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lucrèce;de natura rerum;latin;epicure

  • Lucretius dit Lucrèce

    Je m'avisai soudain que j'avais supprimé ces « lectures commentées » promises à un si bel avenir après le Grand Ecroulement de l'Occident prévu vers 2015. Que j'avais aussi négligé cette mise en volumes de cent pages. Ce jour donc, 3 juin 2007 n'en déplaise aux amateurs de nouveautés, je me plonge dans ces commentaires de Lucrèce : croyez-moi, l'avenir appartint de tout temps aux grandes gueules sachant se plaindre (GGSSP) : Alors que Memmius venait d'être désigné comme préteur, la lutte opposait le triumvirat constitué par César, Crassus et Pompée aux aristocrates groupés autour de Caton et de Bibulus. Les commentaires seraient innombrables. Ecartons d'abord l'opinion de la populace : 99% des gens se contrefoutent de toute espèce de culture dépassant tant soit peu le niveau footballistique, et il est vain, madame la Traductrice de Plutarque, de se lamenter sur la non-signification des lettres antiques pour « le commun des mortels », que j'envoie chier. La latin, le grec, ne sont plus seulemlent des lettres mortes, mais des civilisations mortes. L'ennui, c'est que je fais de cette déploration mon fond de commerce. « Fond » sans « s »s, comme le recommande désormais l'Académie. Toujours donc cette même aporie : le savoir, que l'on voudrait partagé entre tous, est inaccessible au grand nombre.

    Memmius : je me fous de ce personnage. Peut-être un de ses descendants fut-il protecteur de Catulle. Mais déjà, s'appeler Memmius est un désavantage. Préteur : n'était-ce pas devenu un grade militaire ? Poursuivons l'examen : je me plains de ceux qui n'ont pas de savoir ; mais le mien se trouve affecté de si vastes lacune ! « La culture, c'est comme la confiture : moins on en a, plus on l'étale ! » Remarque léthale... Il s'agit bien de Lucrèce ou du sieur Duchêne ! ...le même que pour Madame de Sévigné ? - il s'agit de moi, pour vous rendre service, et que chacun se connaisse mieux. Puis-je à ce stade ajouter le meilleur jeu de mots que j'aie jamais fait en classe ? Ces deux-là, Crassus et Pompée, je ne les ai jamais appelés autrement, devant mes filles e tgarçons ravis, que les frères « Moil'nœud » - obervez bien : Cras- suce Moi l'nœud, Pomp- ez Moi l'nœud . N'y a-t-il pas là quelque chose de bassement ravissant, de quoi me faire huer par les publics de Laurent Ruquier, ou foutre en prison po... Ma caution ? Duronc : « c'est l'hymne à l'amour – moi l'nœud – enfin, ce qur atteinte aux bonnes mœurs ? Je ne disais jamais la solution, vous pensez bien qu'il en reste », chantait-il bien distinctement me semble-t-il... Puisque nous sommes en pleine nomenclature romaine, étonnons-nous que Caton, si prisé, n'ait été qu'un représentant de la noblesse, et que Bibulus signifie « le Hibou ».

    Puisque tout le monde l'a oublié, rappelons que ce Bibulus, consul la même année que César, se vit pratiquement interdire tout accès à la tribune, au point que l'on dit : « tel acte fut fait sous le consulat non pas de César et de Bibulus ( Caesare Bibuloque consulibus) mais de Julius et de César » - drôle ! Mdr ! Lol ! ( pas « V. Stein », hélas). Le pauvre Bibulus vit même un jour la poignée de sa porte soigneusement enduit de fumier... Horresco referens, et retournons au texte je vous prie. Rien n'oblige à être aussi catégorique. Il est ici parlé de la date de composition du De Natura rerum. Discussion érudite, du moins estudiantine. Précisons : la culture est accessible à tout le monde. Et nous ne nous confinons pas, nous autres initiés, dans notre tour d'ivoire. Mais nous proposons la culture.

