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  • Ce que je peux m'emmerder ce soir...

    Vous êtes dans l'édition, dans la chanson ou dans le théâtre, vous crevez la dalle mais vous DIRIGEZ votre vie, vous pouvez vous permettre de nous vomir votre morale de self-made-man sur tous ces petits privilégiés de la police ou de l'enseignement - ah ! l'enseignement... OU ALORS, vous pouvez, on ne sait jamais, un jour, par hasard, comme ça, éventuellement, réussir. Mais alors, comme vous avez des couilles, VOUS (les flics, "par bonheur, n'en avaient pas") - vous auriez de toute façon réussi partout, dans les frites, dans les pull-over, dans l'électricité (non : semi-fonctionnarisés), que sais-je. 
    Alors ce que je voudrais dire à tous les aspirants écrivains, poètes, et autres, c'est de ne pas s'imaginer que leur timidité, que leur puceauterie, que leurs boutons sur la gueule ou leur chougne à l'émeri - quel dommage qu'il soit si vulgaire, c'est comme Céline, d'un seul coup l'antisémitisme, il y a des mecs insortables - pourront se compenser par quelque réussite spectaculaire que ce soit - "vous m'aviez pris pour un con mais je suis devenu l'Ecrivain-t-et-un du siècle" - mon cul. Timide vous fûtes, timide vous resterez, loser vous pourrirez, you'll rotten. Mais si vous avez une grande gueule ET du pognon, si - voir plus haut - vous aurez une chance de filer vers les sommets A CONDITION - j'oubliais - de faire partie depuis longtemps d'une mafia ET, ET - j'oubliais ! - d'habiter Paris, ET de faire de la politique - sans y croire, ben évidemment mon con - parce que coucher, ça ne rapportep lus - sauf pour les pédés quand ils s'aiment pour de bon.

    La mafia, la lèche, ça ne marche que si c'est sincère ! et la sincérité, ça ne s'apprend pas, il n'y a pas d'école, pas de Dix Commandements pour ça ! - parce que vous croyiez peut-être qu'il suffit d'observer les Dix Commandements pour être sauvé ? Pèc'eud kon, vous voyez pas que Dieu sauve qui il veut ? 
    Une seule solution. Restez seul. Mais alors, seul, pas comme Flaubert (encore qu'il m'ait été proposé comme modèle : reste dans ton coin et écris des chefs d'oeuvre) - qui faisait semblant de mépriser les honneurs et les coups fourrés mais qui savait bien se glisser sournoisement - savez-vous qu'une des causes de son acquittement pour "Madame Bovary" ce fut d'avoir fait valoir qu'il était le fils de M. Achille Flaubert, "chirurgien bourgeois rouennais universellement connu et estimé" ?

    Ho mais ! on ne me la fait pas à moi - - donc, non pas seul comme Flaubert, ce faux cul, mais seul comme vous-même, sans argent surtout sans argent, à moins que vous ne saCHIEZ manier l'argent sans perdre votre âme, personnellement je ne peux pas, je m'embrouille déjà dans ma déclaration d'impôts de sale fonctionnaire prof de grec - ouh ! ouh ! - et ragez, trépignez dans votre coin, et surtout n'acceptez pas de conseils, vous entendez, de personne, de personne, de personne. J'en suis toujours à celui-ci de Jean Cocteau (qui a bien réussi, pourtant ! - Oui, mais au milieu des haines. - Donnez-moi les haines, mais donnez-moi la réussite) : "Ce qu'on te reproche, cultive-le, c'est toi." Voilà ce qui m'a toujo

  • Les Français et l'argent

    L'argent est un sujet tabou en France, non pas tant en raison de l'envie qu'on se porte les uns aux autres en ce charmant pays, mais de cette propension des Français a toujours se croire autorisés aux commentaires, les plus méprisants possible. Mortifiants ; que dis-je, il se fera un devoir de vous expliquer ce que vous devriez faire. 
    Les Français sont imbattables en effet pour gérer le budget des autres. Surtout quand l'autre est un fonctionnaire. Je ne suis pas un démerdard, moi. J'ai-eu-ma-paye-à-la-fin-du-mois. Je n'ai jamais su comment gagner le moindre centime de plus que ma paye. Partant j'eusse eu bien besoin d'une épouse qui travaillât, parfaitement. “L'amour s'éteint” dit à peu près Balzac “dans le livre de compte du ménage.” Il dit aussi “La vie des gens sans moyens n'est qu'un long refus dans un long délire”.

