16.08.2009
Errances rances
En 1969, mes parents et moi-même nous étions rabattus sur le sanctuaire des Saints Pères Missionnaires, sans doute parce que ma mère déjà prétendait (à 59 ans !) ne plus pouvoir marcher. Mais visiter les Grottes de Bétharram, de nos jours encore, s'apparente à l'expédition. Un guide en béret, l'air parfaitement couillon, scout, puceau, nous informe qu'il faut attendre le car. Un départ toutes les 15 mn. Je repars donc chercher dans ma voiture ce fameux volume sur le Moyen Age carolingien que j'ai chipé à Paris. De longues barrières parallèles suggèrent que le site fut jadis beaucoup plus fréquenté : elles servaient à canaliser les files d'attente. Le car est plein, ce qui me surprend beaucoup.
Nous sommes déposés sur une autre aire d'attente, au sommet d'une pente.
COMBELASAYS 1
Soulevant leurs jambes j'appliquerais mes lèvres sur les leurs et sentirais sur mes papilles leurs palpitations et leurs salives, car notre corps est tout ce qu'il nous reste.
Lisant les documents de guerre j'ai senti piquer mes larmes à la paupière en évoquant la joie des rescapés, sentant les arbres et les leurs quand tant d'autres cadavres noircis n'avaient fait que passer comme des mains sur mes paupières.
Hier encore j'ai pu chez les Daveyron converser dans les charcutailles car il est bon que le porc (...)
06 08 2051
Ça va passer... Juste la maladie... Malade exprès... Je la félicitais pourtant (nous étions seuls) de ne pas produire d'aspérités, nous rendant ce séjour le moins désagréable possible. Sidoine Apollinaire m'indiffère. Péguy pour l'instant le supplante, plus proche de nous, Sidoine reste un étranger ; il appartient à une autre tribu, nous précédant de quinze (XV) siècles ; comment puis-je seulement imaginer cet évêque ? ...heureux ceux qui n'ont pas d'emploi du temps... heureux ceux qui ne courent pas... heureux ceux qui n'ont pas d'obligation, qui ne sont plus tout à fait vivants. "Il avait tenu à s'isoler", me dit-on de Sidoine.
...Je n'y crois pas ; comment peut-on s'isoler quand on est un évêque. Isolement à la Marquise de Sévigné, 6 servantes par-devant, 6 louvetiers par-derrière : Quel bonheur ma fille qu'une telle solitude ! Elle ne me vaut rien. La solitude. Lâché courant 42 en plein Paris (vivant seul dans un appartement prêté) j'avais vite pété les plombs, apostrophant les passants dans ma langue, sans qu'il y prêtassent attention. Allant même jusqu'à téléphoner à Domi sans savoir que lui dire, (...)
07 08 2051 (très douteux)
...soit sacrifié pour nous. Je lis ces lettres de Poilus dans la Honte et le Soulagement. Jeunes filles ou plus mûres veuves puis-je passer ma main autour de votre cou, vos épaules, et le long de vos bras saisir le manche anachronique des aspirateurs et jumeler vos pas dans le vrombissement mécanique (écriture / couple lecture : fusion originelle et matricielle aussi bien réalisée par la Toile et le journal de Toile) je vous aime communion avec le magma littéraire dans l'embrasure de la porte en tenue de robe de chambre à vous si désireuse de bien faire j'ai vu dans vos yeux le désir de l'hôtesse si tendue vers l'office et le Saint Service d'Hôtellerie.
C'est le plaisir de la masturbation derrière la porte mal fermée, d'où peut surgir le témoin complice et accusateur. Tes livres sur l'étagère témoignent d' une lutte qui fut tienne, de ces communautés où l'on se dévouait, infirmière des corps j'aimerais tendres mains tenir tant de mamelles de brebis viens à moi mais je cesse d'écrire et t'embrasse, en impunité,
Nissan.
11:11 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lozère, aveyron
08.07.2009
Lozère, Aveyron
Soulevant leurs jambes j'appliquerais mes lèvres sur les leurs et sentirais sur mes papilles leurs palpitations et leurs salives, car notre corps est tout ce qu'il nous reste.
Lisant les documents de guerre j'ai senti piquer mes larmes à la paupière en évoquant devant l'étagère à livres la joie des rescapés, sentant les arbres et les leurs quand tant d'autres cadavres noircis n'avaient fait que passer comme des mains sur mes paupières.
Hier encore j'ai pu chez les Daveyron converser dans les charcutailles car il est bon que le porc (...)
06 08 2051
Ça va passer... Juste la maladie... Malade exprès... Je la félicitais pourtant (nous étions seuls) de ne pas produire d'aspérités, nous rendant ce séjour le moins désagréable possible. Sidoine Apollinaire m'indiffère. Péguy pour l'instant le supplante, plus proche de nous, Sidoine reste un étranger ; il appartient à une autre tribu, nous précédant de quinze (XV) siècles ; comment puis-je seulement imaginer cet évêque ? ...heureux ceux qui n'ont pas d'emploi du temps... heureux ceux qui ne courent pas... heureux ceux qui n'ont pas d'obligation, qui ne sont plus tout à fait vivants. "Il avait tenu à s'isoler", me dit-on de Sidoine.
...Je n'y crois pas ; comment peut-on s'isoler quand on est un évêque. Isolement à la Marquise de Sévigné, 6 servantes par-devant, 6 louvetiers par-derrière : Quel bonheur ma fille qu'une telle solitude ! Elle ne me vaut rien. La solitude. Lâché courant 95 en plein Paris (vivant dans un appartement prêté) j'avais vite pété les plombs, apostrophant les passants dans ma langue, sans qu'il y prêtassent attention. Allant même jusqu'à téléphoner à X.a ns savoir que lui dire, (...)
07 08 2051 (très douteux)
...soit sacrifié pour nous. Je lis ces lettres de Poilus dans la Honte et le Soulagement. Jeunes filles ou plus mûres veuves puis-je passer ma main autour de votre cou, vos épaules, et le long de vos bras saisir le manche anachronique des aspirateurs et jumeler vos pas dans le vrombissement mécanique (écriture / couple lecture : fusion originelle et matricielle aussi bien réalisée par la Toile et le journal de Toile) je vous aime communion avec le magma littéraire dans l'embrasure de la porte en tenue de robe de chambre à vous si désireuse de bien faire j'ai vu dans vos yeux le désir de l'hôtesse si tendue vers l'office et le Saint Service d'Hôtellerie.
C'est le plaisir de la masturbation derrière la porte mal fermée, d'où peut surgir le témoin complice et accusateur, Lecteur. Tes livres sur l'étagère témoignent d' une lutte qui fut tienne, de ces communautés où l'on se dévouait, infirmière des corps j'aimerais tendres mains tenir tant de mamelles de brebis viens à moi mais je cesse d'écrire et t'embrasse, en impunité,
Nissan.
12:24 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lozère, aveyron


