantatoire des sujets de verbes, souvent, Terry, isolé dans son rôle de collecteur de fonds, et bien tenté par la fuite avec les grosse liasses dans les gros attachés-cases. Car même dans une lutte collective, chacun combat seul ; "Une maille rongée emporta tout le reste", comme nous le citait un écrivain de couleur dans "La grande librairie". Il suffit que quelques-une reprennent le travail, le porte-monnaie vide et l'estomac plein de fiel, pour que d'autres cèdent à leur tour. La radio, la télé, fournissent de fausses informations et de faux débats objectifs. Autre procédé : la disposition du texte sur deux colonnes de journaux serrées, sans alinéas, qui s'interrompent brutalement en bas de page, et qui reprennent, par surprise, ex abrupto, juste au milieu de la phrase précédente, quelques pages plus loin.

     

    Aucun lyrisme, abandonné Zola. Le document brut, pour des répressions brutales. Une parataxe omniprésente : des mots forts, les uns à côté des autres, sans liens apparents. Des répétitions. Des slogans. Des flashes, des éclairs donc, de sensations, de douleurs sur la gueule, d'impressions subites, d'associations d'idées incongrues. L'impression toujours plus ou moins de recevoir des projectiles sortis du livre en 3D. Pas de baratin idéologique non plus ; juste la lutte, cruellement vécue de l'intérieur, lutte juste en soi, pour soi-même, pour son existence et sa survie, pour sa dignité, sa grandeur. Les arguments, ça se discute, ça se tourne, ça s'interprète, ça se gauchit, ça se retourne contre celui qui les emploie, et quand on se casse la figure avec les flics ou avec les traîtres, ce n'est pas le moment d'aligner les démonstrations aargument par argument : on cogne, point barre, de fer.

     

    Oui, c'est long. Oui, c'est interminable. Oui, on finit par s'en foutre, par se dire "vivement que c'est fini puisque depuis cent pages nous voyons bien que c'est foutu". C'est un effet voulu, car c'est bien ce qu'ils ont ressenti, les syndicalistes et leurs sympathisants. Les autres, Maragaret   Thatcher, ses sbires, on ne les voit pas beaucoup, on parle anonymement du "Premier Ministre". D'autant plus redoutable qu'il est de genre neutre. Mais il existe un autre personnage, autrement plus ambigu, Mr Sweet, "Ledoux", un nom pour canular téléphonique, la plupart du temps appelé le Juif, avec un J majuscule. C'est le patron du chauffeur de maître mentionné plus haut. Ce "Juif", donc, est l'adversaire acharné des syndicats, non par idéologie, ni par appartenance à "la communauté" comme on dit, mais en tant que tel, en tant que représentant de la classe possédante. Sympathique au demeurant, ne ménageant pas ses efforts, courant de réunion en réunion, débauchant les délégués syndicaux les plus fragiles, interviewant des jaunes ou des miséreux poussés à la reprise du travail, mouillant sa chemise de luxe.

     

    Le chauffeur, comme nous l'avons dit, appartient au prolétariat mais bien payé, traité comme un larbin mais aussi comme un confident, aimant et détestant son maître, entre deux chaises la conviction par terre, n'éprouvant d'empathie ni avec les capitalistes ni avec les ouvriers, sensible surtout à son propre intérêt, et au maintien de sa dignité : domestique, mais digne. L'ennui est que l'auteur appelle ce patron "le Juif". Depuis des centaines d'années, c'est ainsi que l'on se représente les puissances de l'argent : sous les traits d'un juif, banquier, tireur de ficelles. J'aurais bien du mal à ne pas voir là d'antisémitisme, larvé ou provocateur. Je peux toujours dire qu'il s'agit d'un combat entre les puissances du bien et celles du mal, économiquement parlant : les riches combattent, après tout, pours les intérêts de classe, mais sont prêts à se déchirer, ensuite, égoïstement, alors que les mineurs se battent pour leur classe, collectivement, dans un esprit de fraternité.

