25.09.2009
Beyrouth en guerre
Pas de sauveteur au voisinage de l'hôtel, une couche de gris, une couche de blanc, marbre et gravat « ...le cimetière musulman d'Abdesrafieh, dit un journal qu'un coup de vent me plaque sur le pied – constitue l'unique point de passage entre l'Est et l'Ouest- » - j'ai passé la nuit sur le sol, dans des chicanes de camions.
Tout change d'une nuit sur l'autre. Faut-il souhaiter – stratégiquement ? humainement ? - le rétablissement d'un front stable ? Je pousse le journal du pied – comment s'appelait cet homme abattu ? Avec un bandeau gris au front – revenir sur les lieux du crime - je peux cette fois, redressé, descendre la Rampe aux Boules. Je me suis avancé dans l'allée déserte - tous ont déguerpi (le passage est à qui le prend : le mort ou moi) - les yeux des fuyards sont proches, jamais ils n'ont vu un homme se courber, seules les femmes et les mouches prient sur les corps. L'arme dressée, ils m'observent en s'abritant, de biais – le cimetière s'étend sur ma droite, j'ai devant moi le ressaut de terrain où je m'étais planqué, je ne fouille pas de corps, je repars, serrant sur moi les pans de mon vêtement occidental, ressors par la porte d'Antalyah – des rues, des rues aux stores éternellement baissés, ruines, ruines, odeur de soufre ; je me souviens bien que Paziols, très loin en France, devait lui aussi tuer pour s'évader. Motché assiégée du dedans – que nul ne parle de folie ; on pouvait, on peu très bien refaire ces meurtres en plus simple.
En plus ordonné. Selon leur rite. Exemple : à l'école de Safrajieh, quarante enfants morts empilés méthodiquement, avant d'y mettre le feu - après cela nul ne tuait de trois jours – on vidait son chargeur sur les murs. Je ne parvenais pas pourtant à trouver Paziols si absurde, je le voyais (justement) comme une grande muraille sans fissure. Ici, quand le canon tonne du sud, les gens s'assemblent, stores fermés, sur le trottoir, discutent paisiblement, je me suis couché près des ruines, laissé aller, soucieux de préserver mon corps, qui battait battait follement contre le sol.
Je m'abandonne à contempler le sol, bras le long du corps, je deviens poussière, en vérité j'ai rampé dans la terre, imaginant des tirs rasants contre ma nuque, puis je dépouille un cadavre de son arme : il faut passer inaperçu. On trouve de tout. J'ai rejoint l'hôtel de Touled qui n'a plus qu'une chambre, j'ai faim, j'ai soif, et dans la cour le rebord de la vasque, brisé, s'est fiché à la verticale dans le sol. Un chien sort d'un trou de terre, fin visage de chien, comme un bijou, immensément choyé – tandis qu'un garçon, une pierre à la main crie sur la bête (l'accent de la Békaa) « Reviens ! Reviens ! » - puis s'adressant à moi : « Tu peux le promener Monsieur. » J'appelle le chien « Robott ». Je tâte dans ma poche : trois dirhams.
Ça fait trois merguez au kiosque pour le chien et moi. Une race précieuse, des oreilles en houpettes, les yeux dorés – mon arme et mon chien. Qui promène son chien dans Motché ?
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08.09.2009
Rêves
Une fois n'est pas coutume : quelques rêves...
22 03 2056 Cauchemar
Je suis dans un train avec Leterme et d'autres. Ils sont bourrés. Leterme s'est engueulé avec d'autres et se bat au couteau. Chacun essaye de se protéger avec des bouquins, des épaisseurs de journaux. Je viens le protéger. Or je me trouvais en slip, particulièrement vulnérable. Et celui que j'ai tenté de défendre est descendu de train sans plus se soucier de moi... Je m'endors, plein d'alcool moi aussi. Au réveil, je m'aperçois que le train est reparti dans l'autre sens. Je demande aux gens qui m'entourent, debout dans le train bondé, quelle ville on vient de quitter. Ils me répondent des mots que je ne comprends pas. J'explique que j'ai bu et que je suis sourd, et Polonais.
Je crois comprendre des phrases comme « Ta gueule » - et ce que je crois comprendre change à chaque fois. Ou : « Vous nous étamez ! » [sic]. Ils finissent par me l'écrire sur le dos de la main : PARIS. Nous sommes donc repartis vers l'est ! « Vers les rives de la Pologne ! » dit un mec hilare en se penchant vers moi. Au premier arrêt, je descends voir le conducteur : «Vous n'avez pas trouvé une valise ? - Si, mais nous l'avons déposée à la première consigne ! - Mais je la vois, là ! » Les employés me disent que non. La première consigne est Buzancy (Ardennes). J'ai engueulé ceux qui restaient dans le wagon, toujours ivres, leur reprochant, en hurlant, d'avoir bu.
