Proullaud296

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  • Un coin tout propre

    Photo prise au printemps 2052, dans l'ancien appartement de S. et D. Un linoléum nu, lisse, luisant, propre, mort. Au premier plan à droite : une nappe et son pli Puis, au fond, de gauche à droite : un fragment de fauteuil tapissé, avec un accoudoir et trois balustres ; un pied légèrement contourné. Des motifs floraux en camaïeu bistre. Une porte intérieure ouverte sur un frigo blanc, avec poignée chromé. Un rideau de fenêtre blafard. La porte ouverte plaquée au mur. Contre elle, une planche à repassée pliée à la verticale, avec son enveloppe aux motifs gris bleu, coupée verts le haut. Un tuyau d'aspirateur en crosse recourbée vers le haut, ledit aspirateur comme recroquevillé sous une cage à oiseaux apparemment vide, sur un piédestal en tige. Terre rmn.JPG

    La cage à barreaux perpendiculaires est elle aussi tronquée vers le haut. Suit un tabouret naperonné de grosse dentelle blanche, portant un vase vaguement asiatique, bleu foncé avec des motifs bleu pâle. Toujours aligné contre le mur, une bibliothèque à quatre niveaux, où figurent des magnétocassettes. A droite enfin, seule masse foncée à l'exception de l'aspirateur et du vase chinois, le grand écran de télévision, allumé (une femme en blouse blanche et un homme derrière son épaule), des appareils de réglages incompréhensibles au profane, avec, en bas, un coffrage à hublot auditif permettant d'approfondir les basses. Un ensemble glacé comme du papier, sans la moindre saleté humaine.

     

  • Jude et autres

     

    miller,réflexion,roman

     

    June ignore ce qu'est la sincérité, vit dans le reflet des autres. Oui, j'ai joué. Après avoir lu je récris, désormais je signe – errances épuisantes au milieu de la ville. À grandes enjambées entre les bassins à flot – pavés, rails interminables serpentants et cisaillés venus des murs d'usine et disparaissant – préférer le discours d'un hindou à tout voyage en Inde – survivre plutôt en personnage qu'en homme « et j'ai horreur de ce qu'écrit Henry, ce qui nous fait rester en alerte, pour enregistrer » - ce sans quoi nous n'existerions pas – d'où vient ce qui nous éveille ? « ...et nous joignons nos mains » - ces gestes impossibles entre hommes -la main d'O'Letermsen pendant derrière le fauteuil et mon cul tandis qu'il conduisait de l'autre Tu es si beau que si j'étais pédé je te … - Génial, répétait-il, génial ; pourquoi n,'écris-tu pas ? tu as peur... » « June n'atteint pas le même centre sexuel de l'être que l'homme. Cela, elle ne le touche pas. Qu'émeut-elle donc en moi ? » - tout fixer à mesure, citation 2101 – profiter du matin, coincé ente l'éveil imminent de l'enfant et l'envie physiologique de pisser.

    Toujours l'obsession du Jugement. L'odieuse adolescente obsession de la postérité (ce n'est pas le texte primitif ; ce n'est jamais le texte primitif). Je vivrai en 52, en 62, et je serai lu. Moi qui me relis, je crève de gêne June est une personnalité développée jusqu'à ses extrêmes limites. J'admirais ce « savoir-blesser » qu'elle avait, qu'elle n'a plus à présent que nos dents sont tombées je suis prête disait-elle à m'y faire sacrifier. Critique des mots et des jours disparus. Ma petite se réveille dans le vacarme des autobus. Quand trouverons-nous enfin ce qu'il nous faut à la campagne. June magnifie tous ceux qu'elle voit, en fait-elle autant de nous dès qu'elle cesse de nous voir, dois-je le croire ? (Le Prince vit encore. Ô ciel, puis-je le crère ? - Il arrive, Princesse, et tout couvert de glaire)tant de chaleur, tant d'influence et d'importance accordée à des gens sans emploi et qui peut-être ne sont que des sots…

    Je ne pourrais me passionner ainsi que pour les personnages d'un roman.