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Textes publiés - Page 4

  • Ivresse et transmission

    BELA CHANTEUSE IVRE

    Il la mène à la baguette. La rabroue, la gourmande : "Ne vois-tu pas que tu déranges?" Nous étions lui et moi en plein échange, Jean-Benoît en interprète, moi en auditeur, sur mon petit fauteuil d'osier plastique véritable. Que de fois j'aurai somnolé sur ce siège. La couperose d'Isabelle, dans un relent de vin rouge. Piaf, La vie en rose et autres brames infects de récitals pour vieux. Jean-Benoît m'interrompt : "Cohnliliom, ne marche pas sur mes brisées". Mais quel plaisir peut-on avoir avec les femmes ? Trouver le trou, puis les laisser s'agiter sur vous, sans rien comprendre de ce qui les passionne. Qu'il est confortable mon Dieu de compter les poutres au plafond.

    Jamais je ne l'ai vue ivre. Mais c'est un besoin que j'ai. Elle tituberait, sa voix s'éraillerait. Jean-Benoît boirait à son tour, ce qui est hautement inconcevable. Il en mourrait, ou repartirait à Chaource. J'aurais parlé d'haleines fleuries, de titubations et de canards sauvages. Elle aurait la voix de Néron, grave et tremblotante. Il n'y a pas de sexe ici, juste des arrondis de chair sans bosses ni fissures. Il ne me tarde pas de la revoir. « Peut-on vivre sans sexe ? » demandait Jean-Benoît. Une femme répondait peut-être, et leurs deux fumées de Benson s'enroulaient dans l'espace. « Ce mercredi, je reçois Belinda. - Je préfère alors vous laisser travailler. » Délicate requête accordée pianissimo.

     

    Mon chien Pataud.JPGINTERPRETATIONS D'AUTRUI

    Remarquables. Interminables dégoulinades et débagoulades, clausules fades et pétrifiées, abus jadis de la pédale effaçant les imprécisions par brouillages d'harmoniques. Abus du rubato, masquant mal des hésitations bien réelles. Prestidigitateurs et voleurs à la tire sentent leurs doigts peu à peu grossir et perdre de leur infaillibilité. Comment se fait-il que tant de pianistes s'affinent avec l'âge et se renforcent, au point de ne plus savoir s'arrêter ? Jean-Benoît recommence autant de fois que nécessaire sitôt qu'il estime s'être fourvoyé. Voire du début, sans rien omettre. Depuis que nous nous connaissons, il ne le fait plus. Et qu'y a-t-il de plus noble, de plus pressant que de transmettre la totalité de sa vie ?

  • Arcachon et Basse Bavière

    « Allô ? Fat Kader ben Zaf ? Tout baigne à La Teste ? » C'est le mot de passe. Kader, entre deux liqueurs, fait fête à l'autre bout du fil à son ami Duguay, collègue en manipulation  : oui, Mademoiselle Bost, ex-boulangère bien connue , mord à l'hameçon, pose de plus en plus à l'artiste, et même, commence à sourire. Des stratégies s'établissent pour lui faire vendre ses œuvres, grâce à des acolytes, qui trouvent toujours moyen de le refiler moyennant quelque bénéfice dans le médiocre marché de l'art. Quant au Père Duguay, du haut de sa Margeride, que peut-il révéler ? Comment persuader à une strip-teaseuse professionnelle de venir s'enterrer en hauteur à Châteauneuf-en-Beauves, prise de la ville par Robert de Montebrond (1370) ? Une musicienne morbide, à la rigueur, eût succombé à la Danse Macabre, à 110km par la route (Grandrieux-Brioude) – bref, les subalternes prennent le pouvoir.

