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BAGATELLES DE LA MORT PP 46/56

Il y avait jadis des sections "petits corps", "grands corps", "moyens corps". Il y a désormais des cercueils en forme de dirigeables, de godasses, de préservatifs (plus rares) ; de rats, de navets rouges, de navets noirs. A peu près tout ce qu'on peut trouver aussi chez les mongolfières. Et quand le cercueil bascule, les porteurs se prennent une grande rasade de jus puant sur le pantalon. A présent, soyons sérieux ; consultons nos sources.   

 

CHARNIERS
Les tombes collectives d'animaux nous émeuvent peu. Parmil es humains, celui de Katyn vient tout de suite à l'esprit, attribué aux nazis par les soviétiques, puis enfin reconnu, du bout des lèvres. Dans La religion, les morts se relèvent pour combattre, les asticots ressuscitent et combattent, et tout le monde s'en sort. Etait-ce bien la peine de vivre ? On éventrait les charniers sous Douaumont, à la grue, et les cages thoraciques s'empilaient, retombaient des bras de pelleteuses comme des bouchées de monstres. Frères jugés indignes d'une sépulture, ou trop nombreux pour être décomptés, par guerre ou épidémie. Le mot évoque une décomposition, un endroit où la peau se fond, où la chair, par-dessous, se décompose loin des regards : ainsi les galeries couvertes au sous-sol des anciens Innocents de  Paris.                                                                                                                                                               
    Et quand les os sont bien secs, on les tranfère bien alignés et classés dans un ossuaie. Naguère au Canada des constructions en bois recueillaient les corps que l'on ne pouvait enterrer pendant les mois où le sol même était gelé, inaccessible au bêchage des fossoyeurs. 

     Sous terre, c'est encore le mieux. Après ceux du Cambodge, Sarajevo, Srebrenica,  en offrirent de bien substantiels. Tous les ans, les autorités en retrouvent (le dernier en date (430 corps) fut ouvert en mars 2014 à Prijedor) - on les fait reposer dans de petits cercueils étroits, tandis que se déroule au-dessus d'eux le rite musulman.  Car, de quelque religion qu'ils soient, les morts entassés "dans ce charnier" bénéficient d'un service religieux. Il a fallu les enterrer rapidement. Les charniers du Rouanda ne sont pas tous mis au jour ; on massacra jusque dans les églises. "Tournez-vous vers le ciel", disait un ignoble prêtre. "Il sentira mieux que tous ces corps que vous foulez en ce moment". Celui de Timişoara 5 ans plus tôt fut le berceau d'une des plus hideuses impostures médiatiques : un bébé mort enroulé dans le barbelé, à tort présenté comme victime des sbires ceaucesquiens.  Du bon et du mauvais usage des charniers en politique.  
    Mais les charniers représentent une promesse : on les appelle charnel houses en anglais, car c'est de ces débris que le Seigneur reconstituera les corps dans la vallée de Josaphat. Brûlez, il n'en restera rien. Laissez pourrir noblement, et Dieu refera le reste. Surtout pour les 796 enfants (au moins) jetés là en vrac par des bonnes sœurs irlandaises au nom des bonnes mœurs, à Galway ou ailleurs. Il ne faisait pas bon accoucher dans les couvents. Des enquêtes furent ouvertes : on a délibérément affamé ces pauvres enfants, au nom de la pureté ; mais tel charnier des îles Anglo-Normandes est toujours considéré comme une imagination collective. 
CHATEAUBRIAND ET LE GRAND BÉ
Chateaubriand prenait volontiers la pause. Comme les Romantiques après lui, il estimait que le mort est un excellent manteau de cheminée où le causeur s'accoude pour apostropher la société. "Monsieur de Chateaubriand" disait de lui Mme Récamier, "habiterait volontiers une île déser, à condition qu'elle fût au centre de Paris". Ses Mémoires d'Outre-Tombe reviennent sans cesse sur ces instants qui ne reviendront plus, ces régimes qui s'écroulèrent, sur le néant de la vie ("La minute présente seule nous appartient ; la minute suivante appartient à Dieu") et des ambitions vaniteuses ("Chacun de nous veut laisser sa trace sur cette terre ; eh oui ! Chaque mouche a son ombre !") et c'est agaçant à la fin car c'est bien lui qui toujours a tenu à se faire remarquer. 
    Les dernières lignes de ce monument littéraire, qui nous attrape tous au lasso par son style, méritent d'être apprises pas cœur, non pour avoir une mention au bac, mais par plaisir :
(inclure)
    Il désira se faire inhumer sur l'îlot du Grand Bé, au large de St-Malo, inaccessible à marée haute, et face à la mer, anonyme . "Ici repose un écrivain français" – Ce ne serait pas Sartre ?" lança l'un de nos érudits bacheliers (antiphrase...) - eh non, bourricot, c'est Sartre qui a pissé sur la tombe anonyme de Chateaubriand. A présent il n'est plus rien. Ni lui ni Sartre. Et nous verrons encore beaucoup de massacres. Jamais nul ne chanta la mort que feu François-René de Chateaubriand. 