Ils sont encore à se taper sur les épaules en braillant à propos de la présentatrice du Jeu des mille euros qui leur offrirait « la bière » - Mais qu'est-ce qui vous prend de boire, bordel ! » J'ai envie de gueuler « Enculez-vous mais arrêtez de boire ! » Je rentre chez moi. Une voix off dit que les X... n'ont jamais été récupérer la valise, comble. Je déplie une carte de France, la voix off tirée d'un de mes romans précise que le couple s'est attardé sur les comptes rendus des séances « psy » de la femme au lieu de récupérer la valise. On faisait des gorges chaudes de ces « séances »... Cependant, tous les villages habités jadis par mon père étaient touchés de catastrophes anéantissantes (Ardennes, Aisne). Il ne fallait pas s'y trouver, ces catastrophes étant subites et aléatoires.
23 03 2056
(…) Je m'arrête enfin près des fondations, à ras du sol, d'une fortification médiévale, réaménagée par Maginot. Deux couloirs, l'un vers le haut, l'autre vers le bas. Je descends, me trouve dans un emplacement double pour voir l'ennemi, par un trou si étroit, ébloui de lumière, que l'on ne peut rien voir. Et je me retrouve coincé par la séparation en pierre des deux emplacements...
25 03 2056
Une classe chuchote sous les hauts lambris. On vient enlever des tentures alors que les élèves ont eu tant de mal à consentir à composer, enfin, sur « le masque et la sincérité ». Je gueule contre les ouvriers, contre l'administration. Je sors dans le couloir pour trouver la proviseure, j'entends sa voix aiguë en conférence, alors je rejoins mes agités.
26 03 2056
Nous avons loué, Annie et moi, une cabane campagnarde sans confort et délabrée. La veille de notre départ, fête au village (pour Noël). Nous nous sommes trompés de chemin, nous affalant de fatigue l'un sur l'autre en pleine route. Puis nous avons rebroussé chemin, retrouvant l'église et la salle des fêtes. Dans un bistrot, beaucoup de jeunes en hippies 70. Je dis du mal d'un groupe musical, manque de pot, c'est eux qui jouent, je ne les ai même pas reconnus. Mais ils jouent sur une forte partie d'orgue enregistré. Tout le monde se vautre autour d'une table en bois où l'on sert du cidre très fort, il y a même un canapé-lit. Nous devons rentrer tôt car nous partons le lendemain. Nous empruntons du savon à la proprio, mais Annie n'a pas osé dire que nous partions.
Dans notre cahute, nous nous papouillons dans la Deux chevaux garée à l'intérieur. Nous libérons une espèce de salamandre vivante mais en plastique : elle sera plus heureuse ici. Les cloches jouent O stille Nacht.
27 03 56
En Espagne, avec M. Nogaret, nous visitons en groupe une enfilade de pièces à l'étage, richement meublées. En attendant le guide, chacun parcourt tout : abondance de meubles magnifiques et d'instruments de musique. Je tente de jouer d'une espèce de pianoforte, mais il y a sous le couvercle des papiers raidis et entoilés, montrant que l'on n'a pas tellement envie que d'autres se mettent à jouer. Des courtepointes matelassées sont négligemment retroussées sur les dessus de lit. Je dis à M. Nogaret que l'appartement rue David-Johnston pourrait bien lui aussi se transformer en lieu de visite. Il en est tout à fait d'accord. Je découvre en revenant sur mes pas qu'une grande glace murale reflète celui qui s'y regarde sous forme d'un riche personnage en toque, avec collier de barbe, qui reproduit tout vos mouvements.
D'autres s'y mirent, à mon invitation. Pour les femmes, la barbe du reflet disparaît. Le guide en retard arrive en courant, avec un autre groupe, flanque son coude dans l'œil d'une touriste, qui se met, par consolation, à rouler une pelle à sa voisine. Je pense plaisamment qu'avec le coude dans l'œil, elle ne verrait que la moitié des choses et ne devrait payer que demi-tarif. Enfin la visite va commencer.
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05.07.2009
Ricains coquins
ECRIT EN 2005 JE PERSISTE ET JE SIGNE
J'ai failli me fâcher à table chez Machin. C'était à propos de l'Irak. “Ouais, qu'y disait, les Ricains ils avaient qu'à pas y aller. - Ouais, mais maintenant qu'ils y sont, qu'est-ce qu'on fait. - Ouais, mais fallait pas qu'y-z-y-aillent. - Ouais, mais maintenant qu' y-z-y sont, qu'est-ce qu'on fait.”
