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  • Fred Vargas

     

    Fred Vargas, grande dame du roman policier très noir, publie sous pseudo masculin. Ceux qui vont mourir te saluent, titre célèbre, fait allusion au salut des gladiateur : Ave, Cæsar, etc. Des jeunes gens, peut-être frères, ou amants, portent les noms de Tibère, Claude, Néron. Tibère est le fils de Laura, le frère de Gabriella. Les scènes se déroulent à Rome, dans les années 80. Laura est accusée du meurtre de son mari venu à Rome. L'enquêteur, c'est Richard Valence, hommage peut-être au bandit de John Ford, Liberty. Cet enquêteur fut le grand amour de Laura, qui s'acharne à présent sur son ancienne maîtresse, soupçonnée d'avoir tué son mari Valhubert. St Hubert est le patron des chasseurs, son emblème est un cerf, avec de grandes cornes appelées “bois”, mais des cornes quand même.

     

    Pourquoi l'assassina-t-elle ? Si toutefois c'est bien elle. Cette brune Laura se payait-elle un amant ? Mais elle avait une fille cachée, Gabriella, à Rome. Elle l'entretenait somptueusement, pour que la fille ne manque de rien. Or Valhubert, mari mort, serrait bien les cordons de la bourse. Je parle d'argent. Où se procurait-elle cet argent, puisque son époux transpirait de radinerie ? En utilisant sa valise diplomatique, laquelle “vit sa vie de valise” comme elle dit, et transporte des biens ou de l'argent, pour le compte d'un malfrat romain surnommé le Doryphore. Pourquoi Laura aurait-elle tué son Valhubert de mari ? Parce que ce dernier s'intriguait d'incessants aller-retours en train à Rome : il soupçonnait un amant, le saint Hubert, au lieu de soupçonner une fille cachée.

     

    Et cette fois-ci, on allait voir ce qu'on allait voir : ce n'était plus un détective qui prenait la fausse adultère en filature, mais le mari lui-même qui venait tirer les choses au clair. Ah mais. Puis il était mort. Avec une bonne décoction de ciguë. On n'a jamais su ce que c'était que cette ciguë, fatale au philosophe Socrate. La véritable ombellifère en question ne saurait empoisonner quiconque en fait, mais ne vous y fiez pas. Richard Valence, le flic, emmerde tout le monde, débrouille cet écheveau, remonte jusqu'à la fille cachée nommé Gabriella, jusqu'à un évêque : celui-ci ne quitte pas la jeune Gabriella : est-ce son amant ? Ou son père scandaleux ? Richard Valence démolit tout : Tibère, Laura, maman de Tibère et de Gabriella.

     

    Il note tout ligne après ligne dans un vaste rapport qu'il va remettre à qui de droit, ancienne maîtresse ou pas, pour que justice, n'est-ce pas, soit faite. Laura vient tout reconnaître, de nuit, dans son hôtel. Or dans cette même nuit, une femme est assassinée dans l'avenue della Conciliazione, et ce n'est pas Laura : c'est une secrétaire du Vatican, proprement égorgée. Alors ? Alors ! Alors... je ne suis pas allé plus loin, enfin si, une fois. Et je ne m'en suis pas souvenu. J'ignore le ou la coupable. Les polars, même de Fred Vargas, retiennent rarement mon attention. Cette Laura, qui prend paraît-il un avion pour Rome un soir, tue son mari à Rome, et repart le lendemain matin de Rome pour se reglisser dans son lit, afin d'avoir un alibi parce que tout le monde la croyait couchée en France, ne me touche pas : c'est du Tintin et Milou, c'est du Journal de Mickey, en un mot, c'est du polar, ça ne tient pas debout ; ce sont des robots qui tiennent la fatigue à ce point-là, ou Johnny Hallyday jadis en tournée. Laura Valhubert, riche bourgeoise qui s'envoie en l'air, m'indiffère. Sa fille, amante ou fille d'archevêque romain, je m'en fous.

