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  • Peinture, jazz et religion

    Il prie devant sa Vierge bleue. Pas devant des cubes. Il est bon enfant, il paie bien. L'homme aussi trouve son compte aux relations qu'on appelle "machistes" : avez-vous réfléchi que la femme protège l'homme ? 
    De l'autre côté de la table grouillent l'Arabe et son bourbon : "Je m'appelle Ben Zaf, autant dire "Fils du Vent". Je prends 20%, vous exposerez ici dans mon bar, quels espaces désirez-vous occuper ? lits de gravier, rigoles de galets ?"
    Le bar est immense. Décrivons-le brièvement. Une structure en bois sur pilotis, face au port de La Teste envasé 14 heures sur 24, pinasses à quai plus ou moins sur le flanc. La salle du bar en contient une, merveilleusement conservée, suspendue au plafond, briquée, entourée à distance par une mezzanine en bois clair. Juste en dessous, le bar, en forme de spina : c'est une étroite muraille au centre des pistes romaines où se perchent les spectateurs téméraires - ici, des serveurs. 
    Et de partout, Gironde, Rhône, Saône-et-Loire, viennent des peintres et des sculpteurs pour profiter de l'air et du parfum de calfatage. Ben Zaf halète, boit un peu, tend des contrats que chacun signe et signe. Les exposants occupent de grands pans de murs près du bar, ou de hautes surfaces boisées tenant les deux étages, quoi qu'il soit interdit d'admirer à bord même de la pinasse suspendue, qui tomberait et tuerait tout. 
    Ben Zaf se vante d'une excellente idée : ajouter du jazz, autour d'un grand piano à queue tenant le fond de la grand-salle, avec son grand orchestre de cinquante ans d'âge moyen. Du swing, à fendre les oreilles. Un orchestre hilare, dont on voit la grande photo, "se produira pour le vernissage". Pour l'instant, les oreilles de Matz et de sa compagne se font déchirer par la sono d'une salsa sauvage et dégueulasse, mais 20 % de réduction poussent à l'indulgence. Crier pour s'entendre rend jovial, et les buts du Docteur Pascal sont encore obscurs. 
    CHAPITRE CINQ


    Le Père Duguay prêtre à Châteauneuf, voyeur auriculaire déjà connu, obéit aux injonctions de François Nau, demi-frère du Docteur en médecine ; il est en relations avec Annemarie Mertzmüller, strip-teaseuse au grand coeur qui se fait troncher à l'hôtel, mais offre en scène son corps à Dieu. Il connaît également le Kader ben Zaf à la Teste, près d'Arcachon. Tous deux sont des demi-rôles. Ils doivent corrompre, chacun à leur manière, les deux maîtresses des demi-frères, Pascal Matz et le marchand de chaussures. Comment s'y prendront-ils ?

  • Y fait chaud en été, pis froir en hiver... Vain guiou qué malheur...

    Le nombre de conneries façon "langue de bois" que je me suis entendu en milieu éditorial dépasse au mètre carré tout ce que j'ai pu entendre ailleurs. Exemple : "Si vous êtes bons, vous serez publiés. Il est impossible que quelque chose de bon échappe à la perspicacité des éditeurs, qui ont tout intérêt, n'est-ce pas, pour leur publicité, à éditer d'excellents textes. " Bernard C. (car c'est de lui qu'il s'agit) prend alors entre les mains Mon Roman, se tourne vers mon éditeur d'alors et lui dit : "C'est un de vos amis ?" Et il flairait le volume d'un air dégoûté, "le retournant avec sa serre". Ben évidemment que j'ai eu recours à un ami pour me faire éditer ! Dis donc Nanard, comment as-tu fait toi-même quand tu as débarqué à Lyon de ton Jura natal ? Tu n'as pas eu recours à des amis par hasard ? Parce que tu veux nous faire croire que c'est l'excellence de ta prose qui t'a fait éditer ?

