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la parano qui galope - Page 2

  • Coucher

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    Façade de mon-z-hôtel.JPG

    Une petite ville près d'Albi. L'hôtelier voudrait, comme aux temps anciens, que je partage une chambre avec un jeune couple : la femme se mettrait par terre, sur un matelas confortable, tandis que je rejoindrais l'homme. Cela me semble parfaitement incongru. Avant que j'aie pu commencer les négociations avec ce couple, on frappe à la porte : voici ma fille et son fils, qui voyagent ensemble, d'hôtel en hôtel, à ma façon. Eux non plus n'ont pu trouver de gîte satisfaisant dans cette bourgade. Mais eux, du moins, dans l'établissement non moins minable qu'ils ont découvert, disposent d'une chambre à deux lits pour eux seuls.

    Nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain matin ; ma fille sait conduire à présent, et nous repartirons après le petit-déjeuner, chacun dans sa petite exploration. Pour ma part, il me faut retourner à Bordeaux, ce qui se fait toujours sans joie. Heureusement, là-bas chez moi, certains me trouvent une certaine utilité : j'anime une émission de radio libre, et me débrouille tant bien que mal devant ma table de mixage. M'y voici donc. Et me parviennent aux oreilles des chants extérieurs à l'antenne : où se trouvent-ils, que je les entende aussi distinctement ? Ce sont des hommes, des ouvriers de langue arabe, qui passent dans la rue, au pied du studio, à l'arrière de grands camions de chantier ; ils répètent sans cesse Khaled Constantine, Khaled Constantine. Tous à l'unisson, comme veut la coutume. J'ai profité d'un disque à l'antenne pour me pencher par la fenêtre, il faut que je la referme, seulement, les battants de volets se prolongent à présent jusqu'au trottoir, sous forme d'immenses battants de plastique. Les camions sont passé, mais en me penchant trop de mon premier étage, il a bien fallu que je tombe – sans me réceptionner trop brutalement. Mais la douleur soudain se réveille : déchirement ? L'hôpital est comble, lui aussi ! Hôtel, hôpital, même mot, même encombrement, partage à nouveau d'un lit : "Bonjour. Je suis" me dit l'occupant "reporter" – ici le nom d'une revue locale. "Pourriez-vous – parlez bien en face du micro – nous expliquer votre mésaventure ? - Deux sentiments (je réponds) m'ont partagé ; d'une part, la répugnance devant l'invasion arabe. D'autre part, une immense compassion... - "Immense ?"... - pour ce chant si profond d'ouvriers déracinés, nostalgiques, miséreux. Lorsque j'ai bien dit tout ce qu'il fallait, le micro m'est coupé. Survient un couple d'une soixantaine d'années : les parents, bien nourris, de type européen – je m'enfuis : “Et s'ils me trouvent dans ton lit ?” Le reporter se met à rire avec un geste d'insouciance. Ils nous découvrent en effet, sa propre mère voudrait étaler les plis du drap avant que nous nous y étendions, mais ils sont dans un tel désordre qu'elle y renonce aussitôt.

  • Connneries socio-génitales d'un veux réactionnaire

    Juste réactionnaire, au sens étymologique du terme. « Les jeunes – cinquante, soixante ans  - vous voyez ce que je veux dire – sont toujours pressés. Disait une octogénaire. - Ce sont pourtant nos enfants » répondait l'autre. Je les aurais volontiers embrassées. Plus tard tout se vaut sans doute et trop tard (la mort est abstraite)  - j'écris, comme la vie, en taches d'huile : ébauche, où l'on revient, plusieurs fois, que la sauce prenne, puis décanter, rajouter – quel plan ? quelle «structure » ? Je me souviens dans le pathio de ces tendres figures de dingues, pensionnaires d'une quinzaine, simplets, traînant leurs chaussons dans le gravier ; de leurs moniteurs dont une femelle étroitement ajustée, seins, fesses et vulve, sans prendre conscience ni pressentir le moins du monde le moindre soupçon du désir qu'elles inspirent) juste animées (je suppose) de chatouillis sourds et intermittents, apaisés d'une simple série de branlettes d'hygiène ; reportant sur les hommes leurs propres respects pudibonds, trop heureuses de renoncer dès la moindre réticence masculine purement imaginaire ; se souvenir de cette partenaire étincelante inespérée, qui me proposait de dormir seul, dans la chambre à côté, si je « n'en avais pas vraiment envie » - je pleurais presque de peur qu'elle ne s'enfuît, faisant volte-face comme elles font toutes ; il ne faut pas non plus que ce soit contre leur gré, se réservant toujours le recours aux assisses en dernière instance, juste après jouissance (le plaisir de femme n'étant pas une circonstance atténuante) - riez de moi, pour ne pas pleurer sur vous-mêmes14

