Fronfron55

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Retour à Bettelheim

    « Ainsi, le conte de fées dit aux parents, comme aux enfants, que le nourrisson ne se contente pas de recevoir, mais qu'il a aussi quelque chose à offrir. Tandis qu'elle lui donne la vie, il ajoute une nouvelle dimension à la vie de sa mère » - à condition d'avoir été désiré, préciserais-je. « Le repliement sur soi-même qui était évoqué par le long sommeil de l'héroïne prend fin quand cet échange se réalise.

    « Cette idée de renaissance est amplifiée quand tout l'univers de la Belle au Bois Dormant – ses parents » - tiens, une autre version - « et tous les habitants du château, même les chevaux et les mouches” - humour ! - « revient à la vie en même temps qu'elle. Si nous sommes insensibles au monde, le monde cesse d'exister pour nous. Quand l'héroïne s'endort, le monde, pour elle, s'endort aussi ; et il ne se réveille que quand un enfant est nourri en lui : ce n'est que de cette façon que l'humanité peut continuer d'exister. » Dixit Bettelheim, ce qui se défend parfaitement.

     

    Canal de Troyes.JPG

    « Ce symbolisme est perdu dans les versions plus récentes de l'histoire, qui se terminent par l'éveil de la Belle au Bois Dormant et de son monde à une nouvelle vie. Mais même sous la forme abrégée qui est venue jusqu'à nous, où la Belle est réveillée par le baiser du prince, » - et n'oubliez pas que la Reine a autant de pouvoir que le Roi, pas de machisme à ce niveau, “nous sentons, sans que cela nous soit précisé comme dans les versions plus anciennes, que l'héroïne est l'incarnation de la féminité dans toute sa perfection. » Fin du chapitre, trois points d'interrogation de la lectrice. Elle dirait plutôt qu'il ne s'agit que l'une des voix de l'accomplissement féminin. Nous sommes ici dans un domaine un peu trop physiologiquement réducteur, assurément, mais nous ne pouvons totalement nier notre condition de mammifères, même si nous aurions tort de nous y borner. Bettelheim va même jusqu'à suggérer que les treize fées penchées sur le berceau de la Belle représenteraient les treize menstruations annuelles et lunaires qui fondent la féminité physique. Il n'en reste pas moins vrai, et passionnant, qu'il faut, homme ou femme, atteindre une maturité. Plus loin, Bettelheim rapproche certaines destinées : « Blanche-Neige est emportée par le prince ; elle est comme morte, dans son cercueil ; c'est par hasard qu'elle recrache en toussant le morceau de pomme empoisonné qui est resté coincé dans sa gorge, et qu'elle revient à la vie. La Belle au Bois Dormant ne se réveille que parce que son prince charmant l'embrasse » - je m'étais arrêté là le 28 avril 2006. « La période d'avilissement de Cendrillon prend fin quand elle essaye avec succès la pantoufle. Dans chacune de ces histoires, comme dans tant d'autres, le chevalier servant prouve son amour d'une façon ou d'une autre. Mais nous restons dans le vague en ce qui concerne les sentiments de l'héroïne. Prenons la version des frères Grimm » - les vrais, pas ceux de l'un des films les plus infects qu'il m'ait été donné de voir, et comme d'habitude au prix fort « des trois contes cités plus haut : on ne nous dit absolument pas que Cendrillon est amoureuse ; nous ne pouvons que tirer des conclusions du fait qu'elle va trois fois au bal pour voir le prince » - autre version à encore. « Tout ce que nous savons des sentiments de la Belle au Bois Dormant, c'est qu'en se réveillant elle a un regard « tendre » pour le prince qui la délivre de son enchantement. On ne nous dit guère plus de Blanche-Neige quand le prince la ramène à la vie. Tout se passe comme si ces histoires évitaient délibérément de nous dire que l'héroïne est amoureuse. On a l'impression que les contes de fées eux-mêmes ne font guère confiance au coup de foudre. Au contraire, ils nous disent que, pour aimer vraiment, il ne suffit pas d'être réveillée et choisie par un prince. »

    Décidément, Bettelheim en dit plus que moi. Tant mieux

  • Horreurs, deuxième service

    On met du temps à devenir jeune (Picasso)

     

    Ce paquet....JPGN'ouvre pas si tôt tes remugles entrecuissiers : je ne mérite pas d'être sauvé. Je chie sur tous les Rédempteurs. Sauvetage obligatoire. Demandez et il vous sera accordé. Tendez la main on vous hissera. Trois fois.

     

    Ah, ce n'est pas moi qui écris ; ah, ce n'est pas moi ; vous allez voir, petits merdeux superficiels.

