30.10.2009

Fragment d'extrait

 

Il ne faut pas frapper les enfants. Ça ferait du bien. Puis les hyènes. Ça recommencerait, plus haut, plus fort – je ne tremble plus – je respire à fond. Une fois tout de même l'un d'eux s'est pris toute la largeur d'un bouquin sur la gueule – c'est pas moi – qu'y gueulait – c'est pas moij'ai répondu. Pour se valoriser Térence a rédigé une Thèse sur Shelley (Percy Bysshe), correspond avec Oxford, Boston (Mass.), avec un tarif, un pèse-lettre (pas de queue au bureau de poste) ; la boîte aux lettres d'ici s'encastre dans un renfoncement. Terence prend les petits pas chinois dans l'herbe et dépose à l'abri son courrier dans une autre boîte lointaine ; le long du chemin les vitres renvoient son image droite et digne.

Ce lundi la poste a muré le renfoncement, les jeunes sont partis. Il descend de voiture et pousse un caddie de supermarché. Je ne veux pas être vu.. Magdalena dit On se fout de te voir ou non. Il se sert dans les rayons. Il fait bien attention aux rencontres. Il croit entendre des rires, il remonte les épaules, il opère un savant détour. Pour son tabac il passe par l'arrière ; ces derniers mois les buis ont bien poussé. Prendre le pain avant sept heures. Magdalena est fille de Rachel. (Rachel = belle-mère de Térence). Elle habite à B. rue Jonas. Bourgeoise et bohème, en ce temps-là aime les fleurs, les grands foulards et une affiche de Mucha.

Elle a quantité de livres et de bibelots, pas d'homme (séparée de corps depuis 10 ans) et le couvre-lit de percale orange à motifs mauves : Mickey dix-huit fois répété. Magdalena lui rend visite ; sa mère donc lui offre une toque : “Tu la porteras cet hiver! - Je ne veux pas d'affaires volées. - C'est plus fort que moi, dit la mère. La fille psychiatre observe que sa mère trie ses vêtements sur le lit chaque fois qu'elle la visite : “Maman a des goûts de perroquet. - Tu ne comprends rien à l'Art. - Jette ça” disent-elles. Dans une heure Magdalena reprend le train. Rachel n'est pas le vrai nom de sa mère, qui sollicite tous les metteurs en scène pour remonter sur les planches.

Elle s'intéresse à la politique, chacun l'aime et lui confie des tracts ; quand il lui prend des bouffées catholiques, elle fréquente les associations paroissiales. Plus un grand nez en tremplin de ski, le sien. Souvent elle médite, longuement, dans une espèce d'éblouissement. Pour compléter le tableau familial, Magdalena possède une fillette de deux ans : Chloé. Dans l'ordre, Rachel, Magdalena, Chloé. “R.M.C., “Radio Monte-Carlo” dit Rachel. Au loin prospère le cabinet privé de la psychiatre. Tous les dimanches à 10 h Magdalena téléphone à sa mère (tarif économique) “Je suis restée seule” dit Rachel. “Ta sœur Vivette emménage dans les trois pièces restées libres” jeune fille de quinze ans chaudement recommandée par le Secours Catholique. Elle s'habille très chic. Je ferai de son appartement un joyau.” Pour les vacances Térence et sa femme reviennent chez Rachel à B.

 

Je leur suis très reconnaissante dit-elle à Vivette de leur assiduité. La petite Chloé pousse bien. A Pâques et pour la faire marcher (“Je suis grand-mère !”) Rachel place ses grands pieds sous les siens ; 41 c'est grand pour une femme. Je la vois toujours souriante. Rachel écrit dans son journal qu'elle atteint la Grande Maturité, par le “plaisir des choses terrestres” : “Il vaut mieux que je me suicide”. “Allô je n'ai plus de nouvelles” téléphone Magdalena. “C'est à toi de téléphoner, ma fille” répond Rachel. - Tu trouves toujours un prétexte pour passer ton tour, ma mère. - J'ai acheté un chien. - Comment? - Je l'ai détesté d'emblée. - Rends-le ! - Il aboie au moindre bruit. - Tu es complètement folle. - Tu n'as jamais pu supporter ta propre mère.” Elle ajoute qu'elle a réussi sa vie ; qu'il n'y a pas eu la moindre lubie dans son existence ; qu'elle a été l'artiste la mieux payée dans “Les Vignes du seigneur” en 79. Magdalena demande si “[elle va] inscrire [s]on chien au parti.” - Je ne peux plus faire de politique, avec le chien. - Tu exagères ! - Depuis que vous êtes partis, je n'ai plus envie de voir personne.

- Je connais ton discours par cœur. - Allô ? ... Allô !...