     

    Nous pourrions dire aussi qu'il s'agit là d'une provocation de plus de la part de David Peace, qui nous présente des individus ni tout innocents ni tout à fait salauds. Nous pouvons cependant nou gratter la tête, comme nous l'aurions fait s'il s'était appelé "l'Arménien" ou "l'Ecossais". Après tout, "il ne faut pas généraliser", comme disent les noyeurs de poissons, et l'on nous montre des sydicalistes et des mineurs peu reluisants parfois, des travailleurs dits "les jaunes", des flics frappeurs, des traîtres et des voleurs, des magouilleurs, l'humanité, quoi. Il n'empêche que ce "Juif" nous reste en travers – et finalement, on s'y fait, n'est-ce pas, comme à l'étoile jaune.

     

    Et le plus grave dégât infligé à la classe travailleuse est sûrement de lui avoir fait perdre non seulement son existence, mais la conscience d'elle-même, sa pureté, de l'avoir brisée moralement, avilie, forcée à ramper, de lui avoir fait sentir sa vulnérabilité, la puissance de la force face au droit, de lui avoir fait bouffer sa propre merde. De l'avoir dégradée. Il ne s'agissait pas de fermer les usines et les puits qui n'étaient plus rentables, puisqu'on a trouvé des jaunes pour faire le travail à leur place. C'est seulement après le renvoi des "jaunes" que l'on a fermé les structures désuètes, non rentables. Il s'agissait bien plus d'un empoisonnement, par le venin, d'une catégorie méprisée de la population par une partie qui s'estimait elle-même supérieure.

     

  • Les errances de Pierre Thibault

     

    Poursuivons, sans nous relire : en Union Soviétique, tu aurais moins fait l'imbécile ! Ah, on ne rigolait pas, sous Staline ! Pas davantage sous Khrouchtchev d'ailleurs, ainsi que Soljénitsyne l'écrit. Thibault n'écrit qu'en 1971, et se contente de trois lignes de désapprobation sur les méthodes musclées de Staline, omettant (mais on ne le savait pas) que la plupart des efforts de productivité reposaient sur des esclaves, et que tous les chiffres étaient faussés du haut en bas de l'échelle vu la pénurie de tout. Mais que ne dira—t-on pas de nos régimes à nous d'ici à cinquante ans... et des réflexions de café du Commerce qui règnent ici à tout-va... Voilà que les entreprises russes se mettent à tenir compte non plus du plan quinquennal mais des commandes des clients !

     

     

     

     

     

     

    L'auteur marqué.JPG

    En vérité, immense clairvoyance ! Ce sont les entreprises Maiak (“de Mai”) et Bolchevitka à Moscou, qui ont commencé. Cette réforme marquée au coin du bon sens du zinc de comptoir qui fut étendue à 671 autres entreprises dès 1966 doit être finalement mise en application dans l'ensemble de l'industrie soviétique à la fin de 1968 tandis qu'elle entre en expérimentation dans 390 sovkhoz dès 1967. Il est dur de remettre les pieds sur terre, il est nécessaire de passer par un “stade d'expérimentation” ! Et si j'étais, Moi, chef d'Etat, je recommettrais les mêmes erreurs de planification, il y aurait des policiers et des patrouilles partout, pire que chez Denys tyran de Syracuse : preuve de mon incompétence, et de ma souplesse de verre de lampe.

     

    Profitons-en pour blâmer les Autres de n'y point renoncer comme moi. Le seul but est de trouver Dieu, de se reposer au Centre, d'irradier comme Centre et comme dieu, en tant que dieu. En attendant, on glande un peu. Il s'avère en effet que le stimulant économique du profit dont une part importante doit leur être ristournée sous forme de salaire ou de prime incite cadres et ouvriers à rivaliser d'imagination créatrice et d'ardeur au travail pour présenter en fin d'exercice un bilan positif. Le fameux facteur humain. Ce stimulant fait de vaseline et de scories râpeuses constitue le moteur même des rapports personnels que j'ai voulu ignorer, repousser tant que j'ai pu. En m'y engluant à fond, jouant de tous les tableaux dans une classe, avec virtuosité obligée.

