09.05.2009
Eclats de Péguy
Péguy contre la prédestination
Péguy se prononçait contre toute prédestination individuelle.
1. Considérons ceci en effet : - ou bien, tout étant néant, tout reposant sur le diviseur zéro, le Diviseur Absurde (car multiplier par zéro, c'est encore quelque chose, c'est “zéro”, ce n'est pas rien ; tandis que diviser par zéro, ce n'est pas zéro, ce n'est même pas rien, c'est proprement, à la lettre, inconcevable) - en ce point d'intersection (soyons plus net) où nous nous trouvons, nous les hommes, broyés entre l'horizontale du plan temporel, humain, et la verticale, couperet de Dieu – c'est ce que pense le rabbin Loew – contemporain de Rodolphe II de Habsbourg - ne serait-ce pas précisément de là que naît la rage de l'acte et de la parole. (Una salus victis nullam sperare salutem, le seul salut des vaincus est de n'espérer point de salut)
- ou bien “Dieu a tellement aimé l'homme” (dixit “un prêtre des Cévennes” d'après Jules Romain – qu'il l'a créé LIBRE”) - et dans cet espace de liberté et d'amour laissé par Dieu (posons Dieu comme “x”(Léon Morin, prêtre) - Péguy fait le pari fou de la reproduction – nul de ses fils ne sera baptisé - “ce qu'il y a d'embêtant, écrit-il à Lotte, c'est qu'il faut se méfier des curés. Ils n'ont pas la foi, ou si peu.” - dans cet espace nous sommes libres, exactement comme la fourmi est libre de son itinéraire affolé entre les graviers que la botte de Dieu ne parvient pas à écraser... En cette course éperdue...
Généalogie, ou retour à l’obscur
Toute généalogie est nécessairement, avant tout, cosmologie. Mon père à moi s'appelle Roland, Noubrozi ; son père, Eugène, ou Evgueni ; le père de ce dernier, Louis, ou Ludwig, fils de Jean-Nicolas (« Hans-Niklaus Kohn-Liliom ») ; saint Roland ("Hruot-Land, Sauveur du pays") n'apparut que tardivement sur le calendrier. Noubrozi ("mon père", en djungo) tient beaucoup à ce que je lui souhaite sa fête, le seize septembre ; ainsi que la Fête des Pères, à ne manquer sous aucun prétexte ; je suis fils unique, comme Péguy – la ressemblance s'arrête là (on a sa petite fierté) (son père est mort dès sa petite enfance).
Mon père à moi n'a rien de russe, ni de juif. Mettons qu'il eût pu l'être. A supposer qu'il eût été mon père (vous savez ce que c'est, le “roman familial”, etc.) Mettons que d'autres ancêtres avant lui exercent leurs droits sur mon âme (mais tous ces morts (syndrome de Barrès) qui parleraient par ma bouche, par mon âme, je n'y crois pas. Je ne saurais y croire. Je ne veux pas descendre de toutes ces générations de bornés. Cadavre dans le placard des Péguy, « le grand-père Jean-Louis, vigneron qui travaillait la terre (...) grand buveur, il roula sous un train à l’âge de quatre-vingt un ans, et son petit fils n’en parlait pas » (Simone Fraisse, Péguy, aux Ecrivains de toujours, éditions du Seuil).
Et puis c'est un peu facile ; toutes ces histoires d'ancêtres ; à moi qui ai rompu avec toute ma famille, cousins/cousines, qui déjà détestais mes parents ; alors vous pensez ; mes grands-parents (deux ivrognes sur quatre) – mes arrière, (arrière-) grands-parents - je suis comme les peuples légendaires : descendu des dieux, de nulle part – ex nihilo.
13:16 Publié dans Dieu et moâ | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Vachement cador en maths, non ?
Ecrit par : copinet | 13.05.2009
Je disais donc : 'achemen t cador en maths, non ?
Ecrit par : collignon | 13.05.2009
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