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célébrité

  • Reality Show

     

    La célébrité, maintenant, est devenue celle des vedettes de reality-shows, dont on démontre premièrement, par une double et tartufique exécution publique, non seulement qu'elles sont EN FAIT absolument comme tout le monde, précisément sélectionnées en fonction de leur ignoble (non-noble) faculté de se conformer, d'être conformiste à la façon de tout le monde, avec le moins de particularités, le moins de diplômes, le moins de correction dans l'emploi de la langue possible, donc le plus incapables possibles de se décoller de la masse, du magma sordide de ce que les organisateurs, mépriseurs en réalité, et manipulateurs du peuple, s'imaginent être, devoir être le peuple, et en même temps, et deuxièmement, et contradictoirement, qu'elles ne sont pas dignes de les dépasser, car sitôt promues, sitôt oubliées.

    Le guerrier dans la vitrine.JPG

     

    Nous leur signifions à la fois : vous êtes uniques, vous serez célèbres, et – en même temps, illogiquement, salopement - vous n'êtes pas capables de devenir célèbres, retournez à votre nullité. Coup double. Double jeu. Double écrasement. A bas la gloire. Mais vive la gloire. Et c'est bien cela du reste qui est arrivé à Dreyfus, au capitaine Dreyfus, médiocre, incapable de soutenir cette célébrité, cette notoriété, qui lui sont d'un coup tombées dessus, qu'il a trahies par sa médiocrité, par sa faiblesse, par sa lâcheté, par l'incapacité où il fut toujours de se rendre compte, de prendre la mesure de l'énormité, de l'immensité de ce qu'il représentait, de son éternité symbolique et temporelle, lui qui donna sottement, sèchement, (son feu vert) son autorisation, par son abstention, par sa mollesse même son aval, à la grande dépréciation, au monnayage, de l' “Affaire Dreyfus”, au dévalage, au ravalage, à l'aveulissement, à l'avilissement de cette mystique en cette politique : partie de l'Idée, du Droit, de la Justice et de la Liberté - en cette magouille électorale de l'anticléricalisme et de l'antipatriotisme.

    Tel est l'aspect de l'Affaire Dreyfus, assurément inhabituel, touchant aux questions de la grâce et de la prédestination, qui me parle encore, ainsi qu'à tous ceux, poétaillons, écrivaillons (“Voyez cette foule qui s'avance les yeux ouverts, les doigts crispés sur des stylos, vers le tombeau” -sinistre, non? (Dominique DAGUET) – artistes tristounets, qui voulaient devenir immortels, passer à la télévision : c'est qu'à supposer que nous fussions élus, d'un coup, par hasard, comme le Capitaine, exaucés, exhaussés, à 99,9% nous ne serions pas foutus de faire face, perdrions tous repères, et crèverions dans notre courte honte. Plus le singe grimpe, plus on lui voit le cul.


    De l'efficacité ; du don de prophétie (suite du § précédent)


    Nous voulons de l'efficace dit toute l'époque, et tous ceux qui la hantent, nous voulons de l'utile, et de l'immédiat. Je suppose que cela s'est dit de partout et de toute époque. Cessons de nous croire spécifiques. Et n'oublions pas qu'il “est vain de détester son époque, car nous n'en connaîtrons pas d'autre” (Sartre ?) - ainsi que Péguy l'a fait de la sienne. N'en était-il pas de même au XIVe s et à l'époque de Jeanne (surtout à la lumière de ce que nous avons découvert sur elle ; car bizarrement, tous ceux qui utilisèrent les pièces de son procès sont loin de s'être intéressés avec la même impartialité à son procès de réhabilitation, où maintes exagérations se trouvent ramenées à leur niveau de vérité...) - et à tous les temps depuis elle, avant elle.

    Péguy n'est pas prophète. Péguy n'est point de notre temps. Il ne le préfigure, il ne l'annonce point. Il dit ce qui fut de tout temps. Cessons de proclamer à tous vents (comme on a commencé à le faire en attendant 2014, qui sera l'apogée de la Célébration et du Rite) “la modernité de Péguy”, “la prescience de Péguy”, “notre copain Péguy” - il me semble lire à l'avance, jusqu'à la nausée, incluse, ces titres opportunistes dont ne manqueront pas de nous abreuver tant de journalistes (“c'est vrai que”, “la cerise sur le gâteau”, “en fait”) - à l'occasion du centenaire de la mort du grand homme, “Actualité de Péguy”, “Achetez mes pommes de terre”...) Nous prétendons, nous, que c'est justement dans la mesure où un écrivain nous paraît lointain, folklorique, préhistorique même, qu'il nous est le plus proche.

