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  • La chatte aux brillants a encore frappé

     

    A quoi me servira désormais de lire, qui n'ai plus d'examen ni d'oral à passer ? Les Anglais ne laissèrent ici que les murs. Et puisque seules des compilations de choses sues possèdent le bonheur d'être lues, je répéterai ici que la Guerre de Cent ans ne fut le plus souvent qu'une succession de coups de main sans envergure, les places-fortes ne cessant d'être prises et reprises par les combattants. Jusqu'à ce que le si décrié Charles VII ne s'emparât enfin de la Normandie, à la suite d'une campagne stratégiquement remarquable - ingratitude de la mémoire ! Les Pères ont été massacrés ; je suis resté seul pour garder les morts : c'est demain leur jour. Inexact : le Premier n'est pas le Deux, la Toussaint ne concerne que les saints. Il s'agit d'une fête. Mais tout mort n'est-il pas un saint, voire un dieu ? Telles étaient les plus primitives croyances, à en croire Fustel de Coulanges.

    Toujours est-il que La voix, les mouvements, la pâleur, les regards du moine avaient du surnaturel, comme je ne sais quoi qui a été : ses lèvres ne remuaient point lorsqu'il parlait, et son haleine glacée sentait la terre. « Et la bouche pleine de terre » est une expression qui revient dans les chansons collectées par Malicorne. Cette époque me semble bien plus authentique, en contact avec la mort, avec la vérité, qui est la mort. Cependant, ne tombons pas dans la complainte obsessionnelle propre à Chateaubriand, qui à présent parfois m'agace ; il se drape un peu trop lourdement, un peu trop souvent, dans sa mélancolie. Tinténiac et le Damoisel entrèrent dans le cloître. Ce qui fâche en vie monacale est la promiscuité, l'odeur des pieds, la vue permanente des autres, les vingt ou trente mêmes, et les ronfleurs soigneusement évités.

    J'aurais bien dû acheter, l'été 84, ce livre d'un défroqué. Toujours sauter sur le livre qui vous tente. Entrer dans un cloître désert, s'allonger sur le sol, attendre le sommeil, le rêve qui déstructure et la mort, serait le plus beau sort. S'étendre dans un fossé de la forêt, aussi. Se déliter sous la pluie. N'être découvert qu'une fois bien mort depuis longtemps. Ou se relever, la tête bruissante, et marcher au hasard jusqu'à la halte et la chute suivantes. Henri Serpe achève ses jours dans une guérite. L'ennui est que ces positions allongées ne font qu'engendrer, au lieu de la sérénité, qu'une succession de syllabes sans suite, encombrant puis remplaçant la pensée : rien de serein, jute un délabrement : cela commence par un démantèlement des finales, participes et formes verbales, puis se poursuit par des fêlements de syntaxe, puis le langage interne se brouille et la pensée : il faut alors vite se lever, au milieu de l'après-midi.

    C'est ainsi que la méditation de Milarepa se mue en profond sommeil, et le lama de rire : « Tu as découvert me secret de la méditation » - mais c'est pure pirouette. La seule vraie rédemption, la jonction avec la nature stellaire de l'homme, ne se fait véritablement, philosophiquement, authentiquement, que par la décomposition, que nous ne devons pas craindre. Mais la suite relève à n'en pas douter de la plus complète sorcellerie – lisons : Le jeune écuyer attache les chevaux à un pilier, et met devant eux l'herbe rêche qu'il fauche avec son épée parmi les pierres sépulcrales. Joli. Mieux encore si l'écuyer eût été pourvu d'une faux, à la Dürer. Nous nageons en plein cauchemar fantastique : dalles qui basculent, chevaux empli de prophéties, présages plus que funestes. Le Religieux psalmodiant un Miserere, conduit sire Johan au dortoir de l'Infirmerie ; salle déserte hantée du vent, où le concierge des Trépassés s'était ménagé un abri dans le coin d'un foyer immense. Majuscules, virgules, tout erratique.

    Puis, quel besoin de « psalmodier » un « Miserere » pour conduire un hôte. S'agit-il du même homme, « le Religieux » e le « concierge » ? Nous tremblons comme des vautours diarrhéiques.

