Fronfron55

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

le corps en saignant

  • Du fond des âges

    Rien de plus terne et de moins expressif que cette photographie en noir et blanc, affligée d'une telle médiocrité : l'appareil n'était pas très bon. Ce bâtiment grisâtre et sans relief ne serait rien sans sa légende : École de Monségur (47), soit Lot-et-Garonne, chiffres maléfiques où j'ai cru mourir. On ne saurait confondre en effet le Monségur d'Agenais avec son homophone de l'Ariège. Il vit là une population tranquille, sans rien des touristes fiévreux et suspects qui viennent hanter le vieux château reconstruit après les Cathares. Cette école est en hauteur, sur une petite butte portant le village lui-même, et c'est pourtant de ce batiment mal cadré que je suis sorti, un jour imaginaire de roman, pour descendre jusqu'au cimetière : l'auteur, c'était moi, et le livre, c'est celui que vous ne trouverez dans aucune librairie.

    Cette école banale ne convient pas à mon intrigue, celle d'un instituteur pédophile, et de son ami le curé, pédophile aussi. L'enfant, c'était moi. Le narrateur, c'était moi. Mais aucune émotion, car jamais je n'ai habité ici, ni enfant ni plus tard. Juste en repérage avec cet appareil photo misérable, afin de recueillir l'endroit où toute l'histoire se situerait. La luminosité est faible, le ciel couvert. Une aile tronquée s'éloigne, une autre à angle droit se voit coupée très vite par le cadre. A l'angle, une fenêtre masquée par une espèce d'auvent plat, destinée sans doute à diminuer le jour , sans qu'on en devine bien l'intention. En revenant vers nous, c'est une porte close où pointe un porte-lanterne en forme de potence.

    Le petit seuil coquet ROMN.JPGCette ferraille porte en son bout une tige métallique, d'électricité ou de hampe à drapeau (il me semble que les piliers mentionnés tout à l'heure présentaient un mélange de rouge, de bleu et e jaune, en couleurs autrefois pimpantes aujourd'hui fanées ; il y a des lieux ternes que rien ne peut égayer) – mais poursuivons, revenons vers nous pour voir ou constater une fenêtre assutément jumelle de celle du fond, dégagée de tout préau guilleret, dont je croyais distinguer les volets à persiennes : erreur. C'est un assemblage moderne de baies rectangulaires à la verticale : deux battants fermés, une imposte, et, de chaque côté, renforcées par deux meneaux de pierre, deux autres fenêtres et deux autres impostes, le tout étroit comme une vieille fille.

    Près de l'angle saillant ne manque pas la gouttière, verticale et fonctionnelle. L'aile du bâtiment du fond présente une porte-fenêtre de même espèce, et l'on sent bien, de toute cette énumération, qu'il n'y a là que fausses ouvertures, que tout ce verre étalé sépare au lieu d'unir, comme des yeux recouverts d'une taie. Toute cette vitrerie ne fut plaquée là que pour rénover un bâtiment de piètre pierre, badigeonné de gris avec application, qui sent la désaffectation, l'abandon et pourquoi pas la mort. Devant, tenant 60% de la surface, la cour en terre battue creusée d'irrégularités, de flaques en formation peut-être, le temps est au crachin. Le sol s'éclaircit en remontant vers l'habitacle, sont ce dernier semble l'émanation pétrifiée. Tout est banal comme un fait divers de cul.

    Jamais la municipalité n'a eu vent de mes projets, jamais ils n'ont été en vente. Sinon l'on n'eût pas manqué d'énergiques protestations, municipales et autres, sur la bonne qualité de l'enseignement et de son bâtiment, sur les côtés riants de cette "charmante bourgade" e tutti quanti. Mais ce cliché, et l'orientation de mes imaginaires, ont transformé d'office, avec mes préjugés, le village en lieux maléficiés. Que les habitants me pardonnent. Mais dans ces bleds, on se fait chier. Le cliché remonte aux années 70, tout est enseveli désormais dans le neuf, le riant, les petites images aux fenêtres, le "dynamisme" d'une "équipe pédagogique dévouée" qui "épanouit nos enfants", mais rien ne remplacera mon père qui habite là, pour toujours, avec sa blouse grise et sa solitude de marabout effaré.