    Nous ne pouvons donc envisager d'acheter ni la moitié de cette statuette, ni le modèle au-dessous. “Mon père payera”. Nous ne pouvons pas davantage habiter “à demi” hors de la maison héréditaire : “Et le loyer ?”. Imparable. Ma femme ne peut tout de même s'abaisser à travailler pour payer un loyer, alors que le gîte nous est offert. Quel bourreau je serais. La femme est victime, alors même qu'elle vous victimise, justement par la raison même qu'elle vous victimise : souvenons-nous, toutes proportions gardées, de ces braves SS traumatisés par l'éprouvant métier d'expédier une balle dans la nuque des juifs - à la limite de la dépression nerveuse - les pauvres - les SS, bien sûr...

    Le pire en effet, quand je me fais anéantir, c'est que je proteste. Au lieu de sourire. Et c'est parce que je râle comme un putois que je suis agressif. Bien sûr il y a eu des rémissions, du bonheur : jeunesse, amour, exaltation. Illusion que les choses finiraient bien par s'arranger” . Il ne s'agit pas ici de “se plaindre”, comme disent les je-sais-tout, les psychologues de salon, ceux qui viennent insolemment vous corner sous le nez leurs avis et commentaires sans que vous leur ayez surtout rien demandé (et j'en connais ! mon Dieu ce que j'en connais !) - mais d'expliquer – pas même : d'exposer. De raconter. De faire mon petit numéro. Mon petit intéressant. C'est tout.

  • Conseils antirilkiens à un jeune poète

    Il faut connaître un homme politique, et en faire ; ou un journaliste, et faire du journaliste ; un juif ou un pédé influent, connu déjà des médias, et participer d'une certaine manière – pas de femmes ! surtout pas de femmes ! l'amour, oui, mais en contrôlant. Les femmes tirent tout à elles, n'imaginent pas qu'on puisse s'intéresser à quoi que ce soit d'autre qu'elles. Mon meilleur ami a divorcé après douze ans de vie infernale où il s'est vu interdit d'écrire. Maintenant, si elle est juive, journaliste ou femme politique... tout baigne – mais pas d'amour ! surtout pas d'amour ! ... d'un homme non plus d'ailleurs... Parce que c'est tout aussi compliqué côté homo qu'hétéro...

    Maintenant voici : les textes que vous m'avez proposés correspondent à un besoin de faire le point, de parcourir l'horizon de la connaissance ou de la non-connaisssance du monde et du moi, manifesté sous forme littéraire. 
    Ce besoin de faire le point n'implique pas nécessairement une mise en œuvre littéraire. Il s'y trouve assurément de nombreux bonheurs d'écriture (les énumérer, les commenter), mais ausssi des passages où la pensée, au moment de redécouvrir pour son propre compte des concepts modérément originaux, n'a peut-être pas suffisamment bénéficié de votre travail. Vous ne pouvez les approfondir (je ne le saurais pas non plus ; c'est une question d'expérience, et non de longévité.) Il semble que l'on ne puisse écrire que ce que l'on est, ce que l'on devient. Pour devenir, il faut vivre et se mesurer aux autres, qui semblent ici tous rejetés en bloc à l'extérieur de votre bulle ; malheureusement c'est ce que j'ai fait aussi, et c'est pourquoi mes livres n'ont été ni édités ni vendus (poil au cul) sauf deux : 126 ventes pour Omma, 112 pour Péguy. 
    Donc : 
    1.devenir soi, laisser aller.
    2.retravailler les textes, resserrer, retrancher. Lire Martin Eden de London. 
    Intriguer comme un malade.
    3. Essayer une profession qui mette illico en rapport avec le milieu magouilleux littéraire. Le professorat est une impasse, on n'y rencontre que des profs qui racontent à des profs des histoires de profs dans une salle des profs. Un collègue me correspondait par poste, un seul, c'est tout. Celui d'Andernos ne demande qu'une chose à présent que je n'y vais plus : me laisser tomber. Exception : a) prof de fac, où règne le pire lèche-culisme qui soit, ce qui permet cependant d'accéder, quand on devient patron, au millieu littéraire. 
    b) journalisme, mais le terrain est miné : on y reste désormais précaire toute sa vie, entre son réchaud, son ordi et son 10 m² pas chauffé.
    c) employé dans l'édition ; si Zola n'avait pas été livreur chez Hachette, jamais les Rougon- Macquart – les Bougon-Bâtard – n'auraient vu le jour. Vous m'entendez, Eugène ? – 
    Hors de ces trois voies professionnelles-là, pas de salut.

