Fronfron55

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Que ce vieux monde de mon crâne est poussiéreux...

     

    Alors qu'est-ce qui vaut mieux pour former un enfant je vous le demande, d'apprendre tous les préjugés de la stupidité humaine dès leur plus jeune âge, parce qu'après tout c'est bien à ces gens-là qu'il va falloir avoir affaire et s'adapter, ou bien de fréquenter Bach et Palestrina ? Pour moi mon choix est fait, et j'estime qu'il n'est pas nécessaire de se frotter à toutes les catégories de connards pour faire son chemin dans la vie. Le latin, la musique, la danse, tout ce qui est du domaine de l'éducation, appartient au domaine de l'élite, j'en suis navré pour tous ceux qui confondent la démocratie avec l'amour des bas-fonds. C'est justement au nom du respect et de l'amour de nos élèves que je parle.

    Le principe du réalisme et de l'utilitarisme sert de prétexte à un ignoble désir de rétrécissement des esprits. Le vil concept d’"utilité" se voit hélas prôner jusque dans les plus hautes sphères gouvernementales. Il n'y a pas des "matières utiles" et des "matières inutiles". Si l'on enseignait le chinois, la mécanique ou le théâtre, l'esprit des élèves serait aussi formé que par le biais des matières dites traditionnelles. Et voilà où le bât blesse les défenseurs du latin : ils prétendent que sa connaissance permet de mieux connaître la langue française. Ils affichent des arguments, à leur tour, utilitaires : c'est fausse route ; car on pourra toujours leur opposer quelque chose qui soit encore plus directement utilitaire que le latin, comme l'art de réparer une machine à laver, qui n'est évidemment pas plus ridicule qu'autre chose.

    Et même en admettant que le latin soit "utile", on les rembarrera par un sourire dédaigneux ou des exclamations sans suite avec la tête en arrière - très important, la tête en arrière : qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. Est inexact également l'argument selon lequel d'acquérir une logique et une rigueur de l'esprit - c'est archifaux : j'ai toujours traduit au pifomètre,l'instinct si vous préférez, ce qui me permettait d'être tantôt excellent tantôt archinul, ce qui m'a donné juste la moyenne nécessaire au décrochage du certificat de latin. Je dirai même qu'il me suffisait de respecter les conseils d'investigation méticuleusement grammaticale pour infailliblement me planter - même chose en littérature, où l'intuition m'a toujours tenu lieu d'analyse - je les enseigne cependant à mes élèves, ces « procédés logiques », puisqu'il paraît qu'on trouve des tempéraments pour lesquels "ça fonctionne" ; il s'agit d'ailleurs comme par hasard de ces tempéraments qui n'ont aucun sens de la littérature, qui s'imaginent qu'il suffit de compter des pieds pour faire de la poésie, de ceux-là qui à l'oral du bac, m'ayant savamment disséqué le système des rimes d'un Baudelaire, ne comprennent même pas ma question indignée sur la musique du texte - "Comment ça, "la musique de Baudelaire ?" - visiblement, ça n'était pas "au programme".

    Il faut bien que cela soit dit, et je l'ai fait inscrire en exergue aux classeurs : le latin, c'est comme la musique, les fleurs et les moustiques, ça ne sert rigoureusement à rien ; c'est comme le parti communiste sous Brejnev, ou comme ta femme : c'est là, et il faut qu'on l'aime.

  • L'Antique

    L'Histoire de Rome d'André Piganiol est un de mes plus anciens bouquins, remontant à ma première conscience d'acquisition de la science. C'est avec l'Université, Alma Mater, que j'ai pénétré, je le sentais, dans le Saint es Saints de la connaissance. Et cependant, ce livre, je n'ai eu de cesse que de le finir, afin de la jeter, comme l'un des plus rasoirs que j'aie connus. Plus précisément, cette Histoire de Rome m'a semblé très superficielle, très « survolante », sautant par-dessus les époques à grandes enjambées, à l'usage des spécialistes, déjà. Or, pour connaître l'histoire romaine, rien ne vaut pour commencer le volume de Malet-Isaac : je l'ai rabâché durant tant d'années d'enseignement, malgré les interdictions inspectoriales, que j'en suis devenu très ferré.