    Cette photograhie figure ans un de ces petits albums-gadgets, où les clichés s'enfilent aux quatre angles dans des lunules de papier-carton blanc. Juste an face, ma femme en mariée, entre son amie Muriel et sa mère en gants blancs. Elle baisse les yeux avant le sacrifice. Il est vrai que cette autre photo est en couleur

  • Fin de carrière

    Ma carrière n'est pas une ligne, mais un ressassement. Nulle différence, âge à part, entre mes rapports humains au début ou en fin de ma période d'activité : 2005-2051. A présent, quand je cauchemardise, il s'agit de cours, dont je n'ai rien préparé. Les élèves sont là, en amphithéâtre, prêts à se dissiper - je les amuse avec des considérations sur la couverture de leur livre. Quand ils repartent, c'est un soulagement. Preuve par neuf de ma détestation – en vérité ? A Gambriac (son château, ses fous) le principal, Gepetto (des noms !) s'était mis en tête d'appliquer la fameuse initiative grandiose du gouvernement : dans le cadre du « décloisonnement des disciplines », ménager un espace intitulé « 10% culturel » - l'école, on le sait, n'est pas de la culture, c'est de l'ingurgitation ; on ne savait pas faire cours, autrefois : Descartes, Bolingbroke, Saint-Just, singes savants que tout cela ! n'est-ce pas !

    Une matinée par semaine (cela dura deux mois) nous avons réparti les classes autrement, sans distinction de niveau ni d'effectifs, pour leur apprendre d'autres choses autrement. Ce fut la plus gigantesque pagaïe que nous ayons jamais vue. Personne ne s'est retrouvé avec le groupe souhaité. J'ai reçu septante élèves, qui n'avaient rien demandé, réunis dans la plus grande salle, décidés (paraît-il) à recevoir un « enseignement musical », autrement qu'à coups de solfège, de chansons niaises ( troupiaux, troupiaux) et de flûtes-z-à bec ; ce furent 105 mn sur la musique, de Sheila et Sylvie Vartan à Jean-Sébastien Bach. En passant par Aznavour, le rock, le pop, le jazz, Pierre Henry, Stravinsky, Debussy – au bout d'une heure trois quarts soixante-dix élèves écoutant Haydn et Mozart dans un silence religieux...

    Station météo.JPG

    Le cours dont je suis de loin le plus fier. Mon plus beau. Un chef-d'œuvre. La collègue d'espagnol complètement dépassée – ne s'y connaissant même pas en musique espagnole, jota, fandango... Me rappeler aussi ce désamorçage d'une classe entière (“Bande de petits sadiques ! ») qui exécutait cruellement, dans la salle voisine, une pionne ; je la sentais progressivement perdre pied, se noyer, à travers la cloison. Je suis entré brusquement dans la classe, j'ai engueulé tous ces petits salopards : « C'est un être humain, là, derrière ce bureau, pas un paillasson ! Je ne veux plus vous entendre ! » Je me suis tourné vers elle : « Excuse-moi », elle m'a dit : « Merci. » J'ai tellement envie d'avoir fait de bonnes actions dans ma vie.

    Un petit élève de seconde, réorienté dès la fin du premier trimestre (le crève-cœur : « Tu feras un métier manuel, mon fils ») qui tient absolument à me serrer la main avant son départ. C'est d'ailleurs ce qui attend tous ces réformateurs de bureau qui n'ont jamais, je ne le répéterai jamais assez, jamais mis les pieds dans le cambouis devant une classe et qui prônent l'abolition des redoublements : l'orientation prématurée de tous leurs petits protégés ; car ne vous faites aucune illusion : jamais le soutien scolaire n'a jamais démontré la moindre efficacité. Bien moins encore que ce redoublement, deuxième chance que vous vous obstinez à refuser. Le jeune homme est venu me demander mes livres préférés - déçu que j'aime par-dessus tout les livres difficiles et spécialisés,

    du Moyen Age ou de l'Antiquité, avec profusion de notes annexes. Il attendait de moi une bibliothèque, des conseils de lecture... Tant de souvenirs comme l'eau entre les doigts. Nous aurons connu la vraie vie, nous autres professeurs, bien autant que tous ces Autres qui nous auront asséné, le mépris et la bave aux lèvres, que les profs, voyons, mais « ça n'a pas quitté la mère », ça ne connaît pas la vraie vie, celle où il faut se battre pour gagner son bifteck », au lieu d'avoir « son- salaire-de-fonctionnaire à la fin du mois ». C'est quoi « la vraie vie », tas de robots ? ...se casser la gueule à coups de râteaux dans votre bac à sable ?