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    Le flic sentimental qui s'acharne sur son ancienne amante au nom de la Jjjjustice et de la Vvvvérité, je m'en tape. Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse : rarissimes sont les héros de romans policiers qui possèdent une épaisseur, une personnalité véritables. Il me semble toujours qu'ils ont l'individualité d'un ressort d'automate, ou de pistolet automatique. Les comparses peuvent bien porter des noms d'empereurs, il se trouve que pour moi ces empereurs sont de vraies personnes, que je connais un par un, avec leurs règnes, leurs débauches et leurs crimes. L'intrigue est bien menée ; enfin, à seconde lecture, le style obtient la mention bien, ce qui est appréciable, mais ce milieu de richards interlopes et alcoolisés ne m'interpelle pas, car j'y suis fermé, indifférent, papalement bouché.

     

    Nous allons donc immédiatement passer au fameux extrait, agrémenté ou non de commentaires oiseux : “Au fait Richard, dit-elle depuis la porte sans se retourner, je ne suis pas passée par la Conciliazione cette nuit. Démerde-toit avec ça. Essaie de savoir si je mens ou non.” C'est Laura qui parle à son ancien amant, le flic. “Ça t'occupera. 25. Valence repassa à son hôtel pour se changer complètement. Il sortit le rapport Valhubert de sa veste et le jeta sur sa table. Il fallait qu'il reprenne tout ça, avec ce nouveau meurtre” Pour mémoire, celui cette fois de la Quelque-Chose-des-Anges, bibliothécaire-archiviste au Vatican, égorgée en pleine rue et en pleine nuit.”Les choses s'étaient beaucoup embrouillées en quelques heures et le pire était qu'il se sentait en cet instant incapable de comprendre quoi que ce soit. Depuis qu'il s'était levé, les évènements l'avaient poussé d'un endroit à un autre, sans qu'il puisse contrôler son corps. Le train pour Milan partait dans deux heures, avec son salut à portée de main.” Il lui suffit en effet de repartir à Paris avec son petit rapport et de le confier tel quel au chef, après ça que les autres se débrouillent. “Il avait encore le temps de tout abandonner, mais ce choix même lui semblait trop complexe à débattre. Il fut presque heureux de découvrir Tibère à nouveau à son poste, devant la porte de son hôtel. Ça lui éviterait d'être seul jusqu'au bureau de Ruggieri”. Ne me demandez pas qui est Ruggieri.

     

     

    Le jeune Tibère va sans doute insister pour accompagner Valence chez ce Ruggieri, pour ne pas le lâcher d'une semelle. C'est qu'il lui en veut, le jeune Tibère, à Valence de poudreuse, qui poursuit sa maman Laura. “Cela lui sembla d'ailleurs presque naturel de le trouver sur sa route, avec cette fidélité tenace.

     

    “ - Tu n 'as pas l'air d'aller, lui dit Valence.

     

    “ - Toi non plus, dit Tibère.” Pour moi, Tibère, le vrai, c'était un vieux dégoûtant qui fut étouffé sous des coussins, dans l'antiquité, par un nommé Macron ; ça ne s'invente pas, vérifiez sur votre moteur de recherches...

     

    Valence reçut ce tutoiement soudain avec un peu de raideur. Mais il se sentait trop mal en point pour avoir l'énergie de remettre Tibère à sa place.

     

    “ - Qu'est-ce qui te prend de me tutoyer ? dit-il seulement.” Ce sont les policiers qui tutoient les impliqués dans une affaire, pas le contraire.

     

    “ - Honneur dû aux mourants par les princes, commena Tibère.

     

    “ - C'est gai.

     

    “ - Ce n'est pas si triste” - il n'y avait pas de vouvoiement en latin. “J'ai bien été mort, moi, hier soir.

     

    “ - Ah oui ?

     

  • Tranche de vie, cum commento

     

    Hier à onze heures, je travaillais, à n'en point douter. Mon travail consiste à écrire des conneries, qui seront lues par des cons désœuvrés, car je fais la même chose que tous : s'en remettre à la postérité, qui ne saura plus lire, puisqu'elle ne me lira pas. Il s'agissait de retranscrire mes rêves, et de broder autour d'eux. Cette fois-ci, je suis en Espagne et je longe un haut grillage derrière lesquels se pressent des enfants gitans. Plus tard viendra un chien furibond, qui se sectionnera la patte à force de se jeter contre les mailles. Le titre de ces élucubrations est Nox perpetua, faisant allusion au Lux perpetua de la Messe des Morts. Autant de connaissances qui sombreront, à l'instar des lois burgondes de Gondebaud, père de Clotilde à ce qu'il me semble.

