01.03.2009

Toujours pas crevé ?

D'un signe Eliphas indique à Rogomus qu'il reprenne avec lui la Sonate à deux Violons zum letzten Mal, "et premiers accords de couiner". Voyez-vous, je suis arrivé à l'âge respectable de 60 ans (Sechzig Besen) ; et j'en suis encore à me demander / après tant et tant d'années / à quoi ça sert de vivre et tout / à quoi ça sert en bref d'êt' né... : "Elias ne voyait de son frère que les épaules, et le bout de l'oreille pointant sous la perruque".  
"Soustrait à ses regards, Elias refleurissait : n'est-ce pas là le fin du fin de la notation psychologique? mais l'admiration" - j'ai supprimé ici une touche réaliste, car il "décoinçait une jambe de dessous ses fesses", l'ayant déjà lue dans un polar médioce – "l'admiration se fit jour dans son âme subalterne" – autre expression volée – "deux points : l'aîné jouait admirablement." ("Il existait en ce bas monde", ajoutais-je, "des choses objectives, indubitables : le jeu d'Eliphas était une de ces choses ; un point d'acquis, un point d'appui dans la volatilité de l'existence" ; ce que j'aurais dû supprimer se voit ainsi glosé.
Tourné en dérision, mais cité, commenté : je suis un habile homme ; d'ailleurs les duettistes, à l'issue de l'allegro, se saluaient "en témoignage de mutuelle congratulation" ; Herbert von Rogomus sincèrement, guindé, pour ne point paraître exagérément respectueux ; Eliphas, de façon parodique. Ici s'introduisent quelques réflexions sur les jeux sociaux de Cour et d'ailleurs, sur le malaise ressenti par Elias mon héros sous le regard insistant de tous ("les yeux du grand frère, attentifs aux moindre altérations, et le jugement tombait, battement de cils, pincement de lèvres") – l'enfant se trouvait toujours dans un état de contorsion, auquel il devait conférer "l'air le plus naturel possible (Voyez comme ce petit singe prend toujours des attitudes bizarres). 
Notation : Eliphas a - de petits yeux enfoncés 
un grand nez pointu
Rogmann – l'homme aux multiples identités – accentuait son expression perpétuellementscandalisée ; dès qu'il abandonnait son violon, il prenait l'air scandalisé : c'était sa façon d'appréhender le monde. "Rendons-nous à la chapelle, Herr Kapellmeister ; je tiens au bout des doigts une espèce de madrigal pour clavier, sur quoi je serais très honoré de connaître votre sentiment." Le pas des deux hommes décroît sur le gravier. Elias se lève d'un bond, rafle une flûte traversière (première apparition du mot, donc de l'instrument : 1694), toute roide sur le buffet du piano comme "un cataleptique lézard de mercure" (il règne dans ce vieux texte, dit "de jeunesse", de réels bonheurs d'écriture), et se plante devant un miroir mural (posé à même le sol ?) : Qu'est-ce qu'ils me trouvent tous ?

Commentaires

L'allemand, la plus belle langue après l'arabe... C'est chiant, non ?

Ecrit par : copain | 05.03.2009

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