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  • CITATIONS 1 à 217

    C O L L I G N O N

    C I T A T I O N S N° 1 à 217

    Le présent recueil contient les citations relevées par

    BERNARD COLLIGNON

     

    au cours de ses lectures , depuis

    l'automne de l'année 1962 (2009 n.s.)

    jusqu'à la fin de ses jours terrestres

    1. Tout comme la femme cherche à être belle

    pour plaire, l'homme cherche à être admirable. La

    femme qu'il aime doit se prêter à ce jeu. Si

    elle se montrait sceptique, si elle soulignait

    chez son amant certaines faiblesses ou certaines

    contradictions, elle serait aussi maladroite,

    d'une clairvoyance aussi inutilement cruelle, que

    l'homme qui signalerait à sa maîtresse des rides

    ou un double menton.

     

    Jules ROMAINS

    "Les Hommes de Bonne Volonté"

    T.I ch.XIV p.152 "Le 6 octobre"

     

    2. Vautel (NOCHER! N.D.L.E.) héritier de Har-

    douin. Un de ces fameux représentants du bon

    sagesse,insolence,auteurs

    sens, qui sont chargés, de génération en généra-

    tion, de maintenir l'homme moyen dans ses pensées

    basses. Dans sa routine d'animal domestique. Dans

    son scepticisme bedonnant. Un de ceux grâce à

    qui le règne des malins continue.

     

    id. ibid.

    ch. XV p.160

     

    3. -Mais dites, la femme, vous ne l'avez

    pas revue, depuis?

    - Non, non.

    - Vous me l'affirmez?

    - Je vous le jure.

    - Ce serait très grave.

    - Oh! c'est une bonne gosse. Elle ne me

    vendrait pas.

    - Quelle illusion! Vous êtes tous

    pareils.

     

    id. ibid.

    ch. XIX p.230

     

     

     

    4. "Eh bien non, tous ces pauvres corps de

    vieilles femmes ne sont pas faits pour pareilles

    épreuves. Cela ne signifie certainement pas que

    le fracas et la destruction seraient plus juste-

    ment réservés aux corps parfaits des hommes jeu-

    nes, comme il semblait qu'il en dût être, autre-

    fois, dans les autres guerres.

     

    Georges DUHAMEL

    "Lieu d'asile"

    ch.XXIX

     

    5. "Quel est mon but dans la vie? Tout est

    là"

    Jules ROMAINS

    "Les Hommes de Bonne Volonté"

    T.II ch.XV p.185

    "Le crime de Quinette"

     

     

     

    6. Je suis persuadé qu'à tout moment, il y

    aurait un point, quelque part, où l'on pourrait

    agir. Je vous répète que nous nous sommes laissés

    abrutir par la philosophie de l'histoire. Le culte

    de l'inévitable.

     

    id. ibid.

    T.II ch.XX p.222

     

    7. Jamais rien de grand ne s'est fait sans

    des audaces morales, des entorses aux principes,

    qui auraient suffoqué les petits esprits.

     

    id. ibid.

    T.II, ch.XX p.236

    8. Voilà le nœud de la question; la jointu-

    re. Le point où l'homme d'action doit pouvoir

    s'articuler sur le théoricien. Être orateur.

    "(pour "(mater) une foule" et "attaquer l'ordre établi")

     

    d'après Jules ROMAINS

    "Les Hommes de Bonne Volonté"

    T.III ch.II p.30

    "Les amours enfantines"

    9. "Race humaine, race de comédiens. Un rôle

    qui vous est échu par hasard, et qu'on joue jus-

    qu'à la mort, par vanité, pour qu'il ne soit pas

    dit qu'on vous en a fait démordre.