    Tu déconnes ? Tu t'es relu ? Il me demande ensuite, le grand homme : "Pourquoi n'avez-vous pas publié autre chose ?" Je réponds du tac au tac : "Parce que c'était mauvais." Je n'y ai même pas mis d'ironie. "Et qu'est-ce que vous allez faire ?" "Eh bien je vais tout récrire". Ce qu'il y a de bien avec Bernard C., c'est qu'il ne se rend pas compte qu'on se fout de sa gueule. 2è connerie : "Ecris-moi un chef-d'oeuvre et je te le publie." Comment, Editeur, te voilà capable de détecter un chef-d'œuvre ?
    Peux-tu me dire d'une part pourquoi tu as publié tel ou tel connard dont tu savais pertnnemment qu'il écrivait des conneries comme son nom l'indique, mais dans l'espoir qu'il te rapporterait des gros sous ? Comment discernes-tu le chef-d'œuvre ? Tu sais que même Victor Hugo a dû batailler (disons : magouiller) pour faire accepter ses "Misérables" ? Parfaitement, Les Misérables ! Sais-tu à quelles honorables magouilles a dû se livrer Nadeau pour faire publier, diffuser, accepter Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry ? Qu'est-ce que c'est qu'un chef-d'oeuvre avant publication ? Rien, que dalle. Un chef-d'oeuvre, ça se construit. Il faut être toute une équipe autour d'un bouquin, le lancer, se tenir toujours sur la brèche, télévision, journaux etc., et ensuite, ensuite seulement, quand il se vend, quand les gens s'habituent à l'entendre encenser sur tous les tons, alors seulement ça devient un chef-d'oeuvre, mais pas comme ça, hop, dans le cabinet de lecture d'un éditeur qui se prend pour Sainte-Beuve ou Gide. 
    En bref on ne s'aperçoit qu'un livre est devenu un chef-d'oeuvre qu'en consultant le tiroir-caisse, point, tiret. J'oubliais aussi les nombreuses et très pressantes pressions auxquelles j'ai été soumis pour demeurer surtout dans mon coin, ne pas me galvauder, ne pas figurer sur telle ou telle liste d'écrivains, en attendant qu'on vienne me chercher pour me faire un pont d'or, car une grande œuvre se fait dans l'isolement - mon cul ! Si tu es isolé, tu peux écrire des choses que tu juges extraordinaires, personne, tu m'entends bien, personne ne viendra jamais te chercher. Fais-toi connaître, agite ton cul, magouille, magouille, et à un certain moment on te dira : "Vous n'écrivez pas, par hasard ?" Ne dis pas si, surtout, malheureux ! (les magouilleurs n'ont pas besoin de ce conseil). Tu entendras alors ton interlotrouducuteur te dire : "De toute façon ça ne fait rien, vous écrivez n'importe quoi et notre rewriter saura bien vous présenter tout ça, et on le publie !" Il se peut que cette chose ait existé à toutes les époques, mais nous n'en savons plus rien. 
    En revanche pour les auteurs contemporains la merde est encore toute fraîche, et c'est pourquoi je ne les lis jamais, car ils n'écrivent pas mieux que moi. Au moins avec les auteurs anciens, dont la merde est depuis longtemps séchée ou momifiée, on peut se bercer des illusions d'une pureté. La renommée ? ce n'est jamais qu'un groupe de nazes qui se sont mis à se vanter les uns les autres à toute force et à persuader le public qu'ils étaient les meilleurs. Ensuite, la patine du temps fait le reste. A partir d'un certain niveau d'écriture, il n'y a aucune différence entre écrivains, et le tri se fait en fonction des hasard, puis la tradition assoit son gros cul là-dessus et il est impossible à tout jamais de l'en décoller. Et si je magouille avec ma tête et mes idées, je vous emmerde, parce que vous ne vous êtes pas gênés pour le faire vous-mêmes.