 

X

 

“... Je te passe maman. - C'est toi Vivette ?... reste à l'écoute. - Ici Rachel. Vous m'entendez ? Térence est avec toi ? J'ai acheté un revolver. (Si c'est pour tuer le chien.) “Pas du tout. Je ne manque de rien. Vous ne me manquez pas le moins du monde.” Terence s'agite sur son siège. Dans l'écouteur retentissent des aboiements frénétiques. Le gendre dépressif crie : “Ne jouez pas !

Je lève dit-elle mon revolver, à la santé, à la santé de... Mandrin ! silence quand je me tue ! - Ici Magdalena ! ici Magdalena ! Tu va cesser tes ravages im-mé-diate-ment !” Détonation, glapissements de chien dans l'écouteur - “Elle l'a raté” dit Terence.

Ils se regardent tous les deux extrêmement pâles, joignent le Commissariat “toutes les lignes sont pour le moment occupées - six minutes plus tard de B. un gradé leur annonce le suicide effectif de Rachel Bratsch “Le chien n'a rien, Madame Elliott” L'enterrement dit-elle se fera sans moi Je ne te demande rien Terence. Assurément : ils seront libres, passeront leurs vacances en lieu sûr, achèteront une maison vaste et neuve – la morte sape cependant tous les projets, par des cheminements inconnus. Magdalena commande deux billets de chemin de fer pour B. (une voisine gardera l'enfant) Je ne viens pas dit Terence au guichetier, est-il possible de ne prendre qu'une réservation

 

je me déciderai au dernier moment le dernier moment c'est maintenant dit le guichetier Finalement Térence reste à quai. Derrière la vitre du TGV Magdalena fait des signes obscurs, j'aurais pu pense Elliott manifester moins d'égoïsme. Rachel s'installe près de lui toute morte dans le métro du retour, elle enlace aux siennes ses jambes d'artiste nous l'aurons si peu connue – je ne l'entendrai plus jacasser - combien pourra-t-il tirer de ses trois étages Quartier Jardin Public ? - récupérer Chloé chez la voisine - avec le magot légué par sa mère à lui en 84, plus les intérêts – mit den Zinsen, und den Zinsen der Zinsen.. - au téléphone Chloé sur les bras Térence demande comment s'est déroulée la cérémonie. “Avant de fermer le couvercle dit Magdalena j'ai coupé une mèche sur le front – Qui est venu ? Allô? Allô ? - Pas toi.” Le soir, l'enfant couchée, Térence apporte son plateau devant la télé, avec du vin et des biscottes, les pieds devant lui sur une chaise : j'ai des escarres au c ul.

Le lendemain Magdalena demande au bout du fil s'il s'ennuie. Non, je lis, je me promène. - Tu n'as besoin de personne ? - De toi – je plaisante - j'ai perdu ma belle-mère - je t'appelle du bistrot (ajoute-t-il) Rachelest restée là (sur l'estomac) et là (sur la tête). - Bois un coup dit un ouvrier. Fais du vélo ! - Je hais les coups de pédales. - Tu parles pas comme tout le monde, dit l'ouvrier ; va chez tes potes. - Tu m'inviterais, toi ? J'ai mes bouquins, j'ai la télé... - On ferme l'intello, tu rentres chez toi... - Pour voir ma morte ? - Tu fais comme tu veux mon n'veu...” Térence au téléphone : “Allô ? je te rappelle retour du café - Tu ne bois pas trop ?

- Et ta mère ? - Toujours morte, Térence...” Quand je boit, la morte se noie. Mais elle a plus d'un tour dans son cercueil . Le professeur Elliott (on l'avait oublié) ne songe plus à éviter ses élèves il dit j'ai pris un congé parce que je me suis fait traiter d'enculé. “C'est vrai m'sieur ? - Que je suis un enculé ? - Oh non M'sieur ! - Vot' femme M'sieur elle est gentille ; pourquoi qu'on la voit jamais? - Foutez-lui la paix, à ce naze.” Térence dit que non, qu'on ne le dérange pas, qu'il aime bien parler, qu'il voudrait une pression et trois Coca, il dit j'espère que je ne suis pas ridicule ? et les jeunes s'écartent précipitamment.

29.10.2009

J'oublie tout

Ben voilà, mes dotrouducuments furent rétrouducupérés, mais tout vides. Avec le nombre d'octets, mais tout vides. Je vais faire un répertoriage. Tout m'échappe. Prout. Heureusement, je corrige un ouvrage sur CELAN, coup de foudre, j'ai acheté "Renverse du souffle", en bilingue (Atemwende), traduction Jean-Pierre Lefebvre. Plus un dico hébreu translitéré, plus de problèmes avec les vocalisations.  Bonne journée de boulot. Quant à vous, merci de me rester fidè-ouè-ouè-ouèleueueueu. Putain d'ordi, vous savez qu'il n'y a rien de tel que le papier malgré tout ? Tiens, je me rebouffe une quatrième pomme : prrrrouththth... Et il ya Quignard aussi, La Nuit sexuelle, autre chose que Titeuf, du chef-d'oeuvre, et supérieur à Calassio, parce qu'au moins c'est sobre. Chaque mot correspond à une haleine. A pluche, dit l'ours. Sauvez-les ! les ours polaires ! Allez ciao.