     

    Il va falloir que ma haine éclate comme une précieuse grenade placée au ventre de toutes les femmes.

    Défoulons-nous d'abord. Souillons. Soyons grands ensuite. « Et on te couronne pour ça ? » Ma mère, ma con de mère, confinée dans son « Bonnes Soirées » confite au Guy Lux... Ne te retourne pas dans ton cercueil, ça fait de la poussière, et ça pue...

     

    Quand j'aurai dépassé ce stade, quand j'aurai fini de jouer avec mes excréments, je pourrai m'essuyer les doigts, écrire, puis entrer à l'Académie Française.

     

    “Et dans 500 000 ans, la Terre, avec tous ses systèmes philosophiques, ne sera plus qu'un grain éteint, et ce sera comme si rien n'avait jamais existé.” Jean Rostand.

     

    Je crois en un seul Dieu, créé pour faire chier le monde?

     

    L'addition s'allonge ! quel compte à régler ! quelle horreur !

     

    Tu t'es laissé avoir par le sommeil et la facilité.

    Sois puant.

    Le chien, ma fille, le chien, ma femme, et mes parents larmoyants suppliants à l'arrière-plan : déterrez-moi tout ça ! déchampignonnez-le moi ! Et pourtant c'est vivant... mais ça pue comme une grille d'égout, où passent, dans les eaux de vaisselle, les immondices streptocoqués. Je déteste tout le monde sauf moi ? Mon mépris de moi n'est pas sincère. Je ne me sens même pas dégueulasse – parce que je mens. Il existe une autre vérité – merde aux lénifiants.

     

    Tous les hommes furent alignés, la queue sur une planche. Alors, une par une, à la hache, les queues furent tranchées. On en fit des quenelles.

    Toutes les femmes furent alignée, cuisses ouvertes. Et d'un coup de truelle, tous les cons furent bouchés au ciment frais, et les femmes hurlèrent éternellement avec cet épieu fiché en elles,

     

    Et qu'on ne vienne pas me parler de recherche systématique de l'outrance ! Ces gens-là ne respectent rien.

     

    Dans 15 jours, j'y verrai plus clair.

  • Célébration précieuse

    Or nous avons bien lu, distinctement, chez Goncourt, que la conscience de sa supériorité jointe à l'attendrissement que l'on éprouve face à l'injustice ouvre une voie royale à la folie. S'ensuivent en effet de lancinantes lamentations, renforcées car mutuelles, sur soi, sur l'autre, la première injustice ou folie consistant bien sûr en cette liaison que nous avons eue avec celle, ou celui, qui ne saurait s'approcher de la perfection. D'où tentation pérenne de désigner l'autre ou soi-même à l'accusation de bouc émissaire. La promiscuité, le fusionnisme, aiguisant chaque trait.

     

    Gargouille verticale.JPG

    X

    Corollaire

    Une telle disposition du couple s'apparente à l'adoration de la femme-enfant ou plus précisément du double-enfant. Rien de plus exaspérant – d'autant plus attachant, d'autant plus ligotant - que ces agaceries, sautes d'humeurs, fantasqueries, rien de plus fascinant que ces narcissismes croisés, ces échos toujours malvenus.

     

    X

    Fascination, suite

    . Une blonde n'ayant pour couvrir son intimité sur la plage d'étang qu'un tissu effilé sans relief sur un sexe pressenti lisse et glabre générant sur moi qui lui fais face une fascination bridée par ce trop plein d'humains, sa vulve à trois largeurs de mains de moi, le mari à deux pas lisant sur le sable et l'enfant gambadant par où diable passé, sans qu'il fût un instant possible qu'elle ne m'eût point vu - absolue suspension du souffle et du sentiment, la pétrification devant le vide – sachant que s'étend sous ce mince pont de coton blanc un sexe véritable exactement configuré. J'avais retrouvé ce vertige et ce jeu de dupes – autre exemple ? Ce con à feuille d'or si volontiers conçu plaqué magnétisant le regard de cet autre assis près de moi (le même) qui perdit si souvent contenance s'il la regardait ; sous tant d'afféteries, d'innocence et raffinement mêlés, la vitalité même de l'homme se dissolvant, naufrageant sous les yeux de cette autre femme qui l'accompagne muette égarée réprobatrice au sein d' ivrognes et d'aveugles, avec la volupté cuisante du réprouvé.

