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  • Détestable féerie

     

    Nous connaissons ce fantôme qui selon C. parcourut les venteux escaliers du château de C. - bourg ignoble, où les châtelains manquaient de richesse. Ce revenant, capitaine, coula en octobre 55 du siècle seize au large de St-Malo : l'Atlantique s'était dérobé sous sa quille, engouffrant les diamants. Borgne et unijambiste, souffle court, il faisait de sa jambe de bois, fabriquée au Brésil, retentir les voûtes. L''accompagnait un chat, qu'on entendait miauler. Sinistrement comme il se doit. Le capitaine une nuit disparut, dans un repli d'éternité : tout fut abandonné au chat : c'est lui que l'on montre encore aux visiteurs, mâchoires béantes jusqu'à démantibulation, retrouvé dans l'épaisseur du mur, dans la coulée de mortier où il fut compris, serré, moulé gueule ouverte dans l'épouvante ; ainsi Jean le Poète porta-t-il mentonnière sur son lit de mort, le cadavre bâillant sans qu'on le fasse clore - panique pour les visiteurs devant la bouche ouverte, noire et malodorante, du Maître.

    Pour qu'une ville, pour qu'un château fussent imprenables, inexpugnables, un homme était fondu dans l'épaisseur du mur, d'où le nom fondation : une agonie rapide, atroce. Un clochard se fit prendre ainsi dans le chantier Cambronne, son squelette voûté déboulant sans crier gare de son alcôve désoperculée par la réfection – ainsi disparut le capitaine C., fantôme éphémère à Combourg, toute écriture ainsi devant compter dès ses premières lignes un chef, un père, un frère, dont le rôle est sacrificiel. Ce chat sans nom ou cette chatte porta les premiers temps son collier de diamants ou brillants : aussi le château s'appelle de la Chatte aux Brillants. Qui voudrait aux touristes éclaircir ce point passerait pour un fou ; la chose est pourtant vérifiable, malgré a concurrence étayée sur l'autre acception du mot "chatte", ici mentionnée pour mémoire.

    Muni de ces précieux sésames, un certain gnome, héritier fantômal, errait à son tour sur la peau de son chat. Il se nommait Briand, mesurait un mètre quatre-vingts, les mesures étant moindres que les nôtres. Il portait les yeux rouges et les cheveux roux, se grattait le crâne sous l'épais bonnet pointu rouge ; si le chat passe sa patte au-dessus de l'oreille droite, il pleut. Le chat ne peut atteindre la gauche, par suite de courbatures. Description du chat : une vieille chatte revêche, supportant difficilement les fardeaux ; son poil sent le roussi, car le cul du gnome est très chaud.

     

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    Les doigts du gnome sont secs et gourds, sa bouche sinueuse et sa langue pointue, sauf du bout, arrondi , signe d'une excellente prédisposition pour les langues étrangères. Mais Briand (c'est le gnome) possèdant un cheveu sur la langue : l'allemand, l'anglais, le français, tous également méconnaissables. Ses yeux rouges, petits, enfoncés, phosphorescents, n'empêchent pas sa vue d'être détestable. Son chat est nyctalope : mais, acariâtre, il préfère dormir. Cependant il capture les mulots ; quand il les envisage, le gnome en frémit : son front se ride. La barbe rase du gnome couvre sur le menton un champ de dartres douloureuses. Les fesses enfin, le sexe de l'aztèque appartiennent au domaine conjectural : supposons-lui le postérieur taché d'escarres, et quelque sexe secondaire.