26.10.2009

Ben voilà voilà voilà

Ah queue j'estois très fier d'avoir pu reconfigurer mon disque dur après écran bleu, ah que je suis con de ne pas m'être rendu compte que ça m'effaçait deux ans de boulot ! Il paraît qu'il faut sauvegarder sur des clés USB : eh meeeeerde ! Putain de mordel de berde ! Et ça vous fait marrer tas de nazes !!! Je veux crever ! Mais pas tout de suite....

24.10.2009

Etrillage

Retroussons nos manches, astiquons nos massues : nous avons un vieil étrillage à concocter, ce qui manque de charité, mais point d'excrément. Jacques Roubaud a commis un troisième volume des aventures d'Hortense, "L'exil d'Hortense", roman, chez Seghers. Vous me direz que de n'avoir pas lu les deux premiers ne m'a pas permis de me faire un jugement. Et moi je dis a contratio : heureusement que je m'en suis dispensé. Ce troisième sera mon dernier. Hortense est une femme, bien que son nom dérive de saint Hortensius, évêque. Sa vie se passe bien moins chastement. Son excuse est qu'elle aime... Nous supposons que lem odèle en fut Caroline Chérie. Soit. Mais Caroline fait rêver. Hortense fait chier.

Hortense est trop visiblement la créature de Roubaud, vieux et chauve amateur de chats que je hais (pas les chats). Roubaud par-ci, Roubaud par-là, prend un malin plaisir à intervenir en tous lieux en tous temps, déflaubertisant le roman, faisant exprès qu'on n'y croie pas. Il multiplie les parenthèses, se commente, glose son commentaire et se livre à la critique exégétique de sa glose (n'ayez pas peur, ça ne mord pas), ce qui pourrait être facétieux, et tenir lieu de contrainte oulipienne certes ("parler sans cesse de soi sans contrainte"), si tout n'était si lourd et si plate comme l'épée de Charlemagne.

Le préjugé consiste à eestimer qu'un défaut s'abolit si on le dénonce, puis si l'on déno nce sa dénonciation : vous me suivez toujours ? Eh bien pas du tout : si je vous dis que je suis con, ce n'est nullement une preuve que je ne le suis pas. Si je vous dis "C'est agaçant, hein ?", même si vous riez (deux fois, mais pas trente, monsieur Roubaud), ce ne sera pas moins agaçant. Si vous répétez 500 fois "Je connais la manière d'emmerder les gens", vous les emmerderez par le fait même de la répétition.

Nous savons bien où le sieur Roubaud a puisé son illustre modèle : dans la lettre Q de Queneau, lequel utilise sans cesse de telles astuces. Même si je n'apprécie pas toujours le grand Raymond, lui est toutefois reconnu sans ambages une extraodinaire finesse, un humour de sourire de derrière la moustache, bref, une culture. Mais Roubaud en fait une tonne au gramme. Or il se trouve que la page 94, comme tout passage, fournit matière à abondance de commentaires. Voilà de la littérature professorale (de maths, soyons précise) destinée donc à KOKO mentaires. Il en est des passages de Roubaud comme des femmes : infectes en général, toutes intéressantes à l'unité. Nous reconnaissons bien sûrun dialogue platonicien, une allusion à la pluralité desm ondes si bien illustrée par H.G. Wells, un ton postvoltairien, voire un soupçon de Rabelais opar les ânes volants. 

For bien monsieur le Prof ! ce serait encore mieux (en coup de pied de l'âne justement) si les personnages avaient quelque épaisseur. Monsieur Roubaud ne veut pas qu'ils en aient, afin de parfaire un  antiroman par contre-pied : au point que les amoureux d'Hortense, le bon et le méchant, sont une seule et même personne.

Ah mais ! on s'ennuie. Où Queneau en mettrait dix lignes, Roubaud en fourgue quatre pages. Alors je m'arrête là, mais je ne désarme pas. HORTENSE ME FAIT CHIER. POINT.

19.10.2009

Funérailles royales

 

La roue tourne. A intervalles réguliers le canon tonne. Les funérailles. Les spectateurs voient de leurs étages les factionnaires, devant le perron du palais. Une double haie de gardes sinue de part et d'autre de l'allée jusqu'au sommet du tertre où s'élève le tombeau. A droite et à gauche de l'escalier à double révolution se massent, dans la pénombre moite, les cavaliers de l'escorte.