  • Ca coule à mort

    Devant le miroir, le jeune C. observe ses lèvres étirées, ce sourire qui n'est pas lui, ces yeux noyés, son front sans fêlure et le nez droit, plongeant. "Je suis cela." Promenant un doigt sur le miroir : "Bientôt les ans m'inciseront les tempes, graveront leurs veinules. Je n'ai jamais rien lu au front des vieillards. Peut-être se sont-ils seulement beaucoup ennuyés. Miroir, miroir !... ma tête tourne comme une toupie sous la hache, les joues se décharnent, mes fanons se tendent, mes orbites se vident, je rattrape mon visage entre mes doigts !"
    Alors Charles P. tord la bouche, épate ses narines, prend l'air stupide.
    Car ce que nous pardonnons, ce que nous passons le moins, c'est la jeunesse.  

    X

    Mes sources (Quellenforschung : recherche des sources) sont les textes mêmes de Péguy, aux éditions de la Pléiade. Textes en prose essentiellement. Et le “Lagarde et Michard” du XXe siècle, celui où Claudel et Péguy, à eux seuls (édition Ier Trimestre 1962) font, occupent à eux seuls 79 (soixante dix-neuf) pages, respectivement 37 et 41) (Céline : une page (“un auteur bien noir”), Artaud, pas même un nom - Lagarde et Michard n'ont pourtant pas tant manqué de flair, eux qui mentionnent en dernière page Beckett, Ionesco (théâtre) ; Bataille et Blanchot (“théoriciens”), et Robbe-Grillet, Sarraute, Butor pour le roman. 
    Le dernier texte [(in)volontairement ?] pathétique est tiré d' Un Balcon en forêt de Gracq – qu'ils intitulent : “Peut-être qu'il n'y a plus rien ?”) - et c'est Péguy là encore qui nous apporte les paroles qu'obscurément nous attendions, que nous avons mis un siècle à attendre : que nul ne connaît les secrets de l'histoire, que tous ceux qui ont cru se pénétrer de ses arcanes se sont le plus lourdement trompés sur l'avenir, que quels que soient nos espoirs ou nos malédictions, l'histoire enfantera des milliers de choses inconnues, imprévisibles, sans que nous puissions jamais Dieu merci rien pénétrer. Il n'y a pas de sens de l'Histoire.

  • Mi ani ?

    Tous les indices concernant le caractère, les mœurs, la méthode de travail des grands hommes coïncident très exactement avec mon contraire : en effet, je me soucie sans cesse de l'opinion d'autrui, aucune puissance de travail ni persévérance (m'étant vite rendu compte de l'indépendance totale du bûchage par rapport aux résultats). C'est Apulée qui me correspond, superficiel, bourré d'anecdotes. Mon modèle, je ne l'ai vu ni lu nulle part. Sauf peut-être Lebedev de Dostoïevski, ne sachant jamais s'il était génie ou médiocre ; ou je ne sais qui, à propos duquel on précisait que les faibles se distinguaient toujours par leur extrême lucidité. Apulée nous dit que Pythagore a inspiré Platon.
    Je l'ignore. Platon n'est jamais parvenu à me convaincre. S'il recommandait de se taire, il est désespérément conforme à tous les manuels de sagesse. Mon but à moi, c'est la parole. Nous nous tairons assez lorsque nous serons morts. Et ma devise, mon comportement furent toujours de dire vite n'importe quoi plutôt que de me taire : bande de pisse-froid ! Et moi-même, pour être adopté par mes maîtres dans la famillle platonicienne, j'ai appris - à me taire ? Ô doubles jeux ! inutilités, interminables ornementations dans les dialogues de Socrate ! Que d'affectations de solitude chez Rousseau, lui qui ne dînait jamais à moins de 13 sur l'île Saint-Pierre ! ...de misogynie chez Brecht, couvert de femmes !

    Apulée, se taire ? Cet impénitent baveux ! Tout est imposture, et pose. D'où justification de ma flemme. Je puis écrire n'importe quoi : je suis devenu excellent, seul à m'en apercevoir – aux cours de mes exercices académiques, et à parler intrépidement quand il faut parler, et à me taire de bon gré quand il faut se taire – mais, qui fixera ces moments ? Quel maître insupportable ? Mes cours à leur fin n'étaient plus que gros bavardages d'où l'on sortait abasourdi. Le moindre silence me semblait fissure où s'insinueraient les graines du chahut. Les seules fois où je fis silence, ce furent mes voyages. Cela faisait du bien d'être taciturne. Au début. Puis à Paris je me suis mis à apostropher la rue, en langue inventée.