    X

     

    La moto verte.JPG

    Annemarie Mertzmüller, maîtresse du chaussurier, comme nombre de grandes mystiques, éprouve souvent le besoin de pénitence. Les intervalles entre ses tournées, soumises aux aléas d'improbables imprésarios, elle les dépense en retraites ; les unes, conjugales, destinées à François dit Frank Nau, permettant à ce dernier d'oublier son fétichisme du soulier. A moins que par fantaisie le commerçant préfère la levrette en porte-jarretelles, ce qu'elle trouve dégradant, sans compter les marques sur les cuisses – so gemein ! soupire-t-elle,«  si vulgaire » ! Mertzmüller jouit peu. Les autres retraites, Mertzmüller les doit à ses bronches, pour les soustraire aux inhalations de cigares passifs, sous les voûtes des cabarets. « Nous irons » dit Frank « à Châteauneuf-en-Beauves, ou bien La Chaise-Dieu si tu y tiens ». Va pour Châteauneuf. Duguay se rengorge, abreuve la maîtresse de son maître de discours casuistiques, invoque la fine fleur des jésuites du XVIIIe siècle, les Révérends Habert et Valla. Pensée rococo dit-il. Annemarie lui prête une oreille distraite. Le don tout visuel de son corps dévoilé aux Messieurs (et dames) d'un certain âge lui semble toujours bien plus élaboré, plus personnel. Quant aux reproches de frivolité, ils la laissent de glace. La transmission géométrique de la beauté (il serait du dernier commun de vouloir palper) relève à ses yeux non seulement les virilités flapies mais aussi son niveau particulier de conscience, infiniment supérieur aux considérations d'un abbé. Cependant, Annemarie Mertzmüller s'essouffle dans cette paroisse de Lozère où les contraintes du Père Duguay l'entravent. Les commanditaires ont laissé carte blanche Ils ont été supplantés. Les strip-teaseuses ne montrent plus leur cul. C'est un succès. Ce que l'abbé n'a pas prévu, c'est qu'elle est attirée par une autre femme ; car l'amitié (tout sexe éliminé) se révèle souvent plus ardente, efficace et vive entre femmes qu'entre hommes (aucun rapport avec les compensations largement méritées que l'on s'octroie maîtresses quand les frères sont en chasse (calibre 420). Tout est bien compartimenté dans sa tête. Annemarie la strip-teaseuse consolide, au fond des campagnes, des relations plus solides qu'entre filles de salle. Elle rejoint, au second étage du presbytère, une bonne de curé, d'origine allemande elle aussi, la soixantaine. Qui recoud, reprise tous les surplis, toutes ces aubes bannies par Vatican II. « Au contraire de mon métier », dit l'effeuilleuse en souriant. La sexagénaire invente et brode à satiété ses vêtements sacerdotaux, comme si le Concile n'eût jamais eu lieu. Elle en coud même de très excentriques, inspirés de loin par Fellini (François dit Frank Nau, cardinal à roulettes ?). Il règne entre ces deux femmes, Beate und Annemarie, dans cette mansarde Beauvesaise aux armoires profondes, d'insondables affinités. D'emblée, elles se parlent en allemand. Annemarie ne trouvait à employer cette langue que dans ses numéros d' « Ange Bleu » - mais Marlène, longue et grave, ne lui convient guère. Aussi, quel plaisir de converser avec Beatrice, qui sait préserver ce Hochdeutsch suranné de Luther, prononcé en gothiques... Nul ne les comprend, pas même le Père Duguay, qui se targue de germanisme, niveau guide touristique : n'a-t-il pas rédigé la notice Châteauneuf-en-Beauves und seine Umgebung (« et ses environs »), dont une touriste du Mecklembourg lui a renvoyé à sa grande honte un exemplaire abondamment rectifié, qu'il cache mais consulte. Les deux femmes baptisent leurs conversations du beau nom français « Les Entretiens de la mansarde ». Ils portent sur la taille et la nomenclature des habits ou ornements, dans les deux langues ; sur les points et figures de broderies et brocarts  : les Bavarois se sont très longtemps attachés aux pieux vocables saint-sulpiciens, voire Biedermeier. Ces envoûtantes litanies énumératives évoquent plus ou moins le vocabulaire de la solide armure de chevalerie (cuissots, grèves de tibias) : celle que précisément portait Robert du Plessis-Bertrand. Du Guesclin… Puis après de longs silence où toutes les deux cousent (Mertzmüller lève aussi de mémoire ses anciens patrons de scène), la conversation s'oriente insensiblement vers les manœuvres des Mâles, les faux-culs (falschen Fünfziger, « faux quinquagénaires »…) : « Je vous sauverai de toutes ces manigances chère amie, croyez-moi ! » Beate (« Sœur Beate », dit le prêtre) se chipote souvent avec le Père Duguay, de ces petits accrochages entre cousin et cousine passé l'âge de se tripoter. Il s'agit le plus souvent de l'usage auquel il convient d'assigner les grosses pièces de 10F de la quête.