On devine plus sombre le char funèbre tout attelé ; déjà sur les chevaux quelques torches s'enflamment dans le noir poisseux. Toujours le canon. Les lueurs blêmissent les traits des premiers gardes ; les baïonnettes luisent suspendues au-dessus des têtes jusqu'à l'orée des taillis. On n'entend que les renâclements des chevaux, le grésillement de la résine. Et sur un coup de canon la façade entière s'illumine. Montrant à l'intérieur une multitude de serviteurs portant chacun sa torche, qui dévalent l'escalier à double révolution pour se poster autour du char funèbre. Au commandement les cavaliers enflamment à leur tour leurs flambeaux – très raides sur leurs selles – de proche en proche, jusqu'au sommet du tertre.

Le cercueil paraît en haut des marches. Porteurs et Boîte à Mort descendent le plan incliné ménagé entre les ailes courbes du perron. Des musiciens de part et d'autre. Les tambours voilés de crêpe, trompes, cordes. Tous en grande livrée – schwarzviolette – puis le clergé. A droite du corps vient à l'amble le hongre porte-timbales ; quand elles commencent à rouler, la symphonie fait silence, le vent se lève, le canon passe sur la foule hagarde et silencieuse. Puis monte le premier murmure des hommes de Dieu. Tous les gens de cour alors descendent en rangs le double escalier ; il en vient encore du haut des marches quand la tête du cortège atteint déjà les grilles de Solitüdenschloss. Autour du cortège englobé, comme par un étui vivant, la cavalerie mouvante des dadoukoï (porte-torches) se meut savamment, pointe d'épée flamboyante. Lorsque le dernier homme enfin quitte le palais illuminé le timbalier de tête frappe quatre coups et tous entonnent le Requiem d'Eliphas Fels, absent.

Le canon tonne et des cris sont scandés. Les chevaux manœuvrant cernent tout le cortège d'un double périmètre galopant de flammes - double Phlégéton - montant, descendant, si bien qu'on entrevoit les yeux et les fronts blêmes des cavaliers de l'ombre à la lumière et des lumières à l'ombre (derrière eux les paysans "guenilleux", "les yeux écarquillés" ; avec leurs enfants sur l'épaule) (et les bourgeois contrits) (et tout le Würtemberg pour voir passer le Roi) (La Mort leRoy).

Noter que sous les voûtes des arbres le spectacle est devenu effrayant, les cavaliers sautant parmi les ombres (serpentant sur le sol). Que parfois sur un commandement les torches tournoient à bout de bras frôlant le flanc des bêtes et chevaux de hennir (wiehern)(gerbes d'étincelles, odeur de crin roussi). Coupant le chemin du cercueil avec-le-Roi-dedans, les chevaux se croisent cabrés puis reprennent leurs rondes concentriques : ventre à terre parmi les brindilles enflammées (placer : "sentier sinueux", "écheveau d'Apocalypse")(les cavaliers ne crient plus) (placer aussi "martèlement des sabots", "branches foulées", "timbales" [encore] ).

Bref : les courants de feu s'apaisent, on prend un petit trot lent et régulier, obsédant, sous la pluie fine qui se met à tomber faisant grésiller les torches. "Un cercle immense se forme, le fossoyeur parut, l'assemblée se tint immobile sous les torches mouvantes, et c'était quelque chose d'horrible et de formidable que ce spectacle de cinq mille paires d'yeux étincelant dans les ténèbres, fixés sur ce seul acteur voulu le plus déguenillé possible et qui creusait avec recueillement, dans le silence le plus total (...)

("les soldats, tout le long du sentier déserté, formaient une garde d'ombres");

...Eh bien merde, c'était chiadé quand même...




  •  


17.10.2009

Sur les lieux de son crime...

 En sortant du train, je ne me souviens plus si la gare se trouve au nord ou au sud de la ville... « Sortie ». « Avenue Carnot ». A l'hôtel Welcome, un gros ivrogne me reçoit, me loge au n° 3 (tout est en réfection), puis, se ravisant : “Prenez la douze !” Sa femme est slave, il l'appelle « la Russe » ou « Magdalena », elle gazouille avec un accent merveilleux qui donne une irrésistible envie de vieille galanterie. Elle avale ses mots, chante, roucoule, je lui parle en russe, elle s'évente de la main : « Je ne peux vous rrrrépondrrre... Je suis choquée » - (« émue » ?) Je ne recommencerai plus. Le mari se met à me tutoyer. Certains hommes choisissent leur partenaire sur catalogue de femmes de l'Est, ensuite, peut-être, corvéées à merci - prêtes à tout pour fuir la misère ?

Est-elle battue ? je ne suis pas à l'intérieur de ces femmes-là. Je m'installe, télé, frigo, 30 euros par jour et repos. La première chose à faire est de repérer un cybercafé. « Au centre, sur le plateau », me dit un passant – c'est vrai, je m'en souviens, on dit « le Plateau » de Laon. Montée coupe-souffle de l'escalier municipal, station à chaque volée de 20 marches, de plus en plus longue, atteinte enfin de la vieille ville – vagues réminiscences d'il y a 50 ans – ou 30, mais 76 a sombré dans l'oubli. Je trouve ce cybercafé. Un jeune homme charmant, j'entends qui me charme, au point de me faire minauder (je me retiens de justesse, craignant de passer pour une vieille tante) m'ouvre une boîte de dialogue, et dès 18 h je peux envoyer Marine Le Pen à l'éditeur.

