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  • De Nabe à Pamuk - Turkey for ever

     

    20 01 53

     

    Je plonge en littérature les bouteilles dans le dos. Je me transforme en grand homme. Sans Bougnard ni réducteurs de têtes. Les grands noms comptent avec moi. Je marche samizdat sur la seule vraie grande voie. Je serais bien l'ami de Xavier C. Toujours sur la brèche au risque d'y tomber. Toujours répondre. Je suis sur la seule voie, non la meilleure.

     

     

    Tombée du ciel.JPG

    Ecrire ainsi désormais : reprendre un texte, « La Maison du silence » (Orhan Pamuk). Il dit : le secret des peintures et des couleurs est très simple. Le peintre doit seulement laisser courir ses pinceaux sur la feuille, je croyais cela, récusant le terme « inspiration » ; à présent j'écris comme il vient. La dernière fois que j'ai raisonné – planifié – tout s'est soldé par 21 pages divisées en 19 chapitres. Je ne comptais plus écrire à l'ancienne. « La Maison du silence »met en scène une vieille dame de 90 ans ressassant son passé, cela ressemble à Lobo Antunes, Lisbonne remplacée par Istamboul, et mon sexe par l'autre. Fatma, m'avait dit un jour Sélahattine (c'ele nom du mari, mort ivre mort sans avoir achevé l'« Encyclopédie » en 48 volumes, qui eût dispensé aux Turcs l'athéisme salvateur ; il fit deux enfants à sa bonne, l'un nain, l'autre boiteux, métaphore ! métaphore !) Il avait renversé la bicyclette de mon fils sur la table de la salle à manger, il m'avait montré le cercle de sept couleurs... élahattine Darvinoglou (nom de famille inspiré de Darwin) enseigne à sa femme les bienfaits de la science, de l'égalité des sexes, de la désuétude des mœurs anciennes, mais l'épouse se renfrogne et murmure à part soi que les aberrations de son mari sont un péché.

    Eût-il vraiment connu la femme occidentale qu'il en eût vite eu le cul cousu, désireuses qu'elles sont de conserver les privautés de leur prétendu esclavage (« enfance indéfinie »), petites attentions, caprices d'abstinences ...qu'il avait fixé sur la roue arrière. 'instite. Ivrogne.  ...Tu vois, Fatma, il y a là sept couleurs... 'est là le sort de la Vieille Turquie, dont les fils sont le Nain, le Boiteux - mais regarde bien, à présent, ce qui va leur arriver, à ces sept couleurs... élahattine, La Gloire de mon père. ici un vieux père plein d'odeurs écœurantes et de dents gâtées. premiers temps j'écrivais des fiches, pour bien savoir qui était qui dans cette famille si  recomposée

    Le fils du boiteux, c'est Hasssan, l'intégriste. Et puis, Pamuk, plus loin, bien plus loin, je me suislevé, j'allais m'éloigner, quand j'ai fourré les mains dans mes poches :il y trouvera bien évidemment le peigne qu'il aurait dû rendre à Nilgune, sa bien-aimée ; c'est en effet de tels tourments qu'on crève quand on est amoureux - est-ce donc devenu plus facile ? j'ai assisté dernièrement à une représentation musicale entre "jeunes" de vingt à trente ans. Atmosphère crépusculaire, invertébrée. Une grande souffrance du rien. En même temps la fébrilité, frénétiquement réfrénée : ces demi-coups de pied dans le vide, ce désir éperdu, surtout de l'artiste, de ne pas se démarquer, de ne pas faire le malin, de ne pas vouloir être autrement que les autres, de

    bien démocratiquement se niveler. Le désenchantement. Des regards chafouins vers nos soixante ans. Quelques drogues molles supposées, une chansonnette piaulée-couinée, une petite tache de soi-même coincée dans l'étranglement filé du son, nous sommes repartis dans le froid. Moi aussi je m'adonne au vau-l'eau, va devant, camarade ! Je vais le briser, mais non, Pamuk décrit son jeune homme au peigne, timide, islamique, anticommuniste et puceau ; rien qu'un petit peigne vert au fond d'une poche, tombé d'un sac de Déesse. Persécuter celle qu'on n'ose aborder, la suivre dans les escaliers en chantant "Si tu ne veux pas - de mon amour - adieu bonjour - ma mie" j'avais fait cela en seconde.

