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Textes publiés - Page 2

  • Les vieux bourrés

    Eugène et Alphonsine restent bouches bées sous leurs vapeurs d'alcool. Le barbu articule «insultez-moi et je porterai ma croix. - Vous l'entendez, l'ivrogne ? Trente ans que ce chef de gare se prend pour un pasteur... » Ils en viennent aux mains. Vieux-Barthek et Émilienne, agents provocateurs, ont atteint leur objectif : les faire interner sur-le-champ grâce à la camionnette de Valhubert où deux infirmiers en tenue maîtrisent les pugilistes. Même à travers la porte arrière, on entend Alphonsine hurler :

    « Où y a Eugène, y a pas de plaisir. »

    Émilienne cligne de l'œil, le logement est tout trouvé. Barthek éprouve de légers remords, c'étaient des gens bien, détrompez-vous enchaîne Émilienne, ils battaient leur troisième fils, nous avons des dossiers sur eux, ils ne laissaient pas de trace sur le corps, faisaient porter à ce dernier tous les haillons des frères aînés, placent son âme en internat dans la ville même, s'opposent tant qu'ils peuvent à son mariage. S'ils ont mieux traité leurs autres fils ?

    « Je crains que oui » répond Émilienne, mais ils ne devaient pas s'acharner sur le dernier, qui voulait plus d'amour que les autres. Ils ne devaient pas s'acharner sur la bouteille. » Devant le mutisme soudain du pensionnaire, elle pense proposer de vendre la bicoque si vite vidée, afin de couvrir les frais d'hébergement et l'improbable désintoxication d'Eugène et Alphonsine. À ce moment Barthek Prastinnthiovitch sort enfin ce qu'il a sur le cœur : une déclaration d'amour, mentionnant les yeux de Émilienne, la peau de son visage « si exactement tendue par le muscle » le masséter ? - ...les buccinateurs aussi, Émilienne, tous les autres… - ...je vais vous confisquer vos brochures médicales, Barthek ; le buccinateur ne se voit pas de l'extérieur.

    Barthek conteste. Dévie sur l'expression de vertu, de justice, d'équité, rendue par son visage - « ...de vertu, Barthek ? » Quand elle rit, les boucles tremblent sur sa joue. Il reste une Cinquième Porte. Toute proche, celle-là, de l'ancien domicile de Barthek et Myriam, avant leur arrivée au Vieillards'Home : « ...avant la mort, deux personnes très, très âgées, en fond de jardin, une arrière-maison ! » - Qui occupe le bâtiment sur la rue ? - Des quadragénaires.

    Toit, verdure et pierre rmn.JPG

    - C'est jeune dit Barthek.

    Les jeunes ont engagé une procédure d'expulsion.

    - On n'expulse pas des vieux dit Barthek.

    Les locataires ont vécu là vingt ans, jetant les ordures entre les deux maisons, des gazinières, des batteries mortes, nos deux fils disaient-ils dégageront tout ça par camionnette – les quadragénaires n'en croient rien. Ils évacuent les amoncellements. Ils s'appellent les Mazeyrolles. Ce sont des cousins de Émilienne, mariés ensemble. Ils n'ont pas supporté leur expulsion. Ils ont senti venir le vent, trop tard. D'abord, la famille leur a doublé le loyer. Elle les avait perdus de vue, sauf pour faire pression sur eux. « Je n'y suis pour rien directement. » Pour gagner l'extérieur sur la rue, les Mazeyrolles devaient traverser le jardin ; c'est ce qu'on appelle une « servitude », conventionnelle, puisque les vieux ne sont pas enclavés. La maison de devant est occupée par des quadragénaires alertes, aimant le soleil qu'ils prennent aux autres, ils mangent dehors l'été sur une table blanche. Ils s'appellent les Acquatinta.