  • Psychiatrie infantile, aux deux sens du terme

    La location comprend l'usage en sous-sol d'une cuisine, encore en installation : « Revenez l'année prochaine, tout sera terminé !» - quelle année prochaine ? pour l'instant, tout reste en chantier : ciment frais, eau froide à l'évier, ampoule nue au bout d'un fil, tambouille sur le réchaud dans sa casserole. Pâtes ou riz. Porte-fenêtre ouverte sur l'herbe. La nuit est progressive et douce à cette altitude. Lydie va et vient de la porte vitrée aux balançoires. Mère et grand-mère croassent à l'unisson : « Reste là pour qu'on te voie ! on lit tellement de choses dans les journaux !” - en dix secondes un enfant disparaît. Le lendemain, sur une aire à pique-nique, nous croisons un vieux menant son âne ; Lydie court après la bête et le vieux. Les croassements virent au frénétique, le vieux se fait vitrioler des yeux.

    Je voudrais claquer la gueule à ces deux harpies. Qui de retour au gîte me confient à grands rengorgements qu'elles ont livré Lydie aux psy. Pornopédophilie. “C'est scien-ti-fique !” glapit Fédora. “Scien-ti-fique !” (nous en sommes au petit déjeuner, cher payé (« tout compris »), tandis qu'à la cuisine, la vraie, celle des logeurs, nous sont proposés petits pains, bacon et jus d'orange). La cécité populacière de Fédora pour tout ce qui touche à l'astronomie, pardon : aux vertus thérapeutiques de la psychanalyse, me prouve une fois de plus le caractère irrémissible, indécrottable, de l'inculture. Supposons même que puissent se superposer quelques stratifications culturelles que ce soit, ce serait en de telles cervelles le sens même de la culture qui glisserait tout au long d'eux, « comme l'eau sur les plumes du canard ».

    La maison d'accueil.JPG

    Le sens culturel en effet, ce gauchissement salvateur de l'âme, ne peut s'acquérir qu'à l'enfance, sur les bancs de la si décriée, si abondamment honnie, bientôt défunte école publique. Pierre Bayle déplorait encore en son âge mûr qu'il lui eût fallu attendre, faute de moyens, que son frère aîné eût achevé ses études pour entreprendre les siennes, « trop tard » disait-il en substance « pour que j'en retire les bienfaits escomptés ». La plupart des autodidactes, fortes têtes et cancres, bloqués, ne compensent jamais leur tare originelle : scolarité foutue, culture foutue ? Ne parlons pas ici d'origines sociales, tarte à la crème de tous les démagogues, mais du peu de temps dont dispose l'avare vie humaine pour conférer à l'esprit son aristocratie...

    Devant ce pathétique plaidoyer en faveur des psy (qui m'ont si longtemps dispensé leurs clartés) j'empoigne alors, dans la belle salle à manger lumineuse, une chaise Voltaire que je brandis : « Fédora, observe bien cette chaise ; tu l'emportes chez un psychiatre – n'importe quel psychiatre, entends-tu Fédora, et ma bite à couper qu'il lui trouvera sur-le-champ, tu m'entends bien, une névrose, et le traitement qui va avec.” La gosse se marre, car elle a du vocabulaire

