Fronfron55 Proullaud296

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

gygès

C O L L I G N O N

G Y G È S

Sujet tiré d’Hérodote

par COLLIGNON Bernard

(Camemberts, prêt-à-porter)

PERSONNAGES

 

CANDAULE - roi de Lydie

TYDO - reine de Lydie

GYGÈS - favori du roi, conseiller de la reine

XYPHOS - conspirateur, ami de Gygès

LYGDIA - servante de Tydo

COURTISANS N° 1 - Scatophagos

N° 2 - Phallokratès

N° 3 - Pompatyphus

N° 4 - Trichomonas

 

ELBATÈS - ennemi mortel de Gygès

 

La scène représente, côté jardin, un portique, d’où descendent trois marches.

Un plan incliné, large, figure une large rampe de faible hauteur, terminée par une pierre

angulaire figurant un échiquier.

Au lever du rideau, XYPHOS et GYGÈS jouent aux échecs sur cette pierre d’angle.

 

 

GYGÈS va déplacer une pièce.

XYPHOS l’arrête d’un geste :

Pas ça. Ton cavalier est en prise.

 

GYGÈS hésite, remet sa pièce en place.

XYPHOS

Pourquoi n’avances-tu pas ce fou ? ...tu prends ma reine, et je suis presque mat. (1)

 

GYGÈS

Je te vois venir : juste après, tu descends ta tour, et c’est moi qui suis mat. (Silence concentré) (À lui-même :) Dois-je déplacer ce cavalier ? Hein ?

 

XYPHOS

Hmmmm...

GYGÈS, avec résolution :

Je le déplace…

(Silence. Xiphos avance la main)Tiens !

Ah non ! Non ! je le laisse où il est.

(Il replace le cavalier)

Et pourtant…

(Xiphos montre des signes d’impatience. Gygès reprend le cavalier, le laisse en suspens, puis le repose)

(Pris d’une illumination subite)

Tiens ! J’avance le fou, je prends la reine, et ton roi est presque mat !

 

XYPHOS

Mais si je descends ma tour ?

 

GYGÈS

Pas du tout ! Où vas-tu chercher cela ?

(Il joue)

Je prends la reine…

(Il insiste lourdement)

Je prends la reine…

(Xiphos déplace une pièce avec fatalisme)

(Hilare)

Le roi est mat ! qu’est-ce que tu dis de ça ?

 

XYPHOS

Ailleurs se tourne mon esprit est tourné ailleurs…

 

GYGÈS, l’interrompt :

Moi, je suis toujours tout à ce que je fais…

 

XYPHOS

Je songeais à notre affaire… Ne devrions-nous pas soudoyer Ogdoas ?

 

GYGÈS

Ce démagogue, ce sac à vin ? Il gâcherai tout. Qu’il reste dans son trou.

 

XYPHOS

Ogdoas, c’est le peuple, donc, toute la garnison. Il a vingt mille hommes, à nous tous dévoués.

GYGÈS

Dis plutôt à toi, oui…

 

XYPHOS se lève, solennel

Que le ciel…

 

GYGÈS

C’est à lui de tenir de tels serments…

 

XYPHOS

Le roi se l’est attaché à coups de millions. Mais (il se penche, jette un regard circulaire) – si tu lui donnes le gouvernement de Bithynie (2), il te suivra, toi.

 

GYGÈS

Et ensuite, comment se débarrasser de lui ? ...Et puis il est énorme. Il marche comme ça.

(GYGÈS se lève et l’imite grotesquement)

 

XYPHOS

Tu es trop seul Gygès. Tu ne connais pas la cour. Malgré ce que tu crois, tu te trouves aussi isolé que le jour de ton arrivée.

 

GYGÈS

Je gagnerai le peuple. J’octroierai vingt talents par tête.

 

XYPHOS

Vingt talents ! Où les prendras-tu ?

 

GYGÈS

Dix, alors. Mais sera-ce suffisant ?

 

XYPHOS

Je pense bien !