CHRYSANTHEMES
Rien que vous ne sachiez déjà en parcourant vos magazines : le chrysanthème, ou"fleur d'or", est la dernière à fleurir, au moment de l'été indien qui survient au début de novembre, jusqu'à celui de la Saint-Martin – jour de l'Armistice. Les journaleux sont intarissables sur les "inaugurations de chrysanthèmes" auxquelles sont supposés se livrer les politiciens inactifs, or, ces fleurs des morts ne valent pas la peine d'être inaugurés, présentant une résistance relativement faible. Ugolin cultive des fleurs, il en vend à tous les instants de l'année ; il oublie le jour des morts, pour dissimuler son aisance matérielle. Mais il s'est suicidé, par amour. 
    La coutume des chrysanthèmes, ou "marguerites des morts", "fleur des veuves", ne remonte qu'au milieu du XIXe siècle – auparavant, surtout de couleur rouge, c'était une déclaration d'amour...  Le chrysanthème actuel des fleuristes regroupe de nombreuses sortes d'hybridations. Et nous apprenons qu'en Australie, ce sont des chrysanthèmes que l'on offre à la Fête des mères. Au Japon, c'est le kikou, la fleur  de la famille impériale depuis le XIIIe siècle : paix, joie, longévité ; on en fait tous les ans une grande exposition, le "Festival du bonheur", qui attire les foules. Un proverbe chinois dit : "Si vous voulez être heureux pour une vie, cultivez des chrysanthèmes". Et attention aux gaffes : en Allemagne, la fleur des morts, c'est le lys... 

CIMETIERES
Des lieux de sépultures consacrés collectivement à cet usage remontent à la préhistoire. C'est aux traces de cérémonies funéraires que l'on distingue la présence de restes humains : les humains se font inhumer. Au Moyen Âge, on s'est volontiers regroupé autour d'une tombre de martyr, contenant ses reliques. Le cimetière dit "moderne", regroupé autour d'une église paroisssiale, n'apparaît pas avant le Xe siècle. Ils quittent progressivement les abords d'icelle à partir du XVIIIe siècle ; mais les isolements de cimetières, pour cause d'hygiène, n'ont cessé d'être rappelés, tout au long des siècles par des lois, régulièreement enfreintes, surtout  par les rois... Le dépôt de l'urne à domicile n'est plus autorisé depuis le 19 décembre 2008. 
Ce mot n'a rien à voir avec le ciment sont seraient faites les pierres tombales (de caementum, "mortier", plus exactement "pierre concassée"), mais avec le mot "lieu de repos" en grec, κ ο ι μ η τ η ́ ρ ι ο ν « lieu où l'on dort » et « lieu où reposent les morts », une espèce de dortoir, donc. En allemand, c'est le Kirchhof, "cour de l'église" ; en Danois, Kierkegaard veut dire "ferme de l'église" ; le cimetière, c'est  kirkegård, prononcé "gôôd" - on peut s'y tromper.  Quel plus beau et plus faux rapprochement avec son Traité du désespoir... 
    • Pour notre pays, il est conseillé de consulter le site "cimetières-de-France.fr". 
De rares cimetières sont monumentaux. Celui du Père Lachaise est rebattu, inépuisable. La première fois, épouvanté par ce déferlemennt de tombes, qui ondule sauvagement d'un horizon à l'autre, et dans les quatre dimensions, j'en suis sorti en courant, sous l'œil effaré des gardiens. Plus tard j'ai repéré la tombe de Proust, Marcel, dissimulé comme un œillet dans la mousse. Le Cimitero monumentale di Staglieno à Gênes,  célébré par Mark Twain et par Hemingway, trône sur les hauteurs, au bout de la Via Bobbio. Aussi dit-on volontiers, "Où il y a Gênes, il n'y a pas de plaisir". Il expose un extraordinaire ensemble de sépultures sculptés - parfois donc les amateurs de Riviera éprouvent l'impérieux besoin de se confronter au Grand Calme. Le plus grand d'Europe n'est pas, contrairement à ce que murmure un personnage de Ceux qui m'aiment prendront le train, celui de Louyat à Limoges ("C'est loin, loin !" me disait une viei tout au long de siècles lle dame - dans l'espace, en effet... juste dans ton dos...)  -  mais une fois de plus l'incontournable Père-Lachaise. D'innombrables ouvages illustrés sont consacrés à ces lieux sacrés. J'ai perdu sans retour celui que m'a offert ma fille, sur les cimetières de France, département par département. 