Je ne suis pas venu ici me délecter comme à l'accoutumée : je dois travailler deux heures par jour à ce fameux répertoriage des femmes politiques. Je me souviens à présent des circonstances où j'entendis un accent si chantant : c'était celui de la Koleva ; ma Russe est une Bulgare. Les Bulgares comprennent le russe, mais utilisent une langue à eux. Après le téléphonage d'Annie, après les informations, après Trois mariages et un enterrement, je suis allé me promener de nuit, sous la bruine, et suis redescendu par l'escalier : dans les 300 marches. Puis j'ai allumé la télé, pour voir la fin de Thelma et Louise...

15.10.2009

Stendhal, etc.

 Or un homme, un vrai, c'est celui qui coïte, fût-ce avec tendresse. Un homme pénètre. Que la femme l'admette ou non. Rien ne me satisfait plus que ces vues dites pornographiques, où je vois le monde en train de se faire, l'acte cosmogonique même sous mes yeux écarquillés, preuve par neuf de la non-castration, apologie du plaisir le plus pur, sans plus aucun danger de reproduction humaine. Donc Stendhal ne fut pas un homme : il baisa peu. Ceux qui baisent trop m'exaspèrent aussi : rien de plus vulgaire que ces étalages et comptabilités de Don Juan ou du Signor Trois-Couilles-à Pattes alias Casanova – encore une œuvre que je ne suis pas près de perdre mon temps à lire. Au moins chez Don Juan y a-t-il cette fiévreuse interrogation sur la Vie et la Mort ; mais Casanova n'est qu'un vide-couilles ambulant, un clystère. Stendhal a longtemps plagié. Il aurait laborieusement brodé pour La Chartreuse de Parme (écrite en fait rapidement).

Rien jusqu'ici de grand, d'ample, d'interminable, comme chez Honoré, dit « de Balzac », dont on ne perçoit pas les limites comme de l'univers. Ou Proust ; un homme, un vrai, pénétration mise à part. Seul homme à être plus femme que les femmes, si ces dernières s'avisaient enfin de se chercher en femmes, au lieu de se borner à manier leurs ciseaux à eunuques. Stendhal sans trique m'étrique. C'est un petit ventru. Il devait puer des pieds. Les élucubrations de Crouzet sur sa puceauterie ne me semblent pas mériter tant de soubresauts épiques remontés à la manivelle, comme on essaie de se branler en bandant mou. Eh boudi con que de haine. Julie, l'âme-sœur, de qui dépend un bonheur angélique, doit exister. Il s'agit de la Julie de Saint-Preux. Alors commence une palinodie ; accrochons-nous : il n'est rien de si vertigineux, de si chavirant, que les bonheurs de l'âme où le sexe n'intervient pas.

Un homme se perdrait là dans la plus abjecte soumission. Nous ne sommes finalement qu'un appendice. Assez sur ce chapitre. Selon les valeurs de Grenoble, le fils Beyle pouvait prétendre à la fille Mourrier. Certes. Quelle retombée. Le mariage. Quelle belle chose si l'homme y commande et que la femme en soit heureuse. Mais cela n'a point existé. Mais ce serait prendre le roman par la fin - « par la queue » disait Madelon dans les Couilles ridicules, pardon les Précieuses. Ça y est, ma connerie m'endort. L'effet orgasme sans doute. Le « qu'est-ce que c'est qu'une œuvre ». Que me fait cette Mme Mourrier. Les caniches ordinaires éprouvent bien du bonheur. Henri ne s'intéresse qu'au roman – moi, c'est la substance de la littérature (oui moi parfaitement, après Stendhal) ; consistant à écrire de droite et de gauche, n'importe quoi, vite avant de mourir ou dormir ou sombrer dans les incohérences qui précèdent le sommeil.

Des passions certes, mais susceptibles des plus grandes contradictions, des plus intégraux reniements ; il faut se contredire. Sans cesse. Radicalement. A la façon des sophistes d'Athènes. Ce qui compte est l'expérience, la volupté du simple dire et du scandale. Ce sera un roman par lettres. Forme qui ne m'a jamais tenté. Je ne sais pas ce que pourrait me dire une femme. M 'écrire ? encore moins. Non qu'il n'ose écrire à Victorine, qui sans doute ne lui a pas donné l'ombre d'un prétexte. Pardi je m'en doute bien. Quoique les femmes s'y entendent à s'exalter sur le mode littéraire. Il écrira à Edouard, son frère sérieux, emphatique, âme d'administrateur, qui entame déjà la belle carrière que Stendhal ne fera qu'en mineur, et qui se prolongera sous tous les régimes – ici notre auteur passe d'urgence d'un genre à l'autre, de l'amour au militaire. Mais comme il est étrange d'écrire au frère qu'on aime sa sœur.