     

    id.ibid.

    p.31

     

     

     

    10. Quand on veut obtenir des ouvriers, des

    inférieurs en général, qu'ils fassent à peu près

    ce qu'on leur demande, et aussi qu'ils vous con-

    sidèrent, il ne faut pas regarder à quelques

    sous.

    id.ibid. T.IV "Eros de Paris"ch.I p.9

     

    11.- Il revoit le jour de sa première communion. Journée d’affres et de tremblement ; puis de fatigue fiévreuse, de rancœur presque rancunière, après une semaine vécue à travers une nuée de scrupules, comme si l’on avançait nu dans des tourbillons de moustiques. La terreur constante de perdre le fameux état de grâce. Le matin même, sous le porche de l’église, ses yeux avaient rencontré par hasard une petite communiante. D’office il s’était soupçonné coupable de pensée impure. Il lui avait fallu aussitôt trouver un vicaire, le premier venu – sans prendre le temps de chercher son confesseur à lui – et s’accuser. Toute la cérémonie s’était déroulée sous la surveillance de ce terrorisme intérieur. Bonnes conditions pour goûter les abandons célèbres de l’Eucharistie.

    « C’était entendu. J’exagérais un peu. Mais qui était le plus dans le vrai, moi, ou le fils du crémier sur la chaise d’à côté qui rigolait en douce ? Et plus tard – un ou deux ans plus tard,je ne sais plus – quand je suis tombé sur la phrase de l’Évangile : « Il n’y a qu’un péché qui ne sera pas pardonné : le péché contre l’Esprit. » Exactement une vrille atteignant en trois tours l’endroit de l’âme le plus atrocement central. Je n’oublierai jamais le bleu-ciel douceâtre de la couverture du livre, ce bleu-ciel menteur dans lequel un tonnerre venait d’éclater. »

    Jusque-là, il avait eu la hantise du péché mortel et de la communion sacrilège. Pourtant l’absolution restait à sa portée. Mais maintenant, puisqu’il avait découvert le péché sans absolution, et par nature le plus immatériel, le moins palpable de tous, qui l’empêcherait de le commettre, ou de craindre de l’avoir commis ? La volonté n’y pouvait rien. L’enfant savait déjà, par une âcre expérience, que la volonté se divise contre elle-même. À la rigueur, quand c’est une action qui constitue le péché, la volonté peut se rassurer un peu en se convainquant que l’action n’a pas été faite. Mais quand le péché est une pensée, quand il est tout entier de la substance de la pensée, il devient inséparable d’elle ; il sort d’elle comme d’une poitrine ; il est mêlé à son moindre souffle.

    « Désormais j’avais la damnation logée en moi. Je portais en même temps le gouffre et son vertige. Je revois cette impériale de tramway du dimanche. J’allais au Bois de Boulogne avec mes parents. Les gens du dimanche ne prenaient pas garde à ce pauvre petit enfant de treize ans qui, serrant les lèvres, portait l’abîme chrétien sur l’impériale ensoleillée. Leur abîme, pourtant ; même s’ils n’y pensaient plus ; celui de leur civilisation ; celui de leurs ancêtres. Facile de sourire. L’âme n’a pas d’âge. Moi,je le sais. Honte sur moi si plus tard, quand j’aurai quarante ans, soixante ans, je jette un regard d’ironie indulgente sur un visage de treize ans habité par une douleur inconnue. Et d’ailleurs, y avait-il niaiserie de ma part, méprise puérile ? Mais non. Encore une fois non. Quel était mon tort ? De prendre les choses trop au pied de la lettre ? Mais d’abord, en matière de religion, qui vous permet de ne pas prendre les choses au pied de la lettre ? De quel droit « en prendre et en laisser ? » Attitude de farceur, de tièdes, de candidats à l’incroyance. Je dis qu’un prétendu chrétien qui eût souri de moi n’eût été qu’un amateur. Le système étant donné, c’est moi qui avais raison. Pascal aussi avait porté l’abîme. Comme je me sentais le frère, le cadet tardif de tous ces torturés des grands siècles chrétiens ! Guirlandes de la damnation sur l’ogive des portails. Gargouilles. Torsion désespérée des cathédrales. Vocero de l’enfer. Le moyen âge, je sais ce que c’est. J’y ai vécu. Tous ceux qui ont admis la prédestination et qui se disaient : « Je suis du mauvais côté. » Même Pascal criant si fort « Je suis sauvé » parce qu’il claque de peur.