     

    De même, le titre rageur de mon recueil actuel fait référence au surnommé "Vérité", président de l'A.A.A., Association des Auteurs Autoédités, et non pas des Alcooliques Anonymes, l'un n'excluant pas l'autre. Un de ces petits péteux des éditions ayant fait observer à ce brave homme que nul ne s'intéresserait jamais aux "Mémoires de Monsieur Vérité", ce dernier, piqué au vif et croyant sans doute frapper un grand coup, décida de publier à ses propres frais, et de fonder une vénérable association. J'ai tenu entre les mains de tels ouvrages, dépourvus bien entendu de toute promotion. Et opeux garantir que le déchet en est considérable. À peu près autant que chez les éditeurs patentés, dont la modeste industrie (inférieure en chiffre d'affaires à celle des casseroles) ne fut pas le moins du monde ébranlée.

     

    D'ailleurs, le livre est revenu à la mode, car c'est un cadeau modique et intelligent. Même le numérique ne compromet pas la vente de livres. Il faut vendre. La littérature, c'est, aussi, du commerce. Et nous sommes allés relever le courrier, où j'ai reçu, longtemps après, une lettre postée de La Rochelle où j'avais cru spirituel de remplacer "rue Condorcet" par "rue Con d'Orsay" (je ne pouvais pas écrire la "rue Fabius", quoiqu eje le pensasse profondément). Peut-être pourrai-je remettre ce pli entre les mains de Java, la destinataire. Mais nous la voyons peu en ce moment. Et ce fut l'après-midi, période de bouleversements, période de taxi pour les pauvres retraités qui n'ont que ça à foutre. Le bleu, la fille.JPG

     

    D'abord, malgré tout, un plaisir : le magasin "Cultura", où, nos descendant l'apprendront, nous commîmes maints larcins, en particulier le dernier Houellebecque, ce qui ne ruinera personne, et surtout pas son auteur : Soumission profitera de la conjoncture pour s'envoler sur les records de vente. Je pense que Houellebecque est un grand auteur, malgré son style de roman de gare où excelle Amélie Nothomb, "sans pouce". Le chocolat chaut, à prononcer avec des "o" superouverts, n'était servi que dans des gobelets de carton, bénéficiant d'un goût de carton. Mon auguste femme acheta une toile et plus, et me fit longtemps poireauter, au point de lire le journal de Siné, "paraissant les premiers mercredis de chaque mois". Il suffit de tirer le journal de son tourniquet, de gagner un fauteuil de skaï, et de lire presque tout sans payer. Une femme se pencha pour en lire le titre, et m'adressa un large sourire complice de gauchiste à gauchiste : mais je ne suis pas gauchiste. Je poursuis mes habitudes de lectures frondeuses, mais nul n'est plus que moi devenu défenseur de l'ordre établi, ayant expérimenté que les anarchistes, communistes et autres amoureux fous de l'humanité sont les plus conformistes de tous ; conformistes autrement, mais conformistes.

     

    Ils ne tolèreraient pas mes manies, bien moins que l'actuelle société paraît-il décadente, où je me fonds aisément dans les miasmes ambiants. Et je suis rentré chez moi. Et je suis allé chercher mon petit-fils (car j'ai une famille, comme tout citoyen qui se respecte), afin de le ramener chez lui. Nous avons discuté, mais pas toujours : il faut laisser des temps de répit entre deux dialogues, sinon, le dialogue devietn obligatoire, et lassant. Tout le monde sait cela. Pas moi. Cela m'est venu depuis très peu de temps, car j'aurai mis toute ma vie à mûrir, avant de mourir. Et quand on laisse reposer la pâte et parler le partenaire, on apprend des choses. Qui aurait pensé par exemple que ledit petit-fils se fut confié au point de comparer les baisers de ses amours et conquêtes ?