     

  • Onfray mieux de lire ça partout

     

    De toute façon, les religions se sont arrangées pour avoir toujours raison. Leurs fameux textes, Bible, Torah, Coran, sont si anciens, ont suscité de tels innombrables commentaires où toutes les contradictions trouvent leur place, se sont vus tant de fois triturés, interpolés, modifiés, tels les Evangiles, soigneusement rectifiés au IVe siècle pour pouvoir bien tous coïncider afin qu'on s'en étonnât, ou le Coran, qui se débat entre versets abrogeants, versets abrogés, hadith (recueillis par la tradition) et autres, qu'il ne peut plus s'agir de la pure parole de Dieu, mais bien de la parole d'une bonne tripotée d'humains. Quant à saint Paul, il s'est tellement investi dans sa tâche, qui fut de réinterpréter l'Evangile à l'aune de son nabotisme et de ses névroses, qu'il en a fini par se croire en communication directe avec le Christ, au fou...

    Et à celui qui croit en l'ange Gabriel, que lui dire ? Ou que les éclipses de lune sont provoquées par Mahomet qui se la glisse dans la manche ? De deux choses l'une : ou tout cela est symbolique, auquel cas nul besoin de dogmes à la noix, ou tout cela est vrai, alors, abandonnons notre raison, qui est pourtant la marque même de notre éventuelle divinité. Pour en revenir aux textes, n'importe qui peut leur faire dire n'importe quoi. Il y a de tout et plus encore dans les trois livres fondateurs. Des appels au massacre, ou des messages de paix. Les chrétiens sont protégés par les musulmans et deviennent des « dhimmis » ? soit, mais à condition de payer un impôt spécial. Les juifs sont protégés par le roi de France, à condition de ne pas vivre sous le règne de saint Louis, qui en faisait brûler quelques-uns chaque vendredi, « afin d'être agréable à Notre-Seigneur », je cite – et c'est sans doute une des raison qui ont aidé à sa canonisation ; quant à Philippe le Bel, il confisquait leurs biens.

    Vous pouvez donc toujours trouver dans les textes dits sacrés de quoi alimenter vos rêves de paix ou vos cauchemars de massacres : Il y a tout ce que vous voulez / Aux Champs-Elysées. Nulle religion n'est de paix. Toute religion est totalitaire et prosélyte. Par nature. Par nécessité. Il faut convertir le monde entier au nom de la Vérité. Ou bien, il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père, et qu'on nous foute la paix. Je terminerai (mais peut-on terminer là-dessus) par les fines bouches des magazines catholiques : cet ouvrage reprendrait des arguments déjà maintes fois allégués par les propagandistes staliniens.

    Eh bien tant mieux. Comme ça ils n'auront pas eu tort tout le temps. Pour ceux qui trouvent tout cela bien superficiel, il existe aussi de hautes pages pleinement philosophiques, sur l'immanence et la transcendance, et de bonnes prises de tête intellectuelles au noble sens du terme.

    HARDT VANDEKEEN « LUMIERES, LUMIERES »

    MICHEL ONFRAY « TRAITE D'ATHEOLOGIE » 27 07 07 2

     

     

     

    Tous les niveaux de réflexion sont ici convoqués, dans le Traité d'athéologie de Michel Onfray. L'extrait que je vais lire se situe au début du deuxième quart, lorsqu'il s'agit de s'attaquer aux interdits, édictés par les prêtres et les interprètes, car il est difficile d'entendre véritablement Dieu. Ce passage relève de la satire facile ; mais ce sera tout de même réjouissant : plus il y a d'interdits en effet, plus il y a d'occasions de tomber en faute, et d'expier par de bons gros dons aux bon vieux clergés opulents. Je lis : « L'essentiel est dans l'anecdote : par exemple les juifs s'interdisent de manger des crustacés, car Dieu répugne aux animaux sans nageoires ni écailles qui, de surcroît, affichent leur squelette à l'extérieur ; de même les chrétiens évitent la viande le Vendredi saint – jour célèbre pour son excès d'hémoglobine ; » - humour - « ou encore les musulmans soucieux de ne pas se réjouir avec du boudin noir. Voilà trois occasions parmi d'autres de montrer sa foi, sa croyance, sa piété et sa dévotion à Dieu.

