Fronfron55

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Cimetières

    Et j'ai fait mon entr? au Cimeti?e de Limoges. Non pas certes ?  le plus vaste d'Europe ?? (que dire du P?e Lachaise, comblde s?ultures jusqu'l'horizon (la premi?e fois que je l'ai visit j'ai demandau pas de course La sortie ! Au premier gardien) voire de la Chartreuse à Bordeaux où je reposerai un jour) cependant : les étagements de la nécropole de Limoges rappellent Lisbonne « le Haut de Saint Jean » (Cemiterio do Alto de Sao Joao), donnant vers le nord sur d'immenses et pouilleuses boîtes à peuple ou logements sociaux. Juste en face de la Secção Militare de la Grande Guerre, de l'autre côté des terrains vagues : la Picheleira, l'Alto do Pina.

    Mêmes terrassements Limoges, ou dans les rizières de Sumatra. Dans l'allée sup?ieure, o fut tourn? une s?uence avec Trintignant (il tient le r?e de jumeaux antagonistes, je n'ai pas bien compris) tout est bien net sous l'alignement des arbres : des sentiers spacieux, gravillonné  de frais, du solennel, du provincial. Puis je suis descendu par de larges degr? entaill? de perrons. Je n'ai rien vu de remarquable, me contentant de r??er haute voix (prendre garde ne pas se faire entendre) ("l'homme qui [parle] dans les cimeti?es"!) les noms de familles, d' individus, de fratries, hantant les lieux, faisant revivre cette antique croyance ?yptienne, que toute personne repronon?nt le nom du d?unt le rappelle l'existence. Le présentoir.JPG

    Je parle donc aux morts, ?iciers, employ? (curieusement absents des ?itaphes), jeunes m?es et anciens conscrits, me livrant avec conscience aux rites impassibles de la d?loration. Mais je jette toujours un ?il par-dessus mon ?aule, car il est moins facile encore de sortir d'un asile que d'un cimeti?e ; aussi les morts m'entendent avec reconnaisssance. Et la pire, la plus poignante chose que j'aie vue au cimeti?e de Limoges ne fut pas le tombeau d'une jeune fille (? Pourquoi vingt ans ? ? lu sur une plaque blanche) - mais celle d'un dessinateur au trait, portant cette ?itaphe ?lor? : ? A mon mari - A son oeuvre". Sur la tombe on voyait un m?iocre autoportrait, reproduit sur pierre blanche, avec talent mais sans g?ie ("Mention AB [douze sur vingt]) par l'effrayante et digne voix de sa Veuve ; tandis que sur trois ou quatre caveaux voisins figuraient trois portraits d'amis, du m?e auteur, joints dans le m?e p?im?re, n'ayant pu refuser ni de mourir peu apr? - ?un bon mouvement !" avait dit la veuve, les yeux rouges, muette peut-?re sous sa cape noire ni de faire placer sur soi les d?esp?? t?oignages d'une camaraderie ?ernelle.

    Telle ?ait d?ormais l'?endue de sa gloire, 25 m? autour d'un tombeau. Et c'est cela que j'avais trouvpoignant, qui m'avait point, au vu de ce th?tre anticipque je jouerai aussi, de ce d?lorable m?o, dans le vrai jusqu'aux larmes. Que fera graver ma fille en effet, ou ma veuve, sinon cette mention "HOMME DE LETTRES", que j'avais si fort raill? Queyrac (Cantal) et dont pr?ent, plus vieux, plus mort, je ne ricanais plus. Car on ne pourrait plus m?e montrer un portrait de ma plume, ou deux pages que j'eusse ?rites. Et remontant vers l'entr? sup?ieure, ?uis r?olu cette fois prendre le bus, j'aper?s juste avant la sortie, entre deux tombes, un rouleau de biscuits fourr? pour enfant abandonnl car de nos jours nous ne nourrissons plus nos morts ; en v?it c'?aient les morts eux-m?es qui me tendaient ce paquet cylindrique demi-clos, peine souill que les chiens n'auraient pu compisser, coinccomme il ?ait, qu'au prix de bien grotesques et improbables contorsions.