    A Limoges, je savais que cela mènerait, en fin de compte, à la mort, au cimetière Nord. Le silence, c'est la mort. Imagine : tu parviens, aux répétitions, à un niveau de perfection qui t'agrée particulièrement. Alors intervient le metteur en scène, qui te dit tout à trac et fort courroucé : “Tu le fais exprès ma parole ; voilà cinq fois que je te demande telle et telle chose.” Tu t'exécutes encore, à la perfection, et ce n'est toujours pas cela. Tu finis par comprendre que tu ne comprends pas, que tu n' “accèdes” pas, qu'il y a un truc : il fait très exactement comme toi, tu fais très très exactement comme lui, mais non, cette vrille de vigne n'est pas assujettie comme il faut, ce nettoyage pèche encore par quelque endroit, cette couche de peinture est mal étalée, je te montre une dernière fois, tu es vraiment lourd. 
    Tu reprends donc très exactement le jeu de scène, le coup de pinceau et l'entortillement, et si l'autre se met à trépigner, tu l'envoies chier, tu le traites d'enculé au gros sel et tu dégages. Et c'est très exactement pourquoi mes propos écrits à présent, mes livres, me sortent tels quels “à la chiée du cul” sauf si je m'y recolle moi-même en seul juge. Quant à ce qui se fait avec les mains, c'est peine perdue, parce que ces gens-là, de toute façon, les “manuels”, dépourvus de toute culture (je parle des blaireaux bricolos, pas des luthiers, pas des ébénistes) se sont toujours montrés avec moi de la dernière et plus humiliante grossièreté pédagogique : ils en tiennent un, d'intello, alors ils vont lui montrer, à ce con, ce que c'est qu'un bon foutage de gueule...

    Et le jour où j'ai lâché à l'un d'eux que je me rendais parfaitement compte de son petit manège à la noix, putain ce qu'il est devenu mielleux d'un coup, percé à jour, tout ce que j'avais fait était merveilleux, briqué au petit poil, impeccable et tout ! Ô connerie humaine ! connerie humaine ! Je ne parle pas de la mienne, mais si vous permettez j'en suis à celle des autres... Me taire moi jamais. Ceux qui y arrivent, les sages à la Bouddha, tant mieux pour eux, mais qu'ils ne viennent pas me faire chier non plus, ceux-là de l'autre bout de l'échelle. Etre imités, copiés serré-collé : moi j'espère bien n'avoir formé aucun disciple, formaté aucun robot-clone. Ah c'est sûr, quand on se tait, on se fait apprécier, on se fait admirer.

    Mais pour moi, un bon élève, un bon disciple, c'est celui qui “participe”. C'est même le b-a ba du pédagogue. Et je me tais, à présent, je me tais, puisqu'on me fait des mines, des grimaces, des réflexions blessantes. C'est en général devant ses égaux qu'il faut la fermer, lâcher juste le monosyllabe au bon moment, détourner tes yeux pleins de cafard. Ou bien relancer le propos quand propos il y a, en surveillant bien tout, mais se taire, pour se taire, quelle idée. Quant à parler au bon moment, pour “obtenir” sans doute “quelque chose”, quelle idée non moins étrange... Quelle banalité, quelle bassesse... Florides XVI ? d'où vient ce titre ? Récit de la mort de Philémon, à propos d'un accident dont Apulée faillit être victime ; Philémon est un personnage de  bande dessinée, de Fred, je crois.

    Remerciements à Emilianus Strabon.