  • Onfray mieux de lire ça partout

     

    De toute façon, les religions se sont arrangées pour avoir toujours raison. Leurs fameux textes, Bible, Torah, Coran, sont si anciens, ont suscité de tels innombrables commentaires où toutes les contradictions trouvent leur place, se sont vus tant de fois triturés, interpolés, modifiés, tels les Evangiles, soigneusement rectifiés au IVe siècle pour pouvoir bien tous coïncider afin qu'on s'en étonnât, ou le Coran, qui se débat entre versets abrogeants, versets abrogés, hadith (recueillis par la tradition) et autres, qu'il ne peut plus s'agir de la pure parole de Dieu, mais bien de la parole d'une bonne tripotée d'humains. Quant à saint Paul, il s'est tellement investi dans sa tâche, qui fut de réinterpréter l'Evangile à l'aune de son nabotisme et de ses névroses, qu'il en a fini par se croire en communication directe avec le Christ, au fou...

    Et à celui qui croit en l'ange Gabriel, que lui dire ? Ou que les éclipses de lune sont provoquées par Mahomet qui se la glisse dans la manche ? De deux choses l'une : ou tout cela est symbolique, auquel cas nul besoin de dogmes à la noix, ou tout cela est vrai, alors, abandonnons notre raison, qui est pourtant la marque même de notre éventuelle divinité. Pour en revenir aux textes, n'importe qui peut leur faire dire n'importe quoi. Il y a de tout et plus encore dans les trois livres fondateurs. Des appels au massacre, ou des messages de paix. Les chrétiens sont protégés par les musulmans et deviennent des « dhimmis » ? soit, mais à condition de payer un impôt spécial. Les juifs sont protégés par le roi de France, à condition de ne pas vivre sous le règne de saint Louis, qui en faisait brûler quelques-uns chaque vendredi, « afin d'être agréable à Notre-Seigneur », je cite – et c'est sans doute une des raison qui ont aidé à sa canonisation ; quant à Philippe le Bel, il confisquait leurs biens.

    Vous pouvez donc toujours trouver dans les textes dits sacrés de quoi alimenter vos rêves de paix ou vos cauchemars de massacres : Il y a tout ce que vous voulez / Aux Champs-Elysées. Nulle religion n'est de paix. Toute religion est totalitaire et prosélyte. Par nature. Par nécessité. Il faut convertir le monde entier au nom de la Vérité. Ou bien, il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père, et qu'on nous foute la paix. Je terminerai (mais peut-on terminer là-dessus) par les fines bouches des magazines catholiques : cet ouvrage reprendrait des arguments déjà maintes fois allégués par les propagandistes staliniens.

    Eh bien tant mieux. Comme ça ils n'auront pas eu tort tout le temps. Pour ceux qui trouvent tout cela bien superficiel, il existe aussi de hautes pages pleinement philosophiques, sur l'immanence et la transcendance, et de bonnes prises de tête intellectuelles au noble sens du terme.

    HARDT VANDEKEEN « LUMIERES, LUMIERES »

    MICHEL ONFRAY « TRAITE D'ATHEOLOGIE » 27 07 07 2

     

     

     

    Tous les niveaux de réflexion sont ici convoqués, dans le Traité d'athéologie de Michel Onfray. L'extrait que je vais lire se situe au début du deuxième quart, lorsqu'il s'agit de s'attaquer aux interdits, édictés par les prêtres et les interprètes, car il est difficile d'entendre véritablement Dieu. Ce passage relève de la satire facile ; mais ce sera tout de même réjouissant : plus il y a d'interdits en effet, plus il y a d'occasions de tomber en faute, et d'expier par de bons gros dons aux bon vieux clergés opulents. Je lis : « L'essentiel est dans l'anecdote : par exemple les juifs s'interdisent de manger des crustacés, car Dieu répugne aux animaux sans nageoires ni écailles qui, de surcroît, affichent leur squelette à l'extérieur ; de même les chrétiens évitent la viande le Vendredi saint – jour célèbre pour son excès d'hémoglobine ; » - humour - « ou encore les musulmans soucieux de ne pas se réjouir avec du boudin noir. Voilà trois occasions parmi d'autres de montrer sa foi, sa croyance, sa piété et sa dévotion à Dieu.

  • Si vous y comprenez quelque chose...