    Jules ROMAINS

    Les hommes de bonne volonté

    11 bis . - « Quand je suis tombé sur les formidables imprécations de Lucrèce : Humana ante oculos… horribili super aspectu mortalibus instans… Pour d’autres, c’était un texte de version latine. Mais moi, je le vivais littéralement, son cri, vingt fois séculaire ! Ah ! Quelle sombre jeunesse préchrétienne il a dû avoir ! Car ça ne date pas du christianisme ; comme le

    croyait ce polémiste simplificateur de Nietzsche ; le christianisme a simplement approfondi le vertige ; a élevé le supplice à la puissance infinie.

    id. ibid.

     

    11 ter. - Le principal : d’avoir atteint dès treize ans le sommet de la douleur humaine.

    id. ibid.

    11 quater. - Avoir eu de son avenir, de sa destinée, une vue elle, que non seulement la mort n’y apparaissait pas comme un malheur important, mais – arme la plus terrible inventée par la religion contre l’homme - que la mort y apparaissait comme un recours inutile. Un état où l’on se dit que se tuer de désespoir serait inopérant pour mettre fin au désespoir. Après ça, de quelle hauteur on arrive sur les incidents ordinaires de la vie !

    id. ibid.

     

    11 quinquies. - Les parents ou leurs amis qu’on entend gémir sur des pertes d’argent ! Petites misères touchantes de l’adulte.

     

                            7O.    Le rationalisme parle comme si la
                        connaissance, automatiquement ou 						laborieusement,
                        allait toujours dans le sens d'un 						enrichissement
                        de l'être humain. C'est ce que l'on conteste. 
                        
                                              MOUNIER
                              
                               "Introduction aux existentialismes"        
                                     
                        
                        
                            71.    Les philosophes se (sont) 						ingéniés, en accord avec les savants, à 					vider le monde de la présence de l'homme. 
                        
                                            id. ibid.              
                        
                            72.    (Le rationalisme) a oublié que 					l'esprit connaissant est un esprit existant, 				et qu'il est tel non pas en vertu de 						quelque logique immanente,
                        mais d'une décision personnelle et créatrice. 
                        
                                            id. ibid.                     
                            73.    L'existant...ne recherche pas LA
                        vérité, une vérité impersonnelle et 						différente à tous, mais SA vérité, une 					vérité qui réponde à ses aspirations, 						comble ses attentes, dénoue ses
                        problèmes.                     
                                              MOUNIER
                                "Introduction aux existentialismes"
    
                            74.    Ce n'est pas LA mort qui est un
                        problème philosophique mais QUE JE MEURE.
                        
                                            id. ibid. 
                        
                        
                        
                            75.    Le sujet n'est (cependant) pas
                        enfermé dans son je-je, mais affronté au monde
                        entier. 
                        
                                            id. ibid. 
                      
                        
                            76.     On n'ose pas aviser le premier fou, le
                        fou noyé dans son rêve intérieur, mais le second,
                        le fou lucide et satisfait qui ne vit plus que 
                        chose parmi les choses, on frémit aussi de le
                        regarder, "par crainte de découvrir qu'il n'a plus
                        de vrais yeux, mais des yeux de verre et des
                        cheveux de paillasson, bref, qu'il est un produit
                        artificiel". 
                        
                                              MOUNIER
                             "Introduction aux existentialismes" p. 19
                                     + citation de KIERKEGAARD
                                           
                        
                            77.    Il n'y a pas d' Être, il n'y a que des
                        existants. 
                        
                                            id. ibid. 
                        
                        
                        
                            78.    Soit un poinçonneur de métro, qui du
                        matin au soir perfore des tickets dans une vague
                        inconscience, ou un petit rentier qui somnole dans
                        son confort. Vies dont on éprouve le malaise de
                        penser qu'elles sont quasi-fonctionnalisées, dont
                        les ressources secrètes, les puissances
                        d'émerveillement tarissent peu à peu. A la limite,
                        vies sans mystère. Devant de telles inexistences,
                        une exigence incoercible vous saisit, le besoin
                        d'y découvrir un mystère, une secrète plénitude 
                        d'être qui ne se réduise pas à un déroulement
                        d'états inconsistants. 
                        