  • Romnestour est de retras

    Le Grand Maigre, l'hôte, ouvre et ferme silencieusement ses longues mâchoires de crocodile, non si bien endentées cependant. Il mange salement, avec des claquements. Je guette involontairement les oiseaux nilotiques destinés à venir lui picorer les interstices dentaires. Je hais ces gens et leur suis attaché au point de ne plus savoir ce que je dois penser :de la femme ou de l'homme qui partage ma couche. La boulette de graisse qui lui tient lieu de femme peut bien tourbillonner dans la pièce avec des chuintements de chouette, nettement différents du doux ululement du hibou, mais obscènes, rapaces, nocturnes (depuis, à mon actuel compagnon comme à moi, jusqu'au croissant chaud prend le goût du mulot mort). Parfois le Grand Maigre, fusil cassé en main, et moi-même, partons dans les bois, quand la nuit tombe : tout ici est loin de la loi.

    Nous poussons des cris de hiboux, il nous est répondu par nichées entières sous le long ciel arctique. Et en vérité combien nous sommes désappointés, voire coléreux,de ne point voir sur les branches à peine distinctes ne fût-ce qu’une ombre géante et tutélaire. Nous revenons seuls, une petite mort délicieuse au corps, et en vue de notre tour hantée, par une sorte de réflexe, nous refermons d’un seul déclic nos deux Remingtons. Le lazaret RMN.JPG

    Décidément, l’homme avec qui je dors est un homme. Mais nous ne nous touchons pas de la nuit. Il est des obscénités qu’on ne commet pas entre hommes. Nous couchons casqués et bottés. Ce lit de fer, c’est une tranchée. Il y a eu beaucoup de viols entre hommes et de tentatives de viols dans les tranchées devant Verdun. Ici, nos fusils devant nous sur le râtelier en bois, contemplant nos virilités au clou, nous sentons qu’il est temps d’appesantir nos paupières, et nous sombrons dans le plomb jusqu’aux petits matins. J’ouvre le volet qui bat lourdement sur les parois, déjà je sens d’en bas monter les effluves d’une chicorée amère, déjà la chouette féminine nous informe que le petit-déjeuner est près, ajoutant quelques crouacs qu’elle croit de très bon augure. Alors éclatent entre les deux hommes que nous sommes, renfilant sans nous laver nos habits pour descendre décents, des scènes de ménage entre nos dents rentrées.

     

    2)nous leur devons de l'argent et des services, voilà pourquoi nous sommes là, tous les ans depuis des années,

     

    (une page)

    Nous venons d’une ville du sud : Edmonton. C’est sans originalité. Nous ne devrions pas appeler réellement cette ville « Edmonton », car « Edmonton » existe réellement. Disons que c’est une ville perdue au milieu d’un désert glacé, formée de hauts gratte-ciel où il ne viendrait à personne l’idée de précipiter un avion, avec des silos à grains d’une hauteur elle aussi démesurée, où tout cela fermente sous le regard obtus des thermostats lumineux. Mais tous les étés, tous les automnes, tous les hivers aussi (car les scooters des neiges déblaient merveilleusement les routes de toutes ces contrées, nous ne pouvons y échapper ; il n’y a qu’au printemps que la boue (du moins le décidons-nous ainsi) empêche décidément toute communication) - nous ramènent chez Jywes et Holly, sa femme. Nous nous y sentons obligés. Nous sommes leurs obligés. Ils ont acheté pour nous cette haute maison, qu’ils appellent entre eux « la Masure », alors que rien, strictement rien ne les y obligeait.

    Mais comme ils ont bien vu que rien ni personne nen ous ferait mettre « la main à la pâte », que décidément nous n’étions pas dignes de ce somptueux cadeau isolé, ne sachant ni bricoler quoi que ce fût ni passer une couche de lasure tant soit peu régulière ni quelque fongicide que ce fût, ils se sont sentis obligés d’occuper notre maison, de l’entretenir, d’y passer couche de pinceau sur couche de pinceau, goudron sur goudron, bardeau sur bardeau. Ils avaient eux aussi leur petite maison bien cernée de pelouse, en banlieue, ils partaient à la pêche vers le Lac des Esclaves, la température descendait à des degrés inimaginables - mais ici, c’étaient eux qui entretenaient une maison qu’ils nous avaient offerte.