    C'est la parabole du semeur : les uns assimileront, les autres non. Il en était de même avec les raisonnements mathématiques où l'on me contraignait : je comprenais à mesure ; mais soudain, le fil de la comprenette se rompait. J'oubliais, tout s'évaporait comme l'eau sur une plaque chauffée à blanc, et je ne comprenais plus rien. Il me fallait tous les éléments côte à côte. Le principe qui m'a toujours manqué, c'est le principe de succession : il me fallait la collatéralité. Un peu comme ces incultes qui ne lisent plus, parce qu'arrivés à la fin de la page ils ont oublié, tant ils se sont concentrés sur la lecture courante, non assimilée : le sens, la continuité, le lien, leur a échappé.

    C'est pourquoi ils se détournent et se passent fort bien de la culture littéraire, comme je me suis détourné, et me suis fort bien passé, de la « culture mathématique », fausse fenêre pour la symétrie, comem disait Pascal, car jen'ai jamais considére les mathématiques ou les sciences comme une « culture » - et pourtant, Pascal était un brillant mathématicien. Encore une aporie. Comment font-ils donc, ces gens, ces génies (même racine !) dont les deux moitiés du cerveau fonctionnent à égalité ? Je serais donc à moitié con ? - Plus que cela, me souffle la voix populaire. Je continue. Si je devais fermer ma gueule chaque fois que je me contredis, je me tairais toujours, je serais mort.

    Texte, faccia favore ? Le propos de Lucrèce est plus général. Lui aussi voulut délivrer l'humanité. Il m'a plu par endroits. Mais rasé par combien plus d'autres. Il s'intéresse trop à la mécanique du monde. Il est trop Lucrèce. Il nous embrène copieusement de tous ses atomes. Vénus, puissance de l'amour et de la générations, détourne des guerres civiles. Voilà ce qui m'éloigne de lui. Cette célébration du grand rut universel me semble d'une vulgarité sans nom. Déjà, ce rut n'est (par définition) ressenti que par les mâles. Ces derniers se comportent comme des dégueulasses violeurs. Les taureaux qui se ruent sur les génisses, les canards sur les canes, ça me répugne.

    Comme disait Holvout au début du printemps : « Tout ça va se remettre à bourgeonner, à dégorger de jus, le printemps dégueulasse va se remettre à gluer. » Ces flots de sperme dans les vagins béants (mais tout de même, récalcitrants, hein, faut ce qu'il faut, on ne va pas se laisser faire comme ça, vive le féminisme) me soulèvent le cœur, surtout vus et agrandis à la télévision : tu dirais une vrais chasse d'eau circulaire. L'acte qui nous fonde ressemble exactement à l'entraînement tourbillonnaire d'une évacuation fécale : nous sommes donc vraiment de la merde. Ce qui m'a fait plaisir en revanche, c'est d'avoir pu lire les 49 premiers vers du Chant I sans la moindre traduction, tant il m'avait été donné de le traduire en classe, lu et relu. Testo, testo ! Vénus, la nature et le plaisir. Provocation ?

    Fonçons ! Hasardons un parallèle («Mes idées, ce sont mes catins » : Diderot) : de même que se faire plaindre est le meilleur moyen de parvenir aux jouissances de la gloire, de même se refuser à la pénétration est le meilleur moyen de parvenir à l'orgasme. Voilà qui est chiadé. Pour débloquer un couvercle trop vissé, forcez encore un peu, et il se dévissera aisément. Nous sommems en pleine homéopathie : chaque chose provoque son contraire. En tout cas, ce sont les femmes qui jouissent le mieux. Tirésias n'avait pas tort. Aussi fut-il aveuglé. La déesse se définit aussi comme alma Vénus (vers 2.) Elle est nourricière. La mère donc. En plein dans la gueule ses gros étouffants nichons. Toujours du liquide qui coule. Je suis fatigué. Elle s'identifie à la déesse mère des sociétés primitives. Ben heureusement qu'il y a eu l'Eglise catholique n'est-ce pas...