De solliciter la virilité auprès d'autrui... Poursuivons cette balade au sein de l'ouvrage d'occasion que je me suis payé à la brocante St-Michel. Monsieur Beyle (tel est en effet son disgracieux patronyme dixit Sollers) a travaillé non pas gratte-papier comme Hoffmann ou Maupassant mais sans cesse sollicité sollicitant les faveurs d'un Empire finissant, houspillé, courtisant la femme de son patron.

13.10.2009

Jus de cercueil

"Douloureuses circonstances..." "Coup imprévu" - sur les faire-part, dans le journal , c'est toujours "survenu", même à quatre-vingt dix ans : "...survenu dans sa quatre-vingt dixième année" - j'ai dit : "Faites donc entrer le curé, si ça ne me fait pas de bien , ça ne me fera toujours pas de mal !"

Ah curé, curé, tu pourras te vanter de m'avoir bien fait rigoler, avec tes bondieuseries ! Mais aujourd'hui je n'ai plus le coeur à rire, un Kyrié, un Pater, c'est le Paradis garanti sur facture, que je sois damné si j'y coupe ! Mais alors pourquoi suis-je toujours allongé là-dedans, 2m x 0,70 - même que malgré le rembourrage ça commence à devenir dur ... Au lieu de répondre, il m'encense la charogne - pense-t-il "Fichu métier", ou pense-t-il vraiment "Au pouvoir de l'Enfer arrachez son âme, Seigneur"?

Trajet jusqu'au cimetière. Ils enlèvent la femme de sur ma caisse. Elle m'étouffait.Puis on m'enterre. Je regrette les funérailles d'antan, les vraies grandes bouffes grecques, le chant XXIV de l'Iliade, on donnait des jeux, on savait rigoler à l'époque. Puis plus rien. Les petits éboulis de terre qui se tasse. Des chuintements. Le calme plat. Je suis vraiment coupé du monde. Je suis mort, à présent, véritablement mort. Enfant, ma mère m'emmenait choisir le tissu d'un nouveau costume ; à peine sorties des lévres, les voix s'étouffaient entre les rames d'étoffe - des voix voilées - à présent c'est la terre qui pèse su rmes lèvres, le tissu de la terre sur le couvercle, il le défoncerait, m'envahirait comme une trombe, emplirait ma bouche et mes yeux.

05.10.2009

Promenade et décombres

 EH LES MECS JE PARS EN VOYAAAAAGE A GAP ET JE NE SAIS PAS SI VOUS RECEVREZ DES NOTES DE LA-BAS.A COMBIEN DE CHEFS-D'OEUVRE ALLEZ-VOUS ECHAPPER !!!

Je tâte dans ma poche : trois dirhams.

Ça fait trois merguez au kiosque pour le chien et moi. Une race précieuse, des oreilles en houpettes, les yeux dorés – mon arme et mon chien. Qui promène son chien dans Motché ? ...Paisible journée de tension. Les trois Présidents précédents ont tenu trois semaines. A l'hôpital, ou dans ses ruines ? mon père va mieux : je le retrouve au sous-sol, conscient, confiant : « J'ai un peu honte de ne pas souffrir ; juste hypoglycémie. » Il me demande où j'en suis de ma mission. Franchement !... « Mon fils n'est pas mon fils », je lui dis ça comme ça, le chien aboie au dehors en fourrant son museau dans le soupirail.

Mon père me dit que les cimetières sont devenus des enjeux stratégiques : d'une part, les sections croient avoir converti les morts ; d'autre part, ces grands espaces vides permettent de relier deux quartiers d'un coup. Il s'intéresse aux luttes, je dirais tombe après tombe, aux positions des hommes entre les stèles, je mime leurs reptations. « Interdire à l'autre l'accès au cimetière, poursuit-il, c'est déjà quelque chose, à supposer qu'on ne puisse y pénétrer soi-même. Prends ton chien , longe les murs, demande les chefs. » Quand je ressors, des cons sur les trottoirs tirent sur tout ce qui ressemble à une croix rouge, à un croissant rouge ; moi je pense que le devoir d'un négociateur, d'un Pacificateur digne de ce nom - est de préserver sa propre existence. Je suis sans compagnon de lutte. Le seul nom de « compagnon » me hérisse, comme un chien. Je ne me vois pas franchir les grilles d'une ambassade.

Puis tout se calme. Comme une femme, comme la mer – jamais rien de certain. Il me vient à l'esprit « embruns de plomb » : de qui est-ce ? Où vais-je dormir ? ...celui qui change d'adresse sans cesse, un jour il tombe ; celui qui reste sur place – un jour il tombe.