    Est-ce qu’il ne s’était pas agi à un moment donné de Dieu savait quel billet de loto gagnant que nous aurions partagé, est-ce que nous ne nous serions pas bien mieux entendus jadis qu’à présent, est-ce que nous n’avions pas échangé nos femmes ou nos maris, n’y avait-il pas entre nous de ces secrets qui traînent depuis des décennies à l’intérieur des sectes et des communautés qui se sont faites, toutes, ne vous y trompez pas, à l’époque des Guerres du Viet-Nam ? canadiens ou pas... Ceux qui sont passés par ces épisodes confus peuvent seuls savoir - et nous sommes loin d’être justement les seuls - le caractère irréfragable que peuvent prendre alors les liens qui se tissent entre les gens, le fait d’avoir senti subrepticement se glisser en vous une queue qui ne vous était pas destinée, qu’on soit mâle ou femelle - ceux-là seuls peuvent comprendre l’impossibilité archi-absolue de toute rupture, le silence qui s’abat sur vous pendant des années, les folies aux visages variés qui vous font ou pousser des cris de chouettes ou des bubulements de hiboux, les culpabilités molles, les traînassements d’habitudes, et les jouissances de désespoir, de dérisions, lorsque le vent qui se faufile entre les cimes vient se heurter à nos volets.

    Ici les nuits comptent plus que les jours, elles ont une épaisseur révélatrice, elles vous révèlent incomparablement plus que les jours ce que c’est que le Pays de Moose Jaw, de Poughkeepsie, de tous ces lieux imaginaires auxquels il est formellement interdit de donner des noms vrais : une épaisseur qui vous plombe aussitôt dans un sommeil où l’on ne sait pas ce qui rampe entre vos jambes si c’est une femme (une lourde cuisse grasse) ou ce qui reste obstinément raidi sous le tissu sale et roide d’un pantalon insensible et désastreusement immobile, lorsqu’il s’agit d’un homme.

  • Chef-d'oeuvre inconnu

    Pour NOS AMIES LES FEMMES  faisons léger. Sous forme de mots croisés par exemple. 
    
    
        1    2    3    4    5     6    7     8     9   10
    1   	P    U   T     A    S   S   E   R   I    E  
    2	R    +    +    C    O   U   R   E  +   N 
    3	O   N   A     N     +  C    O  +   A   C
    4	S    A   L     O     P   E    S   +  N   U   
    5      T    +    +     N    O   R   +   C  U  L
    6	I     C   H     +    +    +    L   I    S  E
    7      T    R   O    N    C   H    E   R   + R
    8      U    R  S     U    L    E    +   A   R  A
    9       É    +   T     +    E    +   N    G   +   +
    10       +      +   +    C    A    B   A    E   R   T
              1      2    3   4     5     6   7     8      9    10
      
    HORIZONTALEMENT
    	1. État naturel de femme 2. Qu'il se dépêche. Patron des deux sexes, honoré de maintes libations. Kéza , noblesse gasconne 4. Paradoxalement, à celles qui ne veulent pas. Comme un cul. 5. Nord sans d. Préoccupation essentielle 6. Avant liebe dich. Demoiselle de Bécaud  7. Activité fine 8. Qui rit quand on l'encule. Qui rit. 9. Nouvelle Gauche. 10. Au cabaret, c'est le bordel. . 
    VERTICALEMENT
    	1. Rare au masculin. 2. Demi-pute de Zola. Casimir, Raymond, Roger (dans l'ordre) 3. Aluminium. Soigne la chtouille. 4. Ce qu'elles disent toutes. A poil. 5. Syllabe d'enculage. Ne pas tourner autour. M. et Mme Pipe ont une fille. 6. Le comble de l'horreur. (...) - suie-moi le cul. 7. Prétexte à chasteté. Largeur. Fin de la pute précédente 8. Parfois du cul. Sur la bite du bizuth. 9. Pas Dei. 10. Sodomie programmée. 
    	Reste à placer :  vulve, clite, con, poil.  
    