    Je m'empiffrai de ce quatre heures ?happaux mains d'un gosse so?de p?? macchabes ; le bus m'emmena au centre ville, oapr? m'?re sans n?essitabondamment r?pprovisionnau Super U, je remarquai au pied d'un banc de pierre dans un square un sac dos d?aissisolant du sol un second paquet de biscuits ! Quelle aventure ! Quelle ville nourrici?e que Limoges !

  • La fin des Macchabées

    J'assistai un jour à une séance du Tribunal d'Accès. Elle se tenait dans un souterrain voûté. Il s'agissait de savoir si tel ou tel mort était devenu, véritablement ou non, un squelette viable. Ces derniers, rangés derrière un grand couvercle en guise de bureau, huaient le candidat, par trois claquements de mâchoires, ou les applaudissaient (quatre claquements, deux fois deux). Ayant été récemment intronisé, je m'essayai aux claquements, mais cela fit rire: squelette de fraîche date, mes os résonnaient de façon molle et novice.

    Ci-dessous : "Les osselets", tableau d'Anne Jalevski - atelierdepeinture.blogs.sudouest.fr

    Les osselets.JPGC'était un tribunal d'une propreté éblouissante. Solennels, ils jugeaient une dizaine d'autres morts dans le même état, mais d'aspect bien plus noir.

    Un autre squelette, devant la barre, témoignait que chacun s’était bien débarrassé de toute trace de chair. L'un d'eux, appelé, se présenta muni d'un dernier lambeau mal placé, qu'il essaya de dissimuler entre ses cuisses. Ce furent des huées (trois claquements de mâchoires). Je récidivai. Les regards se tournèren de nouveau vers moi, et l'assistance éclata en huées de quatre claquements (deux fois deux), car j'avais encore, malgré tout, de nombreux lambeaux de chair.

    Je m'enfuis. Moi aussi je passai plus tard devant ce tribunal et m'en tirai fort bien, et même, certains de mes os tombaient en poussière. Dans la fosse commune, la situation est presque avantageuse, on vous fout dans la chaux vive, et après quelques jours de bousculade, les morts passent sans transition à l'état d'esprits. On peut se faufiler à travers pierres. On devient immatériel. On peut même remonter à l'air libre. Nous avons taillé quelques bavettes avec le gardien, qui nous assoit tous sur des sièges de paille et nous donne de quoi fumer.

    Enfin prendre l'air et ses ébats parmi les tombes, se prélasser ! Mais de nuit seulement. Nous nous allongeons parmi les sépultures, nous faisons des danses macabres grâce aux musiciens enterrés avec leur instrument.

    A l'issue du bal, nous finissons la soirée dans un caveau. Les propriétaires nous y offrent de l'encens. Sur différentes étagères, des cercueils, où les cadavres présentent leurs degrés de décomposition. Les plus jeunes, en se soulevant, peuvent participer aux réjouissances.

    Grâce au gardien, l'encens est complété par del'opium. Je fais des promenades avec la jeune fille que j'ai vue, et que j'aime. Demain, nous serons mariés. La vie continue. Nous irons en voyage de noces à l'étage au-dessous. ...Le macchabée fait ses ultimes découvertes. Tout a duré un ou deux ans dans son temps à lui, mais un million d'années sur terre. ..La bataille d'Azincourt est figée comme une gelée et se passe éternellement. On la retrouvera telle quelle. Pourra-t-on y toucher ? Les événements du passé sont ceux qu'ont imaginés les hommes de l'an 8000.

    Je suis persuadé qu'on voyagera dans le temps. A la limite, l'espace se recourbe sur lui-même comme une sphère. Nous sommes à sept milliards d'années-lumière et ici à la fois, mais ces deux points de l'espace se recouvrent : comme une vibration (tels les électrons qui bougent tant, qu'ils en restent immobiles. Il en est de même pour le temps.
    Mais je crains fort, cher Michel Houellebecq, d'avoir abusé de votre patience

  • Mutilations

    Plus au sud tr? vite le Midi, l'accent "putaing-cong" qui tartine sa vulgaritsur tout ce qu'il touche. La sueur. Les shorts. A sa mort, tout sera recouvert d'am?agements touristiques, mais pour les vingts ann?s qui viennent, il trouvera bien toujours quelques lieues carr?s.