Robott le chien : garde du corps ? Toujours dans les ruines, toujours se faufilant. Paziols a tué ses ennemis privés. Rien de plus. Son père, sa famille, son village. Il se faisait aimer des animaux. Son chien léchait le sang des hommes. Je suppose. Jamais il n'aurait tiré sur son chien. Le seul témoin des meurtres est le seul que les juges n'auraient pu entendre. Derrière des sacs de sable, des soldats jouent aux cartes. De temps en temps l'un d'eux monte au créneau et tire un coup. Je me guide sur les barricades pour faire le tour du quartier. Pas moyen de sortir de l'enclave. Quelle faction osera l'assaut ?

J'offre des cigarettes, ce sont mes soldats ; s'ils me reconnaissent, ils ne le montrent pas. J'achète des fruits près du cimetière. Peut-être mon fils se tient-il hors de la ville, cherchant des renforts, des munitions – si j'accomplissais à mon tour un Grand Massacre privé, je ne serais jamais poursuivi. A Damas, chez Sri Hamri, « le Rouge », il ne reste qu'un seul parti : les annexionnistes. Tous pour annexer Motché. Une patrouille de miliciens me croise au pas – sans me regarder – suis-je parmi les miens ? Pourquoi ne tirez-vous pas ? Je n'ai plus le moindre projet d'unification du pays. A l'Hôtel de Touled où je me réfugie, un inconnu très jeune m'apprend les connaissances indispensables à ma survie (dans ces rues, où le hasard me fait vivre) : «Il n'y a plus qu'un seul chemin d'ici à ton Palais ».

Le jeune homme s'appelle Saïz Essalah. Il remplacera le chien qui s'est fait dégotter. Je ne savais qu'en faire. Mon ami humain s'assoit sur le lit de fer, un genou plié. Ce qu'il me dit me plaît : j'y suis contraint. « Au nom de quoi, dit-il, certains possèdent-ils toute la terre ? » Je reconnais les idées même de mon père, propriétaire de toute la Bergayah d'un seul tenant. Je demande à Saïz : « Qu'en ferais-tu ? » Partout où je me terrerai, sera l'œil du cyclone. Cet homme a de beaux yeux. Il me demande : « Qui gagne et qui perd ? Je veux l'Humanité entière, en équilibre, au sommet de la Roue de Fortune ». De même les rabbins vont disant (certains d'entre eux) : « Le Messie – c'est l'homme tout entier. » Je dis : « Tu parles comme un Juif. » Je pense que le monde retient son souffle en attendant que je meure.

03.10.2009

Un juif nommé "L'Egyptien"

En voilà un livre que j'aurai bien du mal à finir. Le premier déjà, aux Editions du Bordel Bas comme il se doit, m'avait exaspéré, par sa propension à glisser sans cesse d'un plan à l'autre, parlant de mort lorsqu'il faut parler d'amitié, dissertant finances quand on se préoccupe de politique, réussissant ainsi à toujours retomber sur ses pattes en déplaçant sans cesse le champ du sujet. Le voici qui récidive avec son Travail de la liberté, où resurgit ce serpent de mer selon lequel nous serions tous libres, par un phénomène de notre liberté : ce qui revient toujours au même, à savoir que les victimes ont choisi leur sort. Vous détestez votre mère ? Mais n'avez-vous pas fait tout ce qui était en votre pouvoir pour que cela vous fût obligatoire ? Vous n'avez pas d'argent : mais c'est bien vous tout de même qui avez tant gaspillé ; quant à vos projets de gloire engloutis sans retour, il faut bien que vous reconnaissiez que votre comportement volontairement asocial éloigna de vous tous ceux qui auraient pu vous promouvoir.

Bref, comme disent les antisémites déguisés ou non en antisionistes, «les juifs l'avaient bien cherché ». Un comble, monsieur Misrahi... Pour l'amour seul, il n'a pas dit trop de conneries. Encore prend-il bien soin d'éliminer tout ce qui à ses yeux ne relève pas de l'amour pur (c'est quoi, ça ?), afin de toujours avoir raison : l'amour pur est « amour de tout ce qui existe », autrement dit « bonheur de tout approuver dans la création ». Si c'était pour retomber sur le Dieu platonicien, il fallait le dire tout de suite, ça nous épargnerait de devoir finir cet épuisant pensum, où l'on vous botte toujours soigneusement le train en vous disant : « Allez allez espèce de mauviette ! Du nerf, hop hop ! » Nos pouvons décider d'être heureux : c'est à nous de choisir l'humeur où nous voulons être.