    ...Tous nos demeurés de St-Brault, écouillés, bromurés, relevant tous d' une même thérapie, sans mélange pour une fois de durs avec les tendres, violeurs et violés – l'intelligence n'étant pas et de loin la chose du monde la mieux partagée chez les thérapeutes – mais ceux-ci n'avaient que 7, 8 ans d'âge mental : c'était un groupe parfaitement homogènes. Caressants, niais, tenus en laisse par leurs stagiaires. Le Bruxellois sur son banc de bois dans la cour lit « Le Soir » de Bruxelles, grave, docte, enseignant, pratiquant ; il invite un fou puis deux à sa table de pique-nique sur le gravier. Puis jusque dans la cuisine, notre cuisine. « Ils sont intéressants», dit-il. « Attachants ». Plus que nous, c'est certain.Moins compromettants en tout cas, plus profondément enfouis : ressortissant moins du déclassement que d'une anthropologie, en objets d'étude.

    Branches sur la mer P.JPG

    Du haut de sa Grand-Barbe, Sa Mansuétude, lissant son journal dans les plis, devise doctement avec son zoomorphe, s'extasiant sur sa fraîcheur demeurée, tendant la cacahuète et la banane. Les autres lavettes traînent la savate en devisant, crissant des pieds sur ce gravier d'espion, dont trop de flics en retraite trouvent bon de garnir leurs petites courettes. Tout enhardis, les voici qui se hasardent au seuil de ma cuisine, feignant de se tromper, se ravisant avec ostentation, remontant l'escalier de pierre en se hissant des deux pieds de marche en marche – différence enrichissante dont on nous rebat les oreilles – quand violeront-ils la surveillante, à travers son collant moule-chougne ? je trouve proprement inadmissible en vérité que l'on emploie du personnel féminin chez les prisonniers.

    C'est de la torture mentale. Les prisonnières, elles, supportent les hommes du personnel : il ferait beau voir qu'elles les désirassent ! Les femmes, douces, tendres et délicates, ont besoin d'un long apprivoisement amoureux avant de ressentir une ombre d'amorce de soupçon de désir. « On n'est pas des cochons comme vous » - c'est cela, oui... - les hommes font, paraît-il, « toute une histoire avec leur sexe » - les femmes très exactement de même, avec la négation du leur – le comble, en vérité, du ridicule : Fedora «n'a plus besoin de ça », à son âge, vous pensez bien, et nous le fait savoir haut et fort - se glorifie de ne plus désirer, d'avoir enfin trouvé « la paix des sens », comme le nasille l'une de nos plus belles actrices de cinéma, en pleine page de magazine

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    Ce qui m'a toujours pétrifié chez les bonnes femmes, au plus haut degré, c'est cette irrépressible pulsion qu'elles ont toutes, que plus elles sont frigo, plus elles éprouvent le besoin de s'en vanter.

  • L'inspection infernale

    Mon père avait quitté la pièce. Je savais qu'il s'occupait d'enfants comme Jean-Christophe et moi. Il suffisait de cinq élèves de quinze ans, insolents tous les cinq, pour transformer le cours en véritable enfer. Mon père

    l'instituteur s'y connaissait : il savait prendre les choses avec diplomatie, laissait la fille Brebsi défiler ses sottises, et prenait avec humour ses réflexions humiliante. Il s'en montrait, même, amusé. S'il eût été précepteur, au XVIe

    siècle, d'une noble et conne pucelle, il se fût retrouvé tout en pourpoint et fraise précipité dans les douves boueuses d'un château.