 

GYGÈS

Ne vaudrait-il pas mieux quinze talents ,

 

XYPHOS

Et la garnison, comment la garderas-tu ? Tout le trésor n’y suffirait pas. Si tu commences comme ça, tu ne pourras plus t’arrêter.

GYGÈS

Laisse-moi réfléchir… J’ai une idée : soudoyons Ogdoas. Je lui offre les revenus de Bithynie, car si nous le tenions à l’écart du complot… (geste circulaire)…il ameuterait le peuple contre nous.

 

XYPHOS

Mais comment se débarrasser de lui ? Et puis il est énorme ! Et il marche…

 

GYGÈS l’interrompt

Quand cesseras-tu de me contrarier ? Qui commande à la fin ?

 

XYPHOS, effrayé

Chut… Chut…

 

GYGÈS

Nous pouvons agir dès demain.

 

XYPHOS

Je t’apporte mille hommes et toute la cavalerie.

 

GYGÈS, se ravisant

Attends… Ne pourrions-nous repousser cette échéance ?

(XYPHOS reste dans l’expectative)

Et puis non… Hier – hm, demain… soir… cours avertir Ogdoas.

(XYPHOS va pour se retirer, quand apparaissent LE ROI et sa suite)

 

 

SCÈNE II

GYGÈS, XYPHOS, LE ROI, SUITE

 

LE ROI est couvert de bagues et de bijoux. Il porte une longue robe à l’orientale. Autour de lui, quatre courtisans. Il descend majestueusement les marches. Devant lui, COURTISAN N°1

(SKATOPHAGOS), balaie la poussière d’une main, la recueille de l’autre et l’avale avec empressement. À côté du ROI, COURTISAN N°2 (PHALLOKRATÈS), agité de tics, avec des gestes précieux, époussette sans cesse le vêtement du ROI et le rajuste. Derrière, POMPATYPHUS et TRICHONOMAS se poussent à qui sera le plus possible en contact avec le ROI. Ils sourient et redoublent de courbettes quand le ROI les regarde, mais sitôt qu’il détourne les yeux, ils s’envoient des reards furibonds, se marchent sur les pieds, se donnent des coups de coude, se bousculent, se pincent, etc.

POMPATYPHUS imite ou esquisse tous les gestes du ROI, essayant même de les anticiper ; se trompant quelquefois.TRICHONOMAS essaie de voir ce qui va sortir de sa bouche, empressé, l’oreille tendue, et se retourne vers les autres en approuvant frénétiquement de la tête.

Ce jeu doi se prolonger pendant toute la scène, sauf indications contraires.

 

CANDAULE, écartant les bras -POMPATYPHUS même jeu

 

Ah, Xiphos, et toi, Gygès, que je suis aise (3) de vous voir en ce lieu.

 

TRICHONOMAS , en écho

en ce lieu/

POMPATYPHUS, bouffonnant

Oh oui alors !

SKATOPHAGOS, toujours à quatre pattes, agite frénétiquement la tête, XYPHOS s’incline profondément, GYGÈS légèrement tout en gardant sa dignité.

XYPHOS

Majesté…

GYGÈS

Divinité…

SKATOPHAGÈS fixe Gygès d’un air courroucé parce qu’il ne s’incline pas suffisamment

CANDAULE distribue un sourire à celui-ci, une caresse à celui-là, se laisse toucher, mais d’un air parfaitement détaché

...Tous conviennent en ce palais que, de dépit, les géraniums se flétrissent aux pieds de la reine.

TRICHONOMAS

de la Reine.

TOUS

C’est juste, Sire… Aphrodite elle-même… Hélène… Europe (4)… Narcisse (5)…

GYGÈS

Nous en convenons aussi, Divinité. Nous en parlions justement…

TOUS

Aaaah… Aaaah… (mines diverses d’extase ; SCATOPHAGOS doit outrer tous les mouvements des autres).

CAND AULE

Eh bien, qu’en dites-vous ?

POMPATYPHUS

vous ?