Les patrons d'usine seront ravis de pouvoir ressortir ça à leurs syndicalistes. Oui, j'ai exagéré. Non, mes exemples ne sont pas les bons, nous les chercherions en vain dans l'ouvrage en question. Mais brûler les paillotes m'a toujours semblé d'excellente tactique, et « faire comme si » démontre toujours bien mieux que les faits réels, si mous et si suceptibles d'interprétations fluctuantes. Libérés nous dit Robert l'Entourloupe des prétentions ascétiques du pessimisme et des passivités de l'esprit tragique, toujours fataliste, les sujets peuvent se tourner joyeusement vers le monde et se réjouir de ses potentialités. C'est exaspérant. Surtout tiré de son contexte, dont je ne veux plus me souvenir. Le pessimisme, Môssieu Misrahi, est la donnée même de l'espèce humaine et de l'esprit de chacun de ses représentants.

 Il est très facile, en effet, parce que l'homme n'a qu'à s'abandonner à sa pente naturelle. Donc, remontons-nous Folleville. Mais sait-on qu'il convient de se remonter ainsi plusieurs fois par jour ? Et que c'est un boulot épuisant ? Il y a les pessimistes, et quelques optimistes : croyez-vous que les uns et les autres le fassent exprès, librement ? Et en quoi l'ascétisme serait-il une « prétention » ? Quel petit orgueil, Monsieur Misrahi ! De plus, il existe des pessimistes qui ne cessent de bouffer et de boire. Et même, ils en crèvent : où est l'ascétisme là-dedans ? Et depuis quand le héros tragique est-il « passif » ? vous confondez avec le Inch Allah ! Observez les tragédies, vous verrez que le propre de leurs héros est l'agitation perpétuelle, d'Agamemnon à Britannicus. A la fin, le coup de massue fatal atteint l'agité, Oreste, Hermione, un but partout, Edipe lui-même, si fier de son hyperactivité.

 Vous m'objecterez Iphigénie, Titus et Bérénice. Soit. Mais la passivité est loin d'être la règle. Alors, ses deux petits coups de griffes donnés, Misrahi peut réentonner son interminable antienne : « les sujets ». Nous serions tous des « sujets », responsables. Voilà bien de l'inconscience : je me sens sujet pour certaines choses, comme d'écrire ces quelques lignes. Mais d'envoyer chier un ami qui veut que je lui livre un appareil de télévision ce soir avec mes petits bras musclés, suis-je libre ? Non, car je suis victime de ma belle âme, et surtout d'un projet concocté dans mon dos par ma femme, qui ne m'a téléphoné que lorsqu'il aura été impossible de goupiller cela autrement. Un retraité, n'est-ce pas, n'a que ça à faire : devenir taxi, et si possible déménageur. Oui, humour. Mais quant à me « tourner vers le monde », j'y fus obligé, passant ma vie au milieu d'une foule d'élèves, moi qui aime temps la solitude, ou sans cesse au même endroit, Bordeaux pour ne pas le nommer, parce que ma femme est recordwoman de sédentarisme et de casaniérisme.

Et on ne change pas de femme « comme ça », sur un coup de tête. Le monde ne m'apporte qu'un métier de con, prof, et maintes avanies : pas de gloire, pas d'argent, pas de femmes. Et ce n'est pas à 64 ans que ça va s'arranger. D'autres ont réussi, comme ce personnage de Quelle est la différence entre un pigeon ? qui proclame - comme je l'ai si souvent ouï proclamer : « Moi je me suis toujours fixé des buts et j'y suis toujours parvenu » - à quoi j'opposerais volontiers cette formule claque-gueule de Jules Renard : « Celui qui se croit arrivé, c'est qu'il ne voulait pas aller bien loin ». Bref, Misrahi nous refait le coup du « si tout allait bien, tout irait pour le mieux ». Tenez, on m'appelle pour le repas, interrompant cette remarquable dissertation pour cinq minutes qui lui restaient : suis-je libre de n'y pas aller ?

J'apprends au cours de ce repas que je devrai me farcir la compagnie de M. et de sa cousine : qu'est-ce que j'en ai à foutre, de M. et de sa cousine ? Je suis autant méprisé par la seconde que je méprise la première... Misrahi, redescends un peu sur terre. Les “possibilités” de ce vaste monde sont tout simplement offertes à ceux qui se prennent pour des sujets, et qui réussissent, et refusées à ceux qui se voient tels qu'ils sont, des jouets, et qui échouent dans les quatre cinquièmes de ce qu'ils entreprennent. Et c'est tout ! Pas la peine d'avoir philosophé toute une vie, et de publier ce torchon pour “mettre en ordre”, à 83 ans, ce que les lecteurs pourraient n'avoir point compris ! Dans la vie, c'est la loi du plus fort, ou du plus adroit. Faire accroire aux perdants qu'ils peuvent acquérir par leur volonté la force de devenir des vainqueurs est une imposture, appuyée par les forts, c'est-à-dire ceux qui ont toujours su se relever... grâce à leur constitution spirituelle !...

Merde alors !...

Toutes les notes