    Les filles en vérité ne se rendent pas compte, Elles se rendent pas compte à quel point elles paralysent, dessèchent jusqu'à la mort. Pensant au contraire en avoir beaucoup fait dès qu'elles ont condescendu, par le mariage, à prêter leur cul.

  • Sorcières catalanes et marins

     

    Les vieilles dures à cuire me regardent à peine. Elles disent entre elles “ça ne vit pas vieux un homme, allez ; ça ne tient pas la route” (70 à l'heure en montée) – ou bien “on devrait arriver pour la soupe ; faudrait qu’il accélère.” Je dégueule - ES PROHIBIDO – “défense deparler au chauffeur” - je me retourne en m’essuyant les lèvres : “Quand est-ce qu’on arrive à Hemmes” - je prononce [émès] - alors une vieille en noir me demande - “quelle langue parlez-vous à la fin ?” - sabir de catalan, avec une bonne macédoine d’italo-portugais – je ne connais pas de langues à proprement parler : juste quatre ou cinq dialectes pour épater la galerie.

    Terzieff.JPGMon Portos à huit heures demain matin sera sur l’autre versant à tronçonner ses arbres. Je replace ma main sur l'estomac, refais le geste de boire, toutes les vieilles me regardent et haussent les épaules, le car continue de virer - c'est un clown ès un original - para la paella riz safran crevettes y màs de gambas. Ma vieille me fait une proposition : Tengo una habitación para alquilar – chambre à louer : micro-ondes plaques électriques mini-four cafetière lave et sèche-linge vaisselle et ustensiles – génial je dis ès genial ça n'est pas très idiomatique son prix me convient elle ne parle plus repliée sur son loyer calculé au plus juste gagnant/gagnant meilleur rapport qualité prix "Cherche étudiant type européen, posé, aisé, visites non admises". “Il ne faudra pas faire de bruit j'habite avec ma sœur vous serez juste au-dessus de chez nous” ça promet J'espère me farcir les sœurs on m'a déjà fait le coup (la mère la fille effacées chat coupé, vieilles peaux tavelées) mais je n'escompte rien c'est ça qui fout tout par terre le calcul, ne pas calculer - juste le tant par mois.

    Mon motocycliste à cette heure-ci bouffe du riz Andalùs avant d'aller se coucher tronçonneuse dans l'allée du lit nez dans l'oreiller chacun son métier y las vacas et les vaches - ça ne se dit pas (“seront bien gardées”) surtout espagnoles, je ne reverrai plus la tronçonneuse. La logeuse apprécie mon métier, mes revenus, la garantie de l'ordre public. “Dames 65 ans réputation intacte ch. Messieurs âge en rapport pas sérieux s'abstenir” - où dormir ? il n'y a pas d'hôtel à Hemnes, je devrais bien me couper les cheveux (brushing, extension, coloration) j'ai tout oublié c'est ma vie qui s'avance voilà GARDIEN STAGIAIRE.

    Ne pas s'attendrir ou s'aigrir - depuis toujours je m'abandonne aux deux - m'endors à l'horizontale très raide sauf ce soir, dans un coin de drap gorge stricte j'ignore ce qui coule sur mon visage - cruelle nature - dans huit semaines mes gars voguent à la voile au large de Valdivia (République Argentine). La rééducation par la marine en bois, pas de femme à bord, ils gueuleront des couplets de tempêtes, la pureté du large et tout le bataclan, loin d'ici galère en pleine terre. Ils escaladeront les mâts et s'enculeront dans les hamacs en quête d'équilibre.

  • Kennedy, oui ; Douglas, beurk.