Ben rien. Surtout pas des élections. Oh, les braves résistants qui tirent sur les bureaux de vote et qui tuent les Irakiens ! Oh les vaillants combattants, courageux, démocrates et tout ! “Quatre-vingt-quinze pour cent des Irakiens sont opposés à ce vote !” - OK camarade, mais avec 60 % de votants, ça fait désordre dans tes maths.
Ça ne collait pas du tout, ces résultats. Incorrects. Très incorrects. Des faits, quoi. C'est têtu, les faits. C'est bien emmerdant. Alors du coup, le lundi, chez le pote, on a éteint la radio, comme ça on a parlé d'autre chose pendant le repas. “Les élections, ça ne résout rien” - oh, eh, ça a résolu quoi, les élections, cheux nous en Franfrance ? ...que dalle ça a résolu mon con, que dalle... On a voté en Palestine : il ne fallait donc pas voter en Irak ? Les Israéliens sont bien mieux sans Etat, ils expriment bien mieux l'esprit d'Israël : alors pourquoi les Palestiniens auraient-ils droit à un Etat ?
Persécutés, chassés, ils en avaient pourtant de la chance, d'être jetés sur les routes comme autrefois les Juifs ! Y avait qu'à pas les faire voter, et les envoyer à Madagascar ! J'en ai marre des raisonnements à la con, j'en ai marre de l'antiaméricanisme et de l'anti-israélisme primaires, j'en ai plein le cul à m'en coller des hémorroïdes. Les Ricains, ces connards, on foutu en l'air les batteries serbes autour de Sarajevo, en trois jours de raid, alors que les braves Européens n'avaient pas eu la moindre parcelle de couille pour délivrer les prisonniers des camps de concentration d'Omarska et autres.
Les salauds de Ricain ont libéré Kaboul, d'accord, c'est peu de chose, mais là-bas, sur 100 km², les femmes peuvent sortir de chez elles et, horreur ! faire des études. Les enfoirés de Ricains ont permis les élections irakiennes, qui ne résoudront rien, mais c'est un début. “On n'importe pas la démocratie à coups de bombes ! Le démocratie est un processus ! - Moi l'nœud. En Allemagne nazie, on n'y est pas allé avec le dos de la cuillère : on a rasé Dresde, Dantzig, Hambourg et j'en passe, puis on a dénazifié. Et vogue la démocratie, cahin-caha, mais c'est toujours mieux que Hitler, dédolé, ou que les braves résistants qui n'ont à proposer que la kalachnikov dans la gueule et la charia.
Et en Israël, désolé encore, mais depuis la construction du mur, il n'y a presque plus d'attentats. - On les cache ! - On nous cache aussi que Jésus-Christ est l'ancêtre de Clovis, que les Juifs ont ouvert trois camps d'extermination d'Arabes, et qu'il y a des cavaliers du Moyen Age à l'intérieur de la lune, donc, c'est qu'on a intérêt à le cacher, donc, il y a complot, et ça doit être vrai. J'en ai marre des raisonnements à la con. Israël a gagné la guerre contre l'abjection. Quand les instites palestiniens décrocheront les photos des martyrs assassins de leurs salles de classe, avec incitation au suicide des enfants, on aura tout à fait gagné. J'en ai marre de la pensée toute faite, de la haine systématique contre les Israéliens et les Ricains. Même quand ils ont secouru les victimes du tsunami : c'étaient encore des salauds. D'ailleurs, le tsunami, c'est eux. J'en ai marre. Je ne dis pas qu'ils ont toujours raison. Mais vive les Etats-Unis, vive Israël, à bas les bombes dans la gueule. Et si c'est ça être facho, eh bien je suis facho.
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Ricains coquins
TEXTE DATANT DE 2005 - JE PERSISTE ET JE SIGNE
J'ai failli me fâcher à table chez Machin. C'était à propos de l'Irak. “Ouais, qu'y disait, les Ricains ils avaient qu'à pas y aller. - Ouais, mais maintenant qu'ils y sont, qu'est-ce qu'on fait. - Ouais, mais fallait pas qu'y-z-y-aillent. - Ouais, mais maintenant qu' y-z-y sont, qu'est-ce qu'on fait.”
Ben rien. Surtout pas des élections. Oh, les braves résistants qui tirent sur les bureaux de vote et qui tuent les Irakiens ! Oh les vaillants combattants, courageux, démocrates et tout ! “Quatre-vingt-quinze pour cent des Irakiens sont opposés à ce vote !” - OK camarade, mais avec 60 % de votants, ça fait désordre dans tes maths.