    Les cimetières sont souvent au bout d'une Rue de l'égalité : il en est ainsi à Lourdes, ce qui est le comble de l'humour, et à Champagnole (Jura), qui se vit retoquer une Impasse Budgétaire par la Préfecture du Jura, laquelle manquait d'humour. Le cimetière de Sète contient le caveau de famille des Brassens, qui révérence parlée  est plein comme un œuf. J'y ai perdu mon portefeuille en 94. Georges, sacré farceur. D'autres cimetières sont crasseux d'anonymat. Il en est de parfaitement combles, accablés d'un grand entassement de tombes mesquines. Pas une qui rachète l'autre. Celui de Jarnac contient Mitterand : mais à quel étage ? Les noms se pressent sur les plaques avant, mais nul ne peut dire avec précision où repose, dessus ou dessous, le grand président.
    Le musée contenant les divers cadeaux qu'il reçut lors de ses nombreux déplacements fut transféré à la salle des donations, rue de l'Orangerie.  
    Mes chers amis, quand  je mourrai,
    Plantez un saule au cimetière.
    Hélas, le terrain se prête mal aux saules ; Colette, voisine de Musset, en est fort dépourvue. Aussi replante-t-on le saule, régulièrement, désespérément, tout neuf. 
    Le cimetière est un sujet inépuisable. Il faillit même devenir le seul objet de cet ouvrage. Deux versions circulèrent : "La mort, c'est trop vaste ; bornons-nos aux cimetières" ; "Vous voulez traiter "les cimetières" ? "les cimetières", "la mort", c'est un peu la même chose, non ? disons "la mort"..." - cher ami, sachez donc ce que vous dites, et ne changez pas vos propos les plus anodins en fonction de vos interlocuteurs. J'ai encore rêvé de vous l'autre nuit. Vous m'extorquiez des chèques dans une gare, au milieu de la foule. C'est aussi une métaphore de la vie. 
CIMETIERES D'ANIMAUX
    Les animaux ont droit à tout notre respect. On ne jette pas son chien ni son chat n'importe où. Il est à noter que les vaches ou les éléphants n'ont point droit dans  nos contrées à des rites funéraires (les éléphants se retrouvent dans les lieux où leurs capacités, diminuées par l'âge, ne leur permettent pas de survivre ; c'est pourquoi on  les retrouve morts à peu près dans les mêmes endroits, car ils se sont d'eux-mêmes exclus du groupe). Les crocodiles et les chats bénéficiaient des mêmes rites d'embauMEments, monsieur Soulages. De nos jours, les dates de naissance et de mort, dans les cimetières de chats et de chiens, sont très proches : ils meurent avec notre enfance. "Je te ferai le temps d'un chien ou d'un chat", disait un vieil amant à sa maîtresse : Cavanna, Reggiani ? un Rital en tout cas ("comment peut-il encor lui plaire").
    Le cimetière d'animaux doit être excellemment entretenus. En effet, ils n'ont pas mérité la mort. Nous, si. A quelque âge que ce soit, car nous sommes maudits par le péché originel. Même l'enfant mort eût été capable, un jour ou l'autre, des pires forfaits ; les animaux, eux, même les crocrodiles, sont innocents. Ils n'ont rien fait. Ils sont l'expression la plus directe de l'étincelle vitale universelle. ; ce n'est donc pas la mort de l'enfant qui est un scandale, au sens métaphysique du texte, mais bien celle de l'animal. De même n'avons-nous pas le droit de blâmer les immenses sommes prodiguées par certains pour les tombes de leurs bêtes bien-aimées. Car nous ignorons la profondeur du lien qui unissait le maître à sa bête. Nous ne devons pas nous moquer des mémères à chienchiens. Les rires provoqués par la douleur de la concierge dans Rhinocéros d'Ionesco ("Mon chat ! mon chat !") sont une infamie. 
    En effet les animaux, sauf pour se manger, ne se tuent pas d'espèce à espèce. On a vu des chattes adopter des petits chiens, et se lier de camaraderie avec des vaches ; un hippopotame et une tortue faire bon ménage. Un chien tirer son congénère écrasé de la route, en le prenant de ses deux pattes avant, marchant sur ses deux pattes arrière à travers l'autoroute en dépit du danger. Un autre envoyer de l'eau de flaque, à grands coups de museau, sur les corps palpitant d'agonie de ses frères les poissons à même le quai ? Les animaux valent mieux que les hommes. Ma femme me trahit. Mon chien ne me trahira pas. Pourquoi dans ce cas le deuil de l'animal dure-t-il si peu longtemps, quelle que soit la vivacité de la douleur que l'on éprouve sur le moment ?
     S'agit-il d'une solidarité d'espèce, impliquant malgré tout, par l'instinct humain que nous voyons à l'œuvre, un sentiment de supériorité? qu'elle nous soit ou non accordée par la Bible, ce qui ne règle rien. Jamais jen'ai pardonné à mes parents le meurtre de mon chien, fusillé loin de moi pour avoir  boulotté des poules. Le plus célèbre cimetière d'animaux de compagnie est celui d'Asnières, à l'origine "Cimetière pour aux chiens", sans en exclure les chats et autres animaux de compagnie. Il aurait été le premier cimetière pour animaux créé dans le monde occidental, en 1899, dans une "île des Ravageurs" désormais soudée au rivage. La ville d'Asnières, après en avoir inscrit le site au patrimoine artistique national,  en assure la gestion depuis février 1997. Au 4, Pont de Clichy, son seuil est gardé, depuis 1900, par le saint-bernard Barry. Rintintin y possède, lui aussi, sa tombe. On grouve aussi dans ce cimetière, entre autres, des tombes d'oiseaux et de lapins. Mais aussi des chats, bien vivants, pensionnaires de leur propre maison où les employés assurent leur confort en ce bas-monde ! 