    Je ferais la même remarque à propos de l'Histoire grecque de Hatzfeld : une galopade, à l'usage des plus qu'initiés. A côté de cela, en lourds appendices, chez Piganiol, d'interminables pages de références abrégées en allemand, français, italien, plus rarement anglais (le monde à l'époque (1959) était encore civilisé). Il semble véritablement que Piganiol n'aurait pu se dispenser de citer tous ces glorieux et mérticuleux prédecesseurs sans leur faire offense mortelle (de fait, les universitaires sont très pointilleux sur le référencement, qui les tire de leurs obscurités poussiéreuses). A nous ensuite de nous référer à ces revues, alors que nous eussions préféré de bons rapports de leurs articles.

    J'en suis à la fin de cet ouvrage, l'Histoire de Rome, et je recense par ordre alphabétique les mystérieuses abréviations enfin dévoilées (je me souviens de Bellotteau, qui ânonnait avec ravissement de telles successions de lettres, comme s'il s'était agi de formules magiques ressuscitant toutes les vieilles cultures). J'apprends ainsi que les lettres A S A E signifient Annales du Service des Antiquités d'Egypte. Antoine et Cléopâtre, César, maints péplums, avec chrétiens incorporés, ou pour le moins proconsuls soucieux du bonheur du peuple, et plus américains que nature... Mais ne raillons pas trop... L'Egypte m'a intéressé en sixième, sans que je puisse dire avoir été réellement passionné.

    L'essentiel pour moi était de bien faire plaisir à papa. Tout ce rapport à la culture est bien ambigu chez moi, car il n'a jamais dépassé le plaisir de faire de l'épate, de permettre à mon père de m'exhiber devant le père Doffémont, qui hochait la tête d'un air dubitatif. La culture, c'est encore pour moi de pouvoir impressionner la galerie par de petits détails (pléonasme) ; seulement, sitôt que j'ai devant moi un véritable spécialiste, je m'effondre, comme Blanchard n'a pas manqué de l'observer. C'est exact ; je peux me rattraper en arguant de mon appartenance au corps des

    « honnêtes gens », au sens où l' « honnête homme » du XVIIe siècle s'avérait capable de soutenir n'importe quel sujet de conversation (du moins de culture générale) sans ignorance ni pédantisme. Coste Marcel, de La Ciotat, m'a rassuré : mieux valait avoir papillonné de la sorte que d'être uniquement capable de disserter sur l'arc électrique (il connaissait un spécialiste). J'aurais aimé tout de même pousser plus loin ma connaissance des Antiquités, moi qui ai besoin d'une traduction pour vraiment goûter un texte latin, dans une édition bilingue. Je me suis fait une raison de ces velléités, car il m'eût fallu, pour me spécialiser, choisir ce que j'abandonnerais, faire des choix, ce qui est le propre de l'adultat, que j'ai toujours écarté de moi avec la dernière véhémence.

    J'ai donc fait semblant de développer certaines jouissances infantiles : accumuler les incompréhensions, en faire des talismans, des formules, des mystères. A S G, « Abhandl[ung] der phil[osophischen] hist[orischen] Klasse der Sächsischen Gesellschaft. Et revoici mes chers Boches, qui durant les exterminations, en plein 1940, s'échangeaient des correspondances animées sur l'existence d'un iota souscrit dans tel manuscrit, ou les subtilités philosophiques d'un Pacuvius. Ce sont eux qui, par-dessus les barbaries, se tendaient les uns aux autres les relais de la culture – au prix d'un bon serrage de paupières sur les atrocités. Mais la compassion où nous sombrons actuellement ne me semble guère plus souhaitable.

    C'étaient des savants à la Liddenbrock, soigneux, collet monté, lunetteux, avec une femme bonniche qui leur servait la soupe aux choux, et tout un quotidien si semblable aux autres quotidiens. Mais en même temps, ils s'occupaient d'histoire philosophique, justifiant à l'occasion le nazisme. Rien de plus beau que la tradition universitaire germanique. Souillée en bien des endroits. Du moins les philologues ne se salirent-ils jamais les mains. Enfin si. Enfin je dévie. A S M G : Atti e Memorie della Società Magna Grecia. Voici à présent, d'Italie, un signal des fondus de la Grande Grèce. Tous ces témoignages de passions fossiles m'adressent du fond des années 40 et 50 de grands sourires fraternels.

    Double décalage dans le temps dont j'ai déjà parlé...

