Proullaud296

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  • Histoire et philosophie contemporaines

    Montesquieu parle depuis sa noblesse, dont sainte Wikipedia ne nous dit rien : baron de La Brède et de Montesquieu, fils de Mme Pesnel, mari d'une de Lartigue, d'ascendance protestante. Il aimerait rendre aux Parlements toutes leurs capacités de remontrance. Il est fâcheux que lesdits Parlements, sous couleur de défendre le peuple, se soient toujours essentiellement souciés de confirmer leurs privilèges et d'emmerder les rois par leurs agitations de galopins. Bien loin du rôle d'intermédiaires politiques où voulait les hausser le baron de La Brède. Nos députés sont à présent issus du peuple, mais nul n'en sort s'il n'est auparavant aidé par sa fortune colossale ou du moins l'aisance grand-bourgeoise. Et si le tirage au sort se substituait à l'élection ? Nous retrouverions alors les mêmes hasards que sous l'aristocratie.

    Nous voyons que rien ne change sans que d'autres poussent d'automatiques hurlements. « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Pourquoi voulons-nous changer ? « Pour changer de me-e-e-rde ». Guy Béart est grand. Prions et soyons charitables ? À Paris, le Ier de la lune de Zilcadé, 1720. Mélange des ères, des mois, fiction : Lettre CXXXIX, 139 pour les ignares, de Rica au même : “Voici un grand exemple de la tendresse conjugale, non seulement dans une femme, mais dans une reine. La reine de Suède -” stop : celle-ci était largement lesbienne, et tenait en la pelotant clitoris inclus sa favorite du jour sur ses genoux tandis que le pauvre Descartes, levé dès quatre heures du matin, grelottait en lisant ses Méditations ; pendant ce temps, la reine fouillait les chougnasses.

    Question : le capitaine Descartes bandait-il ? Heureuse époque en vérité, heureuse époque ! “Le saphisme” - à propos du XVIIIe siècle cette fois - “était monnaie courante, même ans le petit peuple, et l'on passait souvent de voisine en voisine pour se faire une petite gougnotterie juste avant son marché. Que les femmes étaient heureuses ! Mais Christine de Suède était donc mariée ? Oyons , et flagellons-nous la face : ô Ignortant ! il s'agit d' “Ulrique-Eléonore, épouse de Frédéric de Hesse-Cassel” - ouf ! Une femme normale ! Ce qui n'arrangera rien – voyons : “...voulant à toute force associer son époux à la couronne, pour aplanir toutes les difficultés, a envoyé aux Etats une déclaration par laquelle elle se désiste de la régence en cas qu'il soit élu”.

    Nous n'y entendons rien. La reine devenait régente automatiquement ? De son mari ? D'un prince en sa minorité ? Ou bien, “régence” signifie “pouvoir monarchique” ? Voici ce qu'en dit sainte Wikipedia : “Elle succéda en 1718 à son frère Charles XII après avoir dû accepter d'abolir la monarchie absolue. Elle accepta en effet la nouvelle constitution qui limitait la royauté, partageant le pouvoir entre le monarque, le sénat et les états. Mariée en 1715 à Frédéric IHYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Frédéric_Ier_de_Suède"er landgrave de Hesse-HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Hesse-Cassel"Cassel, elle abdiqua en sa faveur en 1720. " Espagnole B.JPG

  • Coucher

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    Une petite ville près d'Albi. L'hôtelier voudrait, comme aux temps anciens, que je partage une chambre avec un jeune couple : la femme se mettrait par terre, sur un matelas confortable, tandis que je rejoindrais l'homme. Cela me semble parfaitement incongru. Avant que j'aie pu commencer les négociations avec ce couple, on frappe à la porte : voici ma fille et son fils, qui voyagent ensemble, d'hôtel en hôtel, à ma façon. Eux non plus n'ont pu trouver de gîte satisfaisant dans cette bourgade. Mais eux, du moins, dans l'établissement non moins minable qu'ils ont découvert, disposent d'une chambre à deux lits pour eux seuls.

    Nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain matin ; ma fille sait conduire à présent, et nous repartirons après le petit-déjeuner, chacun dans sa petite exploration. Pour ma part, il me faut retourner à Bordeaux, ce qui se fait toujours sans joie. Heureusement, là-bas chez moi, certains me trouvent une certaine utilité : j'anime une émission de radio libre, et me débrouille tant bien que mal devant ma table de mixage. M'y voici donc. Et me parviennent aux oreilles des chants extérieurs à l'antenne : où se trouvent-ils, que je les entende aussi distinctement ? Ce sont des hommes, des ouvriers de langue arabe, qui passent dans la rue, au pied du studio, à l'arrière de grands camions de chantier ; ils répètent sans cesse Khaled Constantine, Khaled Constantine. Tous à l'unisson, comme veut la coutume. J'ai profité d'un disque à l'antenne pour me pencher par la fenêtre, il faut que je la referme, seulement, les battants de volets se prolongent à présent jusqu'au trottoir, sous forme d'immenses battants de plastique. Les camions sont passé, mais en me penchant trop de mon premier étage, il a bien fallu que je tombe – sans me réceptionner trop brutalement. Mais la douleur soudain se réveille : déchirement ? L'hôpital est comble, lui aussi ! Hôtel, hôpital, même mot, même encombrement, partage à nouveau d'un lit : "Bonjour. Je suis" me dit l'occupant "reporter" – ici le nom d'une revue locale. "Pourriez-vous – parlez bien en face du micro – nous expliquer votre mésaventure ? - Deux sentiments (je réponds) m'ont partagé ; d'une part, la répugnance devant l'invasion arabe. D'autre part, une immense compassion... - "Immense ?"... - pour ce chant si profond d'ouvriers déracinés, nostalgiques, miséreux. Lorsque j'ai bien dit tout ce qu'il fallait, le micro m'est coupé. Survient un couple d'une soixantaine d'années : les parents, bien nourris, de type européen – je m'enfuis : “Et s'ils me trouvent dans ton lit ?” Le reporter se met à rire avec un geste d'insouciance. Ils nous découvrent en effet, sa propre mère voudrait étaler les plis du drap avant que nous nous y étendions, mais ils sont dans un tel désordre qu'elle y renonce aussitôt.