                                              MOUNIER
                                "Introduction aux existentialismes"                   
                        
                        
                            79.    Un inexistant est un homme qui ne
                        s'embarrasse pas de questions.
                        
                                            id. ibid. 
                        
                            
                        
                            80.    La philosophie ne commence pas par une
                        acquisition, mais par une conversion, comme la
                        religion. 
                        
                                            id. ibid. 
                        
                        
                        
                            81.    Il faut nous débarrasser du préjugé que
                        la volonté de rester en dehors de l'objet soit
                        toujours favorable à la connaissance. 
                        
                                            id. ibid. 
                        
                        
                        
                            82. C'est par erreur qu'on a cru voir dans la
                        méthode existentialiste une logique du
                        sentiment... 
                            L'existentialisme refuse simplement de laisser
                        aux catégories rationnelles le monopole de la
                        révélation du réel. 
                        
                                              MOUNIER
                                "Introduction aux existentialismes"
                        
                        
                        
                            83.    Oui, j'en ai assez de porter toujours
                        mon âme, j'ai hâte de trouver ce pays où le
                        soleil tue toutes les questions. Ma demeure n'est
                        pas ici. 
                        
                                               CAMUS
                                          "Le Malentendu"
                        
                        
                        
                            84.    Oh ! je hais ce monde où nous sommes
                        RÉDUITS A DIEU !
                        
                                            id. ibid. 
                        
                        
                        
                            85.    Priez votre dieu qu'il vous fasse
                        semblable à la pierre... c'est le seul vrai
                        bonheur. 
                        
                                               CAMUS
                                          "Le Malentendu"
                        
                        
                        
                            86.    Le sérieux existentiel est à la fois
                        engagement et dégagement, souci de présence et
                        d'insertion, et crainte de s'immobiliser dans les
                        positions acquises et dans les fidélités
                        enregistrées. 
                        
                                              MOUNIER
                                "Introduction aux existentialismes"
                                               p. 31
                        
                        
                        
                            87.    Une conception singulièrement
                        dramatique du destin de l'homme. 
                        
                                            id. ibid.    
                            88.    Un nouveau mal du siècle.
                        
                                              MOUNIER
                                "Introduction aux existentialismes"
                       
                        
                           
     89.    Vous voyez l'air de cette jeune femme,
                        son assurance, le regard joliment dédaigneux
                        qu'elle nous jette... cette affirmation... oh !
                        charmante ! du contentement de vivre et d'être ce
                        qu'elle est... ce refus de toute crainte... ? 
                            Chaque fois maintenant que je suis en présence
                        d'une de ces images, pleine d'une gracieuse, à
                        peine agaçante royauté féminine, qui jadis me
                        séduisaient ou m'intimidaient sans plus, je pense
                        à tous les visages pareils à celui-là qui ont vu
                        s'aligner en face d'eux un peloton d'exécution,
                        dans un des pays que j'ai parcourus... moins que
                        cela... qui ont eu à pleurer en vain pour
                        attendrir le garde-chiourme d'un camp de
                        concentration... qui se sont figés d'épouvante à
                        l'entrée de policiers dans un vestibule, ou devant
                        une bande d'énergumènes qui hurlaient... Oui, …
                        tous les visages qui ont découvert en un dixième
                        de seconde que le sourire un peu dédaigneux, les
                        sourcils coquettement froncés, le regard de
                        princesse, cela ne servait à rien, absolument à
                        rien, que toute cette parade de défi,                                      
    	²de hardiesse, d'invulnérabilité, de "je ne ferai
                        jamais que ce que je voudrai", et de "c'est vous
                        plutôt qui ferez ce que je voudrai pour ne pas me
                        déplaire", que tout cela était chose creuse,
                        coquille friable, prête à s'effondrer, convention
                        et comédie bonnes pour les temps où l'on joue à la
                        gentillesse. Le jour où les brutes mettent leurs
                        pattes sur la vie, le jour de la Kommandantur, de
                        la Tchéka et des mitrailleuses... quand on n'a
                        plus devant soi que la force terrible et nue... si
                        réelle que plus rien d'autre n'est réel... hein ?
                        qu'est-ce qu'il reste de ce joli jeu ? Oui, j'ai
                        envie de dire : "Pauvre petite ! " (Pas moi)                    
                                           Jules ROMAINS
                                   "Les Hommes de Bonne Volonté"                    
                           T. XXII, Les Travaux et les Jours" pp. 184-5
                            90.    L'ON N'A PAS RAISON. L'ON SE DONNE
                        RAISON.
                        