    «  Je romps, parce que j'en ai marre des matins de visite la morgue, oj'erre, seul lev dans l'appartement. De cette vie sans autre avenir qu'une longue et inexorable d?radation des facultés corporelles, de la santé. Quitte à crever petit feu, autant le faire seul, sans observer chez l'autre les signes de sa propre irrémédiable décrépitude, et en bougeant. Sans cesse changer de lieu. Je sais bien que la mort m'attend, là-bas, à Samarcande. Mais je préfère crever en mouvement, qu'au chevet d'une femme perpétuellement éternellement - malade. »?

     

     

    Et entre chaque chapitre, un paragraphe de la lettre de rupture (N.D.L.A. : la chose a tourné autrement).

     

     

    LE GRAND OEUVRE 4

    RETOUR AU TEXTE

    Du désir de voyager en train pour être bien bloqué 

    La quadrature du cercle.JPGLa quadrature du cercle d'Anne Jakevski atelierdepeinture.blogs.sudouest.fr

     

    En voiture ; c'est tricher ; tous ceux pour qui l'avion même est devenu banal. Ils ne se rendent plus compte qu'ils voyagent. Aux Antilles. A Ceylan. Au Bhoutan. Le vrai voyage au ras du sol. En fait à pied. ? J'ai choisi le train ?. Comme ils disent. Les pieds gel?, la crasse et l'effort physique, surtout l'effort physique, que je m?rises de toute mon ?e pas question. Pas la volontnon plus du Grand d?aysement - ?Je ne sais pas, moi ! ? (votre interlocuteur ne ? sait ? jamais) ; si tu t'exiles, fais les choses en grand ! Les Andes, par exemple ! ?) - je ne vois pas comment je pourrais m'exalter, d?ouvrir en moi des horizons, des vertiges nouveaux et tout ce qui s'en suit, en chiant ma tourista avec 39 de fièvre 4000 m. d'altitude.

     

     

    Je me repose. D'avoir mang Je suis venu ici me reposer. Lire. Ecrire la main, cul nu sur la paille de chaise, la main entre cul et paille, les fesses gaufr?s - 22 pile de l'heure je stoppe, c'est mon rite, mon rythme. A l' heure ovient la chambri?e (la ling?e) du matin ?ousseter miettes, couvre-pied, derri?e, je sors. Je cherche le cimeti?e pied. La n?ropole est la premi?e chose, la plus vivante, que je cherche Limoges, comme ailleurs, toujours : dormir, lire, mourir ?re mort, le cimeti?e - avec l'?lise - ce qui d?ermine avant tout et d?init la Ville : "Ceux qui m'aiment prendront le train" - "le plus grand cimeti?e d'Europe" : c'est inexact - en Limousin les d??, les disparitions, surpassent nettement les naissances.

  • En passant par la Lorraine...

    "Le Tour de la France par deux enfants" ! Voilà bien le livre dont Chevènement devrait rendre la lecture obligatoire en ces temps d'oubli de la Patrie ! Car il fut, ce livre, celui même où tous les enfants apprenaient à la fois la lecture, l'histoire des grands hommes, l'économie de notre cher pays, et les vertus qui font d'un petit garçon un homme !

    "Tu seras un homme, mon fils !" - et tu seras un bon Français ! en ces années déchirantes où la France vient de se voir arrachées ses deux plus chères Provinces et la Lorraine, une voix, une voix féminine, car G. Bruno n'est autre qu'une femme sous pseudonyme masculin, s'élève pour apporter le réconfort à l'orgueil national meurtri. Et tout le monde s'arrache cette oeuvre providentielle, célébrant les vertus du patriotisme et du goût de l'effort !

    Les éditions s'en arracheront jusqu'à la guerre Quatorze, où son souvenir échauffa les états-majors, n'en doutons pas, ainsi que tous ceux qui partaient pour le front la fleur au fusil ! Mais il y eut une querelle : devait-on laisser subsister les passages où l'un des deux orphelins prie Dieu, ou remercie la Providence pour le secours qu'elle leur octroie ?