  • Appendice au mariage princier, sous forme de casserole

     

    Vous comprendrez alors la lourdeur des archivistes du château de Windsor pour soustraire jusqu'au milieu du XXIe siècle tous les documents qui tendent à démolir cette histoire à l'eau de rose d'un amour déçu, persécuté par la raison d'Etat : en réalité, si Edouard VIII eût régné, Hitler eût trouvé le souverain dont il rêvait, car la Wehrmacht était bien moins puissante qu'on ne l'aurait cru, et vainquit les alliés à grands coups de rapidité (le Blitzkrieg) et de bluff. Le Chancelier allemand eût fait une paix séparée avec l'Angleterre, eût étendu son territoire aux dépens de la France, la totalité de la Lorraine par exemple, plus la Franche-Comté, moyennant l'intégrité de l'Empire colonial britannique. On dirait Muriel.JPG

    Encore de nos jours, les archives sont "bloquées", "indisponibles", "égarées". Mais ce que l'on sait des "agendas cachés" (puisque tel est le titre anglais) puis révélés, c'est l'inqualifiable conduite du roi évincé pendant les années 39-40. Nous savons à présent que Hitler et son état major avaient projeté de faire une attaque de diversion en Belgique, pour éloigner les troupes françaises, et de porter ses efforts sur la fameuse Ligne Maginot, qui n'était pas si minable que cela. Or, les renseignements obligeamment fournis par SAR précisèrent au Führer que le front des Ardennes était le plus faible, et qu'il fallait déverser ses chars d'assaut par là : changement immédiat de tactique, la Ligne Maginot fut contournée, et la France ratiboisée en une douzaine de jours.

    Merci Edouard ! Qu'il fallait bien occuper, n'est-ce pas, avant de l'exiler. Au moment de l'attaque foudroyante des Allemands, ou juste avant, que faisait-il ? Je vous le donne en mille : il passait en revue les troupes de la Wehrmacht au garde-à-vous, comme en témoigne la photo de couverture. L'Anglais, le sourcil martial, en gabardine, défile devant les soldats qui lui présentent les armes ! Ce personnage était le frère du père, donc le tonton, de l'actuelle reine Elisabeth d'Angleterre, qui ne tient pas à ce que cela se sache, mais vous savez comment sont les historiens et autres journaleux : aucun respect de la vie privée des familles royales. Et ces revues de troupes, il en a fait plusieurs, six ou sept, en différents endroits du front, entre deux assauts victorieux. Après la guerre (ma chronologie vacille), il multiplia les démarches et les protestations pour grimper sur le trône, puisque n'est-ce pas tout était fini et qu'on n'allait pas l'embêter avec ces vétilles. Et la Simpson de se répandre en aigreurs de grande princesse frustrée.

  • "La maison du silence", de Pamuk

     

    C'est une vieille dame, Fatma, qui bâtonne les bâtards issus de son mari et d'une femme du peuple.

    L'un demeure boiteux, l'autre nain. Nulle plainte n'a été déposée. Le fils du boiteux aime la vraie petite-fille de Fatma, sa cousine. Beau massacre en perspective. Quand j'ai vu Hassan prendre la fuite, quand j'ai compris que la femme qui gisait sur le sol était Nilgune – car je me crois incapable d'être aimé, je frappe mon amour. Je me suis dit, vas-y, Rédjep, c'est le nain, devenu quinquagénaire, et j'ai lâché mes filets, les vrais hommes fuient à la course, les nabots se livrent à des ouvrages de dames, et je me suis mis à courir, c'est-à-dire comme un nain, fascinant, perturbant. Nilgune, qu'est-ce que tu as, mon enfant ? J'ai rempli finalement des fiches. Lobo-Antunès, Kertész, ¨Pamuk Tous racontent la même chose.

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    Ces auteurs déroulent d'immenses fresques, de préférence urbaines, relatant d'innombrables événements, démêlant les liens inextricables d'une vaste parentèle, étayant leur mélancolie très lasse par d'infimes accumulations. Elle était toute recroquevillée sur elle-même. Un punk frappait une femme à terre, et je poursuivais mon chemin. Elle se tenait la tête des deux mains. Sonia m'a offert ce livre à Noël La Maison du silence. Le dénouement est proche. La joue sur l'asphalte. Pourtant les jeunes femmes semblent interchangeables. Elle semblait se débattre. Une femme battue sur dix. Trois enfants incestés par classe de trente. Toujours en chambre d'hôtel (Bourg-en-Bresse).