    Mon ami fusillé du regard et d'une moue, indécelable à nul autre que lui - certaines figurines féminines ainsi, sous leur feuille d'or, trouveraient-elles matière à jouir sans y toucher de tant de sang et de semence puisés dans la candeur grossière de l'homme ; l'amour que j'ai voué à Sylvie Nerval se justifierait alors, dans sa forme la plus archaïque, par cette adoration courtoise de la femme que cette dernière à présent feindrait de rejeter comme fardeau, paralysie, ligotage, aliénation – sachant ce que recèle une telle malsaine adoration). Ni femme-enfant ni félin, la femme contemplée diffuse sans y participer ce charme poignant fait d'une amère et tendre inaccessibilité, de cette sensation de transparence inviolable, de cette sourde et poignante montée de larmes cérébrales joignant la faiblesse et l'inextinguible désir de vaincre et de protéger, d'être dissous et englobé aussi bien que d'inclure à son tour en soi.

  • Jérôme, saint

    Au milieu d'un fourré de doutes et d'interrogations, mon sort me mène au sein d'une méditation de Jérôme, futur saint. Elle concerne la meilleure façon de mener sa vie. Epinglons cette inconséquence de Cicéron, je crois, qui affirme ne pas se soucier des observations des autres sur son propre compte, "à moins qu'elles ne soient justifiées" : en effet, comment distinguer, et qui distinguera, les observations justifiées de celles qui ne le sont pas ? On y passe toute sa vie, à étudier précisément les réflexions des autres ! Nous dirions plutôt qu'il ne faudrait pas tenir compte de ces autres. Oui, mais s'ils se jettent à la traverse ? S'ils vous "taclent" ? La réponse n'est pas même simple chez Jérôme, lequel vante le monacat : il n'est rien de plus pénible de vivre dans une société restreinte et sans renouvellement perceptible.

    Non, il s'agirait pluôt de l'ermite, de l'anachorète, du "séparé. Encore se voit-on hanté par de certains dédoublements de nous, sous formes de démons hallucinatoires ou d'un phénomène cérébral qui se fait passer pour Dieu. Nous serions donc un carrefour d'influences rivales, un courant d'air. Cette conclusion sans appel et sans grande originalité une fois acquise, retournons-nous, retrouvons-nous, dans la Littérature, seul champ illimité à notre portée : ca r la glose est inépuisable : à l'exemple des marins, entonnons un refrain joyeux en guise d'épilogue. La joie de vivre, en accord avec le modèle humain du Christ je suppose. Démerdez-vous, et soyez en accord avec vous-même, dédoublé en un Sauveur largement fantasmé.

    Nous nous sommes trompés, tout est réductible, nul champ n'est sans limites. Ô désert que diaprent les fleurs du Christ ! Et c'est parti pour le délire litanique et l'exaltation à deux balles. Le désert, oui. Les fleurs du Christ, surtout des fleurs de sang, sous les épines, autrement, nous sombrerions dans la guimauve de calendrier des postes. Surtout ne rien prendre au sérieux, sous peine de tomber dans la paralysie tautologique : "Ce qui est, est". Ô solitude, où naissent ces pierres fameuses, desquelles – selon l'Apocalypse – se bâtit la cité du grand roi ! Les métaphores vont leur train. Les deux premiers mots exceptés, nous n'acceptons rien. Quant à la solitude, elle ne se peut concevoir, sous-entend Cicéron, que dans l'espoir d'une publication de ses écrits : dans le désert, mais bien en vue. Ô ermitage qui jouit de la familiarité divine ! Complétons Jérôme : cette familiarité avec le dédoublement se mérite, passés de nombreux écueils.

    Il y faut une âme d'athlète, une lucidité sans faille, alternant avec l'extase. Et cette familiarité, que Dieu soit extérieur ou non, cette étincelle, cet éclair répété entre ces deux pôlers de soi-même, consume sans devoir brûler, s'il est vrai que la conscience est le bien suprême. Alors, s'il est une conscience, elle ne pourra que se tourner vers un destinataire, et voilà pourquoi Dieu créa le monde et la conscience de l'homme, son extension à lui. Frère, que fais-tu dans le siècle, toi qui es plus grand que le monde ? Appel ici à la dignité, à la vanité aussi, à ce sursaut de crête de coq par lequel nous pensons nous élever au-dessus de notre charogne. Mais posé le Transcendant, nous en procédons, et notre orgueil n'est qu'humilité. L'absolu ne vaut rien. Il stérilise, anesthésie, endort. Tue. Bâillonne à tout le moins. Ne reste que le chant. Le bruit. Le Verbe. Boucle bouclée ? Jusqu'à quand un toit t'oppressera-t-il de son ombre ? Mais c'est qu'il y a de la véhémence là-dedans, un sacré mouvement, une bousculade !