  • Anastasie, Anastasia

    ...C'est comme la censure de Renaud Camus, tiens ; vous croyez que ça ne me fait pas braire de lire une "version expurgée" de son tome de "Campagne de France" ? Déjà qu'il faut à ces mammouths ineptes de l'édition un délai de cinqs années entre la rédaction du texte et la publication - t'en fais pas, ce serait la vie sexuelle (en a-t-elle une ?) de Laetitia Casta, on te torcherait ça vite fait en trois mois et en promo - mais en plus s'apercevoir qu'il manque des demi-pages entières, des fins de phrase après virgule suspendue dans le vide, c'est quoi, ça ?

    ...Comme dans les éditions scolaires alors ? Bibi-la-Grillade propose à Gervaise dans "l'Assommoir" de s'asseoir sur ses genoux parce que ça serait plus tendre, allez on sucre pour ne pas effaroucher les pucelles à  six branlettes par semaines et on continue le texte - alors nous, pauvres puceaux d'imbéciles de connards de cochons de payants de lecteurs, on n'est pas capables de s'apercevoir quand Renaud Camus écrit des conneries et quand il est super ?

    Nous n'avons donc pas assez de discernement, nous autres lecteurs adultes de la fin du XXè siècle, pour nous apercevoir que les expressions "race juive" et "français de souche" sont parfaitement dégueulasses, il faut qu'on nous les supprime, qu'on les ôte de devant nos chastes yeux pudibonds? Ces blancs dans le texte sont une insulte au lectorat, à son discernement, à son intelligence. J'entendais l'autre jour madame Maud tabachnik proposer que l'on inscrivît sur les livres douteux, de Renaud Camus, de Drieu la Rochelle, de Brasillach, "attention, produit dangereux", ni plus ni moins que sur des paquets de cigarettes, pour avertir le lecteur de son caractère nocif - de qui se fout-on ?

    Est-ce que sur les éditions de Shakespeare et de Walter Scott ("Ivanhoé" !) on va imprimer : "Attention, passages antisémites ? sur celles de Flaubert, "Attention, ce dangereux réactionnaire a regretté qu'on n'ait pas exécuté deux fois plus d'ouvriers après la Commune de Paris en 1871" (c'était pas au programme, va refaire du rap et fais pas chier) ? En bas des oeuvres ce Villon "Ce dangereux individu a poignardé un prêtre" - aussi bourré que lui, mais passons...  Eh oui je me répète, eh oui le Singe Vert radote, mais il y en a besoin croyez-moi.

    Revenons à Renaud Camus - et non pas "Camus*" tout court, comme on lit dans le courrier de Marianne : "...ce que sont les Juifs pour Camus", eh, oh, Renaud s'il vous plaît, pas Albert,et pas le chanteur non plus, il y a les torchons, les serviettes et les serpillières - merde ce que les gens sont devenus cons c'est pas possible, tu dis n'importe quoi tu auras toujours quelqu'un pour comprendre le contraire - eh bien, il semble que des notes en bas de page auraient suffi, non ? si l'on y avait absolument tenu ! Comme Molière, tenez, quand il fait parler son sublime athée appelé "Don Juan", et qui a cru bon, et ce l'était ! hélas ! ce l'était ! d'imprimer en bas de ses répliques les plus audacieuses : "C'est un scélérat qui parle !"  - car il a risqué le bûcher notre Molière, parfaitement ! C'est l'abbé Rouillé - des noms ! des noms ! - qui menaçait de le faire brûler en Place de Grève !  Bon, Renaud Camus n'est pas Molière, tant s'en faut, il est même souvent parfaitement chiant, mais n'attendez longtemps "qu'à ce refrain ne vous remène" : la vertu, j'en ai plein le cul.

    SIGNE LE SINGE VERT.

  • Frontière basque

    J'adore prouver ma bonne foi, mon innocence, mon infantilisme. Et je répète le dialogue, je corrige mes fautes de grammaire, j'invente d'autres questions-réponses, je suis très fier d'avoir été l'objet de tant de soupçons, de tant d'acquittement. J'aime les flics. Un vrai gosse. L'uniforme, l'air grave, les sourcils d'opérette. Absous, je fais mes courses à Sangüesa, et je ne vais tout de même pas vous raconter la façon dont j'ai repéré mes articles, parmi lesquels une indispensable brozadàn. “El Senor de Brozadàn” : je hurle de rire au volant, et maintenant, une heure avant l'hôtel, contourner Pampelune, quitter les boulevards à contretemps, me paumer dansles cités à 30 km/h (je savais bien que j'aurais dû tourner vers Huarte), et, enfin, de ronds-points en ronds-points, j'aperçois les mentions salvatrices “Roncesvalles”.