Ça ne collait pas du tout, ces résultats. Incorrects. Très incorrects. Des faits, quoi. C'est têtu, les faits. C'est bien emmerdant. Alors du coup, le lundi, chez le pote, on a éteint la radio, comme ça on a parlé d'autre chose pendant le repas. “Les élections, ça ne résout rien” - oh, eh, ça a résolu quoi, les élections, cheux nous en Franfrance ? ...que dalle ça a résolu mon con, que dalle... On a voté en Palestine : il ne fallait donc pas voter en Irak ? Les Israéliens sont bien mieux sans Etat, ils expriment bien mieux l'esprit d'Israël : alors pourquoi les Palestiniens auraient-ils droit à un Etat ?
Persécutés, chassés, ils en avaient pourtant de la chance, d'être jetés sur les routes comme autrefois les Juifs ! Y avait qu'à pas les faire voter, et les envoyer à Madagascar ! J'en ai marre des raisonnements à la con, j'en ai marre de l'antiaméricanisme et de l'anti-israélisme primaires, j'en ai plein le cul à m'en coller des hémorroïdes. Les Ricains, ces connards, on foutu en l'air les batteries serbes autour de Sarajevo, en trois jours de raid, alors que les braves Européens n'avaient pas eu la moindre parcelle de couille pour délivrer les prisonniers des camps de concentration d'Omarska et autres.
Les salauds de Ricain ont libéré Kaboul, d'accord, c'est peu de chose, mais là-bas, sur 100 km², les femmes peuvent sortir de chez elles et, horreur ! faire des études. Les enfoirés de Ricains ont permis les élections irakiennes, qui ne résoudront rien, mais c'est un début. “On n'importe pas la démocratie à coups de bombes ! Le démocratie est un processus ! - Moi l'nœud. En Allemagne nazie, on n'y est pas allé avec le dos de la cuillère : on a rasé Dresde, Dantzig, Hambourg et j'en passe, puis on a dénazifié. Et vogue la démocratie, cahin-caha, mais c'est toujours mieux que Hitler, dédolé, ou que les braves résistants qui n'ont à proposer que la kalachnikov dans la gueule et la charia.
Et en Israël, désolé encore, mais depuis la construction du mur, il n'y a presque plus d'attentats. - On les cache ! - On nous cache aussi que Jésus-Christ est l'ancêtre de Clovis, que les Juifs ont ouvert trois camps d'extermination d'Arabes, et qu'il y a des cavaliers du Moyen Age à l'intérieur de la lune, donc, c'est qu'on a intérêt à le cacher, donc, il y a complot, et ça doit être vrai. J'en ai marre des raisonnements à la con. Israël a gagné la guerre contre l'abjection. Quand les instites palestiniens décrocheront les photos des martyrs assassins de leurs salles de classe, avec incitation au suicide des enfants, on aura tout à fait gagné. J'en ai marre de la pensée toute faite, de la haine systématique contre les Israéliens et les Ricains. Même quand ils ont secouru les victimes du tsunami : c'étaient encore des salauds. D'ailleurs, le tsunami, c'est eux. J'en ai marre. Je ne dis pas qu'ils ont toujours raison. Mais vive les Etats-Unis, vive Israël, à bas les bombes dans la gueule. Et si c'est ça être facho, eh bien je suis facho.
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Ricains coquins
TEXTE ECRIT EN 2005 - JE PERSISTE ET JE SIGNE
J'ai failli me fâcher à table chez Machin. C'était à propos de l'Irak. “Ouais, qu'y disait, les Ricains ils avaient qu'à pas y aller. - Ouais, mais maintenant qu'ils y sont, qu'est-ce qu'on fait. - Ouais, mais fallait pas qu'y-z-y-aillent. - Ouais, mais maintenant qu' y-z-y sont, qu'est-ce qu'on fait.”
Ben rien. Surtout pas des élections. Oh, les braves résistants qui tirent sur les bureaux de vote et qui tuent les Irakiens ! Oh les vaillants combattants, courageux, démocrates et tout ! “Quatre-vingt-quinze pour cent des Irakiens sont opposés à ce vote !” - OK camarade, mais avec 60 % de votants, ça fait désordre.
Ça ne collait pas du tout, ces résultats. Incorrects. Très incorrects. Des faits, quoi. C'est têtu, les faits. C'est bien emmerdant. Alors du coup, le lundi, chez le pote, on a éteint la radio, comme ça on a parlé d'autre chose pendant le repas. “Les élections, ça ne résout rien” - oh, eh, ça a résolu quoi, les élections, cheux nous en Franfrance ? ...que dalle ça a résolu mon con, que dalle... On a voté en Palestine : il ne fallait donc pas voter en Irak ? Les Israéliens sont bien mieux sans Etat, ils expriment bien mieux l'esprit d'Israël : alors pourquoi les Palestiniens auraient-ils droit à un Etat ?