    D'autres cimetières animaliers se trouvent en province : à Villars (Loire), La Roche sur Yon, Garnat-sur-Engièvre (Allier). Celui de Villepinte, en région parisienne, est également dédié "A tous ceux que nous avons aimés et qui nous ont quittés". Le "cimetière d'animaux d'agrément" de Cagnes-sur-Mer attire également notre attention. Nous ne saurions les citer tous : par exemple, le Cimetière Fidèles compagnons à 83500 LA SEYNE SUR MER Il existe désormais non seulement des assurances obsèques pour animaux, et des instituts d'incinération, mais aussi, sur internet, un "cimetière virtuel", où chacun, gratuitement, peut rassembler les photos de son animal familier, car notre époque est extraordinaire. 
CONFRERIES MORTUAIRES
La femme donne la vie, car nous naissons par l'abîme, avant de retourner à l'abîme. Parfois seuls des hommes, avec le plus grand respect, dégagés de ces correspondances mystérieuses et terrifiantes,  veillent sur les inhumations. Ailleurs, on estimera que c'est au contraire aux femmes, qui aident à naître, d'aider aussi à mourir, telle cette mère qui tint par la main son enfant agonisant et lui indiqua jusqu'au bout comment régler son souffle et se décontracter afin de mourir le plus sereinement possible, ce qui est d'un héroïsme absolu. Nous survolerons comme une ombre ces diverses confréries des deux sexes, rarement mixtes, d'origines historiques très diverses. Des confréries de charité sont mentionnées chez les juifs, dès le contexte biblique et kabbalistique : la vie éternelle y est appelée "faisceau des vivants". Il faut que le corps soit bien vêtu poour entrer au Paradis, car "le mort sortira du tombeau tel qu'il y est entré". Dès le Moyen Âge d'autre part, les juifs possèdent leurs cimetières spécifiques, dans l'espérance de la Vie Eternelle, le Tseror Ha-Haïm. Il est à noter que les premières confréries de solidarités antiques avaient pour objet non point tant de pourvoir aux frais de maladie ou de chômage de leurs membres, mais avant tout aux frais de cérémonies funèbres : on cotisait collectivement pour avoir un bel enterrement. 
    
    Notre première exploration du dictionnaire nous mène aux "confréries de charité" en Normandie (en particulier dans le Pays d'Auge), pieuses mais laïques, remontant disent-elles au XIe siècle, mais dont les premiers statuts matériellement consultables datent du XIIIe. Ces confréries ont existé ausi en Champagne et dans le Massif Central. Ce sont des confréries d'hommes, dont les mœurs doivent être irréprochables. Elles proposent au cours des siècles des rites évolutifs. Elles remontent à la Grande Peste de 1348, où les morts étaient si nombreux qu'on avait peine à les enterrer tous, et même peur de les approcher ; il s'agissait donc de prescriptions minutieuses, non point prophylactique, mais liturgiques : les rites tenant lieu de thérapie. 
    Les confréries sont donc dirigées par le maître ou l'échevin, souvent assistés d'un prévôt. Tout est minutieusement prévu, jusqu'à la position du cercueil au-dessus de la fosse avant inhumation et à  l'ordre des coups de bêche. Les frères, ou "charitons", portent un chaperon, qui est une large étole agrafée sur l'épaule gauche ; il en est de plusieurs classes., car l'inégalité sociale subsiste jusque dans la mort. D'abord on va chercher le mort chez lui avec des porteurs de clochettes et de torches. Plus tard, on se contentera de l'accueillir à l'église. L'évêque a autorité sur ces confréries comme  le stipulent les actes de fondation. Puis (après une brève disparition de 1792 à 1801), les règlements deviennent essentiellement punitifs, afin d'éviter que les membres desdites confréries ne s'imbibent tant soit peu, vu la pénibilité de leurs fonctions ; les amendes pleuvent.     L'une d'elle punit quiconque, sans avoir ôté son chaperon, se permettrait de satisfaire un besoin naturel... Les deux guerres mondiales ont eu le plus souvent raison de ces survivances, qui ne se bornaient d'ailleurs pas aux morts, mais aussi, en ces temps où le rôle de l'Etat était moindre en ce domaine, et même si les cotisants restent prioritaires, aux malades, infirmes  et nécessiteux, sans oublier les "pauvres femmes gisantes", autrement dit en couches : ainsi se trouvaient reliées les deux détresses, celle de fin de la vie, celle d'entrée dans la vie. 
