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  • Cimetières

    Et j'ai fait mon entrée au Cimetière de Limoges. Non pas certes " le plus vaste d'Europe " (que dire du Père Lachaise, comblé de sépultures jusqu'à l'horizon (la première fois que je l'ai visité, j'ai demandé au pas de course La sortie ! Au premier gardien) voire de la Chartreuse à Bordeaux où je reposerai un jour) – cependant : les étagements de la nécropole de Limoges rappellent à Lisbonne le Haut de Saint Jean (Cemiterio do Alto de Sao Joao), donnant vers le nord sur d'immenses et pouilleuses boîtes à peuple ou logements sociaux. Juste en face de la Secçâo Militare de la Grande Guerre, de l'autre côté des terrains vagues : la Picheleira, l'Alto do Pina.

    Même terrassements à Limoges, ou dans les rizières de Sumatra. Dans l'allée supérieure, où fut tournée une séquence avec Trintignant (il tient le rôle de jumeaux antagonistes, je n'ai pas bien compris) tout est bien net sous l'alignement des arbres : des sentiers spacieux, gravillonnés de frais, du solennel, du provincial. Puis je suis descendu par de larges degrés entaillés de perrons. Je n'ai rien vu de remarquable, me contentant de répéter à haute voix (prendre garde à ne pas se faire entendre) ("l'homme qui [parle] dans les cimetières"!) les noms de familles, d' individus, de fratries, hantant les lieux, faisant revivre cette antique croyance égyptienne, que toute personne reprononçant le nom du défunt le rappelle à l'existence.

    Je parle donc aux morts, épiciers, employés (curieusement absents des épitaphes), jeunes mères et anciens conscrits, me livrant avec conscience aux rites impassibles de la déploration. Mais je jette toujours un ?il par-dessus mon épaule, car il est moins facile encore de sortir d'un asile que d'un cimetière ; aussi les morts m'entendent avec reconnaisssance. Et la pire, la plus poignante chose que j'aie vue au cimetière de Limoges ne fut pas le tombeau d'une jeune fille (? Pourquoi à vingt ans ? ? lu sur une plaque blanche) - mais celle d'un dessinateur au trait, portant cette épitaphe éplorée : ? A mon mari - A son oeuvre". Sur la tombe on voyait un médiocre autoportrait, reproduit sur pierre blanche, avec talent mais sans génie ("Mention AB [douze sur vingt]) – par l'effrayante et digne voix de sa Veuve ; tandis que sur trois ou quatre caveaux voisins figuraient trois portraits d'amis, du même auteur, joints dans le même périmètre, n'ayant pu refuser ni de mourir peu après - ?un bon mouvement !" avait dit la veuve, les yeux rouges, muette peut-être sous sa cape noire – ni de faire placer sur soi les désespérés témoignages d'une camaraderie éternelle. Naufrage.JPG

    Telle était désormais l'étendue de sa gloire, 25 m2 autour d'un tombeau. Et c'est cela que j'avais trouvé poignant, qui m'avait point, au vu de ce théâtre anticipé que je jouerai aussi, de ce déplorable mélo, dans le vrai jusqu'aux larmes. Que fera graver ma fille en effet, ou ma veuve, sinon cette mention "HOMME DE LETTRES", que j'avais si fort raillée à Queyrac (Cantal) – et dont à présent, plus vieux, plus mort, je ne ricanais plus. Car on ne pourrait plus même montrer un portrait de ma plume, ou deux pages que j'eusse écrites. Et remontant vers l'entrée supérieure, épuisé, résolu cette fois à prendre le bus, j'aperçus juste avant la sortie, entre deux tombes, un rouleau de biscuits fourrés pour enfant abandonné là, car de nos jours nous ne nourrissons plus nos morts ; en vérité, c'étaient les morts eux-mêmes qui me tendaient ce paquet cylindrique à demi-clos, à peine souillé, que les chiens n'auraient pu compisser, coincé comme il était, qu'au prix de bien grotesques et improbables contorsions.

    Je m'empiffrai de ce quatre heures échappé aux mains d'un gosse soûlé de pépés macchabes ; le bus m'emmena au centre ville, où après m'être sans nécessité abondamment réapprovisionné au Super U, je remarquai au pied d'un banc de pierre dans un square un sac à dos délaissé isolant du sol un second paquet de biscuits ! Quelle aventure ! Quelle ville nourricière que Limoges !

  • Télérata

    ...Du "Singe Vert" ? du "Collignon" ? pas un mot mon vieux, pas un mot, c'est un con, il n'a pas pris de risques phynanciers !