                                            id. ibid. 
                              T. XXIII "Naissance de la Bande" p. 161
                                         
                            91.    Il ne s'arrêtait à aucune vision
                        particulière. C'était plutôt comme si des images
                        vives, marquées chacune d'un excès, eussent été
                        jetées dans la trémie de sa tête et brassées
                        ensuite par un vent violent. Il y avait des
                        visages de nègres, de grosses lèvres de nègres,
                        des seins et des croupes de négresses, des femmes
                        très parées, à cheveux courts, dansant avec
                        impudeur dans les bras de jeunes hommes minces, au
                        regard froid et sportif. Une ronde de corps nus,
                        tous noirs, tous blancs, ou alternés. Des caresses
                        qui soudain parcouraient ces rondes, les
                        ralentissaient, les couchaient à terre. Ou bien,
                        le long d'une rangée dansante et gracieuse comme
                        celle des Panathénées, de fines mains de jeunes
                        femmes, d'un geste pareil, saisissaient de jeunes
                        dieux ithyphalliques. Il y avait des cortèges
                        d'hommes durs, des saluts du bras levé, des
                        matraques tombant sur de vilains crânes, sur des
                        dos voûtés et chétifs ; des acclamations ; des
                        monuments où l'on entrait par-dessus des grilles
                        renversées ; des pelotons d'exécution face à des
                        murs très lumineux, et le bruit des salves était
                        couvert par celui des fanfares. Il y avait des
                        festins et des orgies dans des palais tout neufs
                        aux murs blancs, aux lignes nues, sortis du sol
                        comme un ascenseur qu'on appelle par un bouton.
                        Tout cela était fouetté de soleil à travers des
                        secousses rythmiques, à mi-chemin du spasme de                    
                        sexe et de la contraction de muscle d'athlète ; et
                        réveillé constamment par une saveur qui
                        ressemblait à celle du champagne nature glacé. 
                        
                                           Jules ROMAINS
                        
                                  "Les Hommes de Bonne Volonté" 
                           T. XXIII "Naissance de la Bande" pp. 167 / 8
                        
                            92.    Les imbéciles ! ils paieront ça ; ils
                        paieront leur dédain pour tout ce qui est beauté,grandeur, noblesse de la vie... leur rêve de  toute une humanité en savates, en gilet de laine, en bretelles flasques, qui acceptera de vivre dans des cabanes à lapins, sur des ruelles de gadoue, du moment qu'il n'y aura plus de patrons, plus de femmes trop bien habillées, qu'on en fichera le moins possible, et qu'il sera assuré aux ex-damnés de la terre un minimum de six heures par jour pour
                        jouer à la belote ou pêcher à la ligne. 
                        Jules ROMAINS
                        
                                  "Les Hommes de Bonne Volonté" 
                                         id. ibid. T. XXIV
                                       "Comparutions" p. 69
                        
                        
                   93.    On nous dit qu'en suivant Hitler le
                        peuple allemand proteste contre des injustices
                        qu'il aurait subies, ou se prépare à assouvir un
                        besoin de revanche. Oui, sans doute. Mais il
                        acclame encore plus l'homme qui, par des
                        incantations délirantes, l'arrache à des années de
                        d‚pression nerveuse, qui, par des cérémonies
                        néo-barbares, lui prodigue les secousses,
                        l'ébriété ; qui, en lui faisant persécuter les
                        Juifs,brûler les bibliothèques, lui procure, à lui, peuple cultivé, le plus grand scandale
                        intérieur. Les Allemands savent qu'avec Hitler,
                        quoi qu'il arrive, ils ne s'ennuieront pas. 
                        