    Jean Viandaire tient absolument à me parler, se rappelle mes cours avec reconnaissance, alors qu'il ne foutait pas grand-chose ; nous nous sommes revus trois fois, il avait fait « des conneries », devenu soudain très mûr. Ce que j'ai bien pu leur transmettre ? Est-ce à moi de fournir la réponse ? Nous nous sommes affrontés au risque permanent de l'humiliation, de perte de sang-froid, de pleurs. Risque du contact humain. (« Ça ne vous fait rien de revenir dans ma classe alors que je vous ai donné une baffe l'année dernière ? - Non M'sieur : avec vous au moins c'est plus humain. - Main sur la gueule ? ») Tout professeur tire en permanence des feux d'artifice dans des caves.

    Pourtant qui ne se souvient d'eux ? Faudrait-il reconstituer autour de nous tous ceux qui nous ont admirés ou subis ou les deux ? Je dois me souvenir sans cesse du mot de Thomas Bastonneau : « Vous êtes un prof pour bons élèves. Il en faut, mais vous ne savez pas expliquer. » J'ai ici rappéle 392 élèves, sur près de 3000.

  • Questions très anciennes

     

    BERNARD DEFRANCE « LE PLAISIR D'ENSEIGNER »

     

    Questions posées à l'auteur, en présence de quelques-uns de ses élèves :

     

      • « Le plaisir d'enseigner » : pourquoi le titre ?

      • Les élèves ont-ils plaisir à être enseignés ?

      • Trouée sur la Garonne.JPGComment les avez-vous préparés à l'émission ?

      • Votre expérience est-elle universelle ? Peut-elle être valable pour des élèves de 14 à 16 ans ?

      • Une expérience peut-elle se transmettre ?

      • Quels sont les défauts que vous trouvez insupportables chez les profs ? Les névroses ?

      • Quelle proportion de profs acceptables ?

      • Si le prof n'a plus le droit de punir ni de séduire, quelle est sa marge de manœuvre ?

      • Un prof de maths peut-il transformer son cours en exposé des griefs ?

      • Croyez-vous que les élèves auront la patience de supporter les tâtonnements du prof dans sa marche vers l'amélioration ?

      • Que faire contre l'indiscipline ?

      • Ne croyez-vous pas que les entretiens peuvent tourner en rond de façon répétitive ?

      • Que faire si personne n'a la forme ?

      • Laissez-vous dormir vos élèves ?

      • Les laissez-vous faire de l'histoire-géo en classe de philo ?

      • Y a-t-il un rapport pervers entre fascisme et enseignement ?

      • Les élèves n'exagèrent-ils pas dans les proportions de leurs ripostes ? Pourquoi chahutent-ils avec les profs faibles au lieu de choisir celui qui les emmerde précisément ?

      • Pourquoi vos élèves sèchent-ils les cours ?

      • Le bas peuple a-t-il envie d'apprendre ? Pourquoi veulent-ils aller travailler alors que tous nos efforts visent à empêcher qu'ils ne soient exploités trop tôt ?

      • Faut-il avoir pitié des élèves qui n'ont rien foutu, qui ont démoli des cours et des profs, et qui viennent agresser l'orientateur alors qu'ils n'ont rien voulu foutre pendant huit ou neuf ans ? Et se retrouvent évidemment au chômage ?

      • Ne doit-on pas se sentir encore plus éminemment coupable après avoir lu vos

     

    remarques, si l'on échoue encore ?

     

    La réforme passe par la modification en classe du rapport entre prof et élèves et non pas par des réformes administratives qui ont à peu près autant d'effet que celle du statut des pharmaciens sur la lutte contre le sida...

     

  • Vous n'avez rien à transmettre

    J'ai lu ça, sur le blog "Veilleurs de Blois". L'auteur peut se contacter à veilleurs.blois@orange.fr. FAITES PASSER;

    Il s’est produit, dans nos sociétés occidentales, un phénomène unique, une rupture inédite : une génération s’est refusée à transmettre à la suivante ce qu’elle avait à lui donner, l’ensemble du savoir, des repères, de l’expérience humaine immémoriale qui constituait son héritage. Il y a là une ligne de conduite délibérée, jusqu’à l’explicite : j’étais loin d’imaginer, en commençant à enseigner, l’impératif essentiel qui allait structurer ma formation de jeune professeur. « Vous n’avez rien à transmettre » : ces mots, prononcés à plusieurs reprises par un inspecteur général qui nous accueillait dans le métier le jour de notre première rentrée, avaient quelque chose de si étonnant, qu’ils ont marqué ma mémoire. (…)