Airs interrogatifs de tous. SCATOPHAGOS, soupçonneux, est prêt à sauter sur XIPHOS et GYGÈS ; PHALLOKRATOS suspend son époussetage.

 

XIPHOS et GYGÈS, extatiques

Ah, Divinité…

 

XIPHOS, seul

Cythérée (6) en personne…

Les visages se détendent. N°3 (POMPATYPHUS) envoie des baisers à Gygès. N° 1 (SCATOPHAGOS) baise ses pieds et revient à quatre pattes aux pieds du roi CANDAULE

 

N° 3 (POMPATHPHUS)

Ce regard, Divinité…

 

(N° 1 (SCATOPHAGOS) désigne ses yeux, qu’il a écarquillés)

 

N° 4 (TRICHONOMAS) en écho

Ah, ce regard…

(XIPHOS porte la main à ses yeux)

 

N° 2 (PHALLOKRATÈS)

Et sa chevelure ? (aux autres, péremptoire) Vous avez vu sa chevelure ?

 

N° 4 (POMPATYPHUS) en écho

...sa chevelure ?

(N°1 (SKATOPHAGOS) mime une haute coiffure très compliquée, ou imite une coquette se peignant)

 

N° 3 (POMPATYPHUS) d’un ton pâmé

Sur ses lèvres embaumées…

(N° 2 (PHALLOKRATÈS) mime une coquette se mettant du rouge (GYGÈS écœuré) N° 1 (SCATOPHAGOS) envoie sur le roi CANDAULE un nuage de poudre parfumée)

CANDAULE

À toute heure, pour moi seul, tant de joyaux : ne suis-je pas le plus favorisé du royaume ?

 

TOUS, enthousiastes

Oh si ! si Majesté, si Sire…

 

N° 4 (TRICHONOMAS)

Sissire, sissire, sissire…

 

N° 1 (SCATOPHAGOS) manque se décrocher la tête

N° 3 ( POMPATYPHUS)

...du monde, Sire…

 

N° 2 (PHALLOKRATÈS)

...de toute la terre entière, Sire…

 

N° 1, SCATOPHAGOS

Et de la lune…

 

CANDAULE au N°3 (POMPATYPHUS)

En attendant, on n’entend pas ses seins grelotter sur ses cuisses, comme la tienne…

(Tous rient)

 

N° 3 (POMPATYPHUS) la main sur la poitrine

Mais, Divinité… (il rit très jaune)

 

CANDAULE au N° 4 (TRICHONOMAS)

Ni cette verrue si mal placée…

 

N°4 (TRICHONOMAS) cesse de rire d’un coup

Mais… Mais… (N° 3 (POMPATYPHUS) d’un seul coup explosé de rire)

 

CANDAULE au N° 2 (PHALLOKRATÈS)

Et ta Myrto, Phallokratès, pleure-t-elle toujours sur sa toison… occipitale ?

(N° 2 (PHALLOKRATÈS) rit très, très jaune)

CANDAULE reprend son air faussement rêveur

...Et ses pyges ? Vous avez vu ses pyges ?

 

N° 1 (SCATOPHAGOS) à quatre pattes, à XIPHOS et GYGÈS)

Ça vient du grec, ça…

 

TOUS, presque en même temps

Ses… ah oui ! ses py… parfaitement !

 

N° 3 (POMPATYPHUS)

Ah oui, ses pyges !

 

N° 2 (PHALLOKRATÈS) admiratif, mais méfiant

Mes dieux !…Mes Dieux !…

 

CANDAULE, soudain sévère

Et qu’en savez-vous, pour évoquer ainsi les fesses de la Reine ?

 

TOUS

(N° 2 (PHALLOKRATÈS) envoyant au ROI des nuages de poudre que celui-ci tente d’éviter) – se chevauchant mais distinctement

 

PHALLOKRATÈS :

Nous supposions, Sire…

 

POMPATYPHUS

On vous croit sur parole…

 

TRICHONOMAS

On ne veut pas vérifier…

 

POMPATYPHUS

Mais vous disiez…

SCATOPHAGOS

On supposait… (geste équivoque, évoquant la mise en place d’un suppositoire. Le ROI lui botte les fesses, il court à quatre pattes en gémissant devant la scène (9). Il reviendra peu après.

