09.06.2009
nos vieux droitiers de gauche
Laissons à d'autres le soin de déterminer les forces obscures, ou appels de la Grâce, qui purent susciter chez ces trois-là si éminemment catholiques leurs inspirations : mais le fait demeure que le Péguy du Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc (1897) et le Joris-Karl Huysmans d' En Route (1895) n'ont jamais éprouvé le besoin, la démangeaison, la plus minime aimantation, démangeaison de confronter le parallélisme euclidien de leurs itinéraires spirituels. Rien non plus du côté de Léon Bloy, ou d'Ernest Hello. Péguy en revanche entretint quelque correspondance avec le laïc Alain-Fournier né en 1886, mort le 22 9 1914 dans la courageuse attaque (aux dernières nouvelles) d'une ambulance – c'est gênant...
Le Grand Meaulnes date de 1913 ; le point commun entre les deux hommes, futures victimes de la Grande Guerre à quelques semaines d'intervalle, serait assurément à chercher du côté d'Hernani, d'une admiration éperdument partagée pour Victor-Marie, comte Hugo, puisque l'amant de Dona Sol (Hernani), comme le Grand Meaulnes plus tard, obéit au mystérieux et funeste appel du cor nocturne, interrompant à tout jamais leurs amours à peine assouvies. Quant au retentissement de L'Aiglon de Jean Rostand (nous changeons de sujet...) il semble n'avoir eu que peu d'effet sur Péguy, peu sensible aux effets, précisément : "Croyez-vous", écrit-il (Entre deux trains) que si le public avait reçu comme il convenait" ( c'est-à-dire en boudant) ce Cyrano de Bergerac, dont les journaux ont dit tant de bien, M. Edmond Rostand [...] aurait jamais osé lui proposer ce jeune Aiglon, dont les journaux ont dit tant de bien"...
Ôtons donc de la perspective, du soleil de Péguy, aussi bien et une fois pour toutes les enivrements vaticinants des vaticaniers huysmansiens que les hennissements patriotards d'Edmond Rostand, admirateur de Déroulède. La religion, le patriotisme de Péguy ne trempent pas, ne sauraient tremper dans le cocardisme. Mais tout le monde admirait Victor Hugo. Et Napoléon.
Barrès, Péguy, la Lorraine, moi et tant d'autres
“Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,
Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas
Meuse adieu : j'ai déjà commencé ma partance
En des pays nouveaus où tu ne coules pas” - nous y reviendrons.
13:04 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Le socialisme à la Péguy : accepter la vie pauvre et se confier à la Sainte Vierge... Amis syndicalistes, bonsoir !!!
Ecrit par : purquien | 11.06.2009
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