    Mais ça, on le trouve déjà dans Renaud Camus. Et ça ne va pas plaire à tout le monde, forcément - ouh la bébête !

     

  • C'est pas de la soupe, c'est du Télérata

    3949 - On ne fait les choses en politique qu'à coups de pied dans le cul !

    Alain Touraine

    Je-je-je cherche mon nom dans le journal comme l'autre après Titine et ne le trouve pas. Ca c'est emmerdant. Je prends le Magazim Boumboum, le Magazine Culturel, celui qu'a dit (phrase mémorable [de lièvre, ha ha !] ) : "Il faut que les Français s'enculturent." Moi je veux bien, fermez le cercle. En première page, c'est généralement hi-deux. Remarquez que c'est toujours mieux que les éternels visages féminins aussi doudoux qu'interchangeables dont on nous REbat las orejas.

    Mais enfin, chez Boumboum, on fait dans l'original : plus c'est criard, mieux ça vaut ("de Marseille", hihi !) - avec de préférence un jeu de mot en couverture ("de Murville", hoho !) : en avant pour l'art conceptuel, ou une vedette en train de se noyer, ou... Enfin Moâ, je Me cherche ("je-je-je", devise de Bonnomix). Tout nouveau tout beau chez le cirque Boumboum. Alors d'abord, il y a le Couillé des Lecteurs.

    Moi c'est ma-ma-ma rubrique préférée, non pas que j'espère y trouver mon-mon-mon nom non non non (vous les regardez, vous, les nom et adresse des écrivants ? Sauf si ce sont les vôtre ("toi pas dans la merde", hu hu hu !) ("C'est agacint, hein ?" sacré Coluzzi...) Il n'y a là que du beau linge, des protestations contre le manque de civisme de ceux qui chient des crottes de chien exprès jusqu'à ceux qui violent des petites Vietnamiennes prostituées par leurs parents, mais pas vraiment exprès, un seul humanisme un seul combat ("Pourquoi Napoléon aimait-il les combats ? Parce qu'il était tout petit, wharf wharf, wharf ! ["d'Abidjan" - ...bon, d'accord...] (ouais, les cons bas, tu vas pas nous faire une pendule...)

    Mais - que des bons sentiments vous comprenez ? "Lettre à votre voisin, que vous n'avez jamais osé lui écrire" - et si je lui disais moi à mon voisin que j'en ai marre de voir sa tronche de cake derrière le grillage à chaque fois que je mets le quart du bout de mon nez dehors - j'espère que c'est réciproque comme ça il sera normalement constitué. Et si je disais "Casse-toi tu pues" à la vieille peau de l'autre côté de la rue qui pue la haine à dix mètres, moi aussi d'accord ("d'hier", arf arf arf !) - parce que c'est un magazine plein de jeux de mots ("laids", hargn hargn hargn whââârf ! excusez-moi.) - ben ce genre de lettres haineuses et antihumaniste ouah ! vade retro Satana (sans s au vocatif grec, vive les cuistres) - elle ne risque pas de faire tache dans le Couillé des Lecteurs (je l'avais fait exprès, ce citron - hihihoho) du Boum-Boum Magazine.

    Voici une liste des thèmes obligatoires : anti-racisme, anti-tabagisme, anti-sexisme, anti-vulgarité (chaque fois qu'un film est considéré comme "franchouillard et vulgaire", je m'y colle, sûr de me payer une tranche de franche rigolade, là dis donc, surtout si on égratigne l'Eglise Cattt-tttholickkk, houlllà ! - chaque fois qu'on encense un autre film, Achtung, danger très fort de tomber sur un film-culte du genre vingt minutes de plan fixe sans un mot et sans musique, et si t'as rien compris c'est que t'es con mon vieux. nom ? Ben il y est toujours pas. On trouve celui d'un éclairagiste, très important les éclairagistes, d'un comédien, très important les comédiens, de tout un tas de gonzes qui auront disparu dans un an, dans six mois, dans trois semaines. Mais tous vachement importants, ("çok önemli" en turc), ayant marqué leur époque, ayant remué ceci, bouleversé cela, pendant une semaine, après hop ! poubelle - et moi ? Moi, qui suis tout de même le plus important ?