Persécutés, chassés, ils en avaient pourtant de la chance, d'être jetés sur les routes comme autrefois les Juifs ! Y avait qu'à pas les faire voter, et les envoyer à Madagascar ! (eh, oh, ça c'est de l'humour...) J'en ai marre des raisonnements à la con, j'en ai marre de l'antiaméricanisme et de l'anti-israélisme primaires, j'en ai plein le cul à m'en coller des hémorroïdes. Les Ricains, ces connards, on foutu en l'air les batteries serbes autour de Sarajevo, en trois jours de raid, alors que les braves Européens n'avaient pas eu la moindre parcelle de couille pour délivrer les prisonniers des camps de concentration d'Omarska et autres.
Les salauds de Ricain ont libéré Kaboul, d'accord, c'est peu de chose, mais là-bas, sur 100 km², les femmes peuvent sortir de chez elles et, horreur ! faire des études. Les enfoirés de Ricains ont permis les élections irakiennes, qui ne résoudront rien, mais c'est un début. “On n'importe pas la démocratie à coups de bombes ! Le démocratie est un processus ! - Moi l'nœud. En Allemagne nazie, on n'y est pas allé avec le dos de la cuillère : on a rasé Dresde, Dantzig, Hambourg et j'en passe, puis on a dénazifié. Et vogue la démocratie, cahin-caha, mais c'est toujours mieux que Hitler, dédolé, ou que les braves résistants qui n'ont à proposer que la kalachnikov dans la gueule et la charia.
Et en Israël, désolé encore, mais depuis la construction du mur, il n'y a presque plus d'attentats. - On les cache ! - On nous cache aussi que Jésus-Christ est l'ancêtre de Clovis, que les Juifs ont ouvert trois camps d'extermination d'Arabes, et qu'il y a des cavaliers du Moyen Age à l'intérieur de la lune, donc, c'est qu'on a intérêt à le cacher, donc, il y a complot, et ça doit être vrai. J'en ai marre des raisonnements à la con. Israël a gagné la guerre contre l'abjection. Quand les instites palestiniens décrocheront les photos des martyrs assassins de leurs salles de classe, avec incitation au suicide des enfants, on aura tout à fait gagné. J'en ai marre de la pensée toute faite, de la haine systématique contre les Israéliens et les Ricains.
Même quand ils ont secouru les victimes du tsunami : c'étaient encore des salauds. D'ailleurs, le tsunami, c'est eux. (J'en ai même trouvé un sur son blog comme sur une cuvette à chiottes - qui disait : "C'est les francs-maçons" - on n'arrête pas le progrès, SURTOUT CELUI DE LA CONNERIE). 'en ai marre. Je ne dis pas qu'ils ont toujours raison. Mais vive les Etats-Unis, vive Israël, à bas les bombes dans la gueule. Et si c'est ça être facho, eh bien je suis facho.
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03.07.2009
Les mignonnes petites bébêêêêtes...
Assurément on les oublie, nos compagnons. Passant dans un petit cimetière d'animaux de station balnéaire, je fus saisi à la gorge par le spectacle d'un poignant abandon : herbes, tumulus indécelables, plaques de travers à demi-effondrées, dates si tragiquement rapprochées entre la naissance et la mort, jamais plus de dix-neuf ans. J'en fis la remarque publiquement. Quelques mois plus tard, le petit cimetière avait retrouvé toute la fraîcheur d'un lieu bien entretenu. Je fus satisfait, modestement, de mon petit succès. La mort des animaux me concerne plus encore que celle des humains ; nous en effet, de toutes façons, avons mérité de mourir.
Mais les animaux, eux, ils n’ont rien fait. L'enfant lui-même peut être considéré comme portant encore malgré lui, d'une certaine manière, les signes d'une déchéance à venir. Plus signifiante encore cependant la tombe de l'animal, car si nous ne savons que trop de quelles inéluctables désillusions, déchirements et trahisons la destinée du petit d'homme sera tissée, nous ignorons ce qu'a été, en soi, la vie de l'animal, sinon le signe indéchiffrable d'on ne sait quoi ou qui, souvent divinisé sous ces traits même, ou du rien, du Grand Inutile , du Grand Gaspillage de l'Energie du Monde avec des capitales partout. L'inutilité ici renvoie à notre inutilité, celle de l'animal plus profonde encore, étant là, parce qu'étant là.