    Les prêtres contemporains ont souvent d'autre part dédaigné les coutumes locales, estimant qu'il est nécessaire qu'un même rite unisse les tenants d'une seule religion, de même qu'avant eux les républicains avaient affaibli les coutumes et les langues locales. 

CONSCIENCE
    Peu importe – finalement - de mourir. Ce qui compte, c'est de maintenir ou non la conscience individuelle, la connaissance de soi. Il ne nous console nullement de participer à Dieu sait quelle conscience universelle, à moins de considérer l'Univers comme une vaste conscience. La Science, rabat-joie,  nous serine qu'à l'électroencéphalogramme plat correspond une activité cérébrale nulle. De fait, les Egyptiens détruisaient le cerveau avant d'embaumer leurs morts. Mais des machines, si sophistiquées soient-elles, ou la tringle de fer qui brisait les membranes internes de l'encéphale avant son évacuation par les narines, ne s'attaquent finalement qu'au matériel, au concret, au palpable. Nous maintenons l'espoir absurde et grandiose qu'il restera de nous une conscience individuelle : Platon, Balzac, Bismarck, ne se rendraient donc plus compte du tout des grands hommes qu'ils furent de leur vivant? Ni vous, ni moi ? Immensité du scandale : "De pareils cercueils démontrent l'immortalité" proclamait Hugo devant la dépouille de Balzac, "et l'on se dit qu'il est impossible que ceux qui ont été des génies pendant leur vie ne soient pas des âmes après leur mort." Jusqu'ici cependant, nos indices se bornent à réanimations après crise cardiaque : ce ne sont donc pas des preuves. 
    Nul n'ignore plus désormais, après le phénomène de "décorporation" (corps astral) ce fameux tunnel qui pourrait n'être qu'un réflexe de la rétine privée d'oxygène (phénomène d'anoxie) – décevante  platitude !- au bout duquel nous attendraient une lumière blanche et certains  êtres lumineux.  Mais le cerveau continuerait de fonctionner (il ne s'agit donc plus d' "hallucinations" comme le pensaient naguère encore les rationalistes) 30 à 40s. après l'arrêt cardiaque. Tout dépend d'ailleurs de ce que nous entendons par conscience, qui serait alors résiduelle. Noter que l'"expérience de mort imminente" s'observe plutôt chez les personnes jeunes, et n'intervient  pas plus chez les croyants que chez les athées. 
    Il faut donc nous tourner vers des traditions moins laïques, moins "cartésiennes" (que n'a-t-on pas fait dire à Descartes !) Elles affirment que la mort serait un évènement agréable, l'accession au monde de l' "au-delà", où survivent déjà nos anciennes amitiés ou amours décédées.  Ensuite, libre cours à notre imagination, à notre immense et pathétique folie : nous avons imaginé, avec un grand luxe de détails, toute une vie d'après la mort où les âmes, les anges, les saints, les fantômes et toutes les créatures forgées par les spirites et ses médiums se côtoient tant bien que mal dans une fiction luxuriante. 
    Le bouddhisme tibétain, la tradition égyptienne, Platon dans le Phédon (il est de la nature de l'âme d'être immortelle, indestructible, incorruptible, bel exemple de tautologie) - et tant d'autres  témoignages, rivalisent de représentations à ce sujet, allant même, avec Pythagore et les hindous, jusqu'à supposer un nombre élevé de vies passées et à venir, en rapport avec ce que nous pourrions appeler notre "karma" ; ces migrations constituent le "samsara" : "Ce que vous serez dans le futur est le résultat de ce que vous faites maintenant, dit le Bouddha. Je serai donc à ce compte, au moins ! de l'Académie française. 
Les scientifiques dissidents ou audacieux tentent d'accréditer la survivance, au moins quelque temps, de notre individualité autour de nos lits de morts, de nos cercueils ou de nos demeures. D'autres estiment que le temps et l'espace ne sont que des illusions, et que nous pourrions, après notre mort, migrer vers un des autres innombrables univers coexistants à celui ci : l'ensemble des univers serait le multivers.     
CORDONS DU POELE EN CORREZE
    Touristes en Corrèze, nous dûmes attendre sur le bas-côté le passage d'un convoi funèbre particulier : devant lui marchaient deux hommes en grande tenue de deuil, déployant un grand drap carré brocardé de blanc, tandis que le char funèbre, surmonté d'un léger catafalque, suivait dans la solennité. Il nous avait semblé que ce voile, "pallium", devait plutôt s'étendre sur le ciel de catafalque, tel un plafond de lit ancien. La chose appartenait aux années 70. "Palla" donna "poêle", sans aucun rapport avec l'ustensile de cuisine. Il s'apparente au voile de Salammbô, ou, bien avant, de la prise de Troie. J'ignore combien de temps encore la mémoire m'accompagnera. Eloignez de moi ce calice. Tout ce que je dis est prophétie. L'instrument culinaire provient, lui, de "patella", "le petit plat". 
