06.05.2009
Bar
Le bar est immense. Décrivons-le brièvement. Une structure en bois sur pilotis, face au port de La Teste envasé 14 heures sur 24, pinasses à quai plus ou moins sur le flanc. La salle du bar en contient une, merveilleusement conservée, suspendue au plafond, briquée, entourée à distance par une mezzanine en bois clair. Juste en dessous, le bar, en forme de spina : c'est une étroite muraille au centre des pistes romaines où se perchent les spectateurs téméraires - ici, des serveurs.
Et de partout, Gironde, Rhône, Saône-et-Loire, viennent des peintres et des sculpteurs pour profiter de l'air et du parfum de calfatage. Ben Zaf halète, boit un peu, tend des contrats que chacun signe et signe. Les exposants occupent de grands pans de murs près du bar, ou de hautes surfaces boisées tenant les deux étages, quoi qu'il soit interdit d'admirer à bord même de la pinasse suspendue, qui tomberait et tuerait tout.
Ben Zaf se vante d'une excellente idée : ajouter du jazz, autour d'un grand piano à queue tenant le fond de la grand-salle, avec son grand orchestre de cinquante ans d'âge moyen. Du swing, à fendre les oreilles. Un orchestre hilare, dont on voit la grande photo, "se produira pour le vernissage". Pour l'instant, les oreilles de Matz et de sa compagne se font déchirer par la sono d'une salsa sauvage et dégueulasse, mais 20 % de réduction poussent à l'indulgence.
Crier pour s'entendre rend jovial, et les buts du Docteur Pascal sont encore obscurs.
Le Père Duguay prêtre à Châteauneuf, voyeur auriculaire déjà connu, obéit aux injonctions de François Nau, demi-frère du Docteur en médecine ; il est en relations avec Annemarie Mertzmüller, strip-teaseuse au grand coeur qui se fait troncher à l'hôtel, mais offre en scène son corps à Dieu. Il connaît également le Kader ben Zaf à la Teste, près d'Arcachon. Tous deux sont des demi-rôles. Ils doivent corrompre, chacun à leur manière, les deux maîtresses des demi-frères, Pascal Matz et le marchand de chaussures.
Comment s'y prendront-ils ?
Le prêtre doit s'aider de toute sa casuistique, afin de paralyser petit à petit la strip-teaseuse, l'enserrant dans le filet du péché, auquel il ne croit pas. Il espère la revoir en train de baiser, au lieu de se masturber bêtement de l'autre côté d'une cloison de chambre d'hôtel, au-dessus du bidet (pas de tache, évacuation immédiate).
...Après son exploration donc des couloirs de l'hôtel, le Père Duguay ne s'en tient pas là. Rappelons ceci : vous connaissez de ces petits abbés chafouins, cafards, tout noirs ; de ces gros abbés ventrus. Duguay n'est ni grand ni petit, ni blond ni brun, ni..., ni. C'est déjà beaucoup, c'est trop qu'il soit ecclésiastique - vous en connaissez beaucoup, vous, des ecclésiastiques ? suffisamment pour qu'on puisse en établir une, voire des typologies ?
12:16 Publié dans Bozarts | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Urique est pédé. Pourquoi ? parce que le bar bite Urique.
Ecrit par : collignon | 11.05.2009
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