     

    J'avais retrouvé ce vertige et ce jeu de dupes / voir sous les jupes / des filles – autre exemple ? Ce sexe à la feuille d'or si volontiers imaginé plaqué aimantant le regard de cet amant près de moi (le même) qui perdit si souvent contenance s'il la regardait ; sous tant d'afféteries (second masque, seconde poupée), d'innocence et raffinement mêlés, la vitalité même de cet homme se dissolvait, naufrageant amoureusement sous les yeux de cette autre femme l'accompagnant égarée au sein d'un magma de gros potes, ivrognes, aveugles, avec la volupté cuisante du réprouvé.

    Mon ami fusillé du regard et d'une certaine moue, indécelable à nul autre que lui, faveur insigne de l'amour (certaines figurines féminines ainsi, sous leur feuille d'or, trouveraient-elles matière à jouir sans y toucher de tant de sang et de semence puisés dans la candeur grossière de l'homme ; l'amour que j'ai voué à Sylvie Nerval se justifierait alors, dans sa forme la plus archaïque, par cette adoration courtoise de la femme que cette dernière à présent eindrait de rejeter comme fardeau, paralysie, ligotage, aliénation – sachant ce que recèle une telle malsaine adoration). Ni femme-enfant ni félin, la femme contemplée diffuserait sans y participer ce charme poignant fait d'une amère et tendre inaccessibilité, de cette sensation de transparence inviolable, de cette sourde et poignante montée de larmes cérébrales joignant la faiblesse et l'inextinguible désir de vaincre et de protéger, d'être dissous et englobé aussi bien que d'inclure à son tour en soi.

    Ou en sens inverse de se déprécier, de se scinder de soi au point de tenter le viol ou la mort qu'on se donne à soi-même - tant il peut être inconcevable d'approcher un jour si peu que ce soit le féminin. Inimaginable d'approcher la violence comme un désespoir, quoique ce soit pourtant de cette infranchissable distance que surgissent ces intuitions d'élimination de l'objet interdit - soit qu'on l'englobe, soit qu'on l'annihile ; devenir l'autre, et la fusion s'opère vers le haut, ou devenir soi, et déjà le tuant. 

    Etourdissant jeu de balance et de rétablissement, de tromperie et de dérobade en succès, toujours en question, bascule perpétuelle de toute une vie – suspendue à quelques gestes, déhanchement, clin d'œil, irrégularités d'un bras, duvet de la peau sous lumière rasante - ou quelque intonation, tournure de pied, froncement de narine – au choix - désespérant celles qui n'ont rien découvert.

    X

     

    Sylvie Nerval (ma femme) est une artiste. Sans péjoratisme, tous éléments de charme confondus et surpassés. C'est le Bateleur du Tarot. Inextinguible argument d'amour. Artiste non pas débraillée, virago d'atelier à plâtre, mais soignée, peignée, avec simples pinceaux et toiles, et technique accessible à tous : des traits réguliers dans des faces de cauchemar. Juste le doute, un détachement du monde sans mignardises – la blouse modérément maculée, la palette aux piles de couleurs séchées, une tache dans les cheveux (pas maçonne, pas plâtrière). A vingt-huit ans tous deux nous habitions, jadis, la maison de famile ; sous les combles s'étendait le paradis de l'Atelier où nous devions mûrir et grisonner, destin tracé.

    Ne pas grandir, sous la mesure (à présent je le sais) de nos rêves (pas à la hauteur disent-ils). Toute une vie : pas à la hauteur. Sept mètres sur quatre, plus réserve et point d'eau. J'étouffais. Je donnerais tout pour y retourner. Avec ce que je sais maintenant. Si j'étais resté ; si je n'avais pas plus de dix ans lutté à toute force pour m'enfuir. Je serais devenu moi, moi et cadavre. Vrai, authentique, unitaire, fort et mort. Avec mes tristes souvenirs d'enfance, qui ne m'ont pas quitté mais sont allés survivre ailleurs. Sylvie Nerval au comble du bonheur et de l'angoisse sans issue peignait, nous écoutions des 33 tours rayés tachés de cadmium sous les soupirs puants et répétés du radiateur à gaz – nous vivions, nous rêvions, nous lisions, nul ne nous soupçonnait, nous les meilleurs du monde, nous paraîtrons et le monde s'étonnera.