    Il aurait eu pied, mais tout son habit de précepteur se fût irrémédiablement gâté. Alors il appelait à l'aide, mon père, au comble de l'humiliation, et bien mal récompensé de sa patience. Les petits nobles, se risquant sur la berge

    raide... lui tendirent des mains, des bras, des branches et des chapeaux. Ils le tirèrent de là non sans mal, obtinrent le remplacement des habits souillés, se montrèrent ensuite avec lui d'une parfaite déférence, sans que mon père

    eût jamais su s'ils s'étaient repentis d'eux-mêmes ou si leurs parents les avaient préalablement bien morigénés...

    Les temps avaient apparemment bien changés. La Révolution française était passée par là. Il suffisait à présent de tenir une classe de rejetons nuls, agitée, fatigante. Le cours pouvait avoir fait son effet, mais quel est "l'effet"

    d'un cours ? Peut-il se mesurer ? Quelle note aurait eue Socrate ? Avant ou après enculage ? Si c'est votre propre père qui vous inspecte, quelle note vous accorde-t-il ? Si votre père est plus jeune, plus entreprenant, plus Moutons de couleur.JPGdynamique, alors que vous ramez dans vos habits trop larges d'éternel débutant, comment réagirez-vous ? "C'est bien", lui dites-vous. C'est vous-même, l'inspecté, qui attribuez une note, une appréciation, à l'examen de votre

    père.

    Mais cela signifie, en réalité, "assez ; n'insiste plus ; suffit" - les inspections précédentes se sont prolongées au-delà du supportable : "nul ne peut contenter tout le monde et son père". Et puis, se fait-on encore inspecter à

    quelques mois de la retraite !

    ravalement... Ravalant justement son indignation, l'enseignant, avec son très vieux père se dirigèrent par un couloir vers une cantine, l'éternelle cantine qui ne connaît que quatre goûts : salé, sucré, amer, et fade ; chaud, froid,

    tiède, ce qui fait douze nuances. Et les serveuses, celles qui balancent leurs louches dans les assiettes de plastique, manquent de la plus élémentaire amabilité - elles se font tellement chier...

    L'inspecté rentre chez lui, le cauchemar est terminé. C'est une villa d'Algérie, du moins à la mode algérienne, claire sous le haut plafond. Ambiance bruyante, vu la circulation extérieure, et le peu de meubles encore installés :

    une résonance de pièce vide. Personne. L'épouse et la fille sont encore en courses. Elles ne sauraient tarder, quoiqu'elles ne connaissent pas très bien encore cette ville nouvelle. En attendant, il fait défiler des photos sur un écran

    : voici Te-Anaa, magnifique Maorie, amante et amie de toujours, souriante, épanouie. Pourvu que sa femme ne s'en aperçoive pas ! Il ne peut se résoudre à l'effacer, non plus qu'à jeter la cassette entière…

  • On est tous des dingues

    Nos logeurs, prudemment retranchés côté paillasses, multiplient les bruits de vaisselle; assurément, ils ne recevront plus jamais, juré ! de locataires si mal embouchés, qui engloutissent leurs chocolats fumants sans le moindre compliment ni la moindre curiosité pour les curiosités du coin - moi je voulais sauver l'enfant – Lydie ? j'en aurais fait une petite fille bien forte, bien éduquée, européenne, adulée. Sans massacreuses. Les deux Gorgones à présent font chorus, soudées dans la même sottise. Plus tard cependant, Léna supprimera d'un coup la Custaline ou "calmant pour enfants", qui provoque parfois chez eux - carrément - des AVC - accidents vasculaires cérébraux...

    “Les éducateurs” (autre conversation) “cèdent tout aux jeunes cons de banlieue ; s'ils se font insulter, c'est le dirlo qui leur remonte les bretelles : « Vous ne savez pas vous y prendre » - le grand patron il s'en fout, il vit là-haut dans la Sarthe au milieu des paperasses « Moi ce qu'il me faut c'est du résultat. Du chiffre. "Et s'ils me disent merde ? - Vous n'aurez qu'à réviser vos méthodes d'approche. C'est votre faute à vous.” Les instructrices, humiliées, rabrouées, retrouvent après l'algarade leurs tortionnaires goguenards, victimes du racisme ressassent les journaux. Envie de virer tous les bronzés - en haine du laxisme. Qui parle en dernier a toujours raison.

