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Poe et re-Poe

 

Le méplat aux oiseaux.JPG

Cependant les spectateurs de films auront fébrilement palpité en voyant s'élever, au-dessus des écuries incendiées, la silhouette d'un énorme cheval, monté par le diabolique Metzengerstein. Ils auront transpiré dans leur glace, en découvrant la femme enterrée vive, ou séquestrée – Ligeia, car les nouvelles de Poe se présentent parfois sous forme double, comme deux variantes, ou une sorte de génial brouillon. Edgar Poe fut l'héritier de toute une école, ou plutôt une manière anglo-saxonne de roman noir, parmi lesquels Le Moine, traduit par Antonin Artaud (un dramaturge, comme on l'ignore dans certains clubs de modèles réduits). Mais il relaya et amplifia ce terrible écho, fécondant toute une littérature de monstres, d'esprits, de terreurs nocturnes voire énurésiques, jusqu'à nos jours : il a même donné du génie à Roger Vadim, c'est dire.

 

Poursuivant dans l'admiration sans originalité, mais sincère, nous reconnaîtrons les parentés entre le monde d'Edgar Poe, marin d'océan, et Charles Baudelaire, marin désabusé, amateur lui aussi de vampires suceurs, de ténèbres diaboliques et d'insondables mystères. Mais Edgar Poe, lui, utilisera essentiellement les rouages de la mathématique, préfigurant Sherlock Holmes, de la logique déductive par conséquent, et les subtilités du raisonnement policier. Dans La lettre volée, par exemple, il exposera la thèse selon laquelle un esprit trop subtil ne verra pas une solution posée devant ses yeux, parfaitement évidente. L'enquêteur fouillera tout l'appartement du voleur, dissèquera les parois, décollera les reliures des livres, utilisera même le microscope, alors que le document compromettant en question se trouvait dans un petit dossier de papier négligemment suspendu à un clou contre un mur. Il faut, dit un petit garçon, imiter les traits de son adversaire, et laisser venir les pensées de l'adversaire, et ses intentions secrètes. Alors, on l'a deviné, on le dupe aisément.

 

L'enfant raisonne, à coup sûr, mais fait tout ce qu'il peut afin de mettre aussi de son côté les pouvoirs de l'intuition. C'est ainsi qu'il gagne toujours au jeu de "pair ou impair" ; on met un certain nombre de billes dans sa main fermée, il faut que l'autre devine si ce nombre est pair ou impair. L'adversaire crétin, s'il se trompe, dira le contraire la fois suivante : "pair" au lieu d' "impair", par exemple ; l'adversaire intelligent, s'il se trompe, redira la même chose : "impair", deux fois de suite.. Et celui qui tient les billes dans son poing agira en conséquence... Il faut suivre ! Il faut se concentrer sur le texte ! A moins que l'auteur ne nous entraîne dans un grand récit exotique, au large de Charleston par exemple, dans le Sud Profond, le Deep South. Voyons ce que nous en disions en janvier : "Edgar Poe. Extraordinaire bonhomme, dont je me fous complètement. » Tiens, j'étais israélien ce jour-là – pardon, mossad.

 

« Traduit par Baudelaire, « en vogue chez les jeunes » - « les jeunes » ? Qu'ès aco ? « La mer dans Poe » ; ce titre fait mes délices » - l'auteur en est Michel Ohl, célèbre Landais, et une digression, une - « et je ne manquais jamais de le mentionner dans la bibliographie de début d'année à mes classes. Toujours accueillie avec des soupirs de commisérations. Les Histoires extraordinaires ? Tout le monde connaît cela, le scarabée à travers l'œil gauche du crâne, Le puits et le pendule (plutôt dans les Nouvelles histoires extraordinaires, aussi extraordinaires que les précédentes) - du moins, tout individu cultivé, infime minorité comme d'habitude. Rien en tout cas de plus fastidieux que le Voyage d'un certain Han Pfaall - « Jean Piquet », pesant, très encombré de mathématiques et de calculs de marin, d' absurdités dépourvues de la moindre poésie, sans même l'innocence gamine d'un Jules Vernes (qui raconte en entier une journée du 31 juin dans Vingt-mille lieues sous les mers ; pas moyen de conclure à une étourderie légère, puisqu'elle est précédée du 30, dûment raconté en détails, et suivie d'un 1er juillet, non moins relaté par le menu).

 

(...)

 

absurdie et dans la lune, à grands renforts de bricolages techniques (pressurisateur, supposition d'une atmosphère lunaire) évidemment totalement dépassés, allant jusqu'à nous narrer par le menu la façon dont il a tendu sa toile de nacelle, avec nœuds, œillets, boutons, et pendant ce temps, je compte les minutes. » Quelle injustice : ce n'est pas plus absurde que le voyage de Cyrano de Bergerac ! Je suis insensible aux poésies de la mathématique et de la technique : grande infirmité de ma part ! « Hans Pfaall déroule imperturbablement son conte et ses calculs à « Leurs Excellences » de Rotterdam, et sur cette température glaciale, plus que polaire, qui remplit l'autre quinzaine : hélas mon bon, la lune est si éloignée du soleil qu'elle ne connaît que le glacé, à moins que je ne me trompe, moi, petit merdeux.

 

« C'est Dali qui résume le mieux : si l'homme meurt encore, c'est la faute à Jules Verne. Car si nous n'avions pas gaspillé toute notre énergie à mettre le pied sur la Lune (sans lendemain) » ( mais non sans après-demain), « nous nous serions dirigés vers la recherche biologique, et aurions depuis longtemps vaincu la mort. Qu'aurait-il pu dire encore, cet impersonnel mathématicien, ce bricoleur génial de matelot ? « sur une translation constante de l'humidité – que veut-il dire ? - qui s'opère par distillation, comme dans le vide, du point situé au-dessous du soleil jusqu'à celui qui en est le plus éloigné – mystère. « A la verticale » du soleil, je suppose – et que vient faire ici cette histoire d' « humidité » ?

 

« Encore de la vieille physique, fleurant son XVIIIe siècle ; placer ici, je m'en souviens, mon habituelle diatribe contre les physiciens et mathématiciens, juste capables de dire non pas « Un petit pas pour l'homme, un grand pas pour l'humanité », visiblement appris par cœur, mais « On dirait une tranche de cake avec des morceaux d'amandes », seul capable de s'échapper de la bouche d'un ingénieur astrophysicien, de surcroît pilote et militaire. Ce n'est pas demain qu'un poète abordera sur la Lune. ...sur la race même des habitants, sur leurs mœurs, leurs coutumes, leurs institutions politiques – seulement, Poe marcherait sur les traces de Swift. Il emploie le mot « race » et il fait bien.

 

Commentaires

  • J'aimerais bien vous lire sur Poe... mais pourquoi votre article comporte-t-il autant de caractères bizarres ? La lecture en devient impossible...

    Saviez-vous que Lovecraft (après Verne) donna une suite aux Aventures d'Arthur Gordon Pym ?

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