  • Le Chevalier de la Barre

     

    Il a fallu attendre le 9 octobre 1905 pour que le rêve des Lumières, la loi séparant les Eglises et l'Etat, soit promulguée. “ A écoles privées, fonds privés” disait-on alors. Aujourd'hui, un siècle après, nous constatons que cette loi a été détournée par de multiples aménagements: loi Astier du 25 juillet 1919, décrets des 8 avril 1931 et 9 janvier 1934, loi Debré du 31 décembre 1959 et bien d'autres décisions qui dissimulent des subventions discrètes et variées.
    Actuellement, la surinformation arrive à désinformer complètement la population. Qui sait, par exemple, qu'un procès a été gagné contre l'Eglise pour utilisation des fonds publics aux JMJ?

    La plage vue du train.JPG


    Autre exemple: aujourd'hui, des terrains municipaux sont bradés pour la réalisation d'un projet d'Institut de théologie en plein Paris. Et pourtant, le texte de la loi de 1905 dit bien: “ La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. ” Le concept de laïcité doit préserver un environnement permanent de liberté pour tous. .Il doit séparer la sphère publique de la sphère privée. La laïcité s'applique non seulement à l'école mais aussi à tous les domaines. On nous objecte que la laïcité est une spécificité française. Nous savons pourtant que sa pratique universelle amènerait la paix sur la terre entière.
    Chacun est libre de ses croyances ou de ses doutes. Chacun est libre de vivre comme il l'entend pourvu que ses actions et ses propos ne nuisent pas à autrui et n'empiètent pas sur sa liberté. Cette liberté que je revendique pour moi-même, je la désire aussi pour les autres.
    Or, on ne nous dit pas assez que tous les conflits armés de guerre ou de guérilla" aujourd'hui comme hier, en Algérie, en Israël, en Palestine, en Iran, en Afghanistan..., on ne dit pas assez que tous ces conflits ont, certes, souvent des causes économiques mais qu'ils sont tous soutenus, nourris, exacerbés par des guerres de religions.
    Ces Eglises emploient pour cela la force mais aussi l'amalgame, le discrédit, l'intimidation, la culpabilisation, par monitoire ou parfatwa Elles prétendent détenir la vérité et veulent appliquer cette vérité à tous alors qu'il ne s'agit que de leur vérité. Pour agir, les laïques n'emploient que la force de persuasion verbale puisqu'il ne peut être question, pour eux, de contraindre au nom de la tolérance réciproque.
    La laïcité est une conception subtile de la tolérance. Elle est comme l'air, on sait vraiment ce que c'est quand elle vient à manquer. Un hebdomadaire déclarait récemment: “ En dépit de son inexorable déclin, la religion est à la mode... Quoi de plus tendance que d'écouter une messe dans une église polonaise, de se montrer à la Mosquée de la Goutte d'Or ou d'assister à une célébration hassidique conduite par un rabbin fondamentaliste de la rue de Crimée? Une vi.site du Dalaï Lama sans doute! ” (fin de citation). Les religions sont à la mode et il est de bon ton de dire que la laïcité est ringarde.
    Il est vrai que certains, croyant la servir, l'ont dénaturé. En effet, certains laïques n'hésitent pas à se montrer souvent plus intégristes que leurs adversaires, au nom d'un communautarisme intolérant. On ne sait plus si, au nom du droit à la différence, il faut renoncer aux valeurs fondamentales des Droits de 1 'Homme et du Citoyen. On ne sait plus, en particulier, si les Droits de la Femme -car c'est elle le plus souvent qui est la victime -si les Droits de la Femme doivent céder le pas aux religions. Je ne parlerai pas du foulard islamique, de l'excision en Afrique, des chaussures carcan en Chine. Mille sujets peuvent et doivent être traités par la laïcité des institutions, garante de la neutralité et de l'esprit de tolérance. La laïcité rassemble ce qui est épars, c'est sa fonction dans la cité.
    Or, la laïcité ne possède pas d'emblème, de drapeau, pas de symbole rassembleur. Notre souhait est de faire de ce square, du chevalier de La Barre et de sa statue, une symbolique de tolérance par des rassemblements de tous ceux qui, laïques dans leur comportement, et quelle que soit leur pensée d'un point de vue politique ou philosophique, se reconnaissent dans le concept de laïcité.
    Il existe des actions à mener. Elle sont diverses, grandioses ou modestes mais toutes empreintes de vigilance.
    Ainsi, savez-vous qu'il a existé, et qu'il existe encore, des projets pour changer le nom de la rue du chevalier de La Barre qui se trouve au pied de ce square? Les noms avancés sont tous honorables. Je trouve pourtant plaisant que l'adresse de la basilique du Sacré-Coeur, construite pour expier les crimes de la Commune, dit-on, soit “ rue du chevalier de La Barre” ce qui ne serait plus le cas si on la... débaptisait.
    Le premier but de notre association était de remettre en place une statue du chevalier de La Barre. Mais la tâche n'est pas achevée. Permettez-moi de vous rappeler ses autres buts, d'après nos statuts:
    -Rassembler, aider et favoriser les actions oeuvrant pour la liberté absolue de conscience, la liberté d'expression, la liberté d'opinion et la liberté de penser, contre tous les intégrismes et les fanatismes.
    -Promouvoir le concept de laïcité délimitant la sphère publique et la sphère privée.
    “ Etre laïque c'est ne rien placer hors du débat ”, c'est sur cette phrase d'Eric Fassin que je voudrais terminer. Que ce lieu devienne l'outil qui mettra notre ambitieux projet en perspective. Que ce square. lieu ouvert devienne en quelque sorte le Temple de la Tolérance, le Temple du respect de l'autre!
    Honneur au chevalier
    J'ai dit.
    Anne Duthil, présidente de l'association“ le chevalier de La Barre".Contact: 5 rue Edouard-Vaillant -92200 ST DENIS

