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massif central;st-flour;la chaise-dieu

  • Lieux où crever

    La ville même de P. (ne plus indiquer de lieu, les cons (les gens) ayant tellement perdu le contact avec le livre qu'ils te foutent des procès sur le dos pour délit de réalité ) était défigurée par d'immenses panneaux indiquant que "les Cathares auraient pu" s'y réfugier, donc, qu'ils s'y étaient réfugiés. Non. Il ne fallait pas dépasser une zone très étroite, présentant d'autre part des solutions de continuité : Haute Corrèze (Ussel, Eygurande), sud de Clermont, nord du Cantal (éviter Zbrgnoumch) et centre jusqu'à St-Flour (x km. plus bas, déjà "Tourist Land", restaurants typiques). La Margeride, le Livradois, Brioude et La Chaise-Dieu, éviter Machin nid de camions, Yssingeaux à la rigueur, à ne pas dépasser pour tomber dans le Lyonnais - ici tout un département à éliminer pour cause de colonies de vacances – et M. - pourri de banlieue et de faune de banlieue depuis la fameuse "autoroute de désenclavement".

    Plus au sud très vite le Midi, l'accent "putaing-cong" qui tartine sa vulgarité sur tout ce qu'il touche. La sueur. Les shorts. A sa mort, tout sera recouvert d'aménagements touristiques, mais pour les vingts années qui viennent, il trouvera bien toujours quelques lieues carrées.

    « Je romps, parce que j'en ai marre des matins de morgue, où j'erre, seul levé, dans l'appartement. De cette vie sans autre avenir qu'une longue et inexorable dégradation des facultés corporelles, de la santé. Quitte à crever à petit feu, autant le faire seul, sans observer chez l'autre les signes de sa propre irrémédiable décrépitude, et en bougeant. Sans cesse changer de lieu. Je sais bien que « la mort m'attend, là-bas, à Samarcande ». Mais je préfère crever en mouvement, qu'au chevet d'une femme perpétuellement – éternellement - malade. »

    Et entre chaque chapitre, un paragraphe de la lettre de rupture (N.D.L.A. : la chose a tourné autrement).

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    « Du désir de voyager en train pour être bien bloqué. »

    En voiture ; c'est tricher ; tous ceux pour qui l'avion même est devenu banal. Ils ne se rendent plus compte qu'ils voyagent. Aux Antilles. A Ceylan. Au Bhoutan. Le vrai voyage au ras du sol. En fait à pied. « J'ai choisi le train ». Comme ils disent. Les pieds gelés, la crasse et l'effort physique, surtout l'effort physique, que je méprises de toute mon âme – pas question. Pas la volonté non plus du Grand dépaysement - «Je ne sais pas, moi ! » (votre interlocuteur ne « sait » jamais) ; si tu t'exiles, fais les choses en grand ! Les Andes, par exemple ! ») - je ne vois pas comment je pourrais m'exalter, découvrir en moi des horizons, des vertiges nouveaux et tout ce qui s'en suit, en chiant ma tourista avec 39 de fièvre à 4000 m. d'altitude.

    Chacun se fait sa petite retraite pépère. Celui qui veut se geler les couilles au Groënland, je ne vois pas de problème. Pour moi ce sera la formule « pas de risque », et je vous emmerde. Le risque de manquer d'argent à l'autre bout de la planète. De se faire sucer par les punaises ou dévaliser, sodomiser, égorger par des Philippins islamistes. Pas de risque. Pas de risque. Celui de la liberté par exemple. Par le train justement tu n'es pas libre. Tu as retenu ton hôtel, pas d'échappatoire. Dans le train tu n'es plus le maître. Plus responsable. Ça te plaît. Toute ta vie tu l'as construite là-dessus : "Pas responsable, pas ma faute".