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    La Guerre Civile de Jules César, je n'en ai rien à foutre. Que ceci soit bien clair, j'ai ma femme à l'hôpital et peut me chaut de César ou de Pompée (Moil'Nœud). Tout juste si j'admire ses qualités tactiques, et ses roueries destinées à décrédibiliser l'adversaire. Il bat en retraite, et parvient à faire admirer sa sagacité, sa célérité, la façon dont :même alors il évite les pertes et rempporte des succès (prise de Gomphi, « Les Gonds »), sans oublier de déposer blessés et malades (saucios aegrosque). Pendant que j'y suis, je m'admire aussi de comprendre César à première lecture, plus facilement encore quand je viens de lire la page en français. Cela dit, je vais devoir me concentrer. Enfin, pas trop, pour ne pas me perdre, ce qui fait que j'ai tout raté... A propos de ratage, Muriel sous-entendait qu'il n'était relatif qu'à la reconnaissance sociale, sans tenir compte de la réalité interne des êtres ; à quoi je répondrai que la réussite sociale entraîne, ipso facto, la réussite intérieure ; quand à ceux qui dépriment, ils l'ont cherchée, non, cette réussite sociale ? ils ont bien piétiné tout le monde ? sans aucune pitié ? eh bien quand ils se cassent la gueule, qu'ils ne s'étonnent pas de n'en rencontrer aucune, surtout pas la mienne. Je me souviendrai toujours de cette fille magnifique, abandonnée aux mugissements ridicules de Ferrant, amoureux de la même que moi, et que je n'ai pas eu le cœur de renvoyer ; la fille en question, Monique Gras, s'est détachée de tous les deux.

    J'aurais pu me marier avec elle ; mais j'ai laissé le plus défavorisé tenter sa chance. Je ne trahis pas les amis, moi. Je rate tout. Cette Monique m'eût laissé tomber en raison de mon caractère de persécuté, certes. Et César ? Je m'en fous ! J'étais, je susi encore comme Jean-Christophe : il se laissait battre par de plus petits nettement plus cons, parce qu'il aurait eu honte de les vaincre. Pour moi, c'est pareil. Mais lorsque Jean-Christophe (je ne m'en souviens plus) a commencé de gravir les échelons de la sélection musicale et de la gloire, aurait-il laissé sa place à tel candidat malchanceux ou démuni financièrement ? Non, je ne le crois pas. Toute réussite est due à une multitude de petits écrasements.

    Et moi je n'écrase pas. Et je me plains, parfaitement (« Tu as choisi-euh, tu as choisi-euh«  - tu parles ! Que veut dire « choisir » dans un contexte pareil ? Est-ce que tu choisis d'être généreux ? Ou lâche ? Hier j'étais à cinq mètre de ma femme, derrière des cloisons. Ce n'était pas l'heure des visites, Sonia et moi nous avons dû rebrousser chemin. Quand on te dit non, il faut gueuler ? Insister ? Ruser ? Je n'ai jamais su. On me dit non, c'est non. Faire changer quelqu'un d'avis, c'est l'humilier. Je n'humilie pas. Et les petits malins qui me critiquent ne m'auront jamais, ce qui s'appelle jamais, fourni le moindre procédé concret. Jamais. César, lui, puisqu'il faut paraît-il en parler, balayait les obstacles avec persévérance, ruse et mauvaise foi ; mais c'est une chose de bouter l'ennemi hors d'un camp ou de le truffer par ses astuces, et de répondre à une infirmière qu'on veut voir sa femme quand même, soins ou pas. Tu aurais fait quoi, toi ? « Je ne sais pas, moi ! » - O.K. conseilleur-critique, alors c'est à toi de fermer ta gueule. Toujours cette question de « responsabilité », de « choix » : si je n'en ai pas conscience, si je n'assume pas ce choix, si l'impression d'avoir toujours la main forcée reste chez moi prédominante, comment puis-je me convaincre que je suis en quelque façon que ce soit « responsable » de ce qui m'arrive ?