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Bernanos

(...) aux prises avec les soubresauts de la Grâce, que Dieu merci personne n'assimilait encore à de la névrose. Pourquoi toute une partie de notre âme serait-elle vouée aux gémonies ? Quant à nous, qui croyons vivre libres et débarrassés des préjugés, que pensera-t-on de notre asservissement à la télévision au lieu de Dieu, aux lois du marché au lieu de la censure, aux joies de la bagnole au lieu des préjugés contre le sexe libre ? Nous aurions pu vivre heureux et nous croyant à la pointe du progrès au milieu même des répressions royales et papales, nous aurions pu nous rengorger des pouvoirs de notre intelligence parmi les derniers feux de bûchers, nous aurions pu envisager de mourir à 48 ans comme notre héros avec la perspective de la vie éternelle que nous avons perdue. Il n'y a pas de progrès, mais il y a progrès tout de même, car nul n'aimerait revenir en arrière. Permettez-moi de vous apporter la lecture de quelques extraits, c'est toujours ainsi que nous terminons : (…) Voyons les tâtonnements de l'homme d'observation, qui hésite encore à distinguer entre la maladie et la punition de Dieu.

P. 188 : « Et ce flot de paroles chez un homme naturellement silencieux trahissait presque le délire.
« - Je vous arrête, dit froidement l'abbé Menou-Segrais. Je vous ordonne de m'entendre. »

Or, si la personne croyait en Dieu et en ses châtiments, elle en devenait trois fois plus malade, et dans un sens, elle avait raison ; il s'agit de la pensée magique, n'est-ce pas, Messieurs les homéopathes ?... P. 235 : « Au-dehors, derrière les persiennes closes, le jardin flambe et siffle sous le soleil, comme un fagot de bois vert dans le feu. Au-dedans, l'air est lourd du parfum des lilas, de la cire chaude, et d'une autre odeur solennelle. Le silence, qui n'est plus celui de la terre, que les bruits extérieurs traversent sans le rompre, monte autour d'eux, de la terre profonde. » «La cuisinière » ou : comment empêcher un ecclésiastique de ses subordonnés (car il est devenu évêque) de copuler dans la joie ? ce personnage est à rapprocher de l'abbé Donissan dans Sous le soleil de Satan, à condition qu'il ne soit pas interprété par mon cul sur la commode alias Depardieu, bonjour Zulawski. Sous le soleil de Satan de Bernanos, à lire absolument.

Commentaires

  • Je ne sais plus en quel pays d'Amérique du Sud (Argentine ?) les moines postulants ou novices doivent avoir fait une cure psychanalytique afin que l'on sache bien s'il s'agit d'une vocation véritable... A creuser !!

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