     

  • Notations

     

    Je ne trouvais pas mon père assez sévère, assez puissant, tant ma mère l'avait diminué ; peur de l'orage, des éclairs (il tonne en ce moment, justement). Cimetière juif de Nice.JPG

    Le désir que mes parents meurent : commun avec l'humanité...

    J'aime me faire peur avec des histoires de mort.

    Devenu plus lucide – avec d'autres femmes, je verrai...

     

    Relations homosexuelles, culpabilisantes, pour “rattraper”. Je pliais exagérément, à 16 ans, sous mon père ; en réalité, j'aurais (peut-être ?) pu faire ce que j'avais voulu, car il n'avait pas d'autorité réelle.

    Voilà pourquoi j'ai passé sans cesse des examens, m'abstenant de toute aventure. Voilà d'où viendrait ma paralysie avec les filles.

    Je jouis mieux quand je me répète : “Tu fais ce que la société attend de toi.”

     

    Ce n'est pas la fille qui me fait peur ; c'est une main qui me retient de l'intérieur. Si je surmontais cette “crampe”, il me semble qu'une vague d'indifférence molle me submergerait ---> interdit surmonté ---> castration effective.

    Il faudrait qu'alors je pense “Merde papa”, et que j'avance le bras...

    Quand je la vois faire, je lui dis d'arrêter, par peur qu'elle devienne idiote - ! ? -

    Désir de manger l'autre (penser aux phantasmes où je me voyais mangé). Je me précipite avec la bouche (léger dégoût, style “faut y aller” - en diminution maintenant) pour éviter un contact avec le sexe.

    C'est une conjuration.

    Entrave posée au développement sexuel ordinaire.

    Régression à la sexualité infantile.

    Paralysie : je dois réellement me forcer. Véritable panique. Je sens, de plus, que cette panique, un accès de raison, me ferait dire : “Et puis non, n'y allons pas.”

    Avec A., je n'ai jamais eu cette paralysie, même au début.

     

    06 06 2019

    Conception de la vie – Conception de la littérature

    La vie comme un don – La littérature comme un don.

    “Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait”

     

    Le présent. Le présent éternel. Je suis le soleil qui réchauffe ses enfants.

    Le sage n'a pas besoin des autres. Il trouve en soi l'atma, le brahma, sa force.

     

    Editions : sans arrêt

     

    Je lis Arnaud Desjardins.

    Renoncer me fait frémir. J'ai besoin que ce soit très progressif.

    Balancer mon carnet vert ? Peut-être un jour, en emménageant, facile.