Ces yeux mêmes où nous pensons lire tant d'échos, tant d'affection immérités, tant d'amour gratuit, un jour s'éteignent, se fixent, se vitrifient, sans que nous puissions rien appréhender, tout proche cependant, quelque chose qui nous menace sourdement, nous reflète, nous ignore
Cependant croyez bien ces douze ou quinze années d'existence, si nous n'avons pas maltraité notre double d'exigences absurdes – je pense à ce sloughi de chasse, sauvagement attaché à longueurs de journées au bout d'une laisse qui lui laissait juste la liberté de se lever ou de s'assoir sur place, condamné par une cruauté véritablement imbécile à voir s'avancer vers lui à le toucher mais sans jamais l'atteindre - puis décroître sur le parquet un triangle de soleil – et pour celui-là qui fut finalement libéré pour courir enfin dans une prairie avec des enfants, combien d'autres restent enfermés dans des puits sans lumière, et remuant la queue dans son infinie gratitude lorsqu'on leur apporte, deux fois trente secondes par jour, leur infecte pâtée – pour peu que vous l'ayez donc aimé, les quinze ou vingt années de son existence ressoudent très exactement, dans la plénitude animale, les misérables instants volés de vos bonheurs humains.
Voilà pourquoi le Singe Vert voulait avant les vacances, où des milliers se préparent à abandonner lâchement leur compagnon, dont ce chien retrouvé un jour attaché court à un arbre le museau étroitement scotché tout autour pour qu'on ne l'entende pas crier, pour ne rien dire des saligauds qui ont un jour laissé leur vieux sans papier (d'identité...) dans les chiottes d'autoroute pour qu'on le fourre dans un asile - hélas on a les a retrouvés puis solidement condamnés à fond les gamelles – voulait pousser sa gueulante...
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27.06.2009
Attente pénombreuse
Composition particulière, debout sous l'éclairage parcimonieux d'une cage d'escalier, en l'école V. qui coûte la peau des fesses. Je commente un article sur les évêques américains couvreurs de pédophiles, dont certains abrutis condamnent moins les hétéros que les homos, avec l'argument qu'une femme détestant les hommes s'adaptera, tandis qu'un pédé souffrirait toute sa vie. Ça c'est du raisonnement. Le monde me semble à présent plus lointain, plus brumeux, atteint de sexagénarisme à son tour. Je fus fort gêné lorsqu'à C. l'abbé B. poursuivit la conversation à travers la cloison de chiottes. Dieu merci ce fut bref, et j'avalai stoïquement les endives cuites préparées par Dieu sait quelle vieille fille ; après tout, le sexe n'occupe qu'un faible volume, et comme il est facile hélas de s'en (de le ?) détacher.
Sur ce palier d'école c'est tout un autre monde, très laid, poétique, hors du temps depuis 55. Je n'entends pas le violon de ma fille, juste deux pianos et une guitare, qui se recouvrent. A cette heure-ci habituellement j'écoute les infos. Des ombres passent dans l'ombre, trop d'ombres en vérité dans le bus, les magasins, les rues... Ma lecture énumère et dénonce les abus catholiques. Pourquoi ne dénoncent-elle pas les châtiments inhumains des écoles coraniques ? il règne dans ces colonnes une atmosphère de règlements de comptes anti-sacristie assez déplaisante, un ton ricano-persifleur d'yeux en coin, de sourires entendus... Voici des enfants sortant de leurs salles, nous sommes le mercredi soir, tout sent la sincérité sous-payée... si je pouvais trouver pour lire une salle vide, éclairée !
Un an après le début de cette expérience, [les] résultats scolaires (de cette école religieuse incompétente) sont navrants. Ainsi, c'est en raison des mauvais résultats qu'ils se sont fait virer, et non pour leur appartenance à la race punitive des corbeaux. Et que veut dire école à la maison ? En restant chez eux, ou suivant ce que l'on appelait « répétitions » ? Devant moi c'est un va-et-vient lâche et perpétuel ; impossible de bouger, de chercher une salle. Aucune sympathie pour moi ce soir ne se dégage de tous ces gens puant la modestie, l'insignifiance, la vie sans perspective et le, pour finir, cercueil... Aujourd'hui, beaucoup se demandent si on a agit [sic, faute et hiatus compris] dans le meilleur intérêt des enfants. ...Le niveau de ces braves religieux serait-il donc insuffisant ?