    De la détresse - voilà ce que l'on trouve dans ces œuvres : de la détresse, un désabusement. De Lisbonne à Stamboul, en passant par l'Italie, la Hongrie, rien en France apparemment, et c'est pourquoi elle ne pensait même pas à crier. Le violeur pense en effet « nous ne parviendrons pas à leurs chevilles », elle se contentait de gémir. Je l'ai saisie par les épaules : - Nilgune... Nilgune... Il faut saisir les femmes par les épaules. Les hommes aimeraient que les femmes les prennent dans leurs bras. Elle a encore un peu pleuré. Puis tu l'embrasses, n'interromps jamais tes paroles, comme un policier prenant au téléphone un appel de détresse ; quand la femme pleure sur ta poitrine, c'est partie demi-gagnée. « Que faisais-tu pour attirer les femmes ? - Je les engueulais d'être femme, je n'en ai jamais séduit une seule, j'allais au bordel.  - On n'a jamais  eu besoin  d'aller au bordel ! - Moi j'évitais répondis-je de passer pour un con comme vous avec toutes vos contorsions de merde.  - Oui, mais on tire un coup. - C'est trop cher.. »

    Nilgune meurt à la page 379.

  • Mais comment font les autres ?

     

    Never explain, never complain. Ne pas se plaindre, ne pas se justifier - belle devise ! Mais si moi, moi j'ai toujours fait l'un et l'autre, avec passion. avec conviction ? Je suis un con, c'est cela? Sans rémission ? Les autres, les maudits autres, qui me disaient : “Tu mets l'accessoire avant l'essentiel.” “Il ne faut pas tenir compte des autres” pontifient les sages autoproclamés, individualistes comme touLes fameux t le monde et gros pleins de couilles, ceux qui vont répétant tout ce qui traîne dans les livres de morale – soit ! soit ! mais s'il se trouve qu'ils vous cherchent, les autres ? ...qu'ils viennent d'eux-mêmes vous glapir dans le nez – sans que vous leur ayez demandé quoi que ce soit - que non, vraiment, vous ne faites pas ce qu'il faut pour leur plaire, et ceci, et cela, et que vous êtes un véritable scandale public ?

    Ci-dessous : Axel - cf. atelier jalevski.blogs.sudouest.fr

     

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    Vous savez, tous ces petits Zorro de quartier, ces Salomon de chef-lieu de canton ! ...faudra-t-il vraiment les envoyer chier sans relâche, vivre en permanence dans la polémique et l'engueulade ? Les fameux t le monde et gros pleins de couilles, ceux qui vont répétant tout ce qui traîne dans les livres de morale – soit ! soit ! mais s'il se trouve qu'ils vous cherchent, les autres ? ...qu'ils viennent d'eux-mêmes vous glapir dans le nez – sans que vous leur ayez demandé quoi que ce soit - que non, vraiment, vous ne faites pas ce qu'il faut pour leur plaire, et ceci, et cela, et que vous êtes un véritable scandale public ?

    Les Autres. Les encensés Autres. Les sacrosaints Autres. “Comment se faire des amis” : rendez-vous compte, il y a même des ouvrages pour cela ! Dire que le rapport au conjoint représente une application particulière du rapport avec l'autre ! Hélas ! Céder pour être aimé !

    ...Qu'est-il d'ailleurs besoin d'être aimé. Incommensurable faiblesse, ignoble défaite, révoltante prédestination - en être réduit à réclamer des amis, des amours, comme un chien qui lèche sa gamelle vide, qui pourlèche la main qui le bat ? J'ai cédé sur tout. J'ai fréquenté des blaireaux, et j'y ai pris goût (quarante ans de batailles tout de même) ; crêché d'avril 68 à juillet 78 au-dessus de chez ma belle-mère précisément parce que je n'offrais pas, pour Sylvie, ou de quelque nom qu'il vous plaira de la nommer, les garanties suffisantes de l'amour. Je prenais donc les autres à témoin. J'ai toujours pris les autres à témoin. C'est pour cela qu'ils venaient toujours me baver leur avis en pleine gueule.

  • Cette ville où je meurs

     

     

    Thème : Un homme écrit sa lettre d'adieu. Il range ensuite tout soigneusement, il prend l'autorail d' Eygurande. Là-bas il s'installe et meurt.