  • Funérailles

    Le canon tonne et des cris sont scandés. Les chevaux manœuvrant cernent tout le cortège d'un double périmètre galopant de flammes - double Phlégéton - montant, descendant, si bien qu'on entrevoit les yeux et les fronts blêmes des cavaliers de l'ombre à la lumière et des lumières à l'ombre (derrière eux les paysans "guenilleux", "les yeux écarquillés" ; avec leurs enfants sur l'épaule) (et les bourgeois contrits) (et tout le Würtemberg pour voir passer le Roi) (La Mort leRoy). 
    Noter que sous les voûtes des arbres le spectacle est devenu effrayant, les cavaliers sautant parmi les ombres (serpentant sur le sol). Que parfois sur un commandement les torches tournoient à bout de bras frôlant le flanc des bêtes et chevaux de hennir (wiehern)(gerbes d'étincelles, odeur de crin roussi). Coupant le chemin du cercueil avec-le-Roi-dedans, les chevaux se croisent cabrés puis reprennent leurs rondes concentriques : ventre à terre parmi les brindilles enflammées (placer : "sentier sinueux", "écheveau d'Apocalypse")(les cavaliers ne crient plus) (placer aussi "martèlement des sabots", "branches foulées", "timbales" [encore] ). 
    Bref : les courants de feu s'apaisent, on prend un petit trot lent et régulier, obsédant, sous la pluie fine qui se met à tomber faisant grésiller les torches. "Un cercle immense se forme, le fossoyeur parut, l'assemblée se tint immobile sous les torches mouvantes, et c'était quelque chose d'horrible et de formidable que ce spectacle de cinq mille paires d'yeux étincelant dans les ténèbres, fixés sur ce seul acteur voulu le plus déguenillé possible et qui creusait avec recueillement, dans le silence le plus total (...)
    ("les soldats, tout le long du sentier déserté, formaient une garde d'ombres");
    ...Eh bien merde, c'était chiadé quand même...


  • La pute de Chirlan (La chute de l'Empire) (oui bon...)

    Un jeune homme un jour m'a demandé si j'estimais que nous fussions dans une période de décadence. Je lui répondis que cette notion n'était que relative, que chaque période n'était que la décadence de la précédente, surtout dans la bouche des vieux, et que cela durait depuis plusieurs milliers d'années. D'autant plus surprenante était sa déclaration, à moins qu'il ne fît que reprendre ce que disaient les parents chez lui. Cependant point n'est besoin de décortiquer les messages médiatiques pour s'apercevoir que la notion de décadence est devenue un lieu commun de nos jours, au point de susciter le haussement d'épaules et le fatalisme. 
    Il s'agirait donc d'un mouvement irréversible, appelé naguère « le progrès », à présent « la mondialisation » par les uns, « chienlit terrorisante » par les autres. Loin de moi la double tentation d'une part de me prévaloir d'une théorisation générale du phénomène de décadence, car je n'en possède pas la science ou le pressentiment ; d'autre part, d'analyser en toute connaissnce de cause les éléments d'une problématique « décadence » contemporaine. Peut-être qu'il existe un « sens de l'Histoire », un « sens du vent » ou mieux « de la tempête », mais ce ne sont pas mes théorisations qui permettront d'enrayer quoi que ce soit. 
    Nous ne pouvons simplement, sous prétexte d'inéluctabilité, baisser les bras et laisser se commettre les abus. L'ennui est que chacun voit dans le remède aux abus un autre abus. Chacun s'imagine que c'est l'autre qui commet un abus. Je m'enlise, n'est-ce pas ? Je vais déboucher sur une petite morale avec confort à tous les étages, « faisons notre petit boulot en paix avec notre conscience », ou « luttons tous ensemble pour un monde meilleur » qui ne vient toujours pas ? Oui, c'est chiant, toujours les mêmes rengaines. Je dirais même « le monde est une comédie, chacun joue son rôle dicté par son cœur », e basta. 
    Ce petit préambule en forme de courrier des lecteurs m'est venu après reparcours d'un petit ouvrage d'Irénée Marrou, « Décadence romaine ou Antiquité tardive? » concernant les IIIe siècles et suivants jusqu'au VIe. (et toujours cette faute exaspérante en page de titre, « IIIe – VIe siècle » sans « s »)... Irénée Marrou décédé ces dernières années fut un spécialiste en particulier de L'Education dans l'Antiquité, livre de base. Ici, il se livre à une grande étude que j'ai tout oubliée, sur la décadence romaine. Avec une décadence (mise en question par l'indispensable point d'interrogation) aussi éloignée dans le temps, les historiens devraient pouvoir se mettre d'accord, non ? 
    Eh bien non. Permettez-moi de dire tout d'abord que la période en question devrait être au programme des classes de lycée, au lieu de faire chier les potaches avec l'évolution des ventes de pétrole au Pérou, je n'invente rien. On entend tellement de conneries sur les religions et les invasion à l'heure actuelle que l'on ferait mieux d'interroger précisément cete période de l'Histoire pour entrevoir ce qui s'y est réellement passé. Or nous manquons de documentation, comme nous en manquerons aussi pour la nôtre, vu que tout stockage électronique s'avère ultrafragile aux radiations nucléaires et à l'usure, infiniment plus rapide, voir les couleurs passées de nos reportages sur les années 70 et 80 : il faut bien faire des économies sur la pellicule ! c'est le pognon qui compte, n'est-ce pas...