    Nous voulons toujours éduquer mais nous ne voulons plus transmettre. La faillite de ce projet éclaire la crise contemporaine d’une lumière neuve : les enseignants ne sont pas subitement devenus médiocres, les parents n’ont pas massivement oublié leur responsabilité. On leur a simplement confié une mission impossible, impensable. La société leur a demandé d’éduquer mais en laissant l’enfant libre, vierge de toute trace d’autorité, délivré de tout le poids d’une culture antérieure à son individualité. Nous voulons absolument éduquer les jeunes, au respect, à la tolérance, à la citoyenneté… Mais cela ne suppose pas de transmettre, croit-on. Il suffit de créer, pour se rassurer, le cadre flottant d’un ensemble de valeurs qu’on répète consensuelles en espérant qu’elles le deviennent ; puis l’enfant devra se lancer tout seul à la recherche de son savoir, de ses décisions morales et de son destin. (…)

    La jeunesse est pauvre aujourd’hui de tout ce qu’on ne lui a pas transmis, de toute la richesse de cette culture que, pour une très large part, elle ne comprend plus. Désemparée, déséquilibrée, elle revient bien souvent au dernier mode d’expression qui reste toujours disponible  pour celui qui n’a plus de mots pour parler : la violence. Inarticulée, incompréhensible, dépourvue de sens, cette violence marque ceux qui n’ont pas la chance de fréquenter la culture par un autre moyen que par l’école. Dans les familles les plus fragiles, les quartiers les plus défavorisés, la violence devient un moyen d’expression, quand la langue est un lieu hostile. Voilà le résultat de notre propre projet. Nous voulions dénoncer les héritages ; nous avons fait des déshérités.

     

    Commentaires

    Magnifique. Je copie en vous mentionnant.

  • Grandeurs et avanies d'un professeur décadent

     

    Je me souviens aussi de cet ambassadeur tout frais nommé qui estimait tout à fait légitime, normal, que les parents voulussent contrôler l'enseignement assigné à leurs enfants...

     

    Laissez-les donc chez vous. Ensuite, faites donc jouer vos brillantes relations pour leur trouver un emploi... Que tout cela semble lointain, insignifiant ! M. Sansonnet de Beulac n'est pas intervenu contre moi : sa fille lui a dit « Ah non, écoute, pour une fois qu'il y a un prof qui nous fait marrer, tu vas lui foutre la paix ». Sa gueule ensuite quand il me revoit aux réunions du P.S.... D'autres viennent protester parce que j'ai dit queleur fils avait pissé sur la porte, à peine virés ; je dis à MmeNochame, principale : « Ecoutez, je n'ai pas vu sortir la pisse de... » - elle m'interrompt avec écœurement – mais, au moins, elle mecroit.

     

     

    Mme Gerond m'enjoint avec une profonde et sincère émotion de ne plus mettre en cause dans mes propos le corps des jeunes filles, je lui prendre la main pour calmer ses tremblements. Son mari reste assis à côté d'elle. Sa fille a fait le pari de ne plus se frotter - elle le confiait à l'oreille de ses camarades – pour redevenir une petite fée très pure, et me sauver ! ...de quoi ? A Lyon,la mère vient me regarder sous le nez, stupéfaite que nous puissions nous rencontrer en d'autres lieux qu'en ce collège... Mme Passouvant se plaint que je n'aime pas sa fille (évidemment : dans les devoirs elle parle comme sa grand-mère, des hommes dont il faut se méfier, et autres vérités stupides...) Elle n'a pas voulu rapporter les copies de sa petite-fille, parce que, devant elle, je les lui aurais violemment transformées...

     

    Mon leitmotiv : « Ça arrive, mais pas souvent ».

    Angle de la rue Leberthon.JPG

     

     

     

     

    X

     

     

     

    Une abrutie vient se plaindre parce que « selon [moi] » Demis Roussos a perdu six kilos, en se faisant circoncire... j'aurais dû dire : « détartrer »... Il y a vraiment des parents qui n'ont que ça à foutre. Mme Diablet, furieuse que je révèle à sa fille des choses «qui devancent son programme d'éducation sexuelle ». Silence pesant de ma part, voire féroce ; la mère finalement se fait les demandes et les réponses (je n'ai pas dit un mot !) et repart en furie contre sa fille « insolente » qui s'est fait engueuler à la maison ! ...je ne suis pas conscient de mes grimaces, c'est tout. Quant au cousin, il m'avait sorti « qu'est-ce que vous voulez que j'en aie à foutre de vos passés simples, moi tout ce que je demande c'est de conduire des camions. » - A quoi ça sert d'apprendre à lire, M'sieur, me sortait un autre, puisqu'il y a des bandes dessinées ? »....