     

    L'enseignant veut renseigner tout autour de lui avec ce qu'il vient d'apprendre, il veut rendre service, mais aussi dominer. Une illustration sommitale montre l'un de ces sexagénaires en col blanc, lunettes d'écailles et cheveux blancs qui pullulent dans l'iconographie détestable de ce volume : “Vous pouvez reconnaître...” Eh non, personne n'est reconnaissable, toutes ces personnalités en uniformes bourgeois ne présentent qu'un éternel camaïeu écaillé de petits visages blancs, 5mm sur 4, où la meilleure volonté du monde peine à reconnaître qui que ce soit, s'i n'y avait la légende. Cette fois-ci, nous n'avons qu'un homme à pochette, tenant loin de lui sur une table la double page d'un journal, et dont on nous révèle l'identité : Le professeur Ievseï Limerman à son bureau. Photographie sans doute à son bureau – l'histoire bégaye, les historiens aussi – l'économiste soviétique Ievseï Liberman, professeur à l'université de Kharkov, est l'auteur du plan de réforme de l'économie productive de l'U.R.S.S. mis en œuvre progressivement depuis 1966 et qui vise à rentabiliser la production de l'appareil économique soviétique en accordant aux entreprises une certaine autonomie de gestion et en réintroduisant dans cette dernière la notion de profit. Belle langue de bois, bien délayée pour justifier d'un fort volume broché, matière ingrate et stérilité de ma

     

    COLLIGNON LECTURES "LUMIERES, LUMIERES" 59 12 27 (émission : 61 02 06 etc.)

     

    THIBAULT (Pierre) "LE TEMPS DE LA CONTESTATION" 40

     

     

     

     

     

     

     

    paille opposée à la poutre. Je haïssais profondément cette histoire de l'URSS si triviale, encombrée de tuyaux, de tracteurs, de tonnes de papier Q, sans batailles ni conquêtes militaires. Je jouissais maladivement de ces mots économistes giclant entre mes dents comme autant de morceaux de viande, solide pâtée constructive donnant l'illusion de comprendre et de digérer. L'étudiant se sentait homme, participant à l'effort du prolétariat, invité à s'extasier devant les Stakhanov, ignorant par la force des choses les millions de dos courbés dans “l'enfer des camps”, sur lesquels reposaient les fausses statistiques de triomphes industriels. Ainsi se trouvent mises en application les théories qu'il avait exposées dans ses différents ouvrages dont les principaux s'intitulent – mon Dieu, qu'il y avait moins de gravité, moins d'exhaustivité, moins de lassitude pour exposer à la va-vite les théories exaltantes et fumeuses des candidats, par exemple, à la royauté de Jérusalem au Moyen Âge !

     

    Chimères assurément, mais plus fidèles à l'âme des hommes que ces “Structures de l'équilibre d'un entreprise industrielle”, ces “Moyens d'élever la rentabilité des entreprises socialistes” et “Analyse de l'utilisation des ressources de production” publiées respectivement”, tenez-vous bien, en 1948, 1956 et 1963” - Ph[oto]A.P.N. ! quel sérieux ! Quelle gravité ! Le commentateur ne doute pas un instant que le lecteur ne se rue, sitôt l'ouvrage refermé, sur ces chefs-d'œuvre de gestion, qui eux, au moins, servent à quelque chose ! L'analyse du contenu d'une telle réforme amène certains observateurs superficiels à penser que l'U.R.S.S. (bien placer les points après chaque abréviation) fait un pas décisif vers la restauration du capitalisme. Erreur grossière ! Penser à ces classifications de bibliothécaires sur les livres de religion, disséquées à fond sous diverses cotes, au moins 10, pour les chrétiens, tandis qu'une seule de ces mêmes cotes rassemblait les “autres religions” !