    Dix-sept heures cinq, prochain hôtel sur la droite, c'est mon procédé : Zubiri. “Hosteria”. Muy caro. L'hôtesse me montre le prix sur un panneau : mais si, j'ai de l'argent, mais non, je ne suis pas si marginal que mes godasses et mon air con le laissent prévoir, je vais rassembler mes bagages, et je gagne la 213 : putain, pas de tété ; belles poutres, mais étroitesses, le plus fort prix de ma virée : c'est le Pays Basque, région touristique mon pote...

     

    J'alternerai donc lecture (Stendhal, Chroniques italiennes, particulièrement confuses), récit de voyage, écoute du transistor. Vers dix-neuf heures quinze, je sors dans l'obscurité, car le téléphone de ce fameux hôtel si cher ne fonctionne qu'avec des “monedas”. Je parviens enfin, dans une cabine publique, à joindre Annie, à qui je ne sais plus ce que j'ai dit. Puis je vais voir le “pont moyenâgeux”, qui bombe très fort au-dessus de l'eau. Au retour, trois enfants, le premier me dit “ola”, le second “hello”, le troisième, je ne sais, mais c'est visiblemen tpour se moquer de moi avec mon cou de tortue sortant de mes épaules voûtées, comme si j'y pouvais quelque chose. Je réponds avec de moins ne moins d'assurance.

    La prochaine fois, je dirai “va chier” ou “je t'emmerde”. Ils rediront cela à d'autres, et se feront engueuler. J'entre acheter des gâteaux étouffe-Basques, me flanque dans un étalage intérieur : “Tranquillo !” me dit-on. En vérité, je sue, partout, le malaise, puisque je ne veux pas m'abandonner. Je tente de joindre Lauronse, chez qui séjournent Sonia et David. Pour un euro de monnaie, je parviens juste à dire “J'espère que”, et suis coupé : pas eu le temps de parler de mon heure d'arrivée, ni de l'endroit d'om j'appelle. Il fait froid, les enfants traînent dans la rue, élevés avec grand laxisme.

    Personne ne s'exprime en basque, comme d'ailleurs dans tout le pays basque. La rue est glaciale, obscure, véritable couloir à camions, totalement impersonnelle. Je remonte me livrer aux occupations austères que j'ai dites, me gavant de biscuits bourratifs. Le lendemain, passé le petit déjeuner, je reprends la route de Roncevaux, quand un de ces agents basques juvéniles avec leur béret rouge m'informe, après tous ceux qui me précédaient, que la voie de Roncesvalles est coupée. Je dis alors que je pénètrerai en France par la route de Baigorri, ce qui lui semble au diable Vauvert. Seulement, adieu pour les cigarettes de Max et Java, car il n'y a par-là aucune agglomération digne de Cenon.

     

    C'est alors que je décide de me payer une de ces balades où il n'y a rien à décrire, mais qui font mes délices : des arbres dorés par l'automne, une route qui serpente en montant, le désert, l'Arga qui serpente en bouillonnant, tantôt à ma droite tantôt à ma gauche, des ruines inexpressives de je ne sais quel moulin à eau, ou poste de douane, et le rebrousse-chemin à la première chose qui ressemble à un toit, à la présence d'un humain ; d'après la carte, ce devait être Olaberri. Bien sûr, à peine suis-je remonté dans ma voiture après quarante minutes de pur bonheur merveilleux, j'emprunte un trajet bordé de vert, autrement dit “pittoresque”.

    Je n'aperçois rien là de plus pittoresque, sauf que tout est plus large, qu'il y a des endroits pour se garer plus confortablement, et qu'on rencontre des excursionnistes.