    Il y eut donc des éditions expurgées de toutes les prières et invocations, qui sont peu nombreuses et tout aussi excisables que les grommellements antisémites de Céline, pour en faire un oeuvre propre, présentable, laïque et républicaine. Et puis l'édition primitive prévalut bien sûr dans l'une de ces dernières années, où j'ai pu relire cet ouvrage aussi fondateur que "Sans Famille" ou "Les Misérables".

     

    Nu flou tordu.JPG

    Il faut dire aussi que l'autrice (un lecteur, une lectrice ; un auteur, une autrice, et non pas une auteure, ô ignares femelles) s'était aussi astreinte à une autocensure pas piquée des hannetons : en 1873, il n'était de bon ton ni d'évoquer la Révolution, ni l'Empire, ni rien de ce qui aurait pu fâcher. Il fallait à tout prix réconcilier une nation blessée, ne pas faire allusion à la Commune ni à la condition misérable des ouvriers.

    Pas un seul grand homme des années 1789 et suivantes donc, mais un légiste obscur ; Napoléon Ier ? seulement évoqué en une seule ligne par un Corse de passage, dont on ne décrit la province et le "plus grand capitaine de tous les temps", je cite, qu'en trois lignes à peine ; la Révolution n'a été qu'une période de malheurs, "où les Français se battaient les uns contre les autres", comme dit l'un des personnages de ce roman.

    Les ouvriers sont tous bons, tous travailleurs, tous prêts à faire le sacrifice de leur courte vie tout entière pour le redressement de la déesse France, à condition qu'ils ne boivent pas (épisode du roulier), ou qu'ils ne cherchent pas à rouler le patron qui les exploite (l'un des deux frères refuse avec indignation de faire comme on dit "danser l'anse du panier").

    Aucune critique non plus à l'encontre de l'Ancien Régime, qui pourrait bien revenir, on ne savait jamais, et c'est pourquoi l'on ne parle que de deux rois, Henri IV et sa poule au pot, et si j'ai bonne mémoire Charles IX, qui aurait tiré du protestant à l'arquebuse depuis son balcon du Louvre, mais peut-être ne parle-t-on même pas de lui. Tout est ainsi édulcoré, consensuel, ad usum Delphini dirait-on, car Julien, le plus petit des deux frères, n'a que sept ans, et rien ne doit le choquer.

    C'est lui qui lit à haute voix les passages des grandes biographies de Grands Hommes français, commençant par les mots fameux : "C'est en telle année que naît le jeune Untel..." - au cas où il serait venu à l'idée de l'un de ces génies de naître vieux. Mais ne nous moquons pas. C'est dans ce gros bouquin que le jeune frère, suivant aussi l'exemple de son aîné, toujours prêt à offrir ses bras pour un peu d'argent, ne voulant être à charge à personne dès l'âge de 14 ans, trouve une mine d'exemples édifiants.

    Il faut que l'on sache, partout où ils passent, de la Lorraine à Marseille, de Sète alors orthographiée C-e-tt-e à Bordeaux et jusqu'à Brest ou Lille, dans cette France meurtrie et dépecée, que le caractère français est de rebondir toujours dans l'adversité, de faire valoir son individualité, son individualisme, indépendamment dirait-on de tout climat politique ou social favorable ou non à l'expansion économique ou culturelle.

  • Pour la bonne bouche

    20. Et pourtant, oui, et pourtant..., si

     l'heure actuelle, avec mes 37 ans sonnés, je possdais un petit 
    commencement de gloire,...si j'en entrevoyais l'aube la 
    plus fr^ele, la plus hsitante..., si m^eme, à dfaut de gloire, 
    je jouissais d'un renom contestable, viager, 
    et douloureusement acquis, 
    accompagn de profits matériels ;
     voyais mon nom dans les journaux
     et savais que les gens
     s'occupent de moi ;
     soudain tout serait métamorphosé,
     le problme de mon âge se poserait 
    tout autrement. Jules ROMAINS
     "Les Hommes de Bonne Volonté" 
    T. VIII "Province", p. 145 21. 
    Les gens un peu habitués surveillant
     leurs pensées  peuvent rêver comme
     d'autres, et quand ils sont la proie 
    d'un rêve, ne pas parvenir s'en dgager,
     s'en rveiller ; mais ils savent 
    qu'ils r^event. id. ibid. p. 151 22.
     Le marquis de Lescous, la fin des rePas,
     roTe et PTe Comme un Sapeur-PomPier. 
    Jules ROMAINS "Les Hommes de Bonne Volont"
     T. VIII "Province" ch. V p. 33 23. 
    "A quoi bon ! ", (cri de guerre des paresseux).
     id. ibid. T. VIII ch. XII p. 156 24. 
    (La rvolution syndicaliste) est-elle 
    m^eme souhaitable ? avec son cortge
     de sabotages ? avec cette dsorganisation,
     cette putrfaction par en bas qu'on sent
     s'installer soudain, et cette agitation
     des incapables que toute supriorit,
     m^eme sortie de chez eux, pouvante ?
     id. ibid. T. IX "Montée des périls" 
    ch. 27 p. 225 
  • Bouillonnement