    
    
    
    
    
    
    LE TROU DU QUIZZ
    Êtes-vous une femme ? 
    				Oui        _
      				Non       _
    				Autres     _
    Aimeriez-vous être 
    				Pute         _
    		        	Cultivatrice         _
    			Strip-teaseuse     _  
    Vous masturbez-vous ?
    				Jamais      _
    				Jamais      _
    				Jamais      _
    Aimez-vous les hommes ? 
    				Ben…        _
    				Euh...       _
    			C'est-à-dire...      _
    Votez-vous
    				À droite   _
    				À gauche   _
    				Au centre  _
    Votre mec porte-t-il 
    				À droite   _
    				À gauche   _
    				Au centre  _
    Votre tour de poitrine
    				90 C         _
    				85  D        _
    				A   10       _
    	----->    		cuirassé coulé.

  • Qui a bite à côté ?

    Boris joue le tout pour le tout. Il va se poster, sans se montrer, sur le trottoir, tout près de la porte ; le code est faux ; alors il se glisse derrière un locataire qui lui tient la porte. Il voit tous les noms d'un coup sur les boîtes aux lettres : des Italiens, des Français de Corse, des Bretons. Un certain Dombryvine. Abdelkourch. Lornevon. Le courage lui manque ? non, l'idée même de monter au troisième – "bon sang, c'est trop stupide, j'y vais" - mais dans le couloir, là-haut, les portes sont anonymes ; la minuterie allume sur le bois des lueurs de montants de guillotine. Boris redescend très vite dans le noir en s'insultant ; il aura mal retenu la disposition des lieux. Mais le lendemain, il récidive. La rue grouille. Le même homme lui tient la porte. Cette fois il s'attarde : au troisième – ni médecin donc, ni voyante, rien de ce qui se visite – il distingue vers le fond une fenêtre sale : exactement dans l'angle mort de sa fenêtre à lui. Impossible de voir ; de retour au 24, Boris fait son croquis : appartement 303.

    Manque l'âge, le nom, le sexe. Le sexe manque. Ne pas lâcher prise. “Qu'est-ce que tu lui veux à Madame Vachier ? - Juste parler avec elle. Tu vas aussi lui demander ce qu'elle pense de moi, d'où je viens, qui c'est ma mère... - Ce ne serait peut-être pas inutile. Tu veux savoir qui habite à côté  ? Tu manques de femme?... - Il y a toi. - Cochon. - Je ne veux pas que tu ailles chez la concierge. - Moi aussi je manque de femme. - Elle est grosse, elle est moche, elle est mariée, dit Boris. Il va voir le mari de la concierge. C'est un Alsacien à gros ventre et bretelles, loucheur, boiteux ; Boris met au point une histoire à dormir debout : « Je suis fonctionnaire à l'immigration ; la locataire - il choisit le sexe - du 237 n'est pas en règle. » Monsieur Grossmann - il ne porte pas le même nom que sa femme - est l'honnêteté même. « Pourriez-vous me prêter dit Boris votre passe ? je suis sûr d'avoir oublié mon portefeuille chez Madame Schermidt au 237...