     

    Au Pays de Dieu, de Douglas Kennedy, paru chez Belfond, vous entretient de cette curieuse contrée, en effet, localisable aussi bien dans les espaces de l'au-delà (Mon royaume n'est pas de ce monde, disait l'autre) qu'au sein des frontières de cet empire bien terrestre nommé les Etats-Unis. Là-bas, vous devez absolument (l'adverbe ici s'impose) avoir une religion ; c'est d'ailleurs l'une des premières questions que l'on vous posera : De quelle religion êtes-vous ? Ensuite, que vous soyez juif, catholique ou presbytérien (peut-être pas musulman toutefois : il y a des limites) vous serez laissé en paix, libre de pratiquer à votre façon.

    Strates provençales.JPGMais n'allez pas, malheureux, déclarer votre agnosticisme, ou votre athéisme, ou votre je-m'en-foutisme : vous serez automatiquement catalogué mal vu, moins que rien et quasiment prédisposé au terrorisme, comme disait l'autre, un autre autre. Or Douglas Kennedy, avec sa tête à claques de sceptique roublard figurant sur la page quatre de couverture, appartient sans nul doute à ces catégories de personnes pour qui la religion, s'il y en a une, serait essentiellement (l'adverbe s'impose) une question privée, voire secrète, sans rapport avec les cérémonies ou les fastes omniprésents en cette matière, moins encore avec les transes publiques ou les appels au porte-monnaie.

    Il nous invite en ce plaisant ouvrage à parcourir l'Amérique profonde, comme on dit, souvent misérable, souvent bien colorée, souvent complètement paumée, qui ne fait l'objet d'aucune publicité malsonnante risquant de contrarier le beau rêve américain. Armé de sa bagnole, d'un magnéto, de son bagout et de son écoute attentive, il nous mène de temple somptueux en bâtiments préfabriqués, de chapiteau sonorisé en studio de radio miteux, pour nous faire mesurer l'ampleur d'un désastre spirituel annoncé. La chose commence juste à se savoir, mais les intégristes chrétiens américains n'ont rien à envier aux fondamentalistes dits musulmans, œuvrant même de concert pour enlever toute envie de rire, boire et danser à la population, car Dieu n'est pas un rigolo.

    Pour un totalitaire d'inspiration religieuse, l'évolutionnisme est l'ennemi, Darwin un dégénéré, les femmes des diables à cadenasser. Ce sont toujours dans ce volume les mêmes histoires : un homme dépressif, de préférence soûlographe ; une femme qui pleure, parce que trop grosse ou cancéreuse, l'un n'empêchant pas l'autre ; un jeune drogué se frictionnant avec la police, futur chômeur à vie. Puis soudain, l'illumination : Dieu est avec toi, Jésus t'aime, Jésus sauve (on ne parle ici que des chrétiens). Cette illumination se manifeste de façon très variée : soit par coup de foudre interne, de l'ordre du rêve ou de la révélation ; soit par un prêche radio ou télédiffusé ; soit par une cérémonie envoûtante, avec grandes orgues, chœurs de negro spirituals et vaste mise en scène payée par les fidèles. Quoi qu'il en soit, vous voilà embringués, gavés de propagande, ponctionnés de dons spontanés, nageant dans le bonheur. La publicité s'octroie les mêmes procédés de racolage pour la religion que pour des marques de réfrigérateurs ou de boissons gazeuses : et les témoignages abondent de satisfaction, de puissance modeste de la part des pasteurs qui ont réussi, jurant tous leur grand Dieu (au singulier) qu'ils ne se sont pas enrichis personnellement. D'ailleurs, ils sont tous partis de peu, puis se sont mis à gérer leur entreprise spirituelle en respectant les lois du marketing, parsemant la carte des Etats-Unis de petites punaises de couleur indiquant les limites de leur empire, tout à fait comme dans un bureau d'état-major.

  • Parturition, etc.