    Développement :

    Un homme à sa table la tête dans les mains. Il choisit bien ses termes. Quarante-cinq à soixante-dix ans. Debout 1m 80, ni grand ni petit. S'il tourne la tête (à présent de trois-quarts arrière) on voit sa moustache. Peut-être pas celle de Nietzsche. Sympa, bourru, ils sont nombreux comme ça : ajoutez la fatigue, le soir, la vie. Le jour derrière soi – le jour ou la vie qui fatigue le plus ? En même temps, on ne veut pas se plaindre. On a sa fierté. Surtout on s'est déjà tant plaint qu'il serait temps, vraiment, de recouvrer enfin sa dignité. Disons du recul.

    Le nom de cet homme quitte à l'oublier souvent : convenu, pas trop difficile : va pour François, Grossetti, comme legénéral - d'origine étrangère lointaine, au-delà du grand-père, sans conscience trop communautaire.

    Une lettre d'adieu c'est délicat ; les descendants liront cela. Ou qui voudra. Il a appris trop tard. Tout ce qu'il comprend, c'est cette histoire de femme, pas de quoi fouetter un chat - justement, pour un plus jeune, qui n'a pas besoin de vingt minutes pour bander - un chat, un chat. Pas trop de souffrance, juste ce que ressentent les hommes de son âge. Peut-être y en a-t-il plus qu'on ne croit qui souffrent, parmi ceux qui n'ont pas fait d'études, privés dit-on de sensibilité disent les cons : « Ils ne sauraient s'analyser, n'agissent que dans la sottise. »

    Il n'a pas connu beaucoup de femmes. Juste la sienne, à peu près - quelques putes ; quelques autres aussi, des vraies, dans le provisoire : pas envie de revivre. Il n'en cherche pas d'autres. La vie n'est plus comme avant, ce qui signifie pas que tout soit mort. Il n'est pas certain non plus qu'il faille récapituler tout son passé, à vrai dire on s'en passerait. Y compris de la lettre d'adieu. Ou de soi. De l'orgueil. De la pitié. Il se lève dans l'appartement vide, retaille aux ciseaux ses moustaches - la tête encore acceptable, les fanons peu marqués, des rides d'expression, des cheveux pas trop clairsemés, les hommes la nuit font des rêves, pas les ordinateurs. Le réfrigérateur du fromage et du beurre, un pot de yaourt nature, il le mange.

    Il n'éprouve aucune tristesse. C'est un exercice. Il ne peut vivre ici, première idée claire : tout paraît rebattu sans elle, partie sans regret de part et d'autre. « Je n'ai fait aucun effort ? Aucune modification d'emploi du temps et Thalassa le vendredi. « Tu pourrais maigrir » disait-elle. " Pas question » pensait-il. « Comme je suis. » (« Les croque-morts devront sentir le poids d'un homme tel que moi." La queue, un prétexte, mais va savoir ce qu'elles pensent.

  • Dialogue avec Pamuk

     

    Un jour il ne restera plus qu'à contempler - (...) et pour s'estamper les uns les autres ; ils ne me remarquent même pas » - mais un jour je serai célèbre, car j'avais juré de ne jamais m'abandonner, mais moi aussi je me fous bien de vous, resté seul, resté tel, perdu dans l'exégèse, Servius d'un inconnu Virgile – mes beaux messieurs à la cravate, tas de cocus ! Passe ma locataire Jeanne sur le sentier, 91 ans, guidée par son gendre, il n'y a pereonne encore à la plage, voici devant moi mon cœur étreint de pitié, je suis entré gratis parce que les gardiens ne sont pas encore arrivés. Le lendemain je poursuivis l'aventure, ma main prisonnière sous ma pyramide. Pourquoi suis-je devenu historien ? Rencontré Michel P., visant le bac, ayant plongé , sans grands vocabulaire ni croyances, défenseur mou des voyous de banlieue, je lui parle de moi ; Farouk, personnage de Pamuk, s'est intéressé à l'Histoire à l'âge de 17 ans. Mes journaux de l'époque ne parlent que découragements et désolations. « Tu t'exprimes déjà comme à cinquante ans ». Jamais je n'ai eu d' « enthousiasme de la jeunesse », on ne me la « faisait » pas, à moi. J'avais perdu ma mère au printemps de cette année-là . J'écrivais en allemand « le malheur est sur notre maison » à mon correspondant. Elevé dans la peur et l'effondrement, mon nom sera sur mon cercueil et j'emporterai toutes mes tares. J'ai déménagé, c'était chouette, pas de filles au Maroc, juste des putes en vente libre. Puis j'ai repassé la mer, et j'avais passé l'été à lire les livres de la bibliothèque de mon père : 29 tomes des « Hommes de bonne volonté »,non indispensables.