     

     

    C'étaient nos dernières impressions sur les pauvres petits jeunes que les méchants profs empêchent de travailler.

     

    X

     

     

     

     

     

    Le père Colas me demande d'arrêter mon cinéma : lui aussi est dans l'enseignement. Mais je continue mes postures de cuistre... Quand c'est un autre enseignant qui consulte pour les difficultés de son enfant, qu'est-ce que je peux bien lui dire ?... “Comment puis-je améliorer l'orthographe de mon fils ? - Si vous n'y arrivez pas vous-même, cher confrère... » Ankara, encore : Buhar Beyqui se marre parce que je gueule contre son fils, excellent élève, pour l'avoir confondu avec Buhran, complètement farfelu, devenu par la suite militant gay paraît-il... Plus je gueule, plus le père se fend la gueule. L'avocat Müzisvenme convainc de ne pas faire redoubler sa fille malgré son 5 de moyenne, parce qu'elle est pourrie par sa mère, et que c'est lui à présent, Müzisven Efendi, qui aura la garde de sa fille...

     

    L'année suivante, elle passe à onze... Elle se fait baiser par un type qui la méprise : elle est « comme une planche » (kaleup ghibi...)

     

  • Quelques garçons, et deux filles

     

    PROFALAKON

     

    Garçons insolents têtes à claques

     

    Paillonneau, qui déclinait si crânement son identité, même devant le principal. Sité, admis à l'école d'ingénieurs automobile de Paris : “Regardez Monsieur, plus tard je gagnerai plus que vous. - J'espère bien mon ami, j'espère bien. En attendant dégage.

     

    Le port des médailles.JPG

    Garçons virils déconneurs décontractés à peu près sympa

     

    Les bruns :Vacci ; Claude, de son prénom évidemment François (mais je ne me souviens plus guère que des noms). J'avais un collègue qui s'appelait Claude, de Romorantin, avec un accent épouvantable, pris d'on ne sait où ; Il déclarait sans cesse en cours (de physique) : « On connstatte queue... » Comme il s'est dérobé souvent, crainte que je ne le retrouvasse en vacances, dans la même ville que mes parents ! Eïlath, retrouvé sous l'uniforme de facteur rue Judaïque, « Brassens», qui faisait la discipline à ma place quand il voulait bosser, ressemblant à Cremoux. Les blonds : Gutt et Yutt (terminales) (Yutt « mandé » au bureau, inscrit tel quel sur le « cahier de rapport). Le rouquin (taches de rousseur ) : Lethu amateur de Van Gogh (il l'appelle Vincent).

     

    Garçons timides conquis

     

    Beaufils, les yeux rouges, long nez, dissimulant pour mon Noël une bouteille de rouge derrière son dos, comme un assassin. Dellaripa, sournois, buté, bilieux, cheveux plaqués, futur bureaucrate, le rond de cuir déjà sur la gueule...

     

    Garçons blonds, intelligents, beaux gosses

     

    Tolstoïeff, jamais sincère, toujours fuyant et apeuré. A coup sûr tripoté par un proche. Se demandait sans cesse l'attitude qu'il fallait avoir. Particulièrement malsain. Chtoute et sa longue gabardine, aimé des filles ; Mourcontan, vingt ans plus tard, qui lui ressemblait. Surnommé “Mort Content » ou « Mentoncourt ».

     

    Garçons, bruns, beaux gosses

     

    Lapigne, qui me fout un doigt au cul au passage et que je baffe. “Vous aimez le poulet ? - Oh oui Monsieur !” Il sera Léÿnn dans Omma. Devenu homosexuel. Cela se voyait. Son père ne prenait jamais personne en stop ; surtout pas ceux qui marchaient à reculons : « Ah, il ira loin comme ça ! »

    Mœux ("Taisez-vous, Mœuœuœuœux...") (une qui « dit du mal par derrière »)

     

    Harmelle Delasne, qui joue aux échecs avec moi. Toujours soigneusement attifée, pomponnée.