    Rien, pas une trace, et pourtant ça fait trente ans que j'achète le Boumboum  Magazim et quand je retrouve de vieux numéros - c'est très rare, car je les jette vite fait, autrement tous les événements inoubliables du siècle (au moins vingt par semaine) s'entasseraient par piles dans l'appartement, où on ne peut déjà plus circuler tellement il y a de meubles, plus le chat, je m'aperçois que tous ces gens vachement célèbres ("Comment? Vous ne connaissez pas Truclovski, ultra-tendancy" - ben non...), que tous ces enthousiasmes délirants à grand renfort de points d'exclamation et de jeux de mots tôt - wâ wâ wâ ! - sont complètement, mais alors totalement, mais alors alors ratiboisément ou-bli-és et que tout le monde s'en CONTREFOUT à un point difficilement imaginable.

    Untel passe à St-Nazaire du 26 juin au 22 juin, Tchorglub à St-Etienne du 18 au 32 août avec ses marionnettes qui ne représentent pas toujours des maris honnêtes, ah ah ah ! Les Ballets Dumanche-Denoeud se produisent en exclusivité mondiale à Banouillac-la-Panousse dans le Tarn-et-Oise, le festival du mollard tricolore se tiendra bien comme tous les 25 ans à Bordigny-la-Gostière, l'ancien champion est mort en avalant un noyau tous les espoirs sont permis aux postulants (on ne dit plus challenger, ouf) parmi lesquels Babakoukliov, Ukrainien unijambiste et pro-socialiste, on ne viendra pas dire que je suis xénophobe.

    Le film "Glands sur la brousse toute nue" est mauvais, parce qu'on voit des poils de femme et qu'elle fait son signe de croix de la main gauche ; à proscrire absolument. "La Soupe aux choux" était dégueulasse, "franchouillard" et carrément vulgaire à sa sortie, à éviter absolument pour tout homme trouducultivé qui se respecte ("au rot", gna houin houïïïnff ![putain c'est nettement plus classe que crac-boum-hue] ) - vous vous rendez compte ma chère, un concours de pets pouah ! hum, qu'est-ce que vous avez mis dans le thé ma conne ça schlingue le poulpe pourri ? - mais vingt ans après ça vous dégage un petit parfum de nostalgie vous comprenez, on a évolué tout de même à Boumboum Magazine, pas au point de considérer les femmes comme des emmerdeuses faut pas déconner, mais on n'est plus coincé comme avant, la société évolue, d'ailleurs on vous fait des tas de commentaires absolument é-coeu-rés sur Loft Story pire que la Grande Peste (1348, vous l'aviez oubliée celle-là, vive les cuiiiii-iiii-streuhhh), sur le clonage, sur le maïs transgénique qui va nous niquer tous nos castors, sur le nucléaire qui va nous faire pousser de la mousse entre les couilles, sur le manque de confiance envers le progrès qu'on se méfie vachement.

    Eh ben c'est pas vrai que le progrès c'est méchant et vilain : la preuve, c'est que grâce à l'automobile les ambulances elles arrivent beaucoup plus vite sur les lieux de l'accident, je l'ai lu dans une copie de Brevet, vous voyez bien que les Djeunnz y sont for-mi-na- euh... da- bles ! En tout cas, il aurait fallu stopper toutes ces inventions qui nous gâchent tout, on bouffe n'importe quoi, on se fait vachement empoisonner, la preuve c'est qu'on a gagné trente ans de vie moyenne en cent ans d'histoire, c'est bien la preuve qu'il faut être systématiquement contre tout ce qui est nouveau.

    Modernes, soit, mais vigilants ! Pas de changements ! Mais progressistes ! Bref le parfait petit socialo. Notez que ce qu'ils nous proposent en face est encore plus con. Un vrai tour d'horizon dans Boumboum Magazim ! Pas question de parler de l'angoisse des hommes face à la montée du lesbianisme ! Ca c'est tabou mon pote : Une femme avec une femme, ça c'est bien ! Les mecs, vous pouvez aller voir les autres femmes ! à ce rythme-là, c'est s'il en reste ! Et n'allez pas vous servir aux Philippines ("de ch'val", argh, j'étouffe, j'en peux plus, non sans blague enlève ton doigt là tu me refoules les hémos jusque dans l'arrière-gorge) ou au Siam ("Thaïlande", chef-lieu Mont-de Marsan, ouais, bon, bof), espèce de proxénète !

    Trois branlettes plus loin (mais c'est très sain, voyons, callez-vous imaginer, et pendant ce temps-là au moins ça fera toujours deux ou trois femmes que vous n'aurez pas emmerdées), vous naviguez toujours entre Tim Huxmey, Adélaïde Mortcifal et Morgan Shepperd-Joplinofski qui ont ré-vo-lu-tionné le cinéma belgo-prussien, et mon nom, mon nom à moi, il n'y est toujours pas, COLLIGNON HARDT VANDEKEEN...