    ci-dessous : "les osselets", d'Anne Jalevski, artiste peintre. Voir atelier jalevski.blogs.sudouest.fr

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    Vivant chez mes parents, sans échange de souffle, ainsi la vérité se cache sous chaque vie ; Farouk se promène dans les vergers, tandis que je brossais comme un sanglier,  singularis porcus , dans les buissons, transistor à l'oreill. Je fis lever dans les herbes un couple qui baisait, furieux, très laid, tout en réfléchissant à mes lectures. J'étais seul et fou. Parfois dans un groupe où je me sentais entouré, un peu, pourvu que je ne dise rien à personne : « professeur d'histoire et de géographie » (j'avais pris un pour parler de ma vocation un air d'enfance et de triomphe - on m'avait trouvé mon sobriquet) ...Mais l'automne venu, je suis allé me présenter à la faculté d'histoire. Ruinant net Karl Marx, alors dictatorial, morne, mort - ce fut la littérature qui l'emporta, latin, grec, hébreu. Je crois bien que mon père n'avait pas apprécié mon choix. Il m'admirait, ne parlait que de moi, j'en avais des échos, dans le journal un article parut sur moi, « reçu trois fois fin septembre ». Le vingt-cinq janvier de l'an 6 je courus m'enfouir dans l'obscurité du travail solitaire.

    A présent je comprenais mieux qui s'exprimait, chez Orhan Pamuk, dans ce permanent brouillage de la première personne, du petit-fils à la grand-mère, et si je réveillaisle nain pour qu'il me prépare de l'achouré ? Je reconnaissais la grand-mère et son petit-fils difforme né de sa rivale, né du mauvais ventre. Je pourrais frapper le plancher de ma canne, et la canne s'enfoncerait dans le nœud du bois, d'où quelque machiniste malencontreux le repousserait : fou rire du public. Réveille-toi, nabot ! Bouvard et Pécuchet de moi-même, je recopie, en pleine nuit, Dame, me dirait-il, tandis qu'à Sarajevo l'on calcine les livres, ruinant jusqu'aux tréfonds les présences haïes, et en cette saison? Je me relève pour le chat qui miaule, déplaçant des objets dans l'ombre, N'y pensez plus, Dame, dormez bien, mes éditeurs ronronnent, « je vous aurai menés jusqu'à ma catastrophe », Je vous en ferai demain matin. Sous mon menton désormais se marque le premier cordage de fanon, ma tête se dressera sur un faisceau de chairs cordées, Si tu ne me sers à rien, le dire et le rien sont une seule même chose, Quelle est ta place dans cette maison, hein, va-t'en ! je baisserai l'échine, plierai les jambes sous ma bosse, mais il est capable d'aller tout leur rapporter, je ne supporte plus d'être jugé. Oh, si vous saviez, mes enfants, tout ce que me fait subir votre grand-mère ! Mais dans ce cas, pourquoi es-tu toujours là ! Pour eux non plus, les grands hommes, il ne se passe rien. Pourquoi ce nain n'a-t-il pas vidé les lieux, comme l'a fait son frère ? Il est capable de me dire, vous savez très bien. Mes mots et mes silences auraient fait le tour du monde et nous vivons en continuation des morts, tiens, Ismaël, prenez cet argent, prends cette amitié. Pamuk est acquitté d'avoir donné « mauvaise image de la Turquie » ( 05 02 53)