    Les meilleurs amis, ceux aussi qui recherchent les honneurs, se disputent celui de tenir "les cordons du poêle". Le drap funéraire ne recouvre pas d'abord le catafalque, mais bien le cercueil lui-même. Il exprime donc un contact direct avec l'esprit, l'essence du mort, comme les tefillim concentrent le magnétisme de D.ieu. Les cordons se situaient aux quatre coins, mais aussi sur tout le long du voile.  Nous pouvons aussi marcher le long du cercueil, ou juste derrière, dès que les employés l'ont déposé, et que le véhicule roule. 

COSMETOLOGIE
La toilette mortuaire se ait sur les lieux mêmes du décès, afin de conserver l'aspect présentable du corps, qui lui conservera sa dignité et permettra de faire son deuil proprement. L'on va même jusqu'à suturer la bouche. Pour cela, les employés des pompes funèbres ne suffisent pas. Il faut un thanatopractor dûment habilité. 
Ensuite interviennent les soins non plus mortuaires mais funéraires. Voici une liste non exhaustive de produits naturellement spécifiques, ne s'employant que sur des corps décédés. 
    • Crèmes teintes (27) (il existe un nuancier pour ces fards post mortem)
    • Fards à paupières (12) 
    • Correcteurs de teint  
    • Vaporisateurs de teint 
    • Crèmes lèvres (10) 
    • Crayons à maquillage (11) 
    • Poudres de finition 
    • Cires de modelage 
    • Crèmes 
    • Proadhésif 
    • Dissolvant cosmétique 
    • Fixateur de finition 
    • Brosses, pinceaux, accessoires (28) (pour fond de teint, lèvres, et blush)
    • Flacons vides 
    • Mallettes cosmétiques
    • Enfin, last but not least, des clous, pour les perruques. 
Il faut pour maquiller les morts un à deux ans d'études, comprenant des conférences
sur la psychologie des endeuillés, et sur les soins d'embauMEment. Sur la chimie. Sur les muscles du visage. La coiffure sera la même que celle de la personne de son vivant. 

CREMATION 
    "Tu es poussière, et tu retourneras en poussière" – mais de terre, ou de cendres ? 
bien distinguer à ce sujet la crémation, où quelques ossements ou objets peuvent subsister, de l'incinération, où les cendres soigneusement purifiées reposeront dans une urne), 
    Je suis personnellement tout à fait opposé à toute forme d'incinération. Elle ne correspond à rien dans notre civilisation actuelle. Il s'agit non pas en occident d'une vague adhésion aux convictions bouddhistes ou hindouistes de purification, ni d'une dissociation du corps, sale, et de l'âme, dégagée de toute souillure : ces deux métaphysiques n'ont plus cours, ne signifient plus rien pour le contemporain pressé. Mais on se débarrasse des morts. On désencombre les cimetières. On économise sur les frais de funérailles : le taux des crémations approcherait désormais 30% des décès en France (deux fois plus qu'il y a dix ans) – et 90% en Suisse... Et pour les esprits rétrogrades, les décès seraient suivis de déchets, d'ordures à incinérer. C'est en vain que les candidats à l'incinération prennent des airs entendus et spirituels pour affirmer le peu que c'est de leur corps, et la hauteur de vue spirituelle qui les anime. 
    Proposez-leur donc, juste pour voir, de les dissoudre dans l'acide, de léguer leur précieuse dépouille à la science, ou de les découper sur des plateaux tibétains que survolent des vautours. Vous pouvez aussi parler du concasseur utilement compléter par la moulinette : vous les verrez s'assombrir et faire de laides grimaces. Pourtant, ces procédés permettent aussi l'élimination du cadavre, et garantissent le respect de l'hygiène. Eh bien non. La crémation se révèle alors comme ce qu'elle est  réellement : une agression, un outrage à cadavre, une profanation. C'est à ce titre que sont poursuivis les violeurs de sépulture. Il serait donc interdit, sous peine d'amendes pouvant dépasser les 75 000 euros, de tracer des zobs ou des croix gammées (c'est tout un ) sur une tombe, de 
déterrer un mort sans autorisation préfectorale, de dégrader une sépulture, de la vandaliser, de la violer (noter la violence expressive des termes),   et il serait loisible, légal, recommandé, de s'attaquer à des corps par une température de 850, voire 1000° ? ...de broyer les os résiduels "pour en faire une poudre fine" (décret paru en 1976) ? ...certains trafics de dents en or ont été révélés... 