     

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    La grue et le grillage.JPG

    PARTURITION

    Mes trois prénoms chrétiens sont Gaston, Lucien, André. Dieu dessécha mon âme, et purifia mes lèvres d'un charbon ardent; et Isaiae labra carbone ardenti purificavit.(4) La cathédrale de Limoges présente en bas-relief sous le buffet d'orgues les Douze Travaux d'Hercule, paganisme patent, dont nulle notice ne fait mention (5). André, l'Homme, deuxième prénom, fut d'abord le nom de mon second père, le médecin accoucheur. "Boucher !" criait ma mère , « Boucher ! » - le

    sang giclait! giclait partout ! sur les murs, sur le sol, les cuisses ouvertes de ma mère et la table aux

    pattes torses où la famille a mangé jusqu'à mes treize ans.

    Notes :

    1.  

        (4) Dans l'Ancien Testament, les lèvres du prophète se trouvent ainsi habilitées à porter la parole de Dieu. C'est ainsi que notre auteur s'égale aux plus nobles figures bibliques.

      1. (5) Cette observation, exacte au demeurant, ne présenta aucun lien apparent avec ce qui précède, ni avec ce qui suit...

     

    ..."Me voici. Mes yeux sont d'azur baignés."

    Valéry, "L'Enfance de Sophocle"

     

     

    6

    GOYA

    Sans souvenir encore. Pourtant, passé le meurtre des serpents (6) , d'autres monstres se lèvent à l'horizon d'une mémoire antérieure, d'immenses jambes nues franchissent au loin en déchirant les brumes de longues étendues d'eau pâle, terre et mer emmêlant leurs contours indécis. Fermant un instant les yeux, puis les rouvrant, je m'aperçois que les visions s'estompent. Je porte au sommet du crâne l'ombilic ou la fontanelle des vies antérieures. Mère avant moi déjà vivante. Boute-en-train – pour étrange que soit le terme ,désignant un étalon  chargé d'exciter la jument, puis qu'on éloigne pour lui substituer, en douce, le véritable géniteur. « C'était un numéro » ajoutaient les commentateurs - définition de cirque ; jusqu'à une date toute récente, j'ai cru que lres circonstances sanglantes de ma naissance l'avaient transformée en créature dépressive, or, elle l'avait toujours été, comme tous les « rigolos ». Mais le visage de ma mère m'apparaît surtout, dans ma mémoire, comme celui d'une Gorgone, au hideux rictus (7)

    Trône à seize ans ma mère en costume d'Esther sur un cliché sépia parmi les jeunes pensionnaires entorchonnées de châles. "Un jour en classe » dit ma mère « à la question "qui fut le roi de la Lorraine en 1738 ? j'ai crié : Stanislas Leszczynski !" (8)

      Ma vie est le monde, et son histoire, ma cosmogonie.

    Notes :

       

      (6) Allusion aux deux serpents envoyés par Héra pour étrangler Hercule, encore au berceau. N'oublions pas que notre héros, de loin en loin, prétend se hausser au niveau du grand Héraclès ou « Hercule »(7) L'auteur exagère. Mais il ne renonce pas à transformer les évocations de son enfance en épisodes

      mythologiques, sans omettre les références picturales (Goya, Valéry, Sophocle – le foutoir...)

      (8) Deux circonstances où la Mère se trouve mise en valeur. Ce rappel se relie difficilement, là aussi, à ce qui précède ou à ce qui suit.

     

  • Pubis repetita placenta

     

    20 01 2053

     

    Je plonge en littérature les bouteilles dans le dos. Je me transforme en grand homme. Sans Blanchard ni réducteurs de têtes. Les grands noms comptent avec moi. Je marche samizdat sur la seule vraie grande voie. Je serais bien l'ami de Xavier C. Toujours sur la brèche au risque d'y tomber. Toujours répondre. Je suis sur la seule voie, non la meilleure.