  • Pubis repetita placenta

    J'appelle ainsi cette rubrique parce que cet article a déjà paru dans feu "Ecrire et Editer", coulé par Sot-Caveau. Et je disais :


    Monsieur Grybouxe, vous me demandez "à quel titre" vous recevez le Singe Vert. Air connu. Je pourrais vous répondre que c'est comme ça, par habitude publicitaire. Ben pas tellement. Dans ce cas vous êtes personnellement visé mon cher. Vous êtes en effet "auteur dramatique". Et franchement, non mais franchement regardez-moi bien dans les yeux sans rougir - vous ne vous sentez pas un tantinet gêné, juste un peu à peine, de lire parmi la foule en délire la belle banderole du Théâtre Bordel l'affiche de la saison de l'année ?
    "Euripide, Claudel, Grybouxe, vous avez bien lu, Grybouxe, Corneille et Samuel Beckett" ? Ca ne vous choque pas quelque part ? Vous pouvez toujours mettre un pied devant l'autre avec vos chevilles enflées jusqu'aux couilles ? "Monsieur Grybouxe, hauteur dramatique" - moi non plus, certes, certes ! je ne me prends pas pour de la Scheisse mais franchement, ça j'aurais ressenti comme un insulte. Qui pourrait penser que je m'estimasse sufffisamment niais, suffisamment retors, suffisamment pucelle, pour tolérer que mon nom figurât LA ? en si prestigieuse compagnie ? Ou alors (car j'ai ma bonne dose d'hypocrisie moi aussi) en tout petits caractères en bas à droite, pour que ça se détache mieux, que ça fasse bien ressortir mon ignominie et mon minuscule ?
    Et que ça se permet en plus de faire une petite conférence modestissime sur " Grybouxe réunira ses amis et ceux qui l'apprécient sans le connaître - son oeuvre et son - attention ne pétez pas s'il vous plaît - son UNIVERS" ? Et moi alors, je n'en ai pas un non plus peut-être d' "Univers" ? avec mes trente volumes dans le placard ? Et ça se permet de laisser répandre sur son nom qu' "il est la modestie et la gentillesse incarnées" ? Et cet autre qui laisse imprimer dans sa préface qu'il est "modeste" ? Mais j'ai le sens du ridicule Monsieur, j'ai la dignité de mon ridicule moi, je suis ridicule quand je veux, et si je veux, et si quelque thuriféraire poisseux que ce fût venait à préfacer Mon Oeuvre en y faisant la moindre allusion à ma modestie, je l'attaquerais en diffamation, si j'avais du pognon, mais je ne tolèrerais pas qu'un ami vienne me foutre un pavé de l'ours dans la gueule - ("C'est quoi, "le pavé de l'ours?" - Ta gueule, va faire du rap").
    Et que je t'intrigue dans le torchon local, et que je te dégomme une petite interview dans Bordel-Chieronde, et que cet autre encore (c'est un autre en effet ; d'une pierre deux c...)  fasse une conférence - encore ! - sur le thème de l'exclusion et de l'exil, parce que le mot "exclusion" figure à sa page 44 et que tout écrivain vit métaphoriquement en exil, d'où l'expression acrobatique "je me bats les flancs pour tirer la couverture à moi" - je vous le répète mes gusses, il n'y a que les intrigants, que dis-je, les adaptés en société, que dis-je, les gens normaux, les gens adaptés, les gens comme tout le monde qui se font éditer et connaître.

    Ils vendraient des frites ou des capotes en argile (en glaise, waf waf !) que ce serait la même chose. Mort aux faibles on vous dit, mort aux faibles.
    Bien sûr que j'aimerais aussi faire des ronds de jambe sans me casser la gueule, ou bien être simplement aimable et civilisé, normal quoi, en SSociété, le beurre et l'argent du beurre, le sourire de la crémière et l'anus du mitron, mais la logique je l'emmerde, et dès que j'ouvre la bouche c'est pour dire une connerie on me l'dit depuis tout petit, un jour je répondis "et toi sans même ouvrir la bouche t'as déjà l'air con" et un ami de plus un. Marius, le grand général romain ("C'est qui ce con ? - Ta gueule, va faire du reggae") "n'ayant pu se faire accepter par la noblesse se tourna du côté populaire", ça, c'est franc !

    Le Singe Vert c'est pareil. (C'est ma petite revue à son pépère !) - diffuse-moi tu seras encensé. En attendant je t'emmerde. Aucune déontologie - et toi Grybouxe ? 'tain tu viens encore de fausser la glace...