     

    CHAPITRE 1

    LA MORT QU'ON VOIT DANSER

    Freud, dansLe Mot d'esprit... - Laissez là Freud... - ...de troubler, de troubler ! - ...selon le programme, Monsieur Elliott, le programme, prenez donc un bon congé - qu'en penses-tuMagdadalena ?

    Ma femme dit : “Réfléchis”. C'est ne rien dire. Je toucherai toujours mon bon salaire. Tu vas tourner en rond dit-elle. Je réponds “Le chef et le sous-chef savent s'y prendre : “malade ! ...pas responsable !” - et c'est précisément ce que je sens, impossible de me vexer. - Repose-toi Terence dit Magdalena. Tu trouveras beaucoup de choses à faire. Nous allons tout repeindre en blanc chez nous. Je pense que c'est très con comme occupaton. Les meubles au centre avec des bâches. Les murs dégarnis de leurs cartes postales et le sol garni de journaux. Je repeins les moulures et les arêtes, Magda passe le rouleau.

    A midi pile pique-nique sur les tréteaux, ça sent la peinture, on boit du dix degrés dans des gobelets plastique, Magdalena n'a pas de maquillage. Son cou ressemble à Hébuterne, Jeanne, peinte par Modigliani et suicidée enceinte. Elle dit, Magdalena, que l'appartement sera plus clair. Toujours étroit, mais blanc : “Ça repousse les murs. - Et toujours aussi bruyant” dit Terence. “Ferme la fenêtre” dit Magdalena. Quelle idée d'habiter là, quelle idée, dix ans que ça dure Il ne reste plus qu'à disposer la table, l'armoire et le lit, autrement. “Ça change !” - Non, justement - c'est un tout petit appartement de deux pièces avec la cuisine en pan coupé.

    Magdalena reçoit ses patients rue Johnstown. Elle dit de pose{r] {son] manteau ici. Psychiatre, pas de sot métier ! chez moi, dit-elle, j'ai tout repeint en blanc. - Qu'est-ce que vous voulez que ça me foute dit un vieux monsieur (une thérapeute ne doit rien révéler de sa vie privée) - “vous êtes en effet ici, Monsieur Schtroumpf, pour vous soumettre à un test ; dessinez un village. - - Elémentaire ! dit Monsieur Schtroumpf, je sais d'avance que si je dessine en premier lieu l'église, ou la mairie (...)” - Magdalena laisse dire - c'est le discours du patient, dans les faits, qui le piège. Dans l'armoire de son cabinet, elle conserve des masques, certains confectionnés par les patients – de loin les plus horribles. “Essayez celui-ci.” Schtroumpf a choisi le Chien. Magdalena règle du bout du pied sous le bureau l'intensité de la lumière. Le choix des masques prend beaucoup de temps. Les femmes de cinquante ans hésitent à n'en plus finir. “Madame, dit la psychiatre, nous avons tout le temps.” L'une d'elles choisit le drill : singe au museau rouge et vert. L'autre élit sur photo l'homme le plus sympathique (“ressemble à mon défunt mari”, “pourrait être mon fils” - à l'envers on lit : “condamné pour viols”) - ...”s'il y a un fichier de femmes, pour les hommes ? - Tout est prévu. Tout le monde veut son test “à l'homo”, “pour voir”. Térence connaît toutes les ruses. Sa photo n'y figure pas. Fin de la présentation professionnelle du couple. Même après son congé Térence est insulté