 

CANDAULE

Donc, Mesdames et Messieurs, concluons : quel miracle la nature a-t-elle suscité, pour éclairer nos Faibles Yeux sur le Beau Immortel ?

 

TOUS sauf Xiphos et Gygès

La Reine !

 

CANDAULE

Pourquoi cries-tu « La Reine ! » après les autres ? TRICHONOMAS balbutie ; POMPATYPHUS le fusille du regard. SCATOPHAGOS rigole en douce, PHALLOKRATÈS le dévisage d’un air méprisant. Le ROI se retourne rapidement vers SCATOPHAGOS qui rabaisse brusquement les coins de sa bouche.

...Passons pour cette foi (à tous) Et quelle femme, mortelle ou immortelle, peut soutenir l’éclat de ses perfections ?

 

TOUS, plus XIPHOS

Aucune !

CANDAULE

N’est-ce pas Gygès ?

 

GYGÈS se reprend vivement

Aucune, Divinité.

 

SCATOPHAGOS lèche les pieds du ROI. PHALLOKRATÈS soulève sa robe et l’évente par dessous.

CANDAULE, mi-soupçonneux mi-plaisant

Mais que disiez-vous exactement sur la Reine, à mon arrivée ?

Les manèges des COURTISANS s’estompent jusqu’à la fin de la scène.

 

GYGÈS

Sire, nous avons tous loué la fermeté de votre cœur, lorsqu’il éleva sur le trône une humble servante de la cour de Phrygie.

 

CANDAULE, pensif, sans plus se soucier de ses courtisans

...Tout au long du voyage, Papa n’avait cessé de me seriner : (il imite) : « La fille du roi de Phrygie est le meilleur parti que nous pussions trouver ! Elle t’apporte en dot un canton… d’une richesse ! de l’orge, des cochons, des vaches… comme s’il en pleuvait ! Tu te rends compte ? Surtout que le trésor est assez bas en ce moment. Et puis (clin d’œil) c’est une gaillarde, quatre coudées de haut, elle te fera de beaux gros enfants. Guili-guili ! - Mais elle a dix ans de plus que moi ! - Ça ne fait rien, tu auras tes petits camarades (les COURTISANS se tortillent) (CANDAULE baisse la voix, prend un ton grivois et rauque) ...et des concubines ! (10) » Bref, nous arrivons… Et là je vois… Zeus, Apollon, Hadès ! Une grande et grasse fille blême, qui me souriait de ses trente-et-une dents, et qui avait un nom… Agathô ! Agathô ! j’en ris encore : pendant le repas (les COURTISANS se préparent à rire, XIPHOS pousse GYGÈS du coude, en levant les yeux au ciel) je lui ai susurré : « Passe-moi le plat, Agathô ! (les COURTISANS s’esclaffent) Vous comprenez ? « Le plat, Agathô ! » Wahaha… (GYGÈS et XIPHOS rient poliment) Non, mais là, je ne sais pas si vous avez très bien compris : le plat, Agathô ! « plat », « à gâteaux »… C’est un jeu de mots : »plat », « Agathô »… Hmm ? (GYGÈS et XIPHOS rient un peu plus fort). Mon père était furax. Y bavait dans son assiette, le vieux. (il change de ton) Soudain parmi les femmes qui nous versaient le vin, je remarque… alors là fini de rire… Je ne savais plus où j’étais… Nous nous sourions…

D’un sourire engageant le premier est suivi

De ses bras elle effleure au passage ma tête

- comment faire ? Ma prétendue ne me lâchait pas d’un cothurne. Alors on s’est rejoigné aux cabzingues. (grave)

Dès le premier élan elle m’a tout donné :

Sa couronne de violettes » -

 

LES COURTISANS s’apprêtent tous à rire, mais POMPATYPHUS, qui a mieux observé, les calme en vitesse. XYPHOS feint une quinte de toux. GYGÈS reste impassible.