    •     La cérémonie fut longtemps d'un réalisme atroce. On n'entendait pas comme aux Indes le crâne éclater, mais un ronflement ignoble, infernal et terrifiant vous informait que le corps de votre bien-aimé se trouvait cerné par les flammes et se consumait (surtout d'ailleurs en raison de la chaleur) à toute vitesse et sans rémission possible.  Je n'ai jamais été invité à de telles cérémonies qu'il faudrait plutôt appeler forfaitures ; je  craignais de n'y pouvoir tenir et de perdre mes nerfs en poussant des cris. Pourtant la famille n'assiste pas à l'introduction du cercueil dans l'appareil de crémation proprement dit, l'accès aux locaux "techniques" étant considéré comme dangereux. On ne détruit pas ainsi le temple de Dieu, même si je n'y crois pas. Il y a pourtant des prêtres qui se sont fait incinérer. Comment pourraient-ils participer à la Résurrection finale ? Mais rien n'est impossible à Dieu... L'instruction ecclésiastique sur la crémation des cadavres,  depuis depuis 1964, tolère la crémation, mais rappelle que  « l’esprit de l’Église est étranger à la crémation » 
    • On n'accélère pas ainsi le cours paisible et sain de la nature : la crémation dure environ 1h30, en fonction de la corpulence du défunt.  60% de notre corps étant de l'eau, elle devient vapeur d'eau... Je préfère de beaucoup le lent retour à la terre et la restitution au cycle vital. Mais à ce compte, nous devrions aussi condamner les caveaux de famille. Il faut que la croyance de la survie soit bien ancrée dans nos esprits rétifs à la disparition totale, en simples petites particules chimiques évanouies dans les airs... 
    •  Nous avons vu qu'il existe une différence théorique entre la crémation, qui se fait aussi bien, aux Indes, en plein air (les rives de Bénarès sont parsemées de bras ou de mains que la crue emportera) et l'incinération, de cinera, les cendres, plus élaborée, plus contrôlée, à l'issue de laquelle vous est remise une urne remplie. Mais à  l'imperfection du brûlage en Inde correspond une véritable conviction métaphysique. L'incinération, si parfaitement hygiéniste qu'elle soit, constitue en occident une opération de nettoyage, un acte de simple voirie municipale, à rapprocher de l'enlèvement des ordures. C'est pourquoi le terme de crémation d'un corps est redevenu préférable.
    • Depuis 2008, on ne peut plus disposer des cendres à sa guise ; toute dispersion doit faire l'objet d'une déclaration à la Préfecture. Elle ne peut s'effectuer à moins de 300m d'un rivage maritime, 3 milles marins si les cendres restent dans leur urne. . Il n'est pas interdit d'envoyer des cendres 
    • par la poste ; mais des précautions très rigoureuses doivent être prises.
Cependant, le nombre croissant des crémations implique un souci de ne plus s'embarrasser de l'entretien d'une tombe, de partir "propre et léger" (ce qui se discute : la combustion produit entre autres de la dioxyne, du monoxyde de carbone, de l'acide chlorydrique, entre autres ; il est recommandé d'utiliser des cercueils en bois non traités).  
    • En général, le défunt a confié ses dernières volontés ; sinon, le conflit peut aller jusqu'au tribunal d'instance ! L'urne sera placée dans un "columbarium". En cas d'incertitudes de la famille, le crématorium peut la conserver un an au plus ; le défunt garde son "statut de corps". Si personne ne se manifeste, les cendres sont alors dispersées dans un emplacement appelé "Jardin du souvenir". 
    • Mise en valeur des sources, l'art de cuisiner les ingrédients  - prévoir un avant-propos sur le légitime emploi de l'internet. Nous vous épargnons en effet de longues recherches fractionnées, en un concentré adapté, réinterprété, de ce que nous avons pu collecter, dans le format d'un volume maniable. 

    Ne pas oublier qu'il est possible de recevoir très rapidement les devis de pompes funèbres les plus proches de votre domicile, qui font jouer la concurrence. 
    Notre article ne prétend à aucune rigueur informative, et n'est qu'une tentative de vulgarisation :  l'infarctus provient d'un engorgement, d'une farcissure en quelque sorte des artères par le calcaire, qui se détache des parois et forme caillot (la thrombose obture une artère et l'athérome une veine), d'où un manque d'oxygène, appelé "ischémie", entraînant une nécrose des cellules du myocarde ou muscle cardiaque, en général irréversible après quatre heures : il se produit alors une augmentation des enzymes cardiaques. Souvent une intervention rapide permet de s'en tirer sans séquelles : on appelle cela un "infarctus avorté".  
    Si les premier symptômes remontent à plus de douze heures, l'essentiel de l'altération est déjà irréversible, seuls sont évitables les dégâts ultérieurs ou complications. 
    Les signes avant-coureurs ou les symptômes sont tellement variables en nature et en intensité qu'il est parfois difficile de les identifier : transpiration soudaine, douleur thoracique prolongée, ou de la mâchoire jusqu'au bras. Si votre âge, votre tabagisme, votre taux de cholestérol, votre obésité, vos éventuels diabète ou hypertension vous font redouter à plus juste titre une véritable crise cardiaque, mieux vaut les alerter, prendre une aspirine (sauf cas d'allergie) ce qui favorise la fluidité du sang, et rester allongé ou assis en attendant les secours, sans jamais rester seul. Il est évident que la perte soudaine de sensations physiques voire de conscience, surtout pendant une activité physique, nécessite une réaction urgente de votre entourage : massage au centre du thorax, défibrillateur s'il en existe un, électrocardiogramme que seul un personnel spécialisé peut interpréter. 