    Mis à part son redressement fiscal de 6000 balles pour ne pas avoir déclaré sa locataire au fond du jardin, mais c'est rien du tout ça 6000 balles mon vieux - eh Ducon c'est pas toi qui a passé des vacances épouvantables à deux dans une Cocotte-Minute (trade mark) parce qu'il te manquait 6000 balles t'avais qu'à regarder la télé OK, sur gazon (celle-là elle est difficile mon pote) - nous disions donc toute la liste des films sur le réseau hertzien, avec Jean Némarre, Quitterie Pottmoncul, François des Sables-d'Olonnes Ben Savonnette à Foiegras, Mauricette Atoidjwé "au charme inoubliable", Omar En-Salad, Christine Deripipi, Actéon Bragé, Louise Lamouise la racleuse de planche à laver de Lafayette (Louisiane), Pierrette Frouin ben Lefrouin, Jean Passe et Desmayeurs comme disait San-A.

    ...Mais le Singe Vert ? vous n'y pensez pas mon vieux ! Francine Kirikan-Tonlapine pousse la porte de chez Ponzini le Cééééélèbre Eéééditeur sans compromission, "comme ça en passant", et aussi sec elle se fait recevoir par le directeur littéraire, d'ailleurs elle a décidé de passer toutes ses fins de semaine (ça se dit plus week-end poor bell ) à Paris pour promouvoir son livre, ni mari ni enfants pas d'attaches une souffrance que tu ne voudrais pas eh tu peux pas avoir le beurre et l'argent du beurre - tandis que le Singe Vert, il est plutôt du genre à se faire accueillir par une secrétaire narquoise qui le traite (le traitait hélas !) de petit jeune débarqué de sa province ou par un connard qui cherchait son manuscrit en pestant dans les sous-sol en gueulant bien fort pour que j'entende bien du rez-de-chaussée AH BEN SI Y FALLAIT LIRE EN PLUS TOUS LES MANUSCRITS QU'ON REÇOIT BEN MERDE ALORS - bref, toujours pas mon nom dans Boum-Boum Magazine - j'ai qu'à pousser la porte de chez Ponzini, oui ben tu me passes le fric pour aller à Paris tous les vendredis OK? sur glace...

    De toute façon qu'est-ce que ça peut te foutre d'aller rejoindre les Zizi Kakaouoka et Florine Bertolux-Marsinkoze fille de Marsinkoze-Bertolux et de sa mère si c'est pour se faire oublier oui mais y'aurait mon nom, y'aurait une trace, ON m'a demandé à moi aussi la collection complète du Singe Vert qui va devenir mythique vous verrez mais moi je passe trois quarts d'heure à refaire UN EXEMPLAIRE je n'ai pas pris de risques financiers pour le faire imprimer mais vu les tarifs ils sont fous les imprimeurs eh c'est pas des fonctionnaires eux - attends, attends que je te fasse un numéro sur la défense des fonctionnaires ça va saigner pire que pour la ménopause de ta grand-tante connard...

    Je le sais bien que je ne poursuis que de la fumée, ON, MACHIN, me l'a suffisamment démontré (ça sert à quoi de démolir les petits camarades en lui démontrant qu'il n'est qu'une future merde dans son cercueil hein ça sert à quoi ?), mais cette fumée m'est chère, j'aimerais avoir mon nom dans le journal, dans Boum-Boum Magazine avant le faire-part de décès dans Sud-Ouest en face des lettres de lecteurs sur la chasse dans le Médoc c'est mon droit non ?

    C'est humain (sur la gueule) oui ou non ? Pourquoi les autres ont le droit de respirer l'odeur de leur pet et pas moi ? Je veux être dans le journal ! je veux être dans le journal ! surtout que ceux qui me dénigrent parce que je veux être illustre inconnu - un con nu - ouah, I am surpassing - ne se gênent pas pour faire les faux modestes chaque fois qu'ils se retrouvent dans les feuilles de chou nationales et inter-na-tio-na-a-a-a-les ah oui mais moi c'est pas la même chose je suis sérieux moâ. Les Hautes-Alpes.JPG

    Allez au revoir Michel Serrault, Martin Geuedefroid, Edouard Baer, Martine Kalrôle, Hanny Tchelley, Sulpice Danlabouche, Anne Brochet, Théophile Auxchiottes-Envitesse, Omero Antonutti, tous célèbres, tous inconnus, bye bye Eddie Cochrane, Brian Jones, Janis Joplin, Bob

    Marley, Jane Birkin always alive God merci, Gainsbourg, y a une petite place pour moi ? bon d'accord j'ai pas pété bien haut mais moi aussi j'ai peur de la mort peur de l'oubli non ?

    Va p't'êt falloir que je flingue 80 personnes ?

    Pffff....