     

  • Allez revenez quoi merde

    Apprendre quelque chose à l'enfant, c'est l'inférioriser n'est-ce pas. Bravo la gauche. “Le retour du par cœur” ai-je lu : ben oui, parfois. Je lace mes godasses par cœur. Je me torche par cœur. Je sais ma table de multiplication par cœur. Le “par cœur” n'est pas synonyme de connerie. Alors l'IUFM, cet apprentissage de méthodes d'apprentissage alors qu'on a la tête vide, AUX CHIOTTES... Ça fait bien quarante ans que je vois l'école couler, avec tous les ministres qui s'appuient sur la tête des profs pour bien les maintenir sous l'eau, afin que le peuple EVITE d'apprendre, parce qu'il faut que les gens SOYENT cons et qu'ils ZACHETENT, ZACHETENT, ZACHETENT.

    Et ça, quel que soit le gouvernement. Même socialiste. Même avec Jack Lang. Il ne fallait plus choisir le grec, le décourager, par tous les moyens. Parce que ça fait bourge, élitiste. Merci les populo. Attends attends, j'ai pas fini, une sorte de raGe me tient lieu de verVe : la co-lo-ni-sa-tion ! Les bienfaits de la colonisation ! Ah que c'est pas beau, la colonisation, c'est horrible ! Le christianisme non plus c'est pas beau : ça allait de pair, d'ailleurs. Déculturation, massacres, massacres, massacres – salut les Indiens.

    Le communisme aussi : massacres, massacres, massacres. Toujours des massacres, alors, dès que l'homme veut faire quelque chose pour l'homme – eeeeh oui tas de puceaux. La colonisation a éradiqué l'anthropophagie, les guerres de tribu à tribu, le trafic des esclaves (nous l'avions arrêté, les Africains l'ont continué ; et les Arabes, donc...) - et l'Algérie ? Ça ne vous est jamais venu à l'idée qu'avant la colonisation française, on ne pouvait pas circuler en Méditerranée à cause des pirates ? Chacun défend son bifteck, ce n'est pas la peine de verser dans le sentiment glauque et grandiose... Le-bif-teck on vous dit. Le colonialisme est aussi ignoble que le reste. Mais pas plus.

    Pas moins mauvais que le reste, çà non ! mais pas plus... Pour tous les idéaux humains, c'est comme ça : parce que la cupidité, le désir de dominer, détruisent tout. Ça s'appelle “péché originel”. Comme quoi c'est pas forcément des conneries. La connerie, la vraie, c'est le baratin sur la rédemption. L'espérance de la rédemption, d'accord ; ça ne mange pas de pain. Mais à part ça, les humains, nous sommes tous pourris. Regardez le féminisme : au début c'était libératoire. Maintenant ces salopes, si on les laissait faire, elles nous couperaient les couilles.

    Déjà on ne peut presque plus baiser – quand elles veulent, et si elles veulent - autant dire : presque plus ; la prostitution a de l'avenir, moi je vous le dis. La pornographie, aussi... Je dirais bien la pédophillie, mais je vais me faire flinguer... “Tu mélanges tout !” - vous vous souvenez, les vieux, en 6/8, dès qu'un individu voulait discuter un peu, sortir de la Vulgate (non, ce n'est pas une obscénité) on lui fermait la gueule en répétant “Tu mélanges tout” - et aussi : “D'où tu parles, toi ? d'où tu parles ?” - si tu étais fils de militaire, ou fonctionnaire, tu pouvais la boucler ; sauf si tu étais noir, toutefois.

    Non, je ne suis pas raciste ; et pour les connards, non, je ne fais pas de propagande (voir plus haut) pour la pédophilie, ça va pas non ? Alors évidemment, je pourrais discuter, peser le pour et le contre, fendre les cheveux en quatre - “ah oui mais”, “ah neuf juin”, “si l'on veut”, “ce n'est pas tout à fait faux”, mais vous avez déjà le Nouvel Obs pour ça, qui donne l'impression à le lire qu'on se fait chier dans la poussière et qu'on s'en fout partout (de la poussière, et de la merde). Et en avant pour la sagesse à l'eau tiède, style christianisme, bouddhisme, théosophisme, la secte Moon, Albert Cassartre et Jean-Paul µ (“Mu”), l' “honnêteté intellectuelle” e tutti quanti.

    Seulement

    • vous savez ce qui vous arrive, quand vous donnez là-dedans tête baissée couilles rabattues ? Eh bien les beaux prêchi-prêcheurs vous passent devant et vous la mettent bien profond (il faut le faire, d'ailleurs; des acrobates...)- et vous expliquent que pour eux “ce n'est pas la même chooooose”, que vous n'avez rien compris et que vous... “mélangez tout”.