    - Vous connaissez son nom?” Le souffle coupé, Boris voit le concierge détacher du clou le grand anneau qui tient les trente clés plates. «.C'est elle gui remplace M. Laurent ?” Boris acquiesce, la boule dans la gorge. « Je vous accompagne. » Grossmann est bavard. Il faisait partie des "Malgré Nous" sous le Troisième Reich. Il en est miraculeusement revenu. Il aime bien raconter. Le portail vitré du 26 s'ouvre sans effort : « J'ai le même passe que le facteur » dit Grossmann.Boris monte les étages avec le boiteux. « Dix ans qu'on attend l'ascenseur...Regardez l'état de la moquette... - Il faut bien que les escaliers servent à quelque chose." Vous dites des conneries, Monsieur Grossmann. Voici la porte ouverte. Boris écarquille les yeux et grave tout dans sa tête : le corridor de biais, très court, très étroit, vers la gauche ; trois portes ouvertes, la salle à vivre claire, avenue Gristet, bruyante; la chambre au fond, sombre, retirée - « salle de bain, cuisine » dit le portier - « je vois bien » dit Boris. Difficile après cela d'imaginer, de l'autre côté, son propre foyer, solitaire – il ne ressent pas son appartement – où est-ce qu'il colle-t-il son oreille? Très exactement ? ...Ça n'a pas du tout la forme d'un L... Boris ne cherche rien. Il ne bouge pas. Grossmann comprend ; il reste en retrait, muet. Trop d'immobilité, trop de respect dans le corps du Russe lorsqu'il s'approche enfin des étagères et lit les titres lentement, le "Zarathoustra" de Nietzsche, "l'Amour et l'Occident", « Deutsches Wörterbuch », « A Rebours" de Huysmans, un Traité de Diététique – une Bible - quelques ouvrages sur le vin.

    Belle pine d'ardoises à Tulle ROMN.JPG

    Une collection de "Conférences" des années trente - dis-moi ce que tu lis...? La penderie est restée ouverte ; ils y voient une proportion égale de vêtements féminins et masculins - chacun sa moitié de tringle : des habits soignés, sans originalité excessive. Revenant au salon à pas précautionneux Boris aperçoit contre son mur un tourne-disque. J'aurais dû commencer par-là. Sur la platine "Ti sento", rock-pop italien. Boris coupe le contact; le voyant rouge s'éteint. Qui relèverait mes empreintes ? La pochette, luisante, à l'ancienne, représente une femme fortement décolleté‚ cuisses nues, décoiffée, en justaucorps lamé. «Madame Serschmidt ne vit pas seule, dit le concierge. Boris a inventé ce nom. Il s'informe gauchement (« Reçoit-elle des visites ») - Vous devez le savoir, Monsieur Sobrov.» Boris repère encore la Cinquième de Beethoven, la Celtique d'Alan Stivell, René Aubry et un double album de folklore maori.

    Plus la Messe en si mineur, BWV 232. Jamais il n'a rien entendu de tout cela. Le concierge propose de manger un morceau. Boris refuse, effrayé. « Mais elle ne revient pas avant six heures ! » Boris se retient si visiblement de poser des questions que l'Alsacien précise malignement : « Je reçois les loyers au nom de Monsieur Brenge". Il prononce à l'allemande, "Brenn-gue". - C'est peut-être son frère qui paie ? ...Serschmitt est son nom d'épouse, elle a divorcé... » Grossmann ne confirme rien. Il se dirige vers le réfrigérateur : « Vous saurez toujours ce qui se manche ici ! » - des oeufs, des pots de crème de langouste, un rôti froid en tranches et trois yaourts. « A la myrtille », dit le concierge ; il se sert, rompt du pain, choisit du vin. “Tant pis pour la langouste”, dit Boris - ils s'empiffrent - Boris veut faire parler le gros homme. Seulement, il n'y a plus rien à ajouter. Le portier tente d'en faire croire plus qu'il n'en sait. Il prétend que "tout le monde défile » dans ce studio. « N'importe qui tire un coup ici, puis s'en va. » Ils se défient du regard en mâchant. Rien ne correspond aux longues attentes, aux exaltations de Boris dans son antre – à moins qu'il ne s'agisse d'une autre chambre ? « Gros porc » dit Marianne le lendemain ; « Tu y es allé. Je sais que tu y es allé. Je ne voulais pas que tu y ailles. Saligaud. Vulgaire. Je t'ai vu entrer dans l'immeuble avec le mari de la mère Vachier. « Tout le monde y vous a vus monter la cage d'escalier. Même que tu es entré dans l'appartement, et que tu as regardé partout, fouillé partout, dans les livres, dans les disques, même entre les robes. Et vous avez bouffé du saucisson et du pâté de langouste et ça c'est dégueulasse. Au goût j'veux dire.