     

    Je seais gêné qu'il m'entretînt de détails plus précis. Mais une telle confiance m'étonne : ma femme en a la primeur, et moi la "secondeur", la deuxième main. Comment fait ce jeune homme pour considérer les femmes avec cette rationalité ? Il trouve "mignonnes" les confidences d'amour qu'elles lui font, alors que pour ma part, j'étais impressionné, comme une révélation divine : les femmes me semblaient si inaccessibles, surtout aux sentiments ! Dans quel abandon n'ai-je pas vécu ! Lui, non. Pas du tout. Il est "normal". Et puis, je suis revenu seul, à mon volant, variant les musiques selon mes tics, un morceau à la fois, ou un indicatif radiophonique, sans plus. Il fallait me rendre à cette fameuse conférence de Zemmour sur son excellent "Suicide français".

     

    Elle commençait à vingt heures à l'Athénée municipal, et je me trouvais coincé dans une forte circulation. Qu'est-ce qu'un indécis ? Celui qui veut absolument faire porter la responsabilité, la culpabilité de toutes ses décisions sur un autre, et l'épouse se trouve à cet égard dans une position privilégiée : il faut lui téléphoner du volant, lui demander si elle veut que je fasse étape à la maison, refuser, puis accepter, puis refuser, puis accepter "mais pas longtemps !" Désorienter l'autre à tout prix, le mettre en porte-à-faux, décréter que son ton de voix ne correspond pas à sa sincérité, voilà un sport où certains esprits faibles, autrement appelés "emmerdeurs", sont passés maîtres. "Juste le temps d'un café-yaourt", avec une pomme dans la poche pour la route. Il fait nuit, je rate deux rues, là-bas, "en ville", et me retrouve dans les lacets du parking en hauteur de la rue Victor Hugo, sur les fossés comblés du vieux Bordeaux. Et, vite, vite, à pied vers l'Athénée. Peu de monde. Pas de monde du tout, même. Deux gardes municipaux en fin de poste qui s'en vont, bavardant sereinement. Trois pelés et un tondu devant les portes qui devraient, théoriquement, être assiégées : "La conférence est annulée, on vient de poser l'affiche depuis 5mn."

  • Tingitanes

        Le premier de mes portraits : S.B.
        Avant le mariage, qui forme exactement delta, son nom de Juive m'a séduit. Sépharade, olivâtre, "mes yeux noisette" disait-elle. Toutes les scènes se passent à Tanger, dan les quartiers européens, jamais je ne vis tant jouer, Sorano Saddiki, Michel dit Simon. Sylvia B. se confie à moi. Notre professeur de philosophie m'a confié un exposé "Sur les femmes".
      Les arbres et le sanctuaire.JPG  C'est une Corse féministe, morte l'année suivante, et moi je suis encore professeur pour petits, Véra B. nous accueillit chez elle pour mon exposé, c'est ainsi que j'imaginais qu'il était beaucoup plus facile pour les filles de tomber amoureuses à volonté, je les accusais de laisser languir les mâles. "Pourquoi ne m'aimes-tu pas ?" dis-je à Sylvia B. Elle avait fui en tournant la tête.
        Elle n'avait dit ni oui ni non, se mit à m'aimer, seulement, je croyais que le moindre contact de peau l'indignerait, au point de me chasser. Longtemps later,  je croyais encore qu'un baiser décidait de tout, au point de passer au coït immédiatement avant que l'envie ne passe, à la femme. Je ne compris rien non plus le jour où je fus reçu, dans sa chambre, au lit pour la sieste, tout affalée, de côté, attendant que je la redresse pour l'embrasser : je l'aurais étreinte si fort, qu'elle m'aurait repoussé, que je me serais fâché.
        - Tu dormais ?
        - Non.

  • La Naissance du Prophète

     

    1. AL MAWLID (« MOULOUD ») (naissance du Prophète)

    2.  

    3. DATE

    4. Pas plus que pour le Christ, nous ne possédons de traces précises de la date de naissance de Mahomet. Il serait venu au monde le lundi 12 du troisième mois, Rabia al Awal, en 570, « année de l'éléphant ». Cette naissance n'est pas célébrée (sauf sans doute, jusqu'à l'avènement du vizir Al-Malik al-Afdhal, ainsi que les anniversaires d'Ali et de Fatima (1095), dans la dynastie fatimide), car elle ne serait pas conforme à l'enseignement du Coran.

