07.03.2009

Après Bernanos, la Bible - ç a ne s'arrange pas...

Allons bon. La Bible. Samuel I, 7. Je ne suis pas croyant. Je déteste la Bible, ramassis de poussière. Tous ces gens me semblent sales et bornés, confits dans la crainte, que dis-je, dans la terreur. L'arche va de ville en ville et déclenche des hémorroïdes chez les ennemis. Il faut fondre des hémorroïdes en or. Non, même pas de l'humour. Les gens de Kirjath-Jeraim vinrent, et firent monter l'arche de l'Eternel. Juste la musique des noms. Pour le reste, de l'étroitesse. Tout tourne en rond dans un tout petit pays. Ça n'a pas changé. Qu'est-ce que ce peuple qui trimballe son Dieu dans une boîte. Et notre tabernacle donc. Les religions m'étouffent. Faut-il se sentir mal pour en avoir recours à ça. Et ce style. Mon Dieu (justement) ces redondances. Ces pesanteurs. Ils la conduisirent dans la maison d'Abinadab. Nous voilà frais. Quel point commun entre nous et « Abinadab ».

Religion d'importation. Mieux valait rester gaulois. Un contexte à nous. Dieu dans notre nature à nous, avec des noms bien de chez nous. Ça va bien un peu, l'exotisme. Je pense à du cul. Sur la Bible. Je vais avoir l'air fin, quand d'innombrables reporters m'interrogeront sur mes convictions religieuses, à propos de ce livre qui doit sortir et dont je suis l' « auteur » - simple compilation paraphrasée d'internet – ne le répétez pas. Cela s'appelle « Le petit livres des grandes fêtes religieuses monothéistes » - ...sur la colline, et ils consacrèrent son fils Eléazar pour garder l'arche de l'Eternel. Ah, ce que je m'en fous. Pauvre Eléazar. Que c'est stupide de vivre ainsi sous le regard constant de Dieu, dans son carcan, non pas pour soi (je consacre souvent ma journée à Dieu), mais devant tous, officiellement, avec prêtre, costume, garantie, et tout le tremblement. Jamais je ne parviendrai à garder mon sérieux.

Pour le livre appelé Pourquoi ont-ils tué Péguy, aussi, « j'me voyais déjà » (« tout en haut de l'affiche ») - je t'en fous...  Juste un vieil instit, très intelligent, qui m'a tiré le meilleur au micro de Casteljaloux. Il s'était passé bien du temps depuis le jour où l'arche avait été déposée à Kirjath-Jearim. Et je ne parviens pas à écrire mieux. Il est vrai que je sors d'une révision sur Pamuk, auteur turc ; et là, je m'y étais laissé glisser à fond, dans mon fond à moi. Triste. Interminable. Des pages en janvier (les 21, 24, 26). Vingt année s'étaient écoulées. Sans progrès techniques, sans journaux du matin et du soir, sans rien qui puisse donner du goût au temps écoulé. Directement de la vie à la mort, comme ça, avec juste les peines et les joies d'un petit village dans la poussière et les 40° à l'ombre : mariages, morts, naissances, juste de quoi sentir passer le temps sans le sentir passer, Dieu en direct... « Tu fixes un détail du mur de ta prison, et d'un seul coup cinq ans ont passé. » Dans « Au nom du fils » je crois.

C'était ça la vie dans le désert, même si palmes et moutons. Alors toute la maison d'Israël poussa des gémissements vers l'Eternel. Déjà. Toujours à gémir. Ils aimaient ça, la malédiction, les menaces, l'atmosphère où tu serres les fesses sur ta diarrhée en te demandant de quel côté le coup va tomber. Je transcris une conférence sur « la concurrence des victimes ». Les juifs sont comme les femmes. Ils aiment ça, la souffrance. Ils ont été servis. Ils vont en reprendre, d'ailleurs.
Samuel dit à toute la maison d'Israël : Si c'est de tout votre cœur que vous revenez à l'Eternel – ouah pardon mon Dieu, ouah je le ferai plus promis arrête de frapper putain, pardon pardon pardon. Saletés de religions. Toujours dans les textes fondateurs, ce qu'il y a de plus ras du sol. Seulement ensuite, par déduction, longtemps plus tard, les textes apaisants, si l'on peut dire, car tu te fonds en Dieu, tu n'existes plus, tu es Dieu, tu es mort.

La vie éternelle, c'est la mort, l'être suprême, c'est le néant, etc – ôtez du milieu de vous les dieux étrangers et les Astartés toujours, toujours, la même chose, les mêmes choses, non pas éternellement mais sempiternellement, « c'est moi le bon et pas les autres », l'impression d'étouffer dans un couloir étroit, dans la pyramide, 40 degrés, et plus d'air – dirigez votre cœur vers l'Eternel et que j'aille à la poste, un peu d'extérieur...

Commentaires

La Bible c'est déjà chiant, s'il faut lire le Coran, en plus...

Ecrit par : choupo | 18.03.2009

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