    Ecrire ainsi désormais : reprendre un texte, « La Maison du silence » 'Orhan Pamuk Il dit : le secret des peintures et des couleurs est très simple. peintre sans doit seulement laisse courir ses pinceaux sur la feuille, je croyais cela, récusant le terme « inspiration » ; à présent j'écris comme il vient. La dernière fois que j'ai raisonné – planifié – tout s'est soldé par 21 pages divisées en 19 chapitres. Je ne comptais plus écrire à l'ancienne. « La Maison du silence »met en scène une vieille dame de 90 ans ressassant son passé, cela ressemble à Lobo Antunes, Lisbonne remplacée par Istamboul, et mon sexe par l'autre. Fatma, m'avait dit un jour Sélahattine (c'ele nom du mari, mort ivre mort sans avoir achevé l'« Encyclopédie » en 48 volumes, qui eût dispensé aux Turcs l'athéisme salvateur ; il fit deux enfants à sa bonne, l'un nain, l'autre boiteux, métaphore ! métaphore !) Il avait renversé la bicyclette de mon fils sur la table de la salle à manger, il m'avait montré le cercle de sept couleurs... élahattine Darvinoglou (nom de famille inspiré de Darwin) enseigne à sa femme les bienfaits de la science, de l'égalité des sexes, de la désuétude des mœurs anciennes, mais l'épouse se renfrogne et murmure à part soi que les aberrations de son mari sont un péché.

    Eût-il vraiment connu la femme occidentale qu'il en eût vite eu le cul cousu, désireuses qu'elles sont de conserver les privautés de leur prétendu esclavage (« enfance indéfinie »), petites attentions, caprices d'abstinences ...qu'il avait fixé sur la roue arrière. 'instite. Ivrogne.  ...Tu vois, Fatma, il y a là sept couleurs... 'est là le sort de la Vieille Turquie, dont les fils sont le Nain, le Boiteux - mais regarde bien, à présent, ce qui va leur arriver, à ces sept couleurs... élahattine, La Gloire de mon père. ici un vieux père plein d'odeurs écœurantes et de dents gâtées. premiers temps j'écrivais des fiches, pour bien savoir qui était qui dans cette famille si  recomposée

    Le fils du boiteux, c'est Hasssan, l'intégriste. Et puis, Pamuk, plus loin, bien plus loin, je me suislevé, j'allais m'éloigner, quand j'ai fourré les mains dans mes poches :il y trouvera bien évidemment le peigne qu'il aurait dû rendre à Nilgune, sa bien-aimée ; c'est en effet de tels tourments qu'on crève quand on est amoureux - est-ce donc devenu plus facile ? j'ai assisté dernièrement à une représentation musicale entre "jeunes" de vingt à trente ans. Atmosphère crépusculaire, invertébrée. Une grande souffrance du rien. En même temps la fébrilité, frénétiquement réfrénée : ces demi-coups de pied dans le vide, ce désir éperdu, surtout de l'artiste, de ne pas se démarquer, de ne pas faire le malin, de ne pas vouloir être autrement que les autres, de bien démocratiquement se niveler. Le désenchantement. Des regards chafouins vers nos soixante ans. Quelques drogues molles supposées, une chansonnette piaulée-couinée, une petite tache de soi-même coincée dans l'étranglement filé du son, nous sommes repartis dans le froid. Moi aussi je m'adonne au vau-l'eau, va devant, camarade ! Je vais le briser, mais non, Pamuk décrit son jeune homme au peigne, timide, islamique, anticommuniste et puceau ; rien qu'un petit peigne vert au fond d'une poche, tombé d'un sac de Déesse. Persécuter celle qu'on n'ose aborder, la suivre dans les escaliers en chantant "Si tu ne veux pas - de mon amour - adieu bonjour - ma mie" j'avais fait cela en classe de seconde.

    Les grues.JPG

    Les filles en vérité ne se rendent pas compte, Elles se rendent pas compte à quel point elles paralysent, dessèchent jusqu'à la mort. Pensant au contraire en avoir beaucoup fait dès qu'elles ont condescendu, par le mariage, à prêter leur cul.

