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LE PETIT LIVRE DES GRANDES FETES RELIGIEUSES

  • VOUS AVEZ DIT « ECUMENISME » ?
  • De toutes ces considérations sur les cérémonies religieuse se dégage un certain nombre de constatations communes : le besoin de l'homme de se retrouver entre semblables afin de lutter contre l'angoisse de sa solitude, le besoin à ce moment-là, au milieu du désordre désespérant de sa vie, de reconstituer un ordre cosmique et divin, de se réapproprier le cycle des saisons aussi bien que les mystères de la condition humaine. Il serait donc réconfortant de ne considérer les fêtes religieuses que sous l'angle de la réconciliation de l'humanité tremblante autour de ses doutes et de ses ignorances, afin d'établir non pas un écuménisme religieux impossible à réaliser mais un écuménisme des scepticismes bienveillants, n'excluant ni méditation ni festivités.
  • Un grand pas aurait ainsi été franchi vers la paix universelle, que nos religions nous promettent à l'envi depuis des siècles voire des millénaires et se sont toujours jusqu'ici montrées bien incapables d'instaurer...
  • ...« Plus la religion relie, plus elle divise. Elle creuse un fossé entre croyants et incroyants, fidèles et infidèles, pieux et impies.En multipliant les obligations alimentaires ou vestimentaires, une religion crée l’uniforme entre les siens et le contraste avec les autres. Lorsque la différence n’est plus vivable, il n’y a que la guerre pour rétablir le droit d’autrui. Le lien religieux est, comme le nœud gordien, si serré qu’il faut le trancher pour le défaire. On peut amender une loi, modifier un contrat, voire organiser un divorce, on ne négocie pas une religion. Tous ceux qui l’ont tenté ont échoué. »
  • D’après Odon VALLET, université Paris -VII, Petit lexique des idées fausses sur les religions, Albin Michel, 2002.
  • Autant dire que cet ouvrage, rédigé par un sceptique, n'aura eu d'autre ambition que de rafraîchir les connaissances, et ne prétendra pas à l'écuménisme, dont la seule réalisation concrète fut de répandre, avec une touchante unanimité, la prononciation fautive d' « eûeûcuménisme »...
  • SANS LES DOGMES...
  • Unir les religions revient en effet à réduire leurs dogmes à l'état de symboles et à ne les comparer que dans une perspective de tolérance et de fraternité universelles, dont nous sommes loin, peut-être précisément parce que, comme pour un régime sans sucre, sans sel ni tabac, tout le monde sait exactement ce qu'il faut faire, en éprouvant à l'avance une immense fatigue à l'idée
  • EN GUISE DE CONCLUSION 129
  • même de commencer de le suivre... Or le sel, l'alcool et le tabac de toutes les religions, soit tout ce qu'il y a de bon, c'est le dogme ; ôtez-le, vous en ôtez tout le contenu, tout le suc et tout l'attrait. Il ne reste plus que le respect de tout et de tous, chose qui ressemble beaucoup au bouddhisme, où d''aucuns s'accordent à voir moins une religion qu'un système philosophique, de pensée et de conduite... qui n'est pas abordé ici.
  • Notre but serait donc non pas de contribuer à quelque improbable syncrétisme, mais à un universel scepticisme ou fatalisme, le fin du fin de la sagesse humaine (oxymore !) étant de découvrir sur le tard que tout se vaut, sauf de ne pas tuer, ni voler, ni violer, qu'il faut continuer comme on a toujours fait, que nul ne sait ce qui nous attend, et que nous devons nous débattre dans notre solitude en nous efforçant de nuire au moins de gens possible. Nul besoin de recourir à des langues de feu venues du ciel, à des buissons ardents ou à des mules qui s'envolent vers les nuages avec le Prophète sur le dos, à quoi il faut croire dur comme fer au risque d'être sévèrement battu par ceux d'en face - pour expliquer tout cela aux braves gens qui avaient déjà tout compris sans tant faire d'histoires.
  • Le relativisme religieux, certes, incite à la tiédeur ; et rien n'interdit des célébrations philosophiques privées et ferventes, des exercices de l'âme, même si c'est impossible. Mais d'autre part, si tout rite de plus d'une personne est interdit, que deviendra la grande panique humaine ?
  • Nous ne saurions mieux terminer que par cette magnifique prière, attribuée par Jean Potocki à un rabbin espagnol dans Le manuscrit trouvé à Saragosse :  « Seigneur, si vous existez, sauvez mon âme, si j'en ai une » - mais, c'est de Voltaire. Coucou !

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