25.05.2009
Les Français et l'argent
L'argent est un sujet tabou en France, non pas tant en raison de l'envie qu'on se porte les uns aux autres en ce charmant pays, mais de cette propension des Français a toujours se croire autorisés aux commentaires, les plus méprisants possible. Mortifiants ; que dis-je, il se fera un devoir de vous expliquer ce que vous devriez faire.
Les Français sont imbattables en effet pour gérer le budget des autres. Surtout quand l'autre est un fonctionnaire. Je ne suis pas un démerdard, moi. J'ai-eu-ma-paye-à-la-fin-du-mois. Je n'ai jamais su comment gagner le moindre centime de plus que ma paye. Partant j'eusse eu bien besoin d'une épouse qui travaillât, parfaitement. “L'amour s'éteint” dit à peu près Balzac “dans le livre de compte du ménage.” Il dit aussi “La vie des gens sans moyens n'est qu'un long refus dans un long délire”.
Nous ne pouvons donc envisager d'acheter ni la moitié de cette statuette, ni le modèle au-dessous. “Mon père payera”. Nous ne pouvons pas davantage habiter “à demi” hors de la maison héréditaire : “Et le loyer ?”. Imparable. Ma femme ne peut tout de même s'abaisser à travailler pour payer un loyer, alors que le gîte nous est offert. Quel bourreau je serais. La femme est victime, alors même qu'elle vous victimise, justement par la raison même qu'elle vous victimise : souvenons-nous, toutes proportions gardées, de ces braves SS traumatisés par l'éprouvant métier d'expédier une balle dans la nuque des juifs - à la limite de la dépression nerveuse - les pauvres - les SS, bien sûr...
Le pire en effet, quand je me fais anéantir, c'est que je proteste. Au lieu de sourire. Et c'est parce que je râle comme un putois que je suis agressif. Bien sûr il y a eu des rémissions, du bonheur : jeunesse, amour, exaltation. Illusion que les choses finiraient bien par s'arranger” . Il ne s'agit pas ici de “se plaindre”, comme disent les je-sais-tout, les psychologues de salon, ceux qui viennent insolemment vous corner sous le nez leurs avis et commentaires sans que vous leur ayez surtout rien demandé (et j'en connais ! mon Dieu ce que j'en connais !) - mais d'expliquer – pas même : d'exposer. De raconter. De faire mon petit numéro. Mon petit intéressant. C'est tout.
10:19 Publié dans la parano qui galope | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
La France est un charmant pays : oui, mais malgré tout, l'enfoiré Francis Lalanne veut demander l'asile poliique en Corée du Nord : vive Nolleau !
Ecrit par : Laffranchi | 30.05.2009
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