                                           Jules ROMAINS
                                  "Les Hommes de Bonne Volonté" 
                                T. XXV - "Le Tapis Magique" p. 127
                        
                        
                        
                            94.    Pourquoi ce qui est délicieux à vivre
                        serait-il honteux à décrire ?                     
                                         id. ibid.  p. 199
                        
                        
                        
                            95.    Je me disais souvent que la carrière de
                        séducteur de femmes devait être très difficile,                    
                    qu'il était donc un peu trop commode de la
                        mépriser chez autrui, que les raisins étaient trop
                        verts, etc... Il en résultait une admiration
                        involontaire, et assez aigre, pour ce type
                        d'hommes ; l'idée que dans leur genre ils
                        formaient une classe hautement douée et
                        privilégiée. Et comme tous n'offrent point de dons
                        physiques éclatants, il fallait aller jusqu'à leur attribuer soit une sorcellerie, soit un
                        rayonnement vital d'une puissance mystérieuse,
                        bref des formes de supériorité que rien ne
                        remplace, qu'aucune étude ne procure, et dont, si
                        l'on veut être tout à fait sincère, l'on ne se
                        console point d'être privé.
                        
                                           Jules ROMAINS
                                   "Les Hommes de Bonne Volonté"
                                 T. XXVI - "Françoise" pp. 55 / 6
                        
                        
                        
                            96.    ...il est immoral de faire les choses
                        loyalement, et il est moral de les faire
                        hypocritement.                    
                                         id. ibid. p. 226
                        
                            97.    Ce qu'on annonce de mauvais est presque
                        toujours vrai.                    
                                           Jules ROMAINS
                                   "Les Hommes de Bonne Volonté"
                                  T. XXVII "Le 7 Octobre" p. 29                    
                        
                        
                            98.    "...il n'y a pas ici de procès à faire.
                        Louis n'est point un accusé, vous n'êtes point
                        des juges ; vous êtes, vous ne pouvez être que
                        des hommes d'État et les représentants de la
                        nation. Vous n'avez pas une sentence à rendre pour
                        ou contre un homme, mais une mesure de salut
                        public à rendre, un acte de providence nationale à
                        exercer."
                        
                                            ROBESPIERRE
                                        Procès de Louis XVI
                        
                        
                        
                            99.    "Qu'est-ce qu'un ridicule que personne
                        n'aperçoit ? 
                        
                                             STENDHAL
                                     "La Chartreuse de Parme"
                                           ch. VI p. 102
                        
                            100.    "Qu'importe ton sein maigre, ô mon   
                                                           objet aimé ?
                                     On est plus près du cœur quand la   
                                                     poitrine est plate 
                                     Et je vois, comme un merle en sa cage
                                                                  enfermé,
                                     L'Amour entre tes os rêvant sur une 
                                                                    patte.
                            
                                          Louis BOUILHET
                        
                        
                        
                            101.    Le temps qu'on passe à rire est le
                        mieux employé.
                        
                                            Sadi CARNOT                  
                        
                            102.    L'oiseau cache son nid, nous cachons  
                                                              nos amours.
                        
                                            Victor HUGO
                                       "Les Contemplations"
                                  "Autrefois" - "L'âme en fleur"
                        
                            103.    Aimez-vous ! C'est le mois où les     
                                                   fraises sont mûres.                    
                                            Victor HUGO
                                       "Les Contemplations" 
                               "Autrefois" - "L'âme en fleur" n° 26                    
                        
                        
                            104.    "Il y a quelque chose de pire que
                        d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une
                        pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire
                        que d'avoir une mauvaise âme. C'est d'avoir une
                        âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que
                        d'avoir une âme même perverse. C'est d'avoir une
                        âme habituée."                     
                                               PÉGUY
                        
                        
                        
                           105.   Le plagiat est la base de toutes les
                        littératures, excepté de la première, qui
                        d'ailleurs est inconnue.
                        