Une torpeur me prend. Parfois un train passe de l'autre côté. Depuis vingt ans j'entends parler de ces enfants qu'on embrigade. Ici des filles et des garçons s'emmerdent jusqu'à plus de 20h pour développer leurs sensibilités musicale et gymnique. Il paraît que c'est pour leur bien. Dès demain il leur faudra rentasser dans leurs têtes ce long apprentissage indispensable. Ne cesseront-ils donc jamais de défiler devant moi, en compagnie de papa-maman ? et je ne suis qu'un père parmi eux... Le directeur s'en va, ferme son bureau à clef, j'entends partout jouer, sauter, du piano, des recommandations, peut-être ma fille dans le lointain. Mes notes serviront-elles à mes survivants ?
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04.06.2009
Villa Mon Rêve
Voici des rêves que j'ai faits. Ca vous apprendra.
23 mars
Je suis avec Domi dans un appartement vétuste, encombré d’une foule d’hommes et de femmes bien plus jeunes que nous, qui apparemment s’installent pour fonder une « communauté » dans l’esprit des années 70 : matelas, duvets, livres épars et joyeux foutoir. Je parle avec l’un d’eux qui me révèle des confidences de Domi, me considérant comme un « faux ami ». Domi semble vouloir s’installer là avec les autres, et partager, avec retard, leur mode de vie et leur idéologie. On entre et on sort de là-dedans comme dans un moulin. Or, j’avais promis de rentrer à telle heure au domicile conjugal, où m’attendent ma femme, ma fille (plus jeune) et ma belle-mère. Je pars à l’aventure, Bordeaux est immense, plutôt comme Barcelone, et tout en travaux. Les panneaux d’arrêts des bus sont pratiquement inexistants, je descends à pied par une route défoncée aboutissant à un immense terrain vague constitué de chaux.
Je m’allonge au sol pour faire le clochard, des passants me jettent sans s’arrêter de vieux journaux et des prospectus pour que j’aie au moins de quoi lire…
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29.01.2009
Aux clowns
LE NUMERO DE CLOWN
Etre clown n'est pas ce qu'on croit. C'est un métier. Cela s'apprend. Sur le tas, mais à l'école aussi. Il y a des écoles de clown. Si tu es doué, tu auras besoin de l'école ; si tu ne l'es pas, dix ans de piste n'y feront rien. Si tu parviens un jour à te faire accepter dans la lignée des paillasses, tu pourras bien éblouir le public, épater le profane, mais jamais un seul de tous ceux qui t'auront adopté, de ceux qui désormais constituent ta famille, ne manifestera la moindre admiration, le moindre étonnement ; étonne-toi au plus d'avoir inspiré quelquefois de l'estime. Souvent tu seras clown de naissance, car c'est bien le diable qu'un clown immédiatement doué ne soit issu d'une dynastie, école ou non ; et c'est cela que tu as oublié, Tcherkossian, ou que tu n'as jamais voulu savoir : la Dynastie.
Tu as pensé qu'il suffirait d'un exotisme, d'un nom en « -ssian », pour incarner le Chout, le Bouffon, Petrouchka – or le clown vois-tu n'es pas l'artiste de la bande, celui-qui-fait-rire, tandis que d'autres trimeraient à ras de crottin en dessellant les bêtes ou en domptant les tigres – mais c'est lui, le clown, qui peine dans le crottin, douche l'éléphant, monte les gradins, à la courbature de son dos. S'il dit tout haut ce que les autres ne disent pas, il fait tout ce que font les autres. Il conduit aussi les camions, nourrit les fauves à bout de crochet, et c'est lui qui détournera le public, par son jeu, par sa contorsion, de la trapéziste qui a raté le filet.
Musicien, tu joueras Schubert sur une corde à travers un gant de boxe, du saxo la tête sous l'eau ; et tu recevras les claques avec grandeur. Zavatta dit : Si je reçois un coup de pied au cul et que tout les enfants s'esclaffent, je suis le plus heureux des hommes ; sinon, je ne suis plus qu'un pauvre type, qui vient de recevoir un coup de pied au cul. Voilà pourquoi le clown est le plus humble, le plus orgueilleux, le plus vulnérable – l'homme sur qui tout le monde compte, celui qui dit présent partout où d'autres pourraient défaillir, et bien qu'ils ne défaillent jamais, précisément parce qu'ils n'ont jamais défailli, pour se faire à jamais justifier d'être le verbe, l'esprit, le numéro - le clou parfois que tous attendent, celui pour qui parfois l'on vient avec toute sa famille, celui en faveur duquel on pardonne tout le reste si le reste est raté ; en vérité, un cirque avec un mauvais clown est un cirque mort, un cirque, à la lettre, qui n'existe pas.