  • Les tortionnaires et la strip-teaseuse

    La façade de l'hôtel.JPG

    « Allô ? Fat Kader ben Zaf ? Tout baigne à La Teste ? » C'est le mot de passe. Kader, entre deux liqueurs, fait fête à l'autre bout du fil à son ami Duguay, collègue en manipulation  : oui, Mademoiselle Bost, ex-boulangère bien connue , mord à l'hameçon, pose de plus en plus à l'artiste, et même, commence à sourire. Des stratégies s'établissent pour lui faire vendre ses œuvres, grâce à des acolytes, qui trouvent toujours moyen de le refiler moyennant quelque bénéfice dans le médiocre marché de l'art. Quant au Père Duguay, du haut de sa Margeride, que peut-il révéler ? Comment persuader à une strip-teaseuse professionnelle de venir s'enterrer en hauteur à Châteauneuf-en-Beauves, prise de la ville par Robert de Montebrond (1370) ? Une musicienne morbide, à la rigueur, eût succombé à la Danse Macabre, à 110km par la route (Grandrieux-Brioude) – bref, les subalternes prennent le pouvoir. X Annemarie Mertzmüller, maîtresse du chaussurier, comme nombre de grandes mystiques, éprouve souvent le besoin de pénitence. Les intervalles entre ses tournées, soumises aux aléas d'improbables imprésarios, elle les dépense en retraites ; les unes, conjugales, destinées à François dit Frank Nau, permettant à ce dernier d'oublier son fétichisme du soulier. A moins que par fantaisie le commerçant préfère la levrette en porte-jarretelles, ce qu'elle trouve dégradant, sans compter les marques sur les cuisses – so gemein ! soupire-t-elle,«  si vulgaire » ! Mertzmüller jouit peu. Les autres retraites, Mertzmüller les doit à ses bronches, pour les soustraire aux inhalations de cigares passifs, sous les voûtes des cabarets. « Nous irons » dit Frank « à Châteauneuf-en-Beauves, ou bien La Chaise-Dieu si tu y tiens ». Va pour Châteauneuf. Duguay se rengorge, abreuve la maîtresse de son maître de discours casuistiques, invoque la fine fleur des jésuites du XVIIIe siècle, les Révérends Habert et Valla. Pensée rococo dit-il. Annemarie lui prête une oreille distraite. Le don tout visuel de son corps dévoilé aux Messieurs (et dames) d'un certain âge lui semble toujours bien plus élaboré, plus personnel. Quant aux reproches de frivolité, ils la laissent de glace. La transmission géométrique de la beauté (il serait du dernier commun de vouloir palper) relève à ses yeux non seulement les virilités flapies mais aussi son niveau particulier de conscience, infiniment supérieur aux considérations d'un abbé. Cependant, Annemarie Mertzmüller s'essouffle dans cette paroisse de Lozère où les contraintes du Père Duguay l'entravent. Les commanditaires ont laissé carte blanche Ils ont été supplantés. Les strip-teaseuses ne montrent plus leur cul. C'est un succès. Ce que l'abbé n'a pas prévu, c'est qu'elle est attirée par une autre femme ; car l'amitié (tout sexe éliminé) se révèle souvent plus ardente, efficace et vive entre femmes qu'entre hommes (aucun rapport avec les compensations largement méritées que l'on s'octroie maîtresses quand les frères sont en chasse (calibre 420). Tout est bien compartimenté dans sa tête

  • Le prêtre et les bistrots

    Depuis, il se cloîtrait dans son presbytère. Une église déserte Dieu merci : le loquet qu'on tire,
    la génuflexion, la sacristie, et son chez soi par un petit passage intérieur. Parfois il saluait l'autel à
    la nazie, en claquant des talons. Jamais l'évêque n'avait vent de lui ni de sa paroisse. L'invention
    que Francis Duguay appréciait le plus, c'était le téléphone, qui sans posséder encore les avantages
    de l'électronique, permettait du moins de réduire les relations au simple son de la voix : il obtenait
    instantanément, dans la discrétion la plus totale, cet Arabe du Bassin d'Arcachon qu'il avait connu
    jadis, désormais démesurément grossi, patron de bistrot. Tous deux, Kader Ben Zaf, gros
    musulman, et lui, chrétien banal, obéissaient aux deux frères : Pascal Maatz, médecin, et Frank
    Nau Frank Nau, vendeur de chaussures.
    Ben Zaf se chargeait de l'ancienne prostituée Héléna Bost, et l'hébergeait pour rien
    dans sa soupente, lui proposant stage sur stage, car Maatz l'avait persuadée de se sculpter
    sculptrice locale, faisant miroiter les prestigieux débouchés d'un café-galerie. Depuis, elle
    retournait sans cesse au Bassin d'Arcachon, statue de terre après statue de terre. Et comme
    elle était terne, cela lui convenait.

