Proullaud296

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  • Vous n'êtes pas obligés de me croire...

     

     POURQUOI TOUS  LES MOTS SONT -ILS ATTACHES, mystere...

    Nous avons usé peu de lits:...trois, quatre... douze peut-être? sans les hôtels.
    Nous
    avonstoujoursvécu
    l'unsurl'autre.Lachose
    était
    fréquenteausiècledernier
    (toujours,pourmoi,leXIXe).Certaines
    années
    nouschevillaient
    trois
    centsoixante-cinqjournées,
    millequatre-vingtquinzemêmeunefoistroisanstoutentiers
    faute
    d'argent(quatre-vIngtcinq,six,sept)d'un
    effrayant
    corpsàcorps.fauted'argent.
    Sylvie
    Nervalcontestanttoutcela
    n'y
    saurarienchangersachantpertinemment
    en
    monâmeetconscience
    que
    le150885,ayanteulefrontd'accomplir
    unmodestepélerinagesurunetombedeBigorre,
    je
    fustaxéàmonretourd'ignoblecruautépourabandon
    degrandemalade.

     

     Troisannées,dis-je,l'éventualité
    dumoindrevoyage,visanttantsoitpeu
    àdénouernefût-cequethérapeutiquement
    lelienfusionnel,s'estvu
    âprement
    ettriomphalementcontestée.
    Même
    àprésentgagne
    l'arthrose,jesaisqu'ilmeseraitimpossible
    de
    melivreràquelqueescapadequecefût
    au-delàd'unnombredejourstoujours
    tropcourts:lefilàlapatte.C'estainsi
    que
    sisouvents'achève(j'yreviens)l'histoire
    d'un
    amour:enrèglementdecomptes.Combiend'écrivains
    dont
    jesoupèseàl'éditionlespesantsmanuscrits
    nesesont-ilspasainsiconsacrésàtantd'inepties?

     

     Tantdesincérité,tantdepoignance,tantde
    tics
    aussi,tantd'impardonnableamateurisme
    postés
    àl'éditeur!Lalittératureestparfaiteou
    n'est
    rien.Nosexhaustitivitésformentleplusgros
    bataillondel'ennui.Onsefaitchieràvouslire,
    mespauvreschoux.Vousvousimaginez
    sansdoutequelemoindreméandre,leplusinfimediverticule
    de
    vostourmentsimporteaulecteurvictime.Or
    ilsetrouvequechacundenouspossède,justement,et
    àfoison,audétailprèsjusqu'àlanausée,desemblables
    révélationsetrebutsd'hôpitauxpsy.Ainsi
    cetteeffrayantecontinuitédesnuitsdecouple
    évoquée
    dansCetteNuit-là,milleobservations
    merveilleuses,
    etcettecertitudelentequedanslenoir,rejoignant
    le
    corpsténébreuxdel'épouse,jegagne
    lacoucheetlanuitinfinies
    enveloppantlaviedupremier
    àmonderniersouffle.

     

     Celanem'effraiepas.D'autresdisent
    que
    lesdrapsconjugauxsontdéjàles
    drapsdutombeau;etqu'iln'estni
    parfaiteépousequienpréserve.Juliette,nousserons
    seulsdansnoscercueils,séparésparlesplanches,même
    surunemêmeétagère.Imaginons
    seulementladélicatessequ'ilya
    àbienplacer,judicieusement,sanslamoindre
    superposition,sansleplusminime
    empiétementsusceptibled'engendrercourbatures,écrasements,ni
    friction,ankylose,fourmisniobstructiondesang-lesabattis
    dechacundansuneseuleetmêmecouche,jamaisleslits
    matrimoniaux
    nedoublantexactementlesmesures:ilest
    toujours
    eneffettenucomptedeschevauchements;comment
    faisaient-ils
    doncàMontaillou,villageoccitan,tousces
    bergersdegrandetranshumance,pours'empileràcinq
    ousixparcouchedansleursboriespyrénéennes,sansmême
    imaginerqu'onpûtsesodomiseràcouillesrabattues?

     

     L'innocencedecestemps-là...Assurément
    l'onétaitloindenosfétidesimaginationsducorps;c'estmême
    unedesplusinsolublesénigmes:commentfaisaient-ils
    donc
    touspournepointsongeràmal,pourquerien,fût-celeplus
    mince
    soupçon,lamoindrevelléitéd'érection,nepûtseglisser?
    quelles
    pouvaientbienêtreleursassociationsd'idées?D'autrepart,c'est-à-dire
    defaçondiamétralementopposée,commentdonc
    leursmembres,dépourvusdetoutattrait,detoutechargeérotique
    fût-elleinfinitésimale,neserévélaient-ilspasenfin
    nonpluspourcequ'ilsétaient,desappendicescrurauxvelusouglabres,osseux
    ouadipeux,crasseuxjusqu'auxcroûtes,écrasant
    etbroyantjusqu'àlafolietoutespacevital,toute
    tentativedesommeil?

     

     ...Leslitsjumeaux?pureabomination,pourlaquelle
    oneûtdûtréclamerlesplusrigoureusessanctionspénales.Ne
    pouvantdoncnonplus,siépineuxqu'onsesente
    l'un
    etl'autreaumomentdesemettreaulit,nousfuirsanscesse,sauf
    ànousretrouverenéquilibredeprofilsurlesrebordsdumatelas,force
    estdenousrésoudreàlapromiscuitédelachair,lardet
    tibiasmêlés.Nosbergersariégeois
    de
    treizecentdouzeétaientsansdouteplusprochesdela
    chaircollective,delaviandeanimaleindistincte;maisnous,couple
    occidental
    finvingtième,sommesbienforcésde
    nous
    encastrer,danslesaffres,puisdansles
    délices
    (toutdemême)del'emmêle-papattes.

     

    Maisqu'ilestdurdejouirdu
    simplesommeil,fonctionpremièreaprèstoutdulit.(Jecrainsdetrouver
    unjour,auréveil,mapartenairemorte,raide,etqu'il
    faille
    romprelesospournousdégagerdel'étreinte;lacocottede
    Félix
    Faurevécutausoirdu18novembre1899cetatrocedélire
    hystérique-horreur!terreur!)jereprends:autantj'aimetrouver
    aucreuxdemonventrel'empreinteetlapressionintimedesfesses,
    autantjeregretteden'avoiraucuncorpspesantsurledos
    pour
    m'enrecouvrir.Unetelleirremplaçablesensation
    nepeutm'êtredonnéequeparunhomme(iciplacerunsarcasme).Nous
    aimonscependant,hommeetfemme,nousendormir
    àl'intérieurl'undel'autre.
     Le chantier.JPG