                                             GIRAUDOUX
                                         "Siegfried" Acte I                   
                        
                        
                            106.    Il n'y a de joie de la jeunesse que
                        pour les parents. C'est très tragique au contraire
                        d'être jeune.
                        
                                             GIRAUDOUX
                                   "Tessa II" - 4Š tableau sc. 1                
              107.    L'erreur des éducateurs et des parents
                        est de parler trop souvent aux enfants un langage
                        stupide.                Nous Deux ? N° ? 
                        
                            108.    Vous croyez à la possession, alors
                        qu'en amour il n'y a que la présence.
                        
                                             GIRAUDOUX
                                  "Cantique des Cantiques"  sc. 8
                        
                        
                        
                            109.    Depuis que je t'aime, ma solitude
                        commence à deux pas de toi.
                        
                                                id.
                                           "Ondine"                     
                        
                            110.    "Je t'aime, Lia. Je ferai ce que tu
                        veux. 
                                     - Ce que je veux ! ce que je veux !
                        c'est encore un beau maître que je me donne l… !"
                        
                                             GIRAUDOUX
                                    "Sodome et Gomorrhe" Acte I
                        
                            111.   LIA  - Tu as mis sur ta vie pour ne pas
                        me la donner, quand pourtant ton amour soufflait à
                        la détacher, le plomb de ton travail.
                                   JEAN - Tu crois en toi ? Tu crois
                        encore à cette femme que les hommes ont faite de
                        toutes pièces ? Tu crois à ces défauts et à ces
                        vertus qu'ils t'ont passés au cou et qui ne sont
                        pas plus toi que ton collier.
                                   LIA   - Et l'homme, lui, garde toute
                        ces cocardes qu'il s'est attachées lui-même ? Il est bon. Il est courageux. Il est fidèle. 
                        
                                            id. ibid. 
                            112.    Auprès du pétrole, un cadavre n'a
                        jamais senti.
                               id. "La Folle de Chaillot"  Acte I                     
                        
                            113.    L'amour est le désir d'être aimé.
                        
                                             GIRAUDOUX
                                 "La Folle de Chaillot"    Acte II
                        
                        
                            114.    Que penserait celui que j'attends s'il
                        savait que j'ai dit je t'aime àceux qui m'ont
                        tenue avant lui dans leurs bras.                    
                                       id. ibid.     Acte I                   
                        
                        
                            115.    Mon cher sourd-muet, taisez-vous. Vous
                        nous cassez les yeux.                     
                                         id. ibid. Acte II
                        
                        
                        
                            116.    O vous tous, que torture l'idée que
                        votre femme a un amant, imaginez qu'elle n'est
                        plus votre femme, faites qu'elle ne soit plus
                        votre femme et le bonheur vous reviendra... C'est
                        simple, et personne n'y pense. 
                                                        id. "Sodome et Gomorrhe"  
                        
                        
                            197.    Oh ! La route est amère
                                    Depuis que l'autre Dieu nous attelle à	 sa croix ;
                                    Chair, Marbre, Fleur, Vénus, c'est en  toi que je crois.                    
                                              RIMBAUD
                                         "Soleil et Chair"
                                   198.    Nous ne sommes pas au monde. La vraie
                        vie est absente.
                        
                                                id. 
                            199.    Difficultés du rapport chrétien
                        d'homme à femme...
                        
                                            Y. BONNEFOY
                                      "Rimbaud par lui-même"                   
                        
                        
                            200.    Cette vie d'illusions, de cruels
                        renouveaux, cet ENFER.                    
                                             id. ibid.
                        
                            201.    Qui n'a pas été vraiment aimé, ne peut
                        se résigner à mourir.
                        
                                            Y. BONNEFOY
                                      "Rimbaud par lui-même »                 
                        
                        
                            202.    Toute conscience de soi, découvrant à
                        l'homme son impuissance, l'oblige au mépris de
                        soi.                    
                                             id. ibid.  
                        