    La Corrèze, à Tulle.JPG

    Son amie, la Mertzmüller, s'effeuille dans toutes les boîtes et casinos de troisième ordre,
    de Tarbes à Montluçon, et croit en Dieu : c'est faire œuvre pie de que montrer son cul,
    merveille de la création. Elle estime avoir préservé à elle seule plus de cent trente
    pédophiles (et plus) du passage à l'acte – à moins qu'elle ne les y ait au contraire
    incités, car après tout, il est formellement interdit aux effeuilleuse de se prostituer
    sous peine de renvoi immédiat. Anne-Marie apprécie grandement l'acte de chair :
    à chaque bourrade du marchand de chaussures, elle émet un grand cri consciencieux
    , y compris à l'hôtel de Châteauneuf où le curé apprécia
    de manu son art du cantabilé.
    Les instructions de François dit Frank Nau à ce dernier restaient confuses ; à moins
    de faire toucher du doigt la séparation de l'âme et du corps, conception qui révulsait
    le Père Duguay. Parfois, il se prenait à détester l’Église.

    Et tandis que son commanditaire, François dit Frank Nau, se ruine à suivre son effeuilleuse
    de Forges-les-Eaux à Néris-les-Bains, le curé Duguay, pour sa part, s'est bien juré de
    ne plus voyager : plus question de passer, fût-ce à son corps défendant, pour un pédé
    landais… Les deux frères souhaitaient ardemment transformer leurs maîtresses respectives,
    autrement dit, leur faire tout le mal possible. Il faut en vérité que ces hommes soient
    bien dés
    œuvrés. Leurs activités professionnelles en effet retombent en loques.

    Leurs deux maîtresses ne les voient guère que de loin en loin, uniquement pour tirer
    un coup. Les dialogues sont brefs, autant que les actes indûment prolongés. Ces attitudes
    jumelles seraient-elles justement, très exactement, concoctées dans le dessein de
    déstabiliser, de démolir l'une et l'autre ? Ils auraient dans ce cas le plaisir bien abstrait...

    Leurs acolytes, Père Duguay et Fat Kader, devaient nécessairement échouer. Sinon,

    c'est à désespérer de la morale. Rappelons que les deux supposées victimes se

    consultaient régulièrement, non seulement ici, à Châteauneuf-en-Beauves,

    comme il est normal entre belles-sœurs de la main gauche (ayant fini par l'apprendre), mais aussi, ce que les hommes ignoraient, dans ce fameux café vieillot, religieusement conservé,

    de la zone piétonnière d'Saintes.

  • Encore un chef-d'oeuvre

     
    - Va te faire enculer.
    - Qui dit ça ?
    - C'est pas moi !
    Mes chiottes en gloire.JPG
    - Vos noms !
    - On le dira pas !
    - Livret scolaire !
    - J'en ai pas !
    - Donne ton sac !
    - Lâche ça connard !
    Terence fonce chez le Principal.
    - A cette heure-ci le Principal mange, monsieur Elliott.
    Un mois de congé. Bout du rouleau.
    Vous avez la sécurité de l'emploi.
    Prenez-le donc mon “emploi”. Je vous donne quinze jours, pas un de plus, pour supplier à genoux de retourner au chômage. Votre langâge, monsieur Elliott, votre comportement. Les parents ne sont pas contents du tout, du tout. Vous dites bite et couilles vous ne vous habillez pas comme il faut, trois fois la braguette ouverte monsieur Elliott trois fois il y a des choses qu'on ne fait pas qu'on ne dit pas devant les jeunes filles même si elles se branlent trois fois par jour – à cet âge fragile (“où l'on s'interroge sur son corps”, il connaît par coeur) – mais alors pourquoi donc se mettent-elles à rire ? - Vous connaissez mon sentiment à ce sujet - par cœur, par cœur...
    Quand Terence était petit Tonton lui faisait répéter TROUDUCUL répète après moi TROUDUCUL à dix ans Terence tait le plus mal embouché du village. Elliott est un clown à présent. C'est lui qui descend un étage sur la rampe, lui qui brandit dans la cour un Kleiderbaum (porte-manteau sur pied) - gourou-gourou ! gourou-gourou ! - les élèves effarés tassés dans les coins de la cour ça fait tièp j'étais fou Monsieur l'Inspecteur j'étais fou.