    Quant à porter toujours sur soi la liste écrite des symptômes, elle semble absolument puérile et même contre-productive : craindre excessivement l'accident revient à favoriser le terrain psychologique où il doit survenir. Ce qui devrait calmer, ou affoler, c'est que la moitié des infarctus  surviennent sans qu'il y ait de facteur de risque préalable... Ils se déclenchent souvent la nuit, ou au repos... La douleur est subite, derrière le sternum, et donne une impression de mort imminente. 
    120 000  infarctus du myocarde par an en France, et 18 000 décès : vous voyez qu'on s'en sort. Mais attention : le grand âge est un facteur aggravant. Quand faut y aller faut y aller. Le chapitre me semble trop vaste pour être poursuivi. Il ne concerne la mort que très indirectement.  
 CROQUE-MORT 
Aux fossoyeurs au croqu'mort au curé aux chevaux même ils payaient un verre... funérailles d'antan ! - noter la distinction entre "les croque-mort" et "le fossoyeur" - "Brassens, il faut toujours qu'il parle de mort !" répétait ma mère, qu'elle repose en paix à Bergerac. Et l'on disait qu'une bonne morsure au gros orteil permettait de vérifier si le défunt était bien mort. À moins qu'il ne s'agît d'une déformation de "croche-mort", les médiévaux tirant les corps de pesteux au bout de leurs crocs. Mais ce ne sont là que des légendes. Le croque-mort est un personnage familier aux lecteurs des Lucky Luke, avec son teint verdâtre et son mètre pliant.  Les femmes à présent pratiqunet aussi ce métier, ou plus exactement parent les corps préalablement toilettés et désinfectés. Larticle "thanatopraxie" vous renseignera plus précisément. Mais qu'appelait-on, naguère encore, un "croque-mort" ? Celui qui pratique la mise en bière et le transport au cimetière. 

Le Croque-mort écrit par Petrus Borel en 1840 mériterait d'être cité en entier ; nous n'en livrons ici que de trop courts extraits : " Ses honoraires sont environ de mille francs par an. - Mille francs, me dira-t-on, c’est bien peu ! c’est bientôt bu ! - Cela, hélas ! n’est que trop vrai, mais (...)le croque-mort a tant d’adresse pour appeler sur son front la douce
rosée du pot-de-vin et du pour-boire, que d’une pierre-ponce il ferait une éponge.
Quant au croque-mort suppléant, esclave également de ses devoirs comme buveur, il se place sur le même rang pour l’absorption des liquide. Beaucoup blanchissent sous le harnois. L’un d’entre eux compte à cette heure vingt-sept ans de service ; et nous calculions l’autre jour que quarante-neuf mille hommes environ lui avaient déjà passé par les mains !

Aussitôt que la lumière vient éclairer nos coteaux, le croque-mort salue gaiement l’aurore, crie trois fois gloire à Bacchus, et après de nombreuses salves d’eau-de-vie et maintes libations le long de sa route, pénètre bientôt dans le sein de quelque famille dans l’affliction, où (...), il mesure non pas l’étendue de la perte que la patrie vient de faire, mais la longueur et l’épaisseur du défunt (...) Il faut le voir comme il tire la sonnette avec modestie, - comme il parle à demi-voix, - comme il fait mine de supposer une grande désolation (...) Et tirant ensuite de sa poche un marteau rembourré pour ainsi dire, et des clous de coton, (il) [fixe] doucement le couvercle sans qu’un seul coup résonne et aille retentir dans le coeur des parents qui est censé en train de saigner dans une pièce voisine. (...)

Ne le perdons pas de vue un seul instant, sa seule profession officielle est de boire. (...) Le croque-mort ressent de très-bonne heure le besoin d’avoir une duègne au logis pour le déshabiller et le mettre au lit quand il rentre.
(...) Vous attendiez sans doute à quelque peinture sombre et farouche, et point du tout, c’est un pastel rose et frais que je vous trace ! Vous comptiez sur des larmes, et partout sur vos pas vous ne rencontrez que de l’ivresse ! cela vous étonne, et cependant, si l’on y songe un peu, cela est tout simple. La contemplation du néant des grandeurs et des choses humaines portent immanquablement à l’insouciance et à la frivolité. (...) Avant d’être bu, on veut boire. (...)  Ainsi [ces] messieurs (...) sont au contraire de bons et joyeux drilles (...) - et quand le soir, ils nous ont fait mourir de rire, le lendemain ils nous font enterrer (...) Et vous ne pouvez sans doute vous résoudre à croire que le vaudeville et Pompes funèbres soient deux choses si parfaitement liées, qu’elles boivent au même pot et mangent dans la même écuelle (...) 

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