    Lit défait.JPG

    Tous les arguments se valent. Je ne crois qu'en la foi. L'Occident s'effondre dans la Logique Absurde. La retraite, moi j'aime ; toute une carrière juste après la chute de l'Empire : premier poste, année scolaire 67-68... Fédora revient sur sa suppléance à Pontoise : « M'dame, on aime bien ce que vous dites, parce que vous balancez pas de conneries - celle d'avant, elle arrêtait pas de nous répéter qu'on avait de la chance d'être ici, qu'on s'occupait de nous, excursions, formations, ateliers, tout le bordel, mais c'est vous qui dites la vérité' («  non, vous n'avez pas de pot d'être ici ; parce que vous avez fait les cons, et vous restez en semi-liberté ; à la première gaffe c'est le juge et la taule ferme. Alors on se tient à carreau et on se fait oublier »)

    - M'dame, nous on aime bien ce que vous dites. » Je tends à Fédora une revue d'extrême droite (« il faut connaître ses ennemis ) elle refuse : “J'ai trop peur de me laisser convaincre” - à quoi ça tient tout de même. Les opinions de gauche(«pas de clandestin chez moi, ça va pas, non ? tu verrais comme c'est petit ! ») - si c'était plus grand, Fédora, que ferais-tu ? « Il n'y a plus de chorégraphie », dit-elle (ancien Premier Sujet), “juste une juxtaposition de numéros. “Toi, Mohammed, tu sais faire telle chose” (et uniquement telle chose) – oh ce que c'est bien ! tu fais ton petit truc dans le coin ; et toi Latifa, ton petit machin dans l'autre” - pourquoi pas, Fédora, pourquoi pas - que font-ils donc en Russie, les danseurs de trépak ? ...les uns plient les genoux, les autres sautent en extension, ils ne savent faire, eux aussi, qu'une seule et même chose....

  • Bribounettes

    3 07 02

    Le petit chat et l'écuelle.JPGl'incapacité de l'auteur, y compris dans sa vie personnelle et sociale, de consentir au moindre effort pour instituer des relations dites « efficaces ». « J'y suis bien arrivé », « Comment on a fait nous autres » - eh bien, ramassis d'ignares, lorsqu'on a bien une fois pour toutes constaté que tous ses efforts ou prétendus tels ce qui revient au même aboutissent rigoureusement au même résultat, à savoir infinitésimal, on laisse tomber, je laisse tomber. Immaturité ? Parfaitement. Paranoïa puérile ? Oui. 63 07 08 noter : shakespeare fait

    We are such stuff
    As dreams are made on; and our little life
    Is rounded with a sleep.

    The Tempest Act 4, scene 1, 148–158


    63 07 13

    Et qu'on m'ôte donc ce disgracieux scrotum, ce fétu ridicule - coupez ! » - au nom, disait-il, des promesses non tenues - les femmes, que je sache, n'ont jamais rien promis. 

  • fea8e4

    Qu'est-ce que vous voulez que ça me foute que vous sa CHIEZ mon code d'accès ? Il aura changé au petit bonheur dans les 8 jours. Mais qu'est-ce qu'ils croient, tous ces gens qui viennent baver ici ? moi compris... Ils se prennent pour des Personnages Importants ? Ils ne veulent pas qu'on sache le prénom de leur belle-mère, ou qu'ils ont des boutons sur leur zob ? Mais qui ça va intéresser, ça ? Ils te piquent de ces crises parce que leur tronche paraît au bout de 18 (dix-huit !) clics ? Ils pensent que ça concerne au plus haut point la Cia, le Mossad et la préfecture de la Sarthe ? Et ils se croient protégés, alors que ma moindre virgule est entassée dans un gigantesque réservoir à données. C'est comme les chats tatoués et pucés : ils disparaissent aussi bien que les autres. Si "ON" veut vous nuire, ça vous arrivera nécessairement. Même si vous vous cachez sous une bouse blindée à l'épreuve des tirs directs. Si vous voulez qu'une chose reste secrète, facile, parlez-vous tout seuls dans vos chiottes (à supposer que Poutine n'y ait pas entreposé de micros). Mais dès que ça paraît ICI, c'est à tout le monde. Bande de niais.

    Le chien flou.JPG

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