29.03.2009
ça devient chaud
Hélène la pâtissière confesse l'échec du docteur. Si petite, si moche et si terne (à mazout) que c'est elle qui doit baiser le mieux. L'ouïe exaspérée du curé-client parvient à capter les semi-paroles échangées alors au-dessus des petits-déjeuners :
- Le type, là, à côté ?
- C'est un client, tu verras, il partira aussitôt après le petit-déjeuner !
C'est ainsi que cela se passe entre femmes : à tout échec sexuel entre homme et femme correspond une compensation entre elles. Le témoin paye ostensiblement sa note. La Mertzmüller confirme à l'oreille de sa complice : "Tu vois bien!" - où se déroulera cette consolation ? Le curé-témoin parcourt finement les moquettes rouge-gynéco des couloirs (la disposition d'un hôtel, aux chambres ouvrant sur les lourdeurs épaisses des intimités souillées, les silhouettes lointaines et souriantes, faussement incitatrices, des femmes de ménage - font de ces dédales de véritables intérieurs génitaux féminins, et du touriste-curé indûment égaré un gynécologue) et ne découvre rien - de ce lieu où devait se réparer cette nuit doublement gâtée, trop de vigueur à l'une, et mollesse pour l'autre.
Sans doute alertées par la présence de cet homme au petit-déjeuner s'efforçant un peu trop de n'émettre aucun frottis de pain ou de cuillère, se sont-elles entendues pour un endroit plus secret afin de se faire jouir avec ces attouchements dont nous avons perdu à tout jamais le secret nous autres hommes, prisonniers de notre bidasserie - oh Dieux, pourquoi nous est-il à tout jamais interdit de jouir comme des femmes ? Mertzmüller, strip-teaseuse, offre son corps dans la dévotion la plus totale, fait l'amour avec les moindre pores de son corps, sans la moindre mouillure révélatrice ; les hommes congestionnés la croyant dans la froideur, excités même par cette froideur, Annemarie offre son corps avec la même ferveur que la désarticulée Pietragalla, peut-être un jour ce nom sera-t-il devenu inconnu, même aux balletomanes (y aura-t-il encore des balletomanes ?)
Telles sont les conceptions des deux amies, partageant les deux demi-frères. L'Allemande est Gretchen longue et fine, blonde, ou très noire, sans cesse esquintant ses cheveux. L'autre, Hélène, bigote, pute, est simplement moche. Mertzmüller baise la croix qu'elle porte au cou, la conserve imperceptible, presque indiscernable sur sa peau pendant son numéro ; ainsi le clerc Théophile offrait-il ses gambades à la Vierge devant Notre-Dame. Baisée, mais chaste comme seule peut rester pure une danseuse classique, fût-ce sous les assauts répétés d'un ivrogne. Elle suit également des exercices de macération, mortifiant son corps de l'intérieur par des jeûnes, car les flagellations laissent des traces sur sa chair exhibée. Il n'est pas exclus cependant qu'elle se fasse un jour fouetter, avec des chaînes, contre un pilier.
Ce sera la veille de sa démission.
15:12 Publié dans Ah les filles, ah les filles... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Comme disait Coluche : " Y a pas que la baise, dans la vie ; y a les femmes, aussi..."
Ecrit par : Koluchowski | 04.04.2009
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