    Ne saurons-nous sortir de ces morcellements, ne rendrons-nous pas justice à tant de conviction, à tant d'enthousiasme ? Én théos ! Il est vrai que Dieu résout tout, du moins ouvre tout, propose une clôture qui soit à la fois suprême ouverture, infinie diversité ! Sans chercher aussi loin, ne serons-nous pas sensibles à cet appel du large, appel au nomadisme de l'esprit, corps immobile mais âme cherchant Dieu dans son dédale ? Jusqu'à quand t'enfermera la fumeuse prison de tes cités ? Mourons donc dans un bus déglingué, au fond de l'Alaska. Fuir ou rester ? S'il le faut, part. Ma focale est coincée. Le monde relatif m'échappe. Crois-moi, il me semble contempler ici un jopur plus lumineux ! Je m'éveille face à l'aube, au bord de ma caverne.

    Bientôt le soleil torride me renverra dans mon abri. Pour l'instant je bâille comme un lion, avec le soleil dans l'œil. Libre, immobile, retiré, joint au monde par courrier, vagabond des espaces infinis de la prière et de l'adoration, revenant à moi-même assez souvent pour dissiper les craintes infondées de fusion, d'absorption... Je jouis d'avoir rejeté le fardeau de la chair et de m'envoler vers le ciel brillant et pur. Adaptons : la chair serait notre télévsion, nos écrans. Notre société de communication ? Non, puisque Jérôme écrit pour convaincre. La réalité subsisterait, mais plus pure, comme sous un cristal filtrant, la conscience du monde caché au-dessus de nous autres. Vivre en vibrante et constante alternance entre le Haut et le Bas.  

     

  • Petite dose de cuistrerie

    J'ai le livre en double. Anne l'a racheté "pour qu'il ne tombe pas entre les mains d'un imbécile" : mauvais calcul, en vérité ! "Sed flore perenni / picta peregrinos ignorant arua rigores”. Les guérets sont peints d'une fleur pérenne. Voilà qui refleure son écolier limousin (de Guéret peut-être). Et non pas “émaillés”. “Picta” devait être aussi désuet qu' “émaillés”. Bon traducteur, M. Loyen. Bon transposeur. Bons soupirs, tant de fadeurs, de fadaises, de conventions. Des oripeaux. Je me débat parmi les oripeaux, comme Sylvie devant la malle de sa grand-mère valoisienne. Il serait temps de dire ici ce que je viens d'apprendre : que tout ce passage, "supplications de la déesse Rome à la déesse Aurore", est une imitation de Claudien. Vous ne connaissez pas Claudien.

    Peu m'en chaut à moi non plus. Un mélange de convenu, de nouveau, d'adapté, puisque Ricimer, Dictateur Germanique ! aura sa part de louanges. “Halant rura rosis”, mon Dieu que c'est beau, que c'est original. Les roses ne parfument pas. C'est la campagne, les campagnes, les “ruralités”, les “ruralia”, qui halent, qui “exhalent” - tenez : “les ruralia exhalent de roses”. Mallarméen, non ? O bienfaisante activité, comme tu dissipes brumes et cauchemars ! In commentis revivisco. Ce me serait une bonne devise. Je compte les minutes, mais minutes de vie. Je me débats entre tant de gens qui demandent de l'aide, cela m'apprendre à feindre l'amitié, puis à l'éprouver, pour l'amour de même : j'aurais mieux fait d'assumer ma saloperie. A présent je trouve à peine le temps de chier.

     

    Le baptême.JPG

    J'écris en tache d'huile. “Indiscriptosque per agros”, “et dans les champs non cadastrés”, “fragrat odor”, “le grain de l'odeur fragre”. Les Romains ne le sentaient pas ainsi. C'était peut-être tout usé. Tout fadasse. Englouti dans le niais. Mayröcker, Doris Lessing, n'en sont même pas exemptes. Dès qu'on parle de plantes. Il se pourrait même que rien de tout cela ne puisse pousser ensemble. Nous sommes si loin des Empereurs ! mais Anthémius signifie “Le Fleuri”. Lecteur de bonne volonté, reporte-toi donc à Lactance, dans ta bibliothèque de Professeur-de-Latin. Tu y verras la Source, car nos littérateurs de ce temps-là, et nos commentateurs eux-mêmes hélas, avaient la religion de la Source (Claudien, Lactance ?) - or la cuistrerie n'a pas de limite : Sidoine, dans les notes en bas de page, se renvoie à lui-même, par quatre références.

    Loyen lui-même, le traducteur, se renvoie à lui-même, sans fausse honte : y a-t-il un successeur, de nos jours, à Loyen ? Comme on étouffait aux temps anciens (ici de libertés). Chez Sidoine je ronfle.