  • L'art dégueu

    Je hais l'art à la portée de tous. Il ne suffit pas de travailler sur de la merde pour faire une sculpture en bronze. De plus de nos jours le bronze est creux, n'est-ce pas, il faut bien s'adapter aux nécessités du marché et faire du bon marché. Justement. Il faut, chose curieuse, inexplicable et antidémocratique, de l' « inspiration ». Ça vous la coupe, celle-là. Ce qui ne veut pas dire, manifestants de mes couilles, que l'inspiré est un être supérieur. Chacun peut l'avoir en partage, l'inspiration. Le temps qu'il l'éprouve, il est génial. L'instant d'après, c'est un couillon. Ce qui explique, ce qui suffit parfaitement à expliquer Céline ou Claudel, tantôt géniaux tantôt salauds, n'est-ce pas Camille. Flat spiritus ubi vult, l'esprit souffle où il veut. Eh bien chez Julien Blaine, le spiritus s'est contenté de flatter, comme des gros gaz dans un intestin mal bouché. 
    Je vais me livrer et vous livrer à une explication de texte. Il paraît que ces textes sont documentaires, censés retranscrire tout ce qui se passe dans une tête, moment par moment. Qu'il me soit permis dans ce cas de préférer le fameux monologue sur 32 pages de je ne sais plus quelle femme à la fin d' « Ulysse » de Joyce ("Molly"). Tandis que ces jeux stériles à la Queneau – même pas d'ailleurs – n'excitent en moi qu'une envie : d'avoir fini le fascicule, poil aux testicules (on s'y croirait) (dans le livre).
    P. 91 : très fort. Il a fait très fort (il a fallu que je compte à la main : on ne va tout de même pas mettre des numéros de page, ou des ponctuations, ça fait bourgeois ; place à la révolution! - de 1929). Sur une ligne donc, trois espèces de cuvettes à chiottes vues de dessus, avec des non moins espèces d'ensouples, ou bandes de tissu caoutchouteux tendu, formant la minuscule « b », ou « q » à l'envers. En dessous : Les BOUTS SUR LA BITTE » (« BOUTS en majuscules obliques, il doit falloir insister en lisant cela : les BOUTS. En dessous : une flèche noire, une blanche, une noire, désignant bout à bout la lettre o, séparée de la lettre « i » par une barre oblique (les connards qui veulent faire « american informatyck » appellent cela un « slash », avé l'asseng).
    En dessous : ACCOSTER, barre oblique, AMARRER. Puis ligne en dessous (il ne faut pas trop de choses par ligne, ça fait très tendance) iMAGE avec un i minuscule destiné à bien montrer au connard qui n'y aurait jamais pensé que ça peut se lire « image » ou « mage », SAUVAGE (vu la rime coco ?) trait d'union PASSAGERE-RAPIDE. Soit un seul mot tellement riche de sens cachés spèc' d'analphabète : une SAUVAGE-¨PASSAGERE-RAPIDE, et tout en bas, comme une étiquette scientifique sur un bocal de formol éclats d'éveil à la ligne dans mon sommeil à la ligne de 17 h 37 à 17h 37 » ouah, très fort, le temps qui n'existe pas, l'éternité de l'instant et le dérisoire de l'éternité, enfoncé Proust (il ne demandait que ça, wâf wâf) . 
    Et je suis censé m'extasier devant « l'auteur qui ne se prend pas au sérieux », le « grand poète qui joue », et qui dit tellement de choses en peu de mots, avec l'audace sémantique de « bitte » (avec une faute d'orthographe, on est inculte ou on ne l'est pas) , le mystère du signe, le dessin de machine à écrire promu au rang de signe, que dis-je, de sémantème, de graphème, et au verso, juin 01, « Au petit matin, l'hain (h-a-i-n, hameçon ce crois-je en ancien français, l'appât) d'une lecture de docks (c'est la revue du monsieur) par Armand G. dit Dante (vous voyez ça bande de ploucs, tout se vaut dans l'éphémère, un pote à initiales vaut bien ce grand dadais couillon de Dante. Et « ci-contre », poursuit le texte, croquis INTER&XTERNE A PARIS F. » (avec l'esperluette, ce signe qui veut dire « et », en plein milieu du mot INTER&XTERNE pour bien montrer qu'on manie le texto, qu'on 'nest pas esclave de l'orthographe petite-bourgeoise. 
    Mais qu'est-ce qu'on en a à foutre mon pauvre Julien.