 

Je reviens, et devant l’assemblée : « CANDAULE a choisi son épouse : TYDO, fille d’Agapès ! » Big scandal. Le père d’Agathô sourit en parlant de folie de jeunesse, de toute part on veut me faire avouer que je plaisante, que je suis ivre, mais je n’en démords point, et je me retire en

 

déclarant que je ne veux pas quitter la cour avant d’avoir obtenu satisfaction. Mon père, verdâtre, vient me trouver : « Quoi ! espèce de petit déguieulâsse, alors que je te présente en personne à l’héritière du trône de Phrygie, c’est d’une de ses servantes que tu t’amouraches ? De quoij’ai l’air,je te le demande ! Je lui ai répondu, et ça ne lui a pas plu. Mais il a bien pu me rAbattre les oreilles de sa dot, de son autorité paternelle et de la gloire immortelle de nos aïeux (chœur en sourdine desCOURTISANS (11), je n’en suis pas moins revenu de là-bas avec TYDO… Et depuis… j’admire…

« Chaque jour me découvre une beauté nouvelle,

Et il n’est pas de jour que je ne rêve d’elle ».

 

Mines extatiques des COURTISANS qui scandent, chuchotent :

Oh ! des alexandrins !… (Ils respectent une ou deux secondes de rêverie)

 

CANDAULE

Allez, vous autres. Je voudrais parler à GYGÈS, seul.

 

Les COURTISANS sortent silencieusement, avec le même manège qu’à l’entrée, autour d’une firle de roi. XYPHOS les suit sur un signe discret du ROI.

 

SCÈNE III GYGÈS, CANDAULE

 

CANDAULE

Gygès, je pense que tu ne me crois pas quand je parle de la beauté de la reine.

 

GYGÈS, se récriant

Sire, qui peut mettre en doute…

 

CANDAULE, indulgemment

Je t’observais. Oh, pour la politesse, aucun reproche : un léger sourire, juste assez pour paraître te divertir, mais rien de trop, digne, les yeux à terre – une contenance…

 

GYGÈS

de sept litres environ, Divinité.

 

CANDAULE

...mais dans ton regard, je n’ai vu qu’un enthousiasme de commande.

 

GYGÈS, amer

N’as-tu pas autour de toi suffisamment d’approbation ?

 

CANDAULE

Ne me parle pas de ces guenons. C’est ton opinion qui m’importe.

 

GYGÈS

Qui suis-je, pour en juger ?

 

CANDAULE, vivement

Il ne me suffit pas, vois-tu, de n’oser murmurer son nom que dans le silence de l’alcôve.

« Libre aux gens du commun de celer leur amoureuses

D’asphyxier leur cœur sous les draps de la honte,

Et le mesquin reflet d’une beauté commune ».

Mais moi, à qui Zeus envoya Aphrodite en partage, quelle honte saurait me retenir ? (avec force et conviction) Ma reine est ma foi (12), elle est ma preuve de Zeus, et je la répandrai, et j’en ferai croisade (13). Si princes et seigneurs font fi de mes appels, détournant leurs regards, j’irai, je les renverserai, et les enchaînerai à son trône. Si le monde n’accourt au pied de ses autels, j’irai, je conquerrai le monde. Quant à toi, Gygès, si tu restes incrédule, ou tiède seulement,

« Dussent les Rois de Tyr, d’Elam et de Memphis

Déposer à ses pieds leurs insignes royaux,

Et franchir les déserts pour un de ses sourires, »

je serai malheureux, tout simplement. (14)

(il sanglote) /

Boo-hoo, hoo, howhow…

(se reprenant)

Les oreilles sont moins crédules que les yeux. Et voici à quoi je songe : que diras-tu, sije e la fais voir… nue ?

 

GYGÈS

Divinité !

CANDAULE

Tu es de ses familiers. Tu connais les arcanes du palais. Il te sera aisé de la surprendre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

5COLLIGNON GYGÈS 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Écrire un commentaire

Optionnel