  • A bas Bush !

    Je suis facho.

    Comme ça ce sera dit.

    Marre des procès d'intention. Je suis facho. Je vous dis ça parce que je reviens de faire les courses, tous les samedis bobonne et moi on va au Mutant, rien que des produits belgo-espagno-portuguech, on ne va tout de même pas acheter français en se foutant le porte-monnaie à plat, merde, y n'ont qu'à faire des lois moins cons. Ce que je veux dire, c'est que j'ai les moyens d'être facho : le ventre plein et le frigo itou. JE SUIS UN BEAUF FRONCTIONNAIRE RETRAITE (tiens, j'ai écrit “front”, trop beau le lapsus, je le laisse...) (Allez, on se défausse : je déteste les gros porcs qui veulent rétablir l'interdiction de l'avortement, la peine de mort, la délation généralisée, le révisionnisme voire le négationnisme, et foutre tout le monde à la porte à crever de faim sans allocation chômage : OK ?) - mais à part ça, JE SUIS FACHO.

    Rendez-vous compte : j'approuve Georges Bush, ouah le salaud, l'enculé ! J'approuve Sharon, ouah le pédé, le Feuj ! Ah ! Les braves journalistes frustrés de leur petit bain de sang ! On a voté en Irak ! 95 % de la population qui est contre, et 60% qui vont voter au péril de leur vie ! Cherchez l'erreur ! On me gueulait dessus : la démocratie ne s'importe pas à coups de bombes sur la gueule ! C'est un processus ! Un processus ! Je réponds : Moi l'nœud. Comment a-t-on fait en Bochie, en Japonie ? On leur a foutu des projectiles sur la tronche, on a rasé Dantzig, Hambourg, Dresde et Mannheim, Hiroshima et Nagasaki, et sans se gêner, allez hop, une grande rasade de démocratie et de dénazification, chez les deux peuples d'ailleurs, parce que c'est bien joli de pleurer sur les morts de l'atome, les femmes, les réfugiés et les petits nenfants, mais savons-nous que le Japon souffrait d'un régime aussi cinglé que celui d'Adolf ? Boucherie Duboeuf.JPG

    Ah non ça ne se dit pas, ça Monsieur ! Les néo-nazes qui manifestent à propos du bombardement de Dresde, ils ont bonne mine : c'est à cause d'eux que Dresde a été rasée – MAIS ! MAIS ! J'aimerais, moi, qu'il y ait uen manifestaiton d'Humanistes, parfaitement, pour protester contre le fait que ces jours-là, les Américains d'abord à 10 000 mètres, puis les Français (tiens, ça n'est pas mentionné dans le bulletin d'information, ça !) , puis pour finir, pour bien tout achever, les Anglais, se sont déshonorés à bord de leurs avions, dénazification ou pas, en faisant 35 000 morts civils, autant de déshonneur qu'à Hiroshima, ils se sont ravalés au même niveau que les nazis, parfaitement.

    OU BIEN on a bien fait dans les deux cas, OU BIEN on s'est déshonorés dans les deux cas... Qu'est-ce que c'est que ce “deux poids deux mesures”... ! Autrement dit, ceux qui manifestent à propos de Dresde... CE NE SONT PAS LES BONS MANIFESTANTS. L'ennui est que les humanistes, pardéfinition, restent dans leurs pantoufles, tandis que les néonazis, par définition aussi, foutent la merde... Les femmes et les enfants, bien sûr ! Il y a toujours des femmes et des enfants ! Je ne sais plus qui a dit (Russel, je crois : éclairez ma vessie) que “Toute guerre était de toute façon infiniment pire que les maux qu'elle prétendait guérir”... “Les Ricains, il fallait pas qu'ils y aillent !

    - Oui mais ils y sont maintenant : qu'est-ce qu'on fait ? - Ouah, putain cong, y fallait pas qu'i-z-y aillent ! - Oui mais ils y sont maintenant : qu'est-ce qu'on fait ? - Ouah con, mais fallait pas qu'ils y aillent !” (on voit que mes interlocuteurs n'étaient pas en panne d'arguments ; difficile de discuter avec des adversaires aussi intelligents, aussi subtils). Ils ont fini par lâcher qu'il ne fallait pas faire d'élection, que ça ne pouvait pas se passer comme ça, qu'il y avait une infinité de démocraties, que l'américaine n'était pas forcement la meilleure (pardon, pardon : tout sauf Saddam, mec...) - et qu'il était urgent (pour changer) d'attendre.

    Ben voilà. Soixante pour cent de votants. Ça ne ramènera pas la paix. Mais c'est déjà ça.