                            203.    (La sexualité), qui aurait pu être le  rythme même de la participation au réel, ici, sous le signe de l'interdit, elle ne produit plus que le VICE.                   
                                             id. ibid.
                         204.    Déployez votre esprit, mais ne servez pas  d'amusement aux autres ; car sachez bien que, si votre supériorité froisse un homme médiocre, il se taira, puis dira de vous : "Il est très 	amusant!"terme de mépris.
                                              BALZAC
                                      "Le Lys dans la Vallée"
                                    2O5.    Les slips "Kangourou" sont à la portée
                        de toutes les bourses...
                        
                                               X...
                        
                            206.    Le doute travaille en ce 	moment la
                        France. Après avoir perdu le gouvernement
                        politique du monde, le catholicisme en perd le  gouvernement moral. Rome Catholique mettra
                        toutefois autant de temps à tomber qu'en a mis
                        Rome panthéiste. Quelle forme revêtira le sentiment religieux ? Quelle en sera l'expression  nouvelle ? La réponse est un secret de l'avenir.
                        
                                              BALZAC
                                    Préface au "Livre Mystique"
                        
                        
                        
                           207.    ..."Mat‚rialité de la pensée, et son
                        énergie magnétique... (Les) idées ont une vie
                        propre par elles-mêmes... Elles vivent aussi en
                        dehors... Le fluide nerveux qui se dégage du
                        cerveau, et qu'on appelle vulgairement la volonté,
                        est une force dont le mécanisme n'est pas encore
                        connu, ni le potentiel évalué, ni l'utilisation
                        appliquée... La télépathie, la clairevue, le
                        somnambulisme... ; les extases..., sont des
                        phénomènes produits par une projection de fluide.
                        C'est ainsi que s'expliquent les miracles par
                        attouchement ou à distance, opérés par Jésus et
                        par ses apôtres. En déterminant les rapports
                        qualitatifs et quantitatifs de la pensée avec la
                        volonté, les physiologues arriveront à des
                        résultats de plus en plus surprenants. Ils
                        trouveront les moyens d'explorer la zone subtile
                        de la pensée et du sentiment. Les hommes exercés
                        en viendront à communiquer d'esprit à esprit, à voir, à lire dans les cerveaux sans recourir aux sens charnels."
                        
                                           Ph. BERTHAULT
                                             "Balzac"
                     
                            208.    Les hommes n'admettent guère,
                        peut-être avec raison, la vertu des femmes
                        indépendantes. 
                        
                                            MAUPASSANT
                                        "Notre Coeur" p. 15
                        
                            209.    Rien n' (est) plus difficile que de
                        rendre heureux un homme qui se sent fautif.
                        
                                              BALZAC
                                      "Le Lys dans la Vallée"
                        
                        
                        
                            210.    Il ne suffit pas d'être un homme, il faut être un système.                    
                                                id.                  
                        
                        
                            211.    Créer, toujours créer ! Dieu n'a créé
                        que pendant six jours ! 
                        
                                               idem                             
                            212.    Hoc est vivere bis,
                                    vita posse priore frui.                   
                                              MARTIAL
                                           "Épigrammes"
                                            X, XXIII, 7
                              213.    La haine n'est pas le 	contraire de
                        l'amour, c'est son autre visage.
                        
                                             P. HÉRIAT
                        
                            214.    L'homme est un bouffon qui danse sur
                        un précipice.
                        
                                              BALZAC
                        
                        
                        
                            215.    Qu'a faict l'action genitale aux
                        hommes, si naturelle, si necessaire et si juste,
                        pour n'en oser parler sans vergongne, ... ? Nous
                        prononçons hardiment : tuer, desrober, trahir ; et
                        cela, nous n'oserions qu'entre les dents ?
                        
                                             MONTAIGNE
                                       "Essais" L. III ch. X
                        
                        
                        
                       216.    Comme le cœur déborde de pouvoir consoler l'innocent à qui l'on a fait du mal !
                        
                               LAUTRÉAMONT - Ier chant de "Maldoror"
                        
                    	
                        
                        
                            217.    Abstineas avidas, Mors, modo,	nigra,  
                                                                  manus.
                        
                                              TIBULLE
                                               I, 3