Nous pourrions tout autant il est vrai célébrer le dompteur, triomphe immémorial de l'homme sur la brute, ou l'éphémère trapéziste, ou les antipodistes hissés l'un sur l'autre en des échafaudages qui défient les lois de la résistance cardiaque ; mais la vanité, ou je ne sais quelle conviction, m'incite à voir dans le clown la quintessence de tout ce que l'homme, homo faber, homo clownensis, est capable d'offrir à l'homme en sa plus sacrée, en sa plus impérissable représentation.
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16.09.2008
Décadences, et rattrapages...
...Voici trois points de ressemblance : LA DELIQUESCENCE. Tout se liquéfie. Au sens où toutes les sanies du corps se déversent vers l'extérieur, où le cadavre fuit dans son cercueil, souillant les pieds des porteurs. Déliquescence : n'y avait-il pas des chrétiens virils ? Immense foi, immense hypocrisie, multiplication des sectes et prédicateurs ? Comment étaient-ils sots, dans ces ténèbres vacillantes du Ve siècle ? comme nos écolos ? Y avait-il de la violence ? pas autant tout de même qu'aux VIe et VIIe ? Les citoyens d'Empire adoraient les braves barbares purs, comme une grande partie de nous se met à bader devant ces braves intégristes, ou ces braves crève-la-faim qui s'entassent jusqu'à nos côtes, sur des rafiots souvent mortels : nous n'avions pas cela au Ve siècle, juste d'autres fuyards, passant le Danube gelé sur leurs chariots, les Huns au cul... Ulcérés de tant de rejet, de tant de "manque de considération" comme disent les petits cons de banlieue, de tant de racisme et de rejet, les Ostrogoths se révoltèrent et prirent les armes : où sont les armes des mourants sur nos côtes ? Leurs attentats ? Au Ve siècle, là où se trouvaient les pauvres, là naissaient les guerres.
C'étaient les mêmes. Et aux deux époques, les ravages du tiers mondisme, l'amour immodéré des Barbares, le refus de la défense et du militarisme qui firent la grandeur de Rome et des Etats-Unis... L'intellectualisme et le démocratisme, sottement mis de conserve, dont la funeste conséquence est qu'on ne peut plus désormais émettre quelque opinion que ce soit sans aussitôt récolter sa diamétrale contradition. Le drame de notre époque, c'est que la sottise s'est mise à penser dit Cocteau. Noter aussi cette forme de sensibilité maladive, qui fait que la moindre chose se voit, par désœuvrement, commentée, glosée, détournée, à l'infini. Je ne pense pas pouvoir ajouter quelque chose à cela.
Le triomphe du relativisme ( manque de foi en Rome) et du sophisme qui démontre aveuglément que tout va bien. Une culture à bout de souffle, ressassant ses mêmes thèmes avec exténuation. Mais toutes les époques sont des époques d'ignorance. Capitulation suicidaire devant l'assaut des Barbares - comment puis-je malgré tout prophétiser ?
PLAN
I.L'Empire romain, en parallèle avec l'époque contemporaine : lyrique, cf Duby "Le Temps des cathédrales). Tant d'autres se sont déjà exprimés là-dessus. Je ne saurais qu'articuler du déjà-dit, du prêt-à-penser. Toute synthèse m'est impossible. Seuls les détails m'émouvraient. Ça finirait par être un recueil de poèmes. Plan par parties et sous-parties. Voici la contradiction : l'inculture des politiques face à l'histoire. Leur incapacité à remonter au-delà de 1900. ¨Pour les plus doués, jusqu'à la Révolution. L'Empire Romain ? ...Connais pas.
L'Empire s'étend du Cap Nord à Gibraltar.
II.La famille de Sidoine (et ses illusions de noblesse) (ton : sarcastique). Modèle des familles : Héliogabale et les trois Julia. Poids circonstanciel et narratif de plus en plus malaisé à traîner...
III.Premiers succès féminins de notre auteur, conquête de Papianilla (ton : flaubertien)
IV.Avitus empereur sur proposition d'un roi barbare, ton : historique.
V.Le Panégyrique ; ne pas mélanger les deux.
VI.La Chute, voir Anglade : ne pas mélanger la chute des trois empereurs.
VII.La retraite (pastiche de Virgile, revu et corrigé par Roland Barthes)
VIII.Majorien, re-panégyrique
IX. ANTHEMIUS; ou du moins se le figure. car le neveu du roi l'y a poussé
X.Chute et reconversion à l'Eglise, ton de tragédie gréco-romaine !
XI.Résistance et prison. Ton indigné. Citer les vers gravés au fond de la coupe de la reine, épouse d'Euric.
XII.Reforme toute une civilisation grâce aux cours par correspondance (ton émouvant)
XIII.Sa mort sur les remparts, cf. Vintila Horia. La même que celle d'Augustin à Hippône.
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