    - C'est chez toi ? - Ça ne te regarde pas. Déjà que tu me fais reluquer les grosses qui descendent les escaliers, et quand il y a de la musique tu arrêtes la leçon de maths même si j'ai rien compris et tu colles ton oreille au mur comme un sadique.

    - C'est ta mère qui habite là ? - Dans ton quartier pourri ? on est riches nous autres, on a une BMW, on va aux sports d'hiver et c'est pas toi qui pourrais te les payer pouffiard. - Tu veux une baffe ? - .Je le dis à maman et tu ne me revois plus et tu seras bien emmerdé parce que tu es amoureux de moi mais tu peux courir et si tu me touches j'appelle les flics.

  • A grands traits

    Terra incognita

    L'expression roman mort (« plus du tout de fiction, de l'information ! ») prête à rire depuis son apparition, début XIXe siècle. Voici

    Les cheveux, les mains et le foutoir ROMNESTRAS.JPG

     

    Du péché de chair POUR UNE MEILLEURE APPROCHE de Dieu.

    Entreprise « qui n'eut jamais d'exemple » où nous avons ébauché ou dégrossi nos marionnettes.

     

    Il est deux façons de rejoindre Dieu. :

    1° l'orgueil mathématique : quelques initiés ou mystes, en fins d'asymptotes, effleurent Dieu sait quelle image de Dieu

    2° l'humilité de a) celui qui ne mange ni ne chie

    b) celui qui admire en son miroir chaque partie de son corps créé, «  rendant grâce » à mesure, puis une fois pour le tout  : « Seule et unique prière ! » - ce prêtre exagère. Tous les prêtres exagèrent.

    Nous n'emprunterons ni cette voie, ni les autres.

    En revanche :

    - soit une strip-teaseuse  et deux hommes.

    - Grand A Maatz, né juste après la dévaluation du franc malien ; son nom signifie, en germanique, « le nigaud », « le niais ». Son âge restera fixé à 36 ans, le vôtre. Il a votre taille. Lieu de naissance et signes particuliers : les vôtres. Nationalité  française. Études de médecine, externe 4 ans puis 3 ans d'internat. Thèse : « Soins primaires et Outils de veille », mention passable.

    - Grand B Nau.

  • Fragments de Fedora

    1. XI

    Nous avons toujours été des admirateurs masochistes. Les autres voulaient nous améliorer, mais pour notre bien ! "Il suffit de vouloir". Cette fière Amazone m'aimait donc ? Et Roberte veut, aussi, nous « sauver ».

     

    1. XII

    "Tu ne t'es donc jamais rendu compte que je te draguais ?" Comment d'autre part a-t-elle pu observer que Dewouf « me draguait » ? Je ne note que ce qui me rassure, je pianote du Claude François, "tougoudoup", présentation.

    Fronton rue de Laseppe ROMNESTRAS.JPG

     

    1. XIII

    Cet homme déclame "tougoudoupe, tougoudoupe" – cela veut dire attention à la mort derrière-toi, reste méfiant, et garde-toi de vivre." Les âmes ayant tout renié sombrent par la bonde de l'oubli éternel. Glouglou.

     

     

    1. XIV

    Omer me confie ses textes poétiques. En faire un Noir, peut-être.

     

    1. XV

    Une vieille est amoureux d'Omer. Monsieur fait le dédaigneux, comme moi jadis Gare St-Jean. Qui pardonne les humiliations que j'ai fait subir ? La vieille ivrognesse du palier des Terres Fermes. Omer deviendra adulte, il jouera dans le bac à sable.

     

    1. XVI

    Les Bruxellois repartent sur la Côte. Mes explorations tandis qu'Arielle pionce. Les goudronniers en bas de pente, l'ermitage pour l'instant désert, la cloche sous son épais grillage.