  • Nabe U.K.dinosaure

     

    Me voici dans le train à droite d'une charmante anglolecte blonde invisible standard. Je sors d'un monument de haine qui me stimule à mort en parlant d'envoyer à l'extermination nombre de mes concitoyens dont profs étudiants jeunes pédés ouvriers e tutti quanti. Marc-Edouard Nabe me séduit par son style. Puis je me compare à lui ; c'est que je chercherai toujours et partout des modèles. Puis, il est si exceptionnel de trouver un livre qui se dévore ! Et s'oublie, c'est selon. Mon éponge est comble... Il veut "supprimer tout l'éventail" – droite / gauche. Attendons-nous à des volées de bois vert sur tous partis confondus.

    Pourtant il possède l'art de surprendre. Abolir les syndicats. Pourquoi pas. Reste que sans eux nous ne serions que chair à patron. Je ne me suis pas impliqué parce que c'était trop cher. Plus d'Eglise, plus d'armée, plus d'école, on connaît la chanson, "plus de piston et d'assistance" – non plus ? Il n'y a plus de vie alors ? J'admire sans plus l'invectiviste. "Renaissance !" De quoi ? de la Barbarie ? Ma voisine somnole entre deux branlettes, la tête sur un pan de vêtement contre la vitre. Jeunesse rabâchée de tant d'élucubrations nabiennes, combien cependant plus stimulantes que ces brouets philosophiquesà la sauce doxa qu'on nous présente. "L'Art et les vrais artistes" : Nabe parle de lui-même – jamais donc il ne se remet en question, jamais il ne se dégoûte soi-même ? Sûr de tenir le bon bout du bâton merdeux ? "Il verra l'effet que ça fait d'être de l'autre côté de l'anus". J'éclate de rire. A côté ça bouffe, des relents m'écœurent. Nabe : "Sélection impérative raciale et impitoyale des véritables créateurs !" - dont Nabe à n'en point douter. Il se plaint que les post-post-avant-gardes se soient bouffées : comment envisages-tu la poursuite ? Est-ce le snobisme, ou la nullité humaine, qui a décrété l'épuisement de toutes les formes, l'inutilité de dire ou de peindre quoi que ce soit ?

    Brave homme (brave Nabe), à supposer que ces propos lance-flammes remontent à 87, comment vais-je condamner toutes les compromissions dont je me suis autopétri ? "Imposteur" ou "magouilleur" de tout poil, comment ne le suis-je donc pas à l'intérieur de moi-même et jusqu'au fond ? Qui est pur ? L'invectiveur ? ...qui se permet de définir une "société idéale" ?!!! C'est le monde qui nous mène, et non pas les citoyens du monde qui effondrent le monde. Je ne comprends d'ailleurs même pas la fin de sa phrase, dans un tel brouillage de toutes les idéologies : laquelle est approuvée ?

    Je suis pour une révolution permanente "où toutes les idées seraient concomitantes (je résume) – voilà bien longtemps que je vis cet embrouillamini... Dois-je vraiment souhaiter que d'autres en souffrent également ?

     

    X

     

    Le bac jaune.JPG...Je suis dans le train... Splendides paysages de neige... Mes yeux vieillis ne distinguent pas si ma voisine lit du français ou de l'anglais... Deux couples tout près, qui ne se savent pas écoutés... Le mystère des couples : exactement ce que je vis...

     

    X

     

    J'ai déjà lu les bouillies de Nabe un peu partout. Il y a tout autant de bouillies de gauche... L'Anarchie obligatoire ! Ô trépignements ! Ecoute, Marc-Edouard : rien d'obligatoire, entends-tu ? Rien... Tout rite de plus d'une personne est interdit.

     

    X

     

    Ma voisine lit décidément de l'anglais.

    Les couples non loin de moi sont faits de confiance, de conversations communes, d'un doux repos dans les bras l'un de l'autre.

     

    X

     

    Anarcho-fasciste ! J'éviterai de parler de cela au bureau, où l'on est bien le plus rétro qui se puisse concevoir.