    5.  

    6. RESTRICTIONS

    7. Il existe, disent certains religieux, deux catégories d'innovations : les nuisibles, et les tolérables. En 1207, au VIIe siècle de l'Hégire, le roi Irbil exprima le souhait que l'on se réjouît publiquement pour cette noble naissance. Il n'y aurait donc pas à blâmer cette innovation, digne d'être nommée une bonne tradition (sounna haçanah). En Arabie séoudite, cette célébration n'est pas interdite par le ministère des affaires religieuses. Ce sont les salafistes qui mettent en relief l'interdiction formelle de célébrer ce jour-là : « Le Prophète a dit : « Ne me louez pas comme les chrétiens ont loué le fils de Marie. Je ne suis qu'un serviteur et dites plutôt « serviteur et messager de Dieu » ; ils assimileraient donc la célébration de l'anniversaire de Mahomet à une manifestation d'idolâtrie – ce à quoi se livreraient les chrétiens le jour de Noël. Cette fête, non plus que le Jour de l'an ou le carnaval, ne présente évidemment aucun caractère sacré pour le musulman.

    8. Rappelons que la stricte obédience islamique admettrait seulement deux fêtes : l'Aïd el Adha (Fête du sacrifice) et l'AId el Fitr (Fête de rupture du jeûne). Le Prophète n'a jamais fêté son anniversaire, non plus que ses compagnons. Tout musulman est tenu de suivre ce que le Prophète et ses compagnons faisaient, sans innover, ainsi le jeûne du ramadan et le sacrifice du mouton. Il est inutile, comme le suggère le démon (ce que disent les salafistes) de gaspiller son temps et son argent à de telles occasion : tous deux seraient mieux employés à faire l'aumône et à prier. « Les dépensiers sont les frères des diables et le Diable est vis-à-vis de son Seigneur un très grand négateur » (Allah Taâla, sur le verset 27/17). Que dire alors de ceux qui adressent des prières au Prophète en lui demandant d'exaucer tel ou tel vœu, comme le feraient les chrétiens avec leurs saints, ou bien pensent que Dieu créa le monde pour Mahomet. Mais d'autres musulmans ont

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      rétorqué : « Comment les «Salafi» peuvent-ils déclarer quelque chose de haram (interdit) alors que le plus strict de leurs savants, Ibn Taymiyya, permit de célébrer sous certaines conditions, et que ibn al-Jawzi et ibn Kathir encouragèrent chacun en rédigeant un livret intitulé Mawlid et composé de poèmes et de passages tirés de leur sira ? » Cette fête, en marge de la pratique religieuse, relèverait donc de la tradition populaire.

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    10. COUTUMES

    11. Or, les mêmes coutumes se retrouvent pour cette fête : sacrifices de chameaux, de vaches, de moutons, festivités, cadeaux, consommation de pâtisseries et de confiseries – les petits enfants arborent leurs plus beaux costumes. En Algérie, grand repas à la tombée de la nuit, fusées, pétards. Offrandes d'aumônes aussi bien sûr. En 2007, le sultan Mohammed VI accorda sa grâce à 710 personnes. Des soirées de danse et de poésie célèbrent la vie du Prophète et divers aspects de la vie religieuse musulmane. A Salé, en face de Rabat, se tient la veille une grande procession des cierges, et plusieurs soirées musicales sont organisées. A Meknès, les Aïssaoua se rendent en pèlerinage sur la tombe de Cheïkh El Kamel, El Hadi Ben Aïssa, « saint de la délivrance ». Au Sénégal, c'est le Gamu, nom du mois de Muharram en ouolof : on ne travaille pas ce jour-là. Cette fête est célébrée d'un bout à l'autre du monde musulman, de l'Egypte à Singapour, en public aussi bien qu'en privé.

    12. Ni le jour de l'Hégire, ni celui du Voyage et de l'Ascension nocturne (